lundi 30 novembre 2009

Maljournalisme : les JT français et la Suisse anti-minarets

Dans les JT français, on ne parle jamais de la Suisse. Sauf pour parler de tous les évadés fiscaux qui y cachent leur argent.

Aujourd'hui, la Suisse a voté majoritairement OUI au l'initiative anti-minarets, impulsée majoritairement par l'UDC (droite nationaliste), le premier parti de Suisse.

Reportage du 20h de France 2, à Genève : on nous explique que la population a "laissé s'exprimer ses peurs". Seuls responsables politiques interviewés :
  • pour le OUI : Pardo Soli, président de l'UDC Genève (alors même que le OUI à l'initiative atteind à peine les 40% dans le canton de Genève).
  • pour le non : Lucia Dahlab (voilée), et Hafid Ouardiri : deux des principaux acteurs de l'islam politique suisse.
Reportage du 19>20 de France 3 : "un virage à droite sans précédent". Seuls acteurs politiques interviewés :
  • pour le OUI : Walter Wobmann (UDC)
  • pour le NON : Taner Hatipoglu, président de la fédération des organisations islamiques de Zurich, parlant de "haine anti-islamique"
Reportage du 19:45 de M6 à Berne : "le vote de l'extrême", les "sirènes xénophobes", "extrême-droite", "affiche xénophobe". Seuls acteurs politiques interviewés (on est en Suisse allémanique, cette fois) :
  • pour le OUI : Ulrich Schlüer (UDC), un des initiateurs du référendum anti-minarets.
  • pour le NON : la même réaction de Taner Hatipoglu.

Je sais qu'il est compliqué de faire une présentation simple des faits en 2 minutes… mais je suis exaspéré par les simplifications plus qu'abusives. D'un côté, l'UDC présentée, non sans raisons (même si l'assimilation à l'extrême-droite est vraiment excessive), comme incitant à l'intolérance. De l'autre, ceux qui, en comparaison, paraissent forcément comme les gentils : les islamistes.

Pourtant, anti-musulmans et islamistes ne sont que les deux facettes d'une même intolérance.
Dans le camp du NON à l'initiative, il y avait les autres partis, de l'extrême-gauche à la droite libérale. Ce sont eux qui sont les vraies forces politiques s'opposant à l'UDC. Ils ont été ignorés superbement par les medias français…
En quoi la réaction d'un responsable socialiste ou radical suisse avait-elle moins sa place que les autres dans tous ces reportages ?

dimanche 29 novembre 2009

La Belgique et la présidence de l'Union Européenne

Herman Van Rompuy a quitté la tête du gouvernement belge pour devenir le premier président permanent du Conseil Européen.
Son remplacement par Yves Leterme, le leader flamand contreversé, s'est finalement fait sans douleur : depuis la grande crise politique de 2007, on sait qu'il est tellement compliqué de mettre d'accord francophones et néerlandophones qu'on garde (quasiment) les mêmes ministres à chaque changement du Premier (gouvernements Verhofstadt III, Leterme I, Van Rompuy, Leterme II).

Comme d'habitude, on remet soigneusement à plus tard les questions "communautaires" (en particulier Bruxelles-Hal-Vilvorde) tout en répétant qu'il est urgent de les résoudre.
Les hommes politiques belges le promettent : le "chantier" communautaire, c'est pour le premier semestre 2010. Promis, juré… comme depuis des années. Il est vrai que les francophones ont pratiquement épuisé tous leurs recours pour repousser le débat.


Mais surtout, une date-butoir se profile : le 1er juillet 2010, la Belgique prendra pour six mois la présidence tournante de l'Union Européenne. Et pas question d'exposer à toute l'Europe ses déchirements internes.

Soyons en sûrs : le débat ne sera pas serein. En 2007, la Belgique est restée 6 mois avec un gouvernement « en affaires courantes », la faute à un accord sur BHV qui n'est jamais venu.
On peut déjà imaginer que partis néerlandophones et francophones menaceront tour à tour de quitter le gouvernement pour arriver à leurs fins (respectivement la scission de BHV et l'élargissement de Bruxelles).

Que l'idée d'une Belgique ingouvernable devienne majoritaire en Flandre, et cela en sera fini du Royaume.
En effet, si les indépendantistes flamands purs et durs sont minoritaires, il y a en revanche beaucoup d'autonomistes qui envisagent aussi sereinement un avenir belge (où leurs revendications auraient été satisfaites) que l'indépendance (dans le cas contraire).

Une des issues possibles du débat communautaire est donc que le parlement flamand prenne acte du blocage belge et décrète son indépendance. Ce n'est qu'une possibilité, mais c'est celle que les flamands brandiront de plus en plus comme une menace au fur et à mesure de l'embourbement des négociations.

On peut donc déjà dire que la présidence belge de l'Union Européenne risque d'être un beau boxon non préparé. Même si la Belgique reste unie d'ici juillet 2010, cela serait un drôle de symbole de voir Van Rompuy et Leterme à la tête de l'Europe.
Ce qu'ils symbolisent, à travers leur parti, le CD&V, c'est le déplacement des démocrates-chrétiens, traditionellement moteurs de la construction européenne, vers le nationalisme ethniciste (flamand) au nom même de l'Europe et de l'effacement des états (Belgique).
Une raison de plus de détester ce qu'est devenue l'Union Européenne.

jeudi 19 novembre 2009

Belgique : Van Rompuy va partir et BHV va revenir

La Belgique est ingouvernable.

La tension est très forte entre flamands (néerlandophones) au Nord et francophones, les premiers exigeant plus d'autonomie, alors que les derniers veulent à tout prix conserver une Belgique unitaire.

Ce problème se cristallise particulièrement sur l'arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde, dernier héritage de la Belgique d'avant le fédéralisme, et sa scission impossible : les francophones réclament en échange l'élargissement de Bruxelles (majoritairement francophone) à quelques villes de sa banlieue, en Flandre mais majoritairement francophones, ce que refusent catégoriquement les Flamands.

Il y a plus de flamands que de francophones en Belgique, ce qui se reflète évidemment à l'assemblée. En novembre 2007, ils ont profité de cet avantage numérique pour voter la scission de BHV.
Pourtant, deux ans plus tard, la situation est toujours au point mort.

Il existe en effet, dans le réglement de la Chambre des représentants (article 102), une procédure de conflits d'intérêt : une région ou une communauté linguistique peut demander de suspendre l'examen d'une loi (ou d'un projet de loi) lorsqu'elle estime être gravement lésée par celle-ci ; cela repousse de 4 mois l'examen, le temps de débattre pour résoudre le problème.
Le parlement de la Communauté française de Belgique (wallons et bruxellois francophones) a donc enclenché cette procédure suite au vote flamand de novembre 2007. Mais comme cette question empoisonne la vie politique belge depuis une dizaine d'années, quelques mois supplémentaires n'ont rien changé.
Lorsqu'il aurait fallu aborder à nouveau la question au Parlement fédéral, c'est la COCOF (francophones du parlement de Bruxelles) qui a déclenché cette même procédure, suivie quelques mois plus tard par le Parlement wallon.

Il y a quelques semaines, ce 3ème conflit d'intérêt se terminait, et les francophones avaient épuisé toutes leurs possibilités. On allait enfin parler à nouveau de BHV.
Mais là, c'est le parlement de la communauté germanophone (quelques communes à l'est de la Wallonie, au bord de la frontière allemande) qui s'y est mis !

Le débat sur BHV aura donc lieu début 2010, enfin !
Mais les 2 ans supplémentaires offerts par la cascade de conflits d'intérêt n'ont servi à rien. La situation n'a pas bougé d'un iota : le point mort.
Pourquoi ? Après les élections législatives de juin 2007, il a fallu 6 mois pour former un gouvernement (en Belgique, les parlementaires sont élus à la proportionnelle, ce qui rend obligatoire les coalitions). À chaque fois, l'accord échouait, à cause des questions communautaires entre Flamands et francophones (BHV, essentiellement).
Jusqu'à ce qu'ils finissent par se dire qu'il était temps de former un gouvernement malgré tout, et qu'on réglerait BHV plus tard. Le leader flamand Yves Leterme, très populaire chez les siens et très impopulaire chez les Wallons, est enfin devenu premier ministre. Mais, dès qu'on a essayé de reparler de BHV, le gouvernement a failli ne pas y survivre, alors on a ensuite soigneusement évité la moindre évocation du sujet.

D'autant plus qu'une préoccupation encore plus importante s'est imposée : sauver les banques belges, très touchées par la crise mondiale. Dexia fut renflouée grâce aux Français, en échange de quoi Fortis Belgique fut offerte à BNP Paribas. Tellement n'importe comment (sans le moindre conseil d'administration de Fortis) que les juges ont annulé la décision, non sans révéler que Leterme avait exercé des pressions sur eux. Il dut démissionner, et fut remplacé au 16 par Herman Von Rompuy, un autre membre de son parti, bien mieux accepté par les francophones.

Les banques sauvées (Fortis étant finalement vendue à BNP Paribas, mais de manière légale cette fois-ci), le problème BHV mis de côté, un premier ministre consensuel… La Belgique commençait à tourner à nouveau à peu près rond.
Un an sans crise politique, voilà l'exploit (devenu majeur dans une telle poudrière) qu'avait réussi Herman Van Rompuy.

Mais voilà, sa capacité à gérer les situations compliquées a été remarquée par les autres pays de l'Union Européenne, qui ont décidé d'en faire le président du Conseil Européen. Ce qui prive la Belgique du seul homme arrivant à la gérer correctement, et ceci à quelques semaines du grand débat final sur BHV.

Et on parle déjà du retour d'Yves Leterme comme premier ministre…
L'année 2010 s'annonce explosive pour la Belgique.

vendredi 13 novembre 2009

Surprenant dépêche de Reuters

Les dépêches d'agence sont généralement assez neutres politiquement, puisque destinées à être reprises par des médias de tout bord.

Mais, parfois, certains se lâchent.
Ainsi, une journaliste de Reuters a pondu aujourd'hui un article dont le but manifeste est d'assimiler à l'extrême-droite toute évocation de l'identité nationale, et par là même Nicolas Sarkozy :
Le vocable d''"identité nationale", que récusent notamment ethnologues et démographes, a été introduit dans les années 1980 par Jean-Marie Le Pen, lorsque le FN a pris corps en France.
Je suis toujours partant pour critiquer Nicolas Sarkozy, mais moi, je tiens à éviter les arguments débiles.

Elle, elle préfère nous convaincre à la machette que Sarkozy s'inspire de Barrès (voire de Maurras !), et qu'il est donc nationaliste, et forcément héritier de Vichy.
En exaltant de nouveau contre toute attente, lors d'un discours jeudi à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), les symboles d'un des maîtres à penser du régime de Vichy (1940-1945), Nicolas Sarkozy a fini de creuser un sillon idéologique dont les ramifications tactiques ne laissent pas de doute.
Peu importe si Barrès citait les "caractères ethniques" différenciant "le Français de France de l'étranger", alors que Sarkozy dit, par la plume de Guaino, qu'on est Français "parce que l’on ne se reconnaît pas dans une race,(…) parce que l’on ne se laisse pas enfermer dans une origine".
"On comprend l'Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d'être ému par le récit de la fête de la Fédération", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Là, Sarkozy reprend quasiment mot pour mot Marc Bloch, historien et grand résistant, mais la journaliste ne le signale pas. Pas plus qu'elle ne signale les références à Césaire et Senghor. Ca risquerait de compromettre sa démonstration Sarkozy=Barrès=Vichy.

Qu'on s'inquiète (légitimement) de l'exploitation par la droite de la peur des étrangers à quelques mois d'élections très mal engagées pour elle, c'est tout à fait normal.
Qu'on tape sur un gouvernement incapable d'assurer une intégration correcte des immigrés, c'est aussi tout à fait normal.

Mais qu'on ramène la moindre évocation de la nation au nationalisme, c'est stupide. Jean-Luc Mélenchon qui écrit sur son blog « Je suis patriote, républicain « jusqu’au bout », et jacobin par-dessus le marché. Je vais donc en parler de la France comme d’une passion brulante », qu'en pense-t-elle, notre journaliste ??

C'est tout aussi stupide de ramener toute célébration du terroir, des villages à Pétain ou à Vichy...  cela traduit surtout un mépris très parisien, très bobo, pour la campagne.

Ce qui est réellement choquant dans le discours de Sarkozy, c'est cette volonté répétée de remettre au devant de la scène le christianisme. Comme si les Lumières devaient tout à la religion…
C'est aussi cette attaque stupide contre une laïcité décrite comme anti-religions : il ne le dit pas ici, mais Sarkozy a déjà exprimé sa préférence pour une laïcité ouverte, en fait un paillasson des religieux.

Voilà le vrai scandale de ce discours !

mardi 3 novembre 2009

Hommage à Claude Lévi-Strauss

Claude Levi Strauss est mort. Et merde.

J'admirais la profondeur de ses réflexions, jamais simplistes ou manichéennes.
Critique de l'Occident, mais contempteur de "l'intolérance musulmane".

Tristes Tropiques a eu une place importante dans la construction de mes convictions personnelles. Pas tant pour les faits décrits que pour le recul qu'il apporte.

lundi 19 octobre 2009

Alicia Keys - Doesn't mean anything (vidéo-clip)

Le tout nouveau clip d'Alicia Keys, Doesn't Mean Anything, premier single de The Element of Freedom, le 4ème album studio qui sort le 1er décembre.

Il est sorti ce matin… Bon, niveau clip, ça ne vaut pas Like you'll never see me again mais la chanson se laisse très bien écouter.

samedi 17 octobre 2009

Diam's - l'évolution

1999, 19 ans, premier album, cheveux longs

2003, 23 ans, deuxième album, cheveux courts pour imiter Pink. Symbole des jeunes filles qui refusent le machisme violent imposé par leur milieu.


2009, quatrième album studio… No comment

Quand on n'a pas d'arguments… (2)

Il est fréquent de tenter de disqualifier les attaques politiques en faisant passer l'adversaire pour un intolérant.

Parfois, cela vient de la personne visée elle-même, comme Ségolène Royal accusant ses adversaires de sexisme ou Rama Yade prétendant être attaquée par la gauche en raison de sa couleur de peau.

Le pire, c'est quand cela vient de la garde rapprochée, des porte-flingues…
Les sarkozystes vont particulièrement loin dans ce jeu.
Karoutchi, alors que Sarkozy chutait dans les sondages à cause du bling-bling et de Kadhafi, n'avait rien trouvé de mieux que de comparer le président à Jean Zay, ministre du Front populaire victime d'antisémitisme, assassiné pendant la guerre.

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, vient de faire particulièrement fort. Pressé de questions sur l'affaire Jean Sarkozy (l'auteur de chansons imposé par son père à la tête de la Défense (l'Epad) pour flinguer Devedjian), il a du mal à répondre.

Qu'on lui rappelle que le Dauphin n'a toujours pas sa licence à 23 ans, et il tente de vous faire passer pour un adversaire de l'emploi des jeunes et des non-diplômés. Argument également employé par Xavier Darcos, qui cite Pierre Bérogovoy et son CAP… en oubliant de préciser que celui-ci a du attendre 52 ans pour être directeur adjoint de GDF (en étant entré comme agent technico-commercial et en ayant gravi tous les échelons), 56 pour être ministre. Un parfait exemple de la méritocratie républicaine, tout le contraire de Jean Sarkozy, qui a droit à tout dès son plus jeune âge parce que son père est président.

Chatel finit par sérieusement déraper…
« On a vraiment le sentiment d'une chasse à l'homme. Tous ceux qui interviennent sur cette question, que veulent-ils ? Ils veulent interdire l'élection à un candidat de par son origine sociale, son nom, son faciès ? C'est ça la République ? Après son nom, son origine, sa jeunesse, je ne sais pas ce qu'on trouvera la prochaine fois, peut-être la race ou autre chose? Où va-t-on? »

En clair, si vous ne soutenez pas Jean Sarkozy, c'est que vous êtes anti-jeunes, donc intolérant, donc raciste. Quel raisonnement, monsieur le ministre…

jeudi 15 octobre 2009

Exclusif : Jean Sarkozy écrit des chansons !

Puisque Jean Sarkozy fait à nouveau parler de lui dans l'actualité pour sa possible nomination à la tête de l'Epad (la Défense), et qu'il fait actuellement l'objet d'un mème sur Twitter (#jeansarkozypartout), c'est le moment de ressortir cette information exclusive.

On le savait déjà, Pierre Sarkozy, fils aîné de Nicolas, est un passionné de musique : producteur de rap sous le nom de Mosey, on lui doit notamment Peace Maker, le dernier album de Doc Gynéco, dont l'échec a provoqué la fermeture du label Archambault Musique France.
On le sait moins, mais avant de se lancer à corps perdu dans la politique, son petit frère Jean a un temps hésité à suivre ses traces dans le monde artistique.

Oui, Jean Sarkozy a écrit des chansons !
Il les a même déposées à la Sacem ! Si !
Il suffit de consulter le catalogue de la Sacem et de rentrer Sarkozy Jean dans le critère Nom Prénom. Vous obtiendrez 7 résultats (cliquez sur l'image pour agrandir).

Jean Sarkozy a donc écrit, co-composé, et déposé à la Sacem, 7 chansons : Célibataires habitudes, Comme elle s'abîme, Comme le maquis (on sent la mère corse…), Jamais sûr, Loulou, Qu'on m'emmène, et Urban Spleen.

Ces chansons n'ont bien sûr jamais été rendues publiques. Si jamais vous pouvez les dénicher, vous tiendrez sans doute en main un sacré dossier…

Je dois cette information à Squegee, webmaster de brunobeausir.com (site sur Doc Gynéco), parti un jour à le recherche de titres éventuels de Pierre Sarkozy, et tombé alors, à sa grande surprise, sur un autre Sarkozy…

vendredi 9 octobre 2009

Frédéric Mitterrand - Publicité Opel (1988)

Le site de l'ina est une mine d'or…

Lien

jeudi 8 octobre 2009

Gauche, le nouvel ordre moral

Quand Frédéric Mitterrand est devenu ministre, j'ai très vite repensé à son livre La mauvaise vie.
Je n'ai pas lu ce livre. Le seul souvenir que j'en avais était une discussion avec ma grand-mère, qui nous expliquait avoir été choquée par l'émission de Mireille Dumas dans laquelle il était venu parler de son livre (et de ses expériences sexuelles particulières) ; choquée moins par ces expériences que par le fait qu'il vienne en parler en prime-time à la télévision.

Donc, quand Mitterrand a été nommé, j'ai cherché à en savoir plus, à fouiller toutes les critiques disponibles sur internet concernant ce livre. Ce qui en ressortait, c'est qu'il s'agissait de la confession douloureuse d'un homme qui n'a jamais trouvé l'amour, et qui en était réduit aux situations les plus glauques, payant jeunes thaïlandais ou marocains pour avoir du plaisir.
Décrire sa propre misère est quelque chose qui me touche, parce que je le trouve courageux… et au niveau artistique, parce que les sexualités particulières, les misères intenses, que l'on peut croiser sur internet, constituent un des sujets que j'aimerais aborder dans un roman.

Je me suis alors demandé combien de temps Frédéric Mitterrand pourrait travailler tranquillement sans qu'on lui ressorte cette histoire. Quatre mois. Je me doutais bien que ce serait de l'extrême-droite que viendrait la polémique.
Mais je ne pensais pas que cela ferait si grand bruit. Pas un instant j'imaginais que des responsables socialistes reprendraient l'histoire, et exigeraient même la démission du ministre !

Dans toute cette histoire, il y a une manipulation, transformant une « profusion de garçons » excitant Mitterrand (il utilise garçons pour désigner les hommes en général) en une « profusion de jeunes garçons », pour le faire passer pour un pervers pédophile.
Que Marine Le Pen, invitée reprenne les ragots d'internet sans vérifier, passe encore : on ne va pas demander à des fachos d'être honnêtes… Que des responsables politiques reprennent cela sans vérifier, c'est vraiment honteux.

Cette polémique a d'ailleurs montré que Marine Le Pen a bel et bien réussi son but : être une frontiste respectable, qu'on peut citer sans problème (alors qu'on vomissait la moindre parole de son père). Le nombre de blogs socialistes ayant repris la vidéo de Marine Le Pen à Mots Croisés, la plupart d'ailleurs sans distance, m'a sidéré.

Plus généralement, ce qui m'énerve, c'est quand la gauche veut être la championne de l'ordre morale (on en avait déjà eu un aperçu lors de l'affaire Orelsan).
Pourquoi ces socialistes participent-ils si facilement à la cabale contre Mitterrand ? Parce qu'il est ministre de Nicolas Sarkozy. Ce sont les mêmes qui défendaient Dany Cohn-Bendit, aux des propos autrements plus clairs et plus graves, lorsque ceux-ci avaient ressurgi au début du siècle.

Je crois en la dignité du débat politique. Se faire le relais d'une manipulation venant de l'extrême-droite dans le seul but de nuire au gouvernement de droite, c'est vraiment indigne et honteux.

mardi 6 octobre 2009

Foot, islam, et homophobie

On apprend qu'une équipe de musulmans pratiquants, le Créteil Bébel, a refusé de jouer contre
une équipe gay, le Paris Foot Gay (PFG). Cela secoue pas mal la blogosphère.


Cette histoire m'amène deux réflexions.

Tout d'abord, cela ne fait que confirmer que l'homophobie est importante dans "les banlieues" où l'islam, religion très homophobe, règne. Deux livres consacrés au sujet viennent de sortir : Homo-ghetto, de Franck Chaumont (au Cherche-Midi), et Un homo dans la cité de Brahim Naït-Balk (chez Calmann-Lévy)… entraîneur du PFG.

On préfère souvent cacher l'homophobie (et l'antisémitisme) dans ces cas-là. Refrain classique selon lequel "il ne faut pas stigmatiser les musulmans/les immigrés". Il ne s'agit pas de stigmatiser, simplement de dire la vérité en sortant d'une pensée manichéenne : oui, être victime de racisme n'empêche pas d'être soi-même intolérant. Et ce n'est pas davantage excusable.

Ce qui est inquiétant, c'est que le Créteil Bébel ne voit pas le problème. Si on refusait de jouer contre eux en donnant comme raison l'islam, ils crieraient à l'islamophobie, au racisme. Par contre, qu'on soit choqué de cette histoire, et le président du Créteil Bébel réclame le droit d'« affirmer » ses « convictions » sur l'homosexualité.

Non. Dans l'assimilation qu'on demande aux populations immigrées, il y a la tolérance envers les autres façons de vivre (religion, sexualité). Le refuser, c'est contrevenir à nos valeurs.


Je suis néanmoins gêné par cette affaire. Une petite histoire montée en épingle, comme par hasard pour la sortie du livre de l'entraîneur du PFG…

Surtout, un anti-communautariste comme moi a du mal à digérer l'existence d'équipes gays, musulmanes, juives, etc. Mais je sais que les clubs à l'origine communautaire existent depuis longtemps, certains s'étant même fait remarquer à un niveau très honorable (les Lusitanos de Saint-Maur en 3ème division, l'Union Sportive d'Origine Arménienne de Valence en 2ème). Je peux comprendre ce désir de s'amuser avec des gens proches, partageant une même identité… je le comprends, mais je regarde cela d'un oeil inquiet, ayant peur de l'enfermement communautaire.

De plus, si, comme je l'ai dit, être homophobe contrevient aux valeurs de tolérance que porte notre nation, il n'y a pas non plus de quoi en faire une affaire d'état. C'est beaucoup moins grave que toutes les agressions dont sont régulièrement victimes les lesbiennes et les gays en banlieue.
Et pourtant, on en parle beaucoup plus, parce que le PFG est un club de bobos ayant des relais médiatiques.
Qu'on s'enflamme sur ce problème accessoire (fût-il révélateur) alors qu'on ne parle presque jamais des agressions, cela me met vraiment mal à l'aise.

PS : les anti-pédés et anti-musulmans se lâchent. Attention, préparez le sac à vomi.
Criticus profite de l'affaire pour opposer homosexualité et religion musulmane, accusant la première de transformer l'Occident"en ramassis de lopettes à slime" et la seconde de "se rendre maîtresse de l'Europe" "par substitution de population" (et oui, il est obsédé par la défense de l'Occident). Il conclut en qualifiant l'homosexualité de "modèle de société mortifère car hostile à la reproduction". Mais non, ce garçon n'est pas d'extrême-droite…

dimanche 4 octobre 2009

Régionales et achat de votes

Il est évidemment interdit d'acheter les votes des électeurs, le député UMP Serge Dassault a d'ailleurs récemment fait les frais de cette interdiction. Par contre, faire des "cadeaux" fiscaux un mois avant les élections, apparemment, on peut.

Les prochaines élections, régionales, auront lieu en mars 2010, et s'annoncent compliquées pour la droite.
Le gouvernement, lui, a récemment affirmé que la taxe carbone, mise en place en janvier, sera compensée par une baisse d'impôt (ou un chéque "vert" pour les non imposables)… en février.

Peut-on croire au hasard ? On pouvait lire récemment dans Le Monde :
Aux élus réticents, qui craignent, à six mois des élections régionales, l'impact de la taxe carbone, le président a asséné un dernier argument : "les Français recevront un chèque en février, un mois avant d'aller aux urnes."

Un peu trop décomplexée, la droite sarkozyste…

jeudi 1 octobre 2009

11 septembre sur NRJ : « Ce jour-là y avait 4 000 juifs qui ont pas été bosser, apparemment ils ont été prévenus par le Mossad »


Dans l'émission qu'il anime tous les soirs sur NRJ, MiKL fait intervenir régulièrement les auditeurs pour les faire réagir sur l'actualité. Le vendredi 11 septembre dernier, entre un sketch et une discussion sur Secret Story, il a proposé aux auditeurs de parler du 11 septembre 2001, de ce qu'ils faisaient au moment où ils ont appris la catastrophe, et de comment ils ont réagi alors.

Bien évidemment, un auditeur profita de cela pour développer la théorie du complot. C'était une caricature du conspirationniste persuadé de détenir la vérité sur le 11 septembre, lue sur internet (« j'ai mené ma petite enquête… j'ai été sur les forums… j'ai tchatché un peu avec les internautes… et je pense que c'est une gigantesque manipulation »).
MiKL et son équipe, semblant croire eux aussi au complot, le laissèrent développer. Et, dès le premier argument qu'il tenta de donner, l'auditeur dériva vite…

Auditeur- Je veux pas passer pour un antisémite, qu'on me prenne pour Dieudonné ou quoi que ce soit, mais ce jour-là y avait 4 000 juifs qui ont pas été bosser, donc apparemment ils ont été prévenus par le Mossad, l'agence de renseignements israélienne, je sais pas si vous connaissez…
Membre de l'équipe de MiKL- Mais ça, ça veut rien dire…
Membre de l'équipe de MiKL- …Ça veut dire que les services secrets israéliens fonctionnent mieux que les services secrets américains.
Membre de l'équipe de MiKL- …Ça veut dire qu'ils étaient au courant de la possibilité d'une menace terroriste ce jour-là.
MiKL- Bah même les ricains…
Auditeur- Moi je pense qu'ils bossent ensemble…
MiKL (sentant le dérapage arriver)- Ouhla… tu fais quand même un gros… euh… Imagine deux secondes, y a des services secrets français qui préviennent l'ambassade de France aux États-Unis en disant « Bon, les mecs, on a eu des infos, on a prévenu les ricains qui veulent rien entendre parce qu'ils disent qu'on est cons, il va peut-être y avoir quelque chose dans le World Trade Center, ce serait bien que au moins les Français se cassent de là », bon, ça veut pas dire que les Français sont derrière l'histoire…
Membre de l'équipe de MiKL- …Et ta théorie, elle tient pas complètement, parce qu'il y a des mecs qui sont allés bosser.
Auditeur- J'ai jamais dit que les israéliens avaient quelque chose à voir là-dedans, mais bon…
MiKL- Ah, parce que moi j'ai compris ça, j'ai compris que t'avais dit « ouais les mecs ils sont tous dedans, les israéliens tout le bordel »… non, pas « les israéliens », « les juifs », c'est ce que t'as dit… enfin c'est ce que j'ai compris.
Auditeur- Ouais, les israéliens, on dit « les juifs », on s'est compris.
MiKL- Oui, bah oui, mais enfin c'est pas pareil !

L'auditeur se lança ensuite dans une explication bizarre, mettant encore en cause les israéliens : « Y avait des irakiens qui faisaient la fête… En fait c'est les israéliens qui leur ont balancé des bonbons ».
L'échange se termina par une discussion sur le fameux passeport d'un terroriste, retrouvé en bon état après le crash (ce qui n'a rien d'exceptionnel).

Qu'on accuse les israéliens (voire les juifs) d'avoir participé à un prétendu complot le 11 septembre 2001, cela fait (heureusement) réagir l'équipe de MiKL.

Mais qu'on dise que « 4 000 juifs n'ont pas été bosser, ils ont été prévenus par le Mossad », et cela passe presque comme une lettre à la poste, avec à peine une petite nuance (cela « ne tient pas complètement » parce qu'il y eut quand même « des mecs (des juifs) qui sont allés bosser »).
Par contre, le fait que le Mossad ait été au courant du jour précis de l'attaque semble acquis (« ça veut dire que les services secrets israéliens fonctionnent mieux que les services secrets américains »), tout comme le fait qu'il ait prévenu des juifs new-yorkais (MiKL justifie même cette démarche, avec l'exemple des services secrets français).

(d'après un commentaire de jerry sur egoblog.net)

PS : allez lire le meilleur site en français démontant la théorie du complot : bastison.net

samedi 19 septembre 2009

Mais non, il n'y a pas de dopage sur 100 mètres

On fait souvent croire que seul le cyclisme est un sport victime de dopage. Et l'athlétisme ? Quand les sportifs d'une nation règnent sans partage sur une épreuve individuelle, cela finit par un scandale de dopage.
Les athlètes est-allemandes (et des autres pays de l'Est) des années 80 ? Elles prenaient des hormones).
Les demi-fondeuses chinoises, imbattables en demi-fond entre 1993 et 1997, censées tirer leur force d'une mystérieuse "soupe à la tortue" ? Disparues des classements dès que quelques-unes se sont fait prendre aux contrôles anti-dopage.
Les Américains, maîtres du sprint autour des années 2000 ? Affaire BALCO.
Les Grecs ont ensuite repris le flambeau. Jusqu'à la fameuse fuite de Thanou et Kenteris devant un contrôle anti-dopage aux JO d'Athènes (2004).

Aujourd'hui, c'est l'heure des jamaïcains. Bolt champion olympique du 200
Les performances d'Usain Bolt (vainqueur du 100 mètres et du 200 mètres aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 puis aux championnats du monde de Berlin en 2009, battant chaque fois le record du monde) sont tellement non humaines qu'il n'est guère besoin de les commenter.
Ses compatriotes féminines se distinguent presque autant : triplé sur 100 mètres à Pékin, doublé (et quatrième place) à Berlin.
La prise d'hormone de croissance déforme la mâchoire. Bien sûr cela n'a rien à voir si Shelly-Ann Fraser, la championne olympique et du monde, porte encore un appareil dentaire à 23 ans. Vous saviez que Marion Jones et Kelli White, emportées par l'affaire BALCO, en portaient elles aussi ?

Le podium du championnat du monde était complété par l'américaine Carmelita Jeter. Elle vient, lors de la finale mondiale de l'athéltisme, de courir un 100 mètres en 10"67, ce qui en fait la 3ème femme la plus rapide de l'histoire, elle qui, jusqu'en 2008, n'était descendu qu'une seule fois sous les 11 secondes. À presque 30 ans, et après de nombreuses années de carrière, c'est un peu tard pour se découvrir de telles capacités physiques naturelles…
Rendez-vous compte, même la grande dopée Marion Jones a couru une seule fois plus rapidement de toute sa carrière (10"65, en 1998).

Le sprint s'est beaucoup accéléré ces dernières années.
Courir le 100 mètres en 11 secondes suffisait à accrocher le podium dans le nouveau millénaire. Mais, en 2009, ça n'a pas valu mieux que la cinquième place, loin de la gagnante.

De toute l'histoire de l'athlétisme, jusqu'au début de l'été, seules 4 femmes avaient bouclé leur 100 mètres en moins de 10"75 :
  • Florence Griffith-Joyner, 10"49 en 1988 ;
  • Marion Jones, 10"65 en 1998 ;
  • Christine Arron, 10"73 en 1998 ;
  • Merlene Ottey, 10"74 en 1996.
Une performance très rare, donc. Mais, depuis 2 mois, elles ont été rejointes par :
  • Kerron Stewart, 10"75 le 10 juillet (à Rome), puis le 17 août (à Berlin) ;
  • Shelly-Ann Fraser, 10"74 le 17 août (à Berlin) ;
  • Carmelita Jeter, 10"67 le 13 septembre (à Thessalonique).

Une telle densité de performance est irréelle, irréalisable à l'eau claire. Encore une fois, il faudra attendre que les dopés se fassent prendre…

mardi 15 septembre 2009

Desirsdavenir.com, (très très) (très) amateur

Je m'intéresse aux sites internet de politiques, j'avais d'ailleurs fait une étude des sites de campagne pour l'élection municipale à Grenoble l'an dernier.

Aujourd'hui, j'ai découvert le nouveau site web de Ségolène Royal, desirsdavenir.com.

Comment dire ? Il y a dix ans, mes potes faisaient déjà mieux… Je ne suis pas le seul a être effaré : ça ricane sur le web.

Pourquoi ce site est-il si moche ? Parce qu'il a été fait par André Hadjez, le compagnon de Ségolène Royal, dont ce n'est pas le métier.

Règle numéro 1 pour avoir un site web de qualité : NE PAS faire appel au petit neveu qui "s'y connait bien", sous prétexte que ça coutera moins cher qu'une entreprise spécialisée. À plus forte raison, ne pas faire appel à son mec qui facture cela plus de 40 000 euros (!!!) à Désirs d'Avenir.

Pour réussir un site web, il faut des connaissances techniques et avoir une réflexion sur l'ergonomie.

Les sites web entièrement en Flash, c'est à proscrire, sauf si cela se justifie en terme de design. Inutile de vous dire que ça ne se justifie absolument pas ici
On aurait pu faire le même site web en HTML classique en 20 minutes…

Mais surtout, c'est terriblement daté : je croirais voir un site fait il y a 10 ans, (au millénaire précédent, donc) ! Avec tout les défauts du novice qui veut montrer qu'il maîtrise la chose : la transparence des boutons sur la photo de fond (piquée dans Windows) déteriore leur lisibilité, et l'effet 3D métallique sur le nom de Royal et de son association est… très laid.
Il ne manque que des gifs animés…

Bon sang. On parle du mouvement de la principale figure socialiste française, là. Pas du conseiller général du coin.
On reproche à Royal son manque d'expérience. Ce n'est pas en ayant un site web si amateur (alors que le précédent était réussi), qui est une insulte à l'ergonomie et à l'accessibilité, qu'elle changera la donne.

En tout cas, on n'avait pas tant ri depuis la nomination de Nicolas Princen.

mardi 18 août 2009

Hommage à Christine Arron, la vraie reine du 100 mètres

Christine Arron est la troisième athlète la plus rapide de tous les temps sur 100 mètres. 10,73 secondes, lors du championnat d'Europe de Budapest en 1998, qui constituent toujours le record d'Europe de la discipline.

Qui a couru plus vite que Christine Arron ?
La première est Florence Griffith-Joyner. Parmi les meilleures sprinteuses du monde dans les années 1980, elle ratait toujours la plus haute marche du podium… En 1988, Flo-Jo est revenue chargée comme une mule, transformée physiquement, repoussant ses adversaires à plusieurs dizièmes de secondes. Records du monde du 100 mètres et du 200 mètres explosés, 3 médailles d'or aux jeux de Séoul. Elle arrête subitement sa carrière l'année suivante (alors que les contrôles anti-dopage inopinés se développent…) et meurt en 1998 âgée de seulement 38 ans.

La seconde est Marion Jones. Elle survola les 100 mètres à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Si la lutte anti-dopage a fait des progrès (rendant à jamais inatteignables les performances de Flo-Jo), il suffit aux tricheurs de garder un temps d'avance, d'utiliser la molécule non encore détectée.
C'est ce qu'a longtemps fait Marion Jones, tout en jurant qu'elle était propre.
Son mari C.J. Hunter (alors champion du monde en titre du lancer du poids) se fait prendre en 2000 ? Elle divorce. Son nouvel amour, qui lui a donné un fils, Tim Montgomery (alors recordman du monde du 100 mètres) se fait lui aussi pincer en 2004 ? Rien à avoir avec elle.
Mais elle est rattrapée peu après par l'affaire BALCO. Elle joue l'innocente, d'autant qu'on manque alors de preuves la concernant… mais l'enquête avance, et elle finit par tout avouer en 2007, ne pouvant plus nier l'évidence.
En 2008, elle passe 6 mois en prison pour ses parjures dans l'affaire Balco et dans une escroquerie aux chèques montée par Montgomery.

Flo-Jo est morte à 38 ans, ayant sacrifié sa santé. Jones a fini sa carrière en prison. Si les tablettes officielles contiennent toujours leurs performances irréelles, la vraie recordwoman du monde du 100 mètres est bien Christine Arron.
Tout comme d'ailleurs, la vraie recordwoman du monde du 400 mètres est Marie-José Pérec, et pas ces chaudières des années 1980 qu'étaient Marita Koch ou Jarmila Kratochvílová…

Cette place de femme propre la plus rapide du monde, Arron risque de bientôt la perdre. La jeune jamaïcaine Kerron Stewart a couru en 10,75 secondes il y a un mois, sa compatriote Shelly-Ann Fraser a égalé le temps d'Arron (10,73 secondes) lors de la finale des championnats du monde le 17 août.
(édit : ah que les hormones de croissance peuvent déformer la machoire, et que, tiens, mademoiselle Fraser porte un appareil dentaire)

C'est donc l'occasion de rendre hommage à Christine Arron, parce que, comme elle l'a dit, Marion Jones lui « volé (ses) meilleures années ».

mardi 28 juillet 2009

Karoutchi et Passi, on oublie tout pour passer à la télé

Étonné par une vidéo du News Show de Canal+ vue chez Arrêt sur images.
Non par les histoires de godemichet d'Audrey Pulvar, mais d'apercevoir dans la même équipe, côte à côte, Roger Karoutchi et Passi.

En 2001, quand son ami Doc Gynéco posait en rouge à lèvres en couverture de Têtu, Passi sortait, sur l'album Genèse, la chanson 7 société va mal.
Si Passi s'y en prend d'abord aux femmes qui "se libèrent, s'émancipent, gouvernent, et portent le slip", il cible ensuite surtout les homosexuels : "Dans la rue, ton fils voit deux pédés s'embrasser, le doute peut passer" (juste après avoir parlé de pédophiles, vive l'amalgame…).
Il conclut sa chanson par "Paul et Gérard veulent se marier et adopter, faut t'habituer / La nature est morte, le progrès et le PaCS l'ont tuée / Cette société va mal".

Aujourd'hui, pour passer à la télé, celui qui est sans aucun doute le rappeur grand public le plus homophobe, fait équipe avec le premier ministre à avoir rendu son homosexualité publique lors de son exercice.

lundi 27 juillet 2009

Tour de France et dopage

Depuis quelques années, le Tour de France était à la pointe de la lutte contre le dopage. Ses dirigeants, en particulier Patrice Clerc, avaient compris que l'épreuve ne conserverait de crédibilité sur le long terme qu'en chassant tous les dopés.

C'est ainsi qu'on a pu démasquer Landis, Rasmussen, Vinokourov, Schumacher, Kohl, etc.
Mais des coureurs du Tour de France dopés, c'est mauvais pour l'image. Les diffuseurs râlaient, la télé allemande menaçait de ne plus diffuser l'épreuve.

Marie-Odile Amaury, nouvelle patronne du groupe Amaury depuis le décès de son mari, a court-circuité A.S.O. (la filiale du groupe Amaury organisant le Tour), allant négocier la paix avec l'Union Cycliste Internationale (il y avait conflit sur la liberté de choix des équipes par A.S.O.), et promettant aux diffuseurs un Tour sans affaires. Patrice Clerc, opposé à ce revirement, sera d'ailleurs débarqué quelques mois plus tard.

Comment assurer avec tant de certitude que le Tour ne sera plus accompagné d'odeurs de soufre ?
En faisant directement pression sur l'Équipe, autre filiale d'Amaury : on écarte les journalistes trop soucieux de dénoncer le dopage (ou le racisme dans le football), pour laisser la place à d'autres qui ne parlent que de sport et de résultats sans se poser de questions.
Et en convaincant les diffuseurs comme France Télévisions, soucieux de leurs audiences, de retourner à l'hypocrisie sur le dopage.

En 2005, on était soulagé du départ d'Armstrong, de tourner la page de ce dopé qu'on arrivait pas à coincer. En 2009, on se félicite du retour du grand champion, lui consacrant même bien davantage d'exposition médiatique qu'à Alberto Contador, le vainqueur du Tour.

En 2007, on s'interroge sur les performances de Rasmussen, Gérard Holtz allant même jusqu'à les qualifier de "stupéfiantes". En 2009, on gobe la transformation de Wiggins, passé du grupetto à la 4ème place du Tour, ou la puissance phénoménale de Contador dans la montée de Verbier. Aucun rappel des relations de Fränk Schleck avec le sulfureux docteur Eufemiano Fuentes.

Soyez en sûrs, ce ne sont pas les anciens champions consultants pour la couverture des ces épreuves qui dénonceront le dopage. Ils laissent ce soin aux journalistes qu'ils accompagnent ; il faut dire qu'ils seraient mal placés pour s'en prendre au dopage.
Sur France Télévisions, Laurent Jalabert (jamais contrôlé positif, mais il était le meilleur coureur du monde à une époque où tous ses rivaux prenaient de l'EPO…), puis Laurent Fignon (deux fois positif aux amphétamines en 1987 et 1989, il a reconnu récemment avoir également pris de la cortisone) ont succédé à Bernard Thévenet (qui a avoué en 1979 avoir pris de la cortisone pendant 3 ans). Les téléspectateurs d'Eurosport ont droit à Richard Virenque (a avoué, lors du procès de l'affaire Festina, avoir eu recours au dopage) et Jacky Durand (contrôlé positif deux fois en 1996 : nandrolone aux 4 jours de Dunkerque, anabolisants à la Côte Picarde).


Une fois pris par la patrouille, les coureurs dopés reviennent généralement dans des équipes de seconde zone (les sponsors des grandes équipes ne voulant pas associer leurs noms aux leurs).
Mais l'équipe Astana, qui a survolé le Tour de France 2009, a été fondé par et pour Alexandre Vinokourov. Suspendu deux ans pour dopage, il compte revenir dans cette équipe et pas ailleurs.

Comment réagiront les organisateurs et les diffuseurs, l'an prochain, quand Contador, toujours chez Astana, viendra défendre son leadership sur le tour… en compagnie de Vinokourov ?

mardi 21 juillet 2009

Se faire pomper par l'AFP, même quelques mots,

…c'est quand même la classe ;)

J'ai écrit dimanche matin un article sur la mort de Pierre Fugain, pour rendre hommage à cette figure grenobloise. À ce moment, seul le Dauphiné Libéré en avait déjà parlé (dans son édition papier et sur son site internet).
D'après Google Analytics, un certain nombre de journalistes (dont un à l'AFP) à le recherche d'information sur le sujet, sont tombés dans l'après-midi, via Google, sur cet article.

J'ai bien ri en lisant une phrase de la dépêche AFP :
Président pour l'Isère de l'Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (1969-2006), Pierre Fugain était aussi une figure tutélaire de la gauche grenobloise.

Pour rappel, j'écrivais quelques heures plus tôt :
Grand résistant (…), le père du chanteur Michel Fugain était une figure tutélaire de la gauche grenobloise.

Retour sur l'Iran

J'ai une certaine fascination pour la civilisation perse (comme pour la civilisation russe). Et Persepolis, le film de Marjane Satrapi a éveillé en moi un intérêt important pour la situation politique iranienne.

Je suivais depuis des mois le déroulement de la campagne présidentielle iranienne. J'avais repéré ce Moussavi, qui me semblait le meilleur candidat du camp réformiste pour déloger ce conservateur nationaliste qu'est Ahmadinejad, même si je me méfiais de la popularité de ce dernier dans les régions rurales.

Le clan conservateur a truqué les élections, cela a élevé des protestations ici. Je ne peux que féliciter ceux qui se sont investis sincèrement là-dedans, et qui continuent aujourd'hui de suivre la situation.

Mais il y avait aussi tous ceux qui suivent ce combat parce que c'était le combat à la mode. Ceux-là, je ne les supporte pas. Ils ont fait de Moussavi une icône, alors même qu'ils ne le connaissaient pas deux jours avant, et qu'ils ne s'étaient jamais souciés de la vie des iraniens. D'ailleurs ils ne s'en soucièrent plus sitôt que Michael Jackson fut mort.
Peu leur importe les convictions ; ce qu'ils aiment, c'est de participer à la communion, être du truc dont tout le monde parle. Indignés permanents, rebelles en carton.

Mais les médias en sont responsables. En ne parlant plus que de Michael Jackson (7 chaînes de la TNT sur 18 retransmettaient la cérémonie d'hommage ! 7 !!), ils ont directement contribué à ce qu'on oublie les Iraniens.

dimanche 19 juillet 2009

Hommage à Pierre Fugain

Pierre Fugain est mort. Vendredi, à l'âge de 89 ans.
Grand résistant (il était un des chefs de Reims-Coty, le réseau de renseignements des Forces Françaises Combattantes), le père du chanteur Michel Fugain était une figure tutélaire de la gauche grenobloise.

La gauche locale (et plus encore Michel Destot, le maire socialiste de Grenoble) faisait fréquemment appel à l'autorité morale du docteur Fugain pour soutenir son combat.
En 1988, une fois à la retraite, il fut candidat socialiste aux cantonales (Grenoble V) en 1988. Il fut néanmoins battu, Alain Carignon, le maire RPR, ayant déclenché l'artillerie lourde (tout en expérimentant l'ouverture), en présentant le célèbre vulcanologue (et homme de gauche) Haroun Tazieff.
Adversaire résolu de l'extrême-droite, on le vit tenir discours lors des grandes manifestations grenobloises anti-FN de 1996 et de 2002.
La dernière implication directe de Fugain dans la vie électorale date de 2004 où, à 84 ans, il fut encore dernier de la liste socialiste iséroise pour les régionales. Il continuait néanmoins à exprimer son engagement, soutenant la municipalité socialiste, et signant encore récemment quelques appels militants, en faveur de RESF38 ou contre le retour en politique d'Alain Carignon.

dimanche 12 juillet 2009

Orelsan : quand la gauche censure…

La polémique Orelsan rebondit, avec la déprogrammation du jeune rappeur des Francofolies de la Rochelle, sous pression de la région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal, qui menaçait de retirer sa subvention (vitale pour le festival).

Orelsan, c'est ce jeune artiste qui a fait une chanson trash sur un mec trompé. Une chanson de crevard, à la TTC, où l'homme victime des femmes exprime son envie de vengeance violente.

C'est bien évidemment du second degré, pour se moquer des bas instincts masculins.
Mais, quelques féministes énervés ne connaissant ni l'humour ni l'ironie, ont déclenché une opération de nuisance contre le rappeur, devenu dans les medias l'incarnation du mal.

Ce qui est le plus inquiétant, c'est que ces appels au boycott, à la censure du rappeur, sont appuyés par la gauche.
Bertrand Delanoë a fait retirer l'album d'Orelsan des bibliothèques parisiennes. Pour une chanson, Sale Pute, qui n'est pas dans l'album !
Ségolène Royal a fait pression sur les Francofolies pour que le concert d'Orelsan y soit déprogrammé. Pour une chanson, Sale Pute, qu'il n'interprète pas en concert !

Cela m'énerve vraiment. Quand les politiques de gauche se rangent du côté de la censure, face à la liberté d'expression, j'enrage…
Merde, on n'a pas défendu la liberté d'expression de NTM il y a une dizaine d'années, pour aujourd'hui réclamer la tête d'Orelsan !

samedi 27 juin 2009

#histotweets 1789 (la révolution sera Twitterisée)

Inspiré des #histotweets de JCFrog (et de la reprise par Tristan), dont le principe est de revisiter les grandes répliques de l'histoire à la sauce Twitter.

Qu'aurait donné la prise de la Bastille si Twitter avait existé en 1789 ?

samedi 13 juin 2009

Kool Shen feat. Joeystarr - J'reviens



Je suis un grand fan du Suprême NTM… mais là, je ne suis pas convaincu.
Un peu trop convenu… Kool Shen qui s'auto-plagie "Non je ne suis pas un leader, simplement ghetto-chroniqueur", un flow pas renouvelé.
Quant au clip, il fait le même à chaque fois.

Par contre, agréable de revoir les deux compères dans un même clip :)

mercredi 10 juin 2009

Sarkozy, 5 ans de bonheur

Parce qu'il n'y a pas de raison que seuls ceux qui me suivent sur Twitter en profitent… Cela date de mai 2007.



[via phnk.com]

mardi 9 juin 2009

Européennes… on s'en fout

Voté blanc (et encore, uniquement parce que voter est un devoir) pour la première fois. Pour ne pas cautionner la mascarade.
Pour moi, les Européennes, c'est comme la Coupe de la Ligue : tout le monde s'en fout, à supprimer !

Content du four magistral du PS, surpris par le discours de Martine Aubry (encore plus nul que ce que j'attendais : pas un mot d'auto-critique).
Pas surpris du score de l'UMP : en temps de crise, le peuple est résigné et suit le pouvoir. Il parait que les révolutions n'arrivent que lorsqu'on sort des crises. Soyons patients.

Bien ri avec le score de Dieudonné. Malgré toute la promo offerte pas Claude Guéant, il fait presque 30% de voix de moins qu'au sein de la liste EuroPalestine en 2004 (36 398 voix contre 50 037).

samedi 6 juin 2009

Le classement Wikio et les blogueurs misogynes

On savait déjà depuis longtemps que le classement de blogs de Wikio était mal fait et facilement trucable.
Ça ne dérangeait personne tant que ça restait entre mecs, entre geeks.

Mais les filles grimpent, et l'une d'entre elles, Poppyrose, a même pris la tête du classement.

Sacrilège ! Les blogueurs geeks pleurnichent, certains appellent même au boycott parce qu'ils ne pensent qu'à l'argent (pour eux, une moins bonne place risque de moins intéresser l'annonceur).

Mais il s'agit avant tout de pure misogynie : insultes et mépris fusent, ces frustrés ne pouvant se faire à l'idée qu'une femme est capable elle aussi de constituer une grande communauté de lecteurs et de blogueurs autour d'elle, grâce à une idée très sympathique, sans faire la blogopute comme tant d'autres.

dimanche 10 mai 2009

Les délires bretons me gavent

J'ai souvent, sur ce blog, exprimé mon anti-communautarisme, entre autres contre le communautarisme se cachant derrière le folklore breton ridicule.

J'aurais tant aimé que Grenoble se qualifie pour la finale de la Coupe de France. Parce que c'est un club cher à mon cœur. Mais aussi parce que ça nous aurait évité d'avoir une finale 100% bretonne, Rennes-Guingamp.
Et tout ces délires communautaristes.

La palme de la bêtise ? Sans doute la une de l'Équipe toute en breton.
On a également eu droit aux gesticulations communautaristes des politiques bretons, auxquels la FFF a en partie cédé, pour que soit chanté l'hymne breton avant la finale.

On a donc chanté le Bro Gozh, et vu des milliers de drapeaux bretons, les Gwenn ha du.
Deux symboles créés récemment, au XXème siècle, pour tenter de faire croire à une nation bretonne qui n'existe pas.

Le Bro Gozh n'est qu'une copie de l'hymne gallois (tu parles d'un symbole historique breton…), adaptée par François Jaffrenou.
Qu'a fait Jaffrenou pendant la seconde Guerre Mondiale ? Il a collaboré activement avec les nazis.
Et qu'a fait Morvan Marchal, le créateur du Gwenn Ha Du, pendant la seconde guerre mondiale ? Il a collaboré encore plus activement que Jaffrenou.
Le Gwenn Ha Du sera même interdit à la Libération, tant il symbolisait la collaboration avec le nazisme.

De plus, rappelons que Rennes est en Haute-Bretagne, donc en pays gallo, le gallo étant une langue d'oïl (pour faire court, un dialecte du français). Ce qui rend encore plus ridicule toutes ces célébrations en breton autour de ce match.

mercredi 22 avril 2009

NKM enceinte sur Twitter et Facebook : ridicule

On va dire que je m'acharne sur Nathalie Kosciusko-Morizet, dont j'avais déjà épinglé la ridicule opération de comm' sur Second Life il y a un an et demi. Mais elle vient de faire encore pire.

La "secrétaire d’état chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique" veut se la jouer moderne, organisant des dîners avec des blogueurs ou des blogueuses. Manipuler les blogueurs, leur faire croire qu'une ministre s'intéresse à eux, c'est le meilleur moyen pour avoir une bonne image sur le web.
Elle utilise également d'autres moyens pour cela : après Facebook, elle s'est récemment mise à Twitter. Twitter est un réseau communautaire où on s'envoie des messages de moins de 140 caractères. Les politiques n'utilisent pas ces réseaux pour leur côté communautaire (ils n'interagissent pas avec les autres membres), mais jouent simplement la proximité pour mieux refiler leur propagande.
Et tous les obsédés de la modernité gobent ça sans s'en rendre compte : NKM est forcément sympa, pas comme les autres, puisqu'elle est moderne.

Aujourd'hui, nous avons touché le fond. NKM poste un lien sur Twitter :
Il parait que... http://htxt.it/lDi7
Ce lien amène vers une note de son profil Facebook (oui, ça serait trop simple d'avoir un site web ou un blog… et surtout pas assez moderne). Si, comme moi, vous n'êtes pas inscrit sur ce site de flicage et d'exhibition généralisés, vous ne pouvez pas lire cette note… remerciez donc les journalistes "amis" de la ministre sur Facebook de vous recopier son message.

Un ministre qui exploite sa grossesse pour jouer la modernité, c'est indécent. C'est quoi la prochaine étape ? "Je vais chez l'obstétricien" ? "J'ai des contractions" ? "Je perds les eaux" ? La vidéo de l'accouchement en live sur le net ? (les caméras à la maternité pour filmer le bébé d'une ministre, cela a déjà était fait par Ségolène Royal en 1992)

jeudi 2 avril 2009

Jean-Paul Cluzel et Philippe Val

La rumeur de la nomination de Philippe Val enflamme les commentateurs, ici ou là. Même Schneiderman en profite pour régler ses comptes avec Val.

Premier étonnement : Jean-Paul Cluzel semble, depuis que Sarkozy veut le virer, passer pour un opposant au pouvoir, qu'il faut donc défendre.
Rappelons ce que disait la pétition de soutien à Là-bas si j'y suis signée, il n'y a même pas 3 ans, par les mêmes qui soutiennent aujourd'hui Cluzel :
Faut-il rappeler que l’actuel président de Radio France Jean-Paul Cluzel, Inspecteur général des finances, longtemps collaborateur de Jacques Chirac, intime d’Alain Juppé et récemment reconverti au sarkozysme n’a pas fait mystère, dans un entretien au Figaro Magazine, de ses idées « de droite, catholiques et libérales ».
Depuis son arrivée marquée par une brutale reprise en main provoquant le départ de personnalités emblématiques comme Pierre Bouteiller et Jean-Luc Hees, c’est près de 400 000 auditeurs qui ont quitté France Inter en moins de deux ans.

Cluzel, homme de droite proche du pouvoir, a viré Hess, homme de gauche, d'Inter, pour le remplacer par Schlessinger. Cluzel et Schlessinger ont fait le ménage sur l'antenne d'Inter, virant Bonnaud (homme de gauche, qui avait été mis en place par Hess), et ne renonçant à placardiser Mermet (gauchiste caricatural) que sous la grande pression des auditeurs. Pour une victime du pouvoir, on fait mieux.

Philippe Val a beaucoup de défauts : il déteste la nation, le foot et la corrida. Et, à force de cotoyer les élites, il est devenu aussi insipide qu'elles. Déjà, j'avais eu du mal à avaler l'affaire Siné, mais quand, l'autre jour, j'ai entendu BHL à la télé citer "(son) ami Philippe Val", je me suis dit que, vraiment, ce n'était plus possible…
Mais Val a su tirer la sonnette d'alarme sur les dérives islamo-gauchistes, et on ne peut nier ses qualités de gestionnaire (le vieux Charlie avait ruiné Choron, le nouveau a donné des couilles en or à Val et Cabu).

Philippe Val est agaçant, oui. Mais les gauchistes ne lui ont jamais pardonné de les avoir quitté pour la gauche classique. Des sites comme Acrimed nourissent une campagne haineuse contre lui, le faisant devenir une grande tête de turc des gauchistes (il suffit de lire les commentateurs de Rue89…). Qui disent beaucoup de bêtises :
  • Val sarkozyste ? Il dirige un journal encore plus antisarkozyste que Marianne (c'est dire…)
  • Val sioniste ? Oui, il est parfois énervant dans sa défense d'Israël ; et alors, c'est un crime ? Les gens qui crient "sioniste" dès qu'on évoque le nom de Philippe Val, ça pue franchement.
  • Val censeur ? Il a viré Siné parce qu'ils se détestaient, c'est tout, ça n'a rien à voir avec les idées. Encore une fois, lisez Charlie avant de raconter des bêtises : si Val était un censeur, il ne laisserait pas paraître des chroniques qui racontent, bien souvent, le contraire de ce qu'il pense !

jeudi 12 mars 2009

De Sarkozy l'américain à l'ami des Russes

Article intéressant à lire (en anglais) : France rejoining NATO command good news for Moscow.
Une théorie intéressante y est développée, selon laquelle le retour de la France dans le commandement de l'OTAN serait une bonne chose pour la Russie. J'avoue que cela ne m'avait pas sauté aux yeux, pensant que les Russes prendraient mal le fait qu'un pays ami rejoigne le commandement d'une alliance militaire qui avait été créée contre eux, à l'époque de la guerre froide.

Les arguments des experts russes cités sont les suivants :
  • la guerre froide est finie, l'OTAN n'est plus une menace pour la Russie ;
  • la France a de toute façon toujours été aux côtés de l'OTAN dans les conflits, cela ne changera rien ;
  • ce retour confirmerait le fait que la France reprend une grande influence dans le monde ;
  • une France forte dans l'OTAN, cela limiterait l'influence de Washington, mais aussi des pays anti-russes d'Europe de l'est.
Dire qu'il n'y a pas si longtemps, on parlait de Sarko l'américain, et que le futur président critiquait Chirac en s'enorgueillant qu'il ne serrait pas la main de Poutine, lui…
La realpolitik, c'est magique !

lundi 2 mars 2009

Réflexions rapides

Plus débordé que jamais, pas le temps de développer.

Jack Lang piégé par les antisémites du centre Zahra. À force de foncer sur toutes les caméras…

Grâce à DSK, Stéphane Guillon passe pour le nouveau Desprogres. Faut pas exagérer : Guillon peut être hilarant, mais il peut aussi être ridicule.

Laurence Parisot. La raison numéro 1 de faire la révolution (oui, devant Frédéric Lefebvre, c'est dire).

Plus j'entends Martine Aubry, plus j'apprécie Ségolène Royal.

Chavez président à vie ? Je n'en peux plus des mensonges des principaux médias français sur le sujet. La vérite, c'est simplement que Chavez aura le droit de se représenter sans limite à la présidence (comme ce qui a été très longtemps en vigueur en France, jusqu'à l'été dernier).
Le peuple vénézuelien vote régulièrement pour Chavez. Comme le peuple russe, malgré la crise, a encore donné une large victoire au parti de Poutine aux élections locales, le week-end dernier.

mercredi 4 février 2009

Souveraineté du Québec

Janvier 2007, Ségolène Royal reçoit, à Paris, André Boisclair, alors président du Parti Québecois, et tient aux journalistes des propos favorables à la souveraineté (indépendance) du Québec. Tollé chez les québecois fédéralistes (ceux qui veulent que la belle province reste canadienne). La droite française, qui cherche alors à faire passer Royal pour une idiote multipliant les bourdes, récupère la polémique, expliquant que c'est un couac de plus pour la candidate, qu'un chef français ne peut faire de l'ingérence dans les questions extérieures.

Janvier 2009, Nicolas Sarkozy, élu depuis président de la République Française, remet la Légion d'Honneur au premier ministre (fédéraliste) du Québec, Jean Charest. Il en a profité pour donner son point de vue : le principe tradionnel de « non-ingérence et de non-indifférence », ce « n'est pas (son) truc ». Le même qui, deux ans plus tôt, encourageait ses troupes à fustiger l'ingérence de Royal dans les affaires internes du Canada, y va franchement dans le soutien aux thèses fédéralistes, comparant le souverainisme à « l'enfermement sur soi-même », et même à du « sectarisme ».
Ignorés en France, les propos font polémique au Québec ; les souverainistes s'indignent, et les fédéralistes se taisent : l'ingérence de la France, ça ne dérange que si ça va dans l'autre sens.

dimanche 25 janvier 2009

C'est toi le gros et moi le petit

Laurel et HardySarkozy et Bertrand

Fabius

Vu Fabius chez Ruquier.

Les discours de Royal ne m'ont jamais fait vibrer, trop mal incarnés. Ceux de Fabius, faisant référence à la laïcité, à la nation, remettant en cause le libre-échange, si.
C'est sans doute le meilleur tribun, le meilleur débatteur du PS (quoique son côté bourgeois cultivé et donneur de leçons peut-être énervant).

Chez Ruquier, Fabius était profondémment ennuyeux quand il s'agissait de défendre le contre-plan de relance du PS (dont il a magistralement court-circuité l'annonce mercredi, en menant la rébellion des députés de gauche à l'Assemblée).
Il a une excuse : ce plan est nul. Comme tout ce que fait le PS depuis un moment (programme 2007, déclaration de principes 2008, etc.), cela tente de faire un compromis entre toutes les sensibilités du parti… et cela n'est qu'un consensus mou, sans âme. Au final, personne ne s'y retrouve.
Fabius n'y croit pas, et ça se sent.

Fabius a un défaut majeur : il veut absolument être président de la République. Et il veut le PS derrière lui.
Par deux fois il a cru y arriver. Deux échecs.
1992 : successeur naturel de Mitterrand, il prend la tête du parti au plus mauvais moment (avant les législatives de 1993, désastreuses pour la gauche), laissant le champ libre à son meilleur ennemi, Lionel Jospin.
2005 : leader du non de gauche, vainqueur du référendum sur le TCE, et néanmoins écarté des instances du parti, il rate l'occasion de sa vie (claquer la porte du parti et fonder le Linkspartei français), convaincu qu'il sera désigné candidat du PS face à DSK. Mais Ségolène Royal est arrivée…
Et il continue. En 2008, plutôt que d'incarner à nouveau l'aile gauche du parti, il s'efface derrière la consensuelle Aubry (qui a pourtant le même programme social-démocrate européiste inefficace qu'il dénonçait chez Royal) pour faire battre Royal, pourtant bien plus légitime vis-à-vis du choix des militants. L'idée : écarter Royal, laisser Aubry se décrédibiliser, et être le sauveur de la gauche en 2012.
Soyons francs : quand Fabius fait passer la stratégie politique avant ses idées, il est nul.

Par contre, Fabius est excellent quand il défend ses propres idées, qu'il cesse de répéter le discours socialiste, pour se faire tribun, parler avec ses tripes, ponctuant son discours par un "bon dieu !" pour insister sur la chose qui lui semble essentielle.

Fabius, Mélenchon, Chevènement, ces gens-là ont compris que la gauche devait reconquérir les ouvriers, les campagnes, les pauvres, les vieux, (ces électorats qui lui font désormais défaut) au lieu de courir après les bobos comme le fait Royal. Dommage qu'ils le fassent chacun de leur côté, ça ne mènera pas à grand chose…

dimanche 11 janvier 2009

Antisémitisme 2009

Depuis les années 80 et SOS Racisme, la parole raciste est devenue honteuse. Certes, on entend beaucoup moins de propos racistes, mais le racisme est toujours présent.

Depuis les années 2000, internet s'est démocratisé, pour le meilleur et pour le pire. Le pire, c'est le sentiment d'anonymat qui incite certains à déverser leur haine cachés derrière leur écran : le racisme n'est plus honteux quand il est anonyme.

2009, c'est le grand déferlement de la haine.
La guerre entre Israël et le Hamas a réveillé les propos anti-arabes et surtout anti-juifs.
En temps normal, les sites accueillant des commentaires d'internautes ne faisant pas de modération (trop cher…), il y a déjà des dérapages. Alors aujourd'hui…

Plutôt que de renforcer la modération, certains sites (notamment liberation.fr) suppriment tout simplement la possibilité de commenter les articles sur Gaza.

Ailleurs, la haine s'exprime librement.
Ainsi, chez Yahoo! Questions/Réponses, la meilleure réponse choisie pour la question "La censure sioniste a-t-elle atteint même Yahoo QR ?" est "elle y est depuis longtemps,; les media sont entre les mains des juifs !".
Chez Dailymotion, Kémi Seba fait sa propagande en appelant au meurtre des sionistes.
Chez Youtube, dans les commentaires d'une vidéo d'une manifestation pro-palestinienne prise au hasard, on trouve carrément plusieurs appels au meurtre des juifs !

Certes, ces cas restent marginaux, et absolument pas représentatifs. Reste qu'ils existent.
La modernité, c'est la libéralisation de la haine.

mercredi 7 janvier 2009

Oh, les méchants amateurs !

Les (excellents) Cahiers du football épinglent régulièrement olweb.fr, le site web de l'Olympique Lyonnais, pour ses "communiqués plus officiels que ceux du Comité central sous Brejnev".

Celui d'aujourd'hui est d'un sacré niveau.
Posons d'abord le contexte : le week-end dernier, lors des 32èmes de finale de la Coupe de France, le match entre l'Olympique Lyonnais (champion de France depuis 7 ans) et Concarneau (club de CFA2, la cinquième division), qui devait se disputer à Guingamp, a été remis à cause du mauvais temps.

Concarneau étant un club amateur, ses joueurs travaillent en semaine, c'est pourquoi ils souhaitaient que le match soit reporté un samedi ; ils ont finalement eu gain de cause. Cela ne plaît pas du tout à l'Olympique Lyonnais, pas habitué à ce que les instances n'aillent pas dans leur sens.

Ainsi, si olweb.fr "prend acte de cette décision (…), par respect pour le football amateur", c'est pour mieux "et bien que celle-ci soit expressément contraire aux termes de l’article 6.7 du règlement de la Coupe de France qui précise sans ambigüité que tous les clubs sont tenus, dans l’hypothèse d’un report, d’accepter de jouer en semaine". Résumé : on aime les footballeurs amateurs, mais on veut jouer quand eux sont à l'usine.

Pire, l'OL "s’étonne de cette décision comme du lobbying effréné du football amateur qui contrarie en l’espèce le déroulement de la Ligue 1 et pénalise les clubs professionnels qui contribuent au succès de la Coupe de France."
Vous croyiez que c'était le foot amateur, les petits clubs, qui étaient menacés par le foot-business ? Que le meilleur pratiquant lobby effrené était Jean-Michel Aulas, patron de l'OL ?
Heureusement que olweb.fr est là pour vous montrer votre erreur : tout est de la faute de ces méchants amateurs qui veulent pas se coucher devant les gros pleins de pognon…