vendredi 29 décembre 2006

Le site officiel de Dieudonné n'est pas à jour

Sur la page d'accueil du site internet de Dieudonné, un avertissement trône : "IMPORTANT: Le site dieudo.net n'est pas totalement à jour pour le moment". En réalité, seules les pages consacrées à ses spectacles ont été mises à jour, le reste du site n'a pas bougé depuis des années.
On peut donc tomber sur des vestiges d'une période bien révolue : le Dieudo anti-raciste.

Ainsi la page "Politico-Dieudo" nous affirme que Dieudonné considère le FN comme "une gangrène dans le pays et un appel aux conflits sociaux, voire à la guerre civile"
Intéressons-nous maintenant au Dieudo-chanteur, grâce à la page "Disco-Dieudo" : on nous y rappelle que Dieudonné a sorti un album il y a une dizaine d'années, motivé entre autres par "son combat de tous les jours contre ce parti de l'extrème", une de ses chansons étant écrite "à la mémoire d'Ali Ibrahim, assassiné le 21 février 1995 par un colleur d'affiche du FN"

À lire cela, on en oublierait presque la visite de Dieudo à la fête BBR du Front National et les propos qu'il a tenu ensuite ("Le Pen a de grandes chances d'être l'homme de la révolution politique"). Les extraits que vous avez pu lire plus haut sont bel et bien des vestiges du Dieudo anti-raciste : aujourd'hui, il en veut à SOS Racisme de l'avoir ainsi influencé ("Si Le Pen est au second tour, je ne suivrai pas le mot d'ordre de SOS Racisme, de tous ces imposteurs, c'est certain"), il s'excuse de ses années anti-racistes au micro de "Radio Courtoisie" (une radio très à droite).

D'ailleurs, sur le site de Dieudonné, tout sera fait pour vous pour vous éviter de tomber sur les vestiges : sur les pages d'accueil, plusieurs liens vous invitent à aller vers la nouvelle page politique de Dieudo, celle qui a servi sa candidature pour 2007 (j'avais montré il y a quelques mois que ce site de campagne publiait des auteurs connus pour leur négationnisme).
On y fait également la promotion de "La Banlieue S'exprime", devenu carrefour de l'antisémitisme ordinaire, et dont le responsable s'enorgueillit d'avoir donné une interview à Minute (journal d'extrême-droite).

Drôle de collision.

mardi 19 décembre 2006

Bretonnants flamingants

Découvert en cherchant la source des liens vers mon blog : le site de la fédération d'Ille-et-Vilaine du Parti Breton.

Un de leurs rédacteurs y rebondit sur un commentaire publié sur mon blog à propos du canular de la RTBF. Jusqu'ici, je n'avais lu que des réactions favorables aux Wallons, qu'elles soient belgicaines ou non.

Ici, sans surprise, les autonomistes bretons, anti-français, se rangent du côté des flamingants anti-francophones :
Moins que les peuples libres cependant, nous avons, comme les Flamands, un boulet à tirer. Mais dans notre cas, c'est nous la minorité. La solution existe, les autres peuples minoritaires d'Europe montrent la voie.
Vous pouvez le constater, pour ces gens, la France est un boulet. Comme toujours, les autonomistes/indépendentistes se révèlent être des libéraux agressifs (la liberté de ne pas se soucier du voisin n'est jamais loin de la liberté de s'éloigner de la France). Voyez ce qu'ils reprochent à la France :
D'un autre côté, je regarde la Wallonie vivant sur ces "acquis sociaux" largement imposés aux Belges par la francophonie et l'influence du "grand frêre" français. Ce microcosme montre l'attitude égémonique et xénophobe qu'à eu la France colonialiste sur les plus faibles qu'eux.
La Belgique et la France doivent, pour ces gens, être honnies à cause des "acquis sociaux" ! Et quand je les vois accuser la France d'être xénophobe, cela me rappelle les flamingants qui accusent l'état belge d'être anti-flamand. Quand ils parlent de choses "imposées aux Belges (comprenez : aux flamands) par la francophonie", ils reprennent carrément leurs arguements

La seule chose que ces anti-Français oublient, c'est ce qu'est réellement la Bretagne.
La Wallonie et la Flandre sont des nations, tout comme le Québec, et ont le droit à vivre dans un état indépendant si elles le souhaitent. Par contre, le prétendu peuple breton ne constitue pas une nation, pas plus que le prétendu peuple corse. Encore une fois, la France n'est formée que d'une seule nation, et est indivisible de par sa constitution.

Les idées que véhiculent ces gens remettent donc en cause l'un des fondements républicains, doivent par conséquents être combattues. Le régionalisme n'est qu'une forme parmi d'autres de ce grand danger qu'est le communautarisme.

jeudi 14 décembre 2006

Bravo la RTBF !!!

Je viens d'apprendre que la première chaîne de la RTBF (radio-télévision belge francophone) avait fait un coup énorme ce soir.

Alors qu'ils avaient annoncé une émission sur l'avenir de la Belgique, et notamment ce qui se passerait en cas de scission de la Flandre, les téléspectateurs ont vu autres choses : une interruption d'antenne, un programme avec de vrais journalistes annonçant que la Flandre avait déclaré son indépendance. Vous pouvez voir le début de cette fiction à voir sur le blog de "Moi Belgique".

Tout était prévu : les réactions des célébrités, une fuite du roi Albert II à l'étranger, les scènes de joie des flamingants à Anvers, les reportages de terrain montrant des trains bloqués à la frontière. Tout était fait pour que les gens y croient. Et certains y ont cru, quelques-uns s'empressant d'en parler sur internet (voir par exemple cette modification sur wikipedia ou cette question sur Yahoo!Q/R).
Plus d'info dans cet article du Soir.

Bien évidemment, c'est le gros scandale en Belgique. Les politiques ne semblent pas avoir l'humour qu'on connaît pourtant aux Belges.

Je m'intéresse à l'avenir de la Belgique, j'ai d'ailleurs déjà consacré un article sur l'idée de la fin de la Belgique. J'avais été le plus neutre possible dans cet article.
Mais voici ce que je pense : des précédents récents en Europe nous montrent qu'un état binational (Tchécoslovaquie) ou multinational (Yougoslavie), ça ne marche pas. Je crois donnc que la Belgique sera scindée.
Et même, je le souhaite : chaque nation a le droit à son propre état si elle le désire. Et quand à ce qu'il adviendrait du reste de la Belgique en cas d'indépendence de la Flandre : à mon avis, dans l'état économique actuel, la meilleure chose qui puisse arriver à la Wallonie est de rejoindre la France, c'est pourquoi un mouvement comme le RWF a toute ma sympathie. Quant à Bruxelles, je ne crois pas à cette histoire de district européen.

edit :
Je l'avais oublié, mais à cause de mes articles sur la proposition de scission de la Belgique par le Belang et sur les propos anti-francophones d'Yves Leterme, je suis très bien classé sur Google pour les recherches concernant la scission du plat pays.
Toutes les recherches concernant la Belgique ayant amené des visiteurs sur mon blog hier soir, fautes d'orthographe conservées :
indépendance flamand, flamands votent la séparation de de la Belgique, la famille royale partie fin de la belgique, la belgique séparé ?, Flandre Independance 12/06, separation flamand wallon, Belgique+independance des flamands, separation des flamand et des wallon, belgique info séparation flandre wallonie, fin de la belgique, coup d'etat belgique, les flamands ont vots leur indpendance, independance flandre 2006, flamands+indépendance, blog la belgique séparatiste, ce-soir indépendance flamand, blague indépendance flamande, yves leterme, independance flandre wallons, indépendance flamands, flandre indépendance, independance de la flandre est ce un canular, coup d etat belgique, avenir de la belgique brel

Et j'adore la réponse d'un certain Zorba (sur le blog de Morandini) à un internaute qui avait dit "ils n'ont vraiment pas inventé l'eau chaude.. ces belges!" :
nous n'avons sans doute pas inventé l'eau chaude par contre nous sommes parvenus à vous vendre des avions renifleurs dans les années 70 sans rancune
(voir la fiche wikipedia sur l'affaire des avions renifleurs)
C'est vraiment marrant de voir ressortir des blagues belges sur les français dans les échanges sur internet.
Une autre, vue sur kopikol dans les réactions à un lien décrivant cette histoire :

blague belge : comment tuer un français ?
il faut viser 20 cm au-dessus de la tête, dans le complexe de supériorité


edit :
les premières minutes de la fiction de la RTBF :
mms://viptf1.yacast.net/lci/vod/news/2006-12/rtbf_extrait.wmv (via LCI)

lundi 11 décembre 2006

La jeune arabe (à la culotte rose) du FN et la laïcité

La jeune arabe à la culotte rose de la campagne du FNJeune et jolie arabe. Piercing au menton. Pantalon taille basse laissant apparaître le bas de son ventre et le haut de sa culotte rose. Agréable à regarder, non ?

Si je vous dit qu'il s'agit d'un morceau d'une affiche, et que cette jeune fille a le pouce baissé, à quoi pensez-vous ? Une campagne de SOS Racisme ou de la LICRA pour dire non aux discriminations ?
Tout faux. C'est une des 7 affiches de la dernière campagne du Front National, visibles sur le site de campagne de leur candidat.

En effet, le parti d'extrême-droite cherche à séduire tout le monde en 6 personnes : un homme rural, une femme urbaine, un enfant, une vieille, un entrepreneur et… une française d'origine immigrée. Chacun a droit à son affiche. Le slogan commun à ces affiches : "droite/gauche, ils ont tout cassé". Une dernière affiche regroupe ces 6 personnes autour de Le Pen.

Que reproche donc cette jeune arabe frontiste à la gauche et à la droite ? D'avoir cassé "nationalité, assimilation, ascenseur social, laïcité".
Si, si, vous avez bien lu, le FN prétend défendre la laïcité.

Faut-il rappeler que le Front National contient la plupart des catholiques intégristes ? L'abbé Laguérie, figure de proue des intégristes français, récemment réintégré au sein de l'Église Catholique par Benoît XVI, n'a-t-il pas dit un jour que, pour lui, "le parti le moins éloigné du droit naturel c’est le Front National" ?
Faut-il rappeler que la fête Bleu-Blanc-Rouge du Front National, dont l'édition 2006 a eu un certain écho médiatique grâce à la visite de Dieudonné, comporte chaque année une messe en latin ?

Certes, le FN essaye d'élargir son électorat, ne clame plus aussi fort qu'avant son opposition à l'avortement, ce qui ne déplaît aux pires intégristes, comme Xavier Dor, qui lui reproche de "s'affadir". Mais il reste opposé à l'avortement.
Certes, le FN ne crie plus sa haine contre l'islam (souvenez-vous de l'affiche du FN qui reprenait la déclaration du Hussein Moussawi, chef de la mouvance Amal Islamique du Hezbollah, : "Dans vingt ans, c'est sûr, la France sera une république islamique"), il faut bien essayer de séduire les jeunes musulmans. Mais les skinheads des Jeunesses Identitaires, se chargent de rappeler ce que l'extrême-droite pense de l'islam.

Ne vous laissez donc pas avoir. Derrière la culotte rose de cette jolie arabe (à une époque où Sarkozy critique "le jean taille basse qui laisse voir trop de choses") se cache un parti d'extrême-droite toujours xénophobe et intolérant.

ps : article repris sur Agoravox et Yahoo! Actualités.

édit : le Figaro nous apprend, de la bouche de Marine Le Pen, que ce n'est pas une culotte mais un string. Vu le titre de mon article, ça ne m'arrange pas.
Martial Bild indique que « la tenue de la jeune fille a paru un peu too much à certains ». Mais, selon lui, « le réalisme s'est imposé : c'est comme cela qu'elles s'habillent tous les jours. Nous prenons les gens tels qu'ils sont, non pas tels que nous voudrions qu'ils soient ». Marine Le Pen et Martial Bild s'empressent d'ajouter que l'affiche, une des six affiches de la campagne de Jean-Marie Le Pen, n'a pas été contestée dans son principe. « Les réserves ont porté sur le string apparent, pas sur le fond », explique la première.

dimanche 10 décembre 2006

Royal au Liban et les medias sarkozystes

On peut reprocher à Ségolène Royal son côté girouette lors de son voyage au Proche-Orient : rencontrer le Hezbollah mais refuser de rencontrer le Hamas ; dire au soldats français de la FINUL son opposition au survol de leurs positions par les avions israéliens puis, une fois en Israël, dire qu'elle peut "comprendre" ces survols.

Par contre, certains lui reprochent n'importe quoi. Sarkozy a peur de sa rivale si populaire, alors il essaye de trouver la moindre petite chose contre elle.

Vendredi 1er décembre, Ségolène Royal rencontre des députés libanais, et, parmi eux, un député du Hezbollah qui commet une diatribe anti-américaine et anti-israélienne. Royal répond fermement, rappelle qu'Israël a le droit à sa sécurité.

Mais il se trouve qu'une des phrases du député n'a pas été traduite par l'interprète : il comparait les résistants libanais face à l'armée israélienne, aux résistants français qui luttaient contre les Nazis. D'ailleurs, les journalistes français n'en parlent pas dans leur articles.
Lorsqu'elle apprend que cette phrase a été tenue, elle dit ne pas en avoir eu connaissance et dit qu'elle aurait quitté la salle si cela avait été le cas. L'ambassadeur de France au Liban confirme. L'histoire est finie ? Non.
Trop tard, Sarkozy a décidé de sortir l'artillerie lourde pour exploiter ce détail.

La droite française avait sévèrement critiqué Jospin en 2000 lorsqu'il avait osé qualifier le Hezbollah de terroriste. La diplomatie de la France (gouvernée ces dernières années pour la droite) est plutôt conciliante avec le Hezbollah, refusant que ce groupe soit inscrit sur la liste des organisations terroristes établies par l'UE.

Il y a une semaine, la droite française s'est tout d'un coup rendu compte que le Hezbollah (qui a déjà commis des attentats contre des Français, mais aussi contre des juifs en Argentine) est une organisation terroriste. Sarkozy et tous ses alliés tirent toute la journée de samedi. Ils parlent de "faute lourde". Douste-Blazy, qui il y a quelques mois, allait jusqu'à louer le "rôle stabilisateur" de l'Iran au Moyen-Orient, proclame désormais que le Hezbollah (parti pro-iranien) est "l'ennemi de la France".

Bref, le temps d'un week-end, l'UMP oublie la diplomatie (critiquable) pro-arabe de la France, dit le contraire de ce qu'elle aurait dit la veille. Mais le pire, c'est l'exploitation communautariste qui est derrière tout cela. En voulant faire croire qu'on s'oppose à une dérive de Royal qui laisserait le Hezbollah insulter Israël, Sarkozy veut se montrer comme un ami d'Israël, il rameute même Cukierman, le (regrettable) président du Crif (qui prétend représenter les juifs de France).

Cela aurait pu marcher ! Le problème pour eux, c'est qu'ils étaient encore après accuser Royal de laisser insulter l'état juif, qu'elle était déjà en Israël, accueillie quasiment comme un chef d'état par Ehud Olmert, à la une de Haaretz et d'autres journaux, se faisant féliciter de sa position ferme contre le nucléaire iranien.

Mais, le plus pathétique, c'est sans doute la façon dont les medias sarkozystes ont repris l'accusation telle quelle. Bon, venant de journaux qui acceptent de publier une interview de Sarkozy (sa déclaration de candidature) où aucun de leurs journalistes n'étaient présents, on ne peut pas s'attendre à mieux…

France2 acceptera d'ailleurs de participer à la mascarade de Françoise de Panafieu. Également en Israël, la candidate UMP aux prochaines municipales à Paris fera tout pour croiser Royal (elle l'a d'abord raté à la Knesset, elle l'a donc attendu dans le hall de l'hôtel King David). N'ayant pas apprécié que Panaf participe au tir indigne de l'UMP, Ségolène lui répond "je suis désolée, mais après vos propos, madame, je ne vous salue pas". La vidéo est vite mise en ligne, et se retrouve en une du site de l'UMP. Les blogueurs sarkozystes se dépêchent de faire la même chose sur leur blog. Le plus connu d'entre eux, celui qui réussit à se faire passer pour un blogueur d'opinion (merci les medias sarkozystes) alors qu'il ferait passer Steevy Boulay pour un fin politologue, pondra même un titre d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable (qui a dit "comme d'habitude ?").

À lire, un très bon article dans le Marianne de cette semaine (n°503) : "La fausse affaire Ségolène Royal"

jeudi 30 novembre 2006

Caricature ? Même pas, c'est un vrai anti-républicain

Les internautes aiment bien faire circuler des liens qui les font rire. C'est ainsi qu'on a commencé à entendre parler d'Alexandre-Guillaume Tollinchi (AGT). Un militant UMP de 19 ans, prétentieux, réactionnaire et corse.
Il a sorti un livre, ce qui l'a mené à faire de la promo télé chez Ruquier ou Stéphane Bern début 2005. En avril dernier, le buzz a recommencé grâce à une interview vidéo réalisée par un autre jeune militant UMP. On le retrouvera par exemple sur le blog de Guy Birenbaum.

Je suis par hasard retombé sur son blog aujourd'hui. Jusqu'à présent, sa prétention démesurée me faisait plutôt rire, je n'avais jamais fait attention à ses idées.
Et bien, cela fait peur : c'est une caricature de la droite anti-républicaine, communautariste et anti-laïque. Je comprends mieux pourquoi une partie des militants UMP le considère comme quelqu'un pouvant leur nuire en les faisant passer pour des réactionnaires.

Communautariste, tout d'abord.
Il est corse et considère son peuple comme une nation. Il saute la reconnaissance de la nation québecoise par le Canada pour dire que la France "n'a plus le choix : nous devons modifier la Constitution, afin de reconnaître les peuples qui composent aujourd'hui la République française. Je pense à la Corse en priorité, mais aussi au Pays Basque, et à la Bretagne". Il veut même rendre l'apprentissage du corse obligatoire en Corse !
Or, si le Québec (tout comme, d'ailleurs, la communauté française de Belgique) est réellement une nation, par sa culture et sa langue, ce n'est pas du tout le cas de ces prétendus peuples. La France est un état-nation. Sa Constitution la rend indivisible, et proclame que sa langue est le français. Tout ce qui va vers une reconnaissance de tel ou tel peuple, de telle ou telle culture, est une dangereuse tentative communautariste de division de la France.

Nous n'en avons pas terminé de ses positions anti-républicaines. Il est également anti-laïque.
Contre la gay-pride à Jérusalem, non pas par anti-communautarisme, mais parce que "Le respect des croyances religieuses est un préalable aux initiatives communautaires."
Et contre tout ce qui fait la laïcité : pour que l'état puisse financer la construction de lieux de cultes (mosquées), pour un enseignement religieux à l'école, pour la pénalisation du blasphème, contre l'anti-cléricalisme.

C'est le discours classique des anti-laïques qui voudraient à nous faire croire que leur liberté de culte est menacée. Tu parles. La loi de 1905 sur la laïcité est pourtant claire : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public". La liberté religieuse n'est absolument pas menacée en France. Trouvez-moi un seul exemple où on empêche quelqu'un de croire en la religion de son choix.
Au lieu de penser au respect des cultes, vous feriez mieux de penser au respect de toutes les opinions.
Pas un mot pour Redeker, pourtant réellement menacé pour ses opinions (il doit vivre caché suite à des menaces de mort reçues parce qu'il a critiqué une religion), lui : AGT ne voit qu'une "haine des cultes" qui doit être pénalisée.

La droite catholique a donc trouvé son Mouloud Aounit (vous savez, celui qui a transformé le Mrap en Mouvement pour le Respect d'Allah et du Prophète).

mercredi 29 novembre 2006

Rencontre avec Alain Carignon

Lundi soir, j'ai fait partie des blogueurs grenoblois (avec Chrys, Dominique et Olivier) qui ont eu la chance de rencontrer Alain Carignon, président de l'UMP Isère, ancien ministre, ancien maire de Grenoble.

On sait que je ne suis pas de ce bord politique, et même que j'ai été critique sur Carignon dans la confrontation Carignon/Cazenave. Mais quand Chrys, après avoir été contacté par l'équipe de campagne du candidat, m'a proposé de faire partie des blogueurs le rencontrant ce soir, je n'ai pas hésité une seconde. Oui, bien sûr. Je sais bien que dès, qu'un blogueur rencontre un politique, il y aura toujours quelqu'un pour le lui reprocher. Mais je pense avoir assez démontré, sur ce blog, que j'avais un esprit libre, pour me moquer de telles remarques. Au contraire, on manque d'ouverture si on ne rencontre pas les gens d'un autre bord politique.

C'est une chance de rencontrer un homme ayant eu de telles responsabilités (on n'arrive pas aux postes qu'ils a pu exercé si on n'a pas un grand talent), et c'est un plaisir de parler internet et blog avec quelqu'un qui s'y connaît réellement, et qui ne crée pas simplement un blog de campagne parce qu'on lui a dit dans son entourage politique que c'était bien de le faire.
Tout d'abord, on nous a présenté le nouveau site d'Alain Carignon, une nouvelle version en vue des élections législatives de juin prochain. C'est joli, ça utilise bien les flux RSS (= mise à jour du site automatique quand un nouveau message est posté sur le blog), l'info est bien hierarchisée et facilement accessible. Pour moi, le design d'un site n'est pas très important, par contre il faut que ce soit surtout agréable à utiliser pour le lecteur et (si possible) facile à administrer pour le rédacteur.

Ce que j'ai trouvé intéressant, c'était que cela était enrichissant pour les deux parties : pour nous blogueurs, de pouvoir discuter avec une telle personnalité politique, et pour lui, d'avoir un avis extérieur de blogueurs expérimentés, sur son site et son blog. Je trouve que cela permet de parler assez librement.
Moi qui suis d'un naturel très timide, j'ai pu essayer de faire partager mon expérience de l'internet et de la blogosphère : lorsque nous parlions de la sur-représentation de la droite dans la blogosphère, j'ai pu exposer ma petite théorie sur le fait que ceux qui sont le plus attirés par la liberté offerte par les blogs sont les libéraux (libertaires d'extrême-gauche, socio-démocrates de gauche, et surtout sarkozystes de droite) alors que les autres n'utilisent l'internet que pour des combats ponctuels (constitution européenne, CPE) ; j'ai pu parler de la méfiance marquée que j'ai vis-à-vis de la fascination pour l'internet (pour moi, cela changera les choses, mais ça mettra réellement longtemps) et le fait que je trouve fondamental de ne pas oublier ceux qui, notamment dans les campagnes, n'ont pas accès à l'internet. Alain Carignon, lui, semblait très optimiste (trop ?) sur ce que l'internet pourrait apporter pour la vie de la cité.

En tout cas, c'est très intéressant d'échanger des points de vue avec un tel animal politique. La volonté qui se dégage d'un candidat est quelque chose de non négligeable dans une campagne électorale, et il faut reconnaître que Carignon a le charisme avec lui (mais, voulant une assemblée nationale à gauche, je préférerai toujours l'élection d'un candidat de gauche sans charisme à une candidat de droite charismatique). En y repensant, on comprend mieux pourquoi il a pu attirer tant de nouveaux militants à l'UMP Isère.

Voilà, j'ai essayé d'avoir une lecture la moins partisane possible de cette soirée (pour moi, c'était avant tout une rencontre entre un politique et des blogueurs, à propos d'internet et du "jeu" politique et pas de "vraie" politique, l'étiquette politique importe ici peu, dans le sens où nous aurions pu avoir une discussion similaire avec un politique d'un autre bord), mais dont j'assume totalement la subjectivité : j'ai essayé ici moins de raconter ce qu'il s'était passé que de coucher ce que j'avais ressenti.

Compte-rendus :
Dominique : "Invité par Alain Carignon".
Chrys : "Rencontre avec Alain Carignon, candidat UMP sur la 1ère circonscription de l'Isère et lancement de son nouveau site de campagne"
Alain Carignon : "Podcast : Rencontre avec des blogueurs de l'agglomération" (on y entend successivement Chrys, Dominique et Olivier)

lundi 27 novembre 2006

La double énergie du changement

Madame Geneviève Fioraso, proche de Michel Destot (le maire de Grenoble), strauss-kahnienne comme lui, sera la candidate du Parti Socialiste sur la première circonscription de l'Isère, circonscription traditionnellement de droite, mais qui verra s'affronter à droite Alain Carignon (UMP, désigné par la commission nationale d'investiture de son parti), Richard Cazenave (UMP, député sortant) et Philippe de Longevialle (UDF).

Elle a lancé récemment son blog de campagne sur internet, que l'on découvre grâce à la rencontre entre Chrys de Greblog et elle, (qui a donné lieu à un podcast intéressant).

Petit hic, remarqué par des commentateurs de Greblog, il vient du sous-titre de son blog : "L'énergie du changement". Cela sonne pas mal pour indiquer qu'on veut se battre pour une alternance politique . D'ailleurs, c'est le slogan du blog d'Hervé Gerbi, membre de l'UMP, candidat comme suppléant de Nathalie Béranger sur la 3ème circonscription, face à Michel Destot (il serait mauvaise langue de dire qu'elle a été attribuée à une femme parce que c'est une circonscription quasi-ingagnable…).

La preuve en image :
bandeau du blog de Geneviève Fioraso
bandeau du blog d'Herve Gerbi
Elle veut du changement par rapport à Cazenave/Carignon, lui par rapport à Destot. Et promettent tous les deux d'y consacrer leur énergie.

Cela montre avant tout qu'en choisissant un slogan classique, on peut se retrouver avec le même que celui du voisin. C'est somme toute assez marrant, et cela montre que l'équipe de Fioraso ne connaît pas assez la blogosphère grenobloise… J'ai du mal croire qu'on puisse volontairement copier de manière si flagrante le slogan d'un adversaire politique (peut-être avaient-ils lu le blog de Gerbi, et qu'ils se sont retrouvés avec cette idée en tête sans se rappeler d'où elle venait ? pour l'instant on ne le sait pas).
Mais Gerbi ne semble pas trouver ça drôle, et a déjà fait délivré par des huissiers une sommation à madame Fioraso pour qu'elle cesse d'utiliser son slogan.

édit : de retour de week-end, l'équipe de Geneviève Fioraso a supprimé le slogan litigieux, le temps d'en trouver un autre. C'est désormais "La dynamique du changement".

jeudi 23 novembre 2006

Belgique : le communautarisme poussé jusqu'au ridicule

Le 6 octobre dernier se déroulaient les élections communales en Belgique.

La Belgique est communautariste par nature : dans un pays où l'unité nationale est si faible (tensions très fortes entre néerlandophones et francophones), comment intégrer des immigrés en masse ? comment demander à des immigrés de s'attacher à un pays qui se déchire.

Comme si ça ne suffisait pas, ils ont accordé le droit de vote aux étrangers, y compris les ressortissants de pays hors Union Européenne, pour ces élections. Je suis contre le droit de vote aux étrangers (pour moi, le vote est lié à la citoyenneté, le droit de vote aux étrangers, c'est créer de semi-citoyens, si les étrangers veulent voter dans le pays où ils résident, qu'ils fassent le choix d'en prendre la nationalité).

Cela nous a permis de voir les effets pervers de cette mesure.
Si les socialistes républicains du PS français (Fabius, Mélenchon, et autres) se battent assez efficacement, ce qui évite des dérives électoralistes communautaristes, le PS belge francophone fonce en plein dedans.

Les affaires récentes ayant touchées le PS belge rendant les élections plus difficiles qu'à l'accoutumée, ils se sont dit "mettons des arabes, des turcs, des musulmans, comme ça on aura les voix de leur communauté".
C'est bassement électoraliste, communautariste. Mais le pire c'est… que ça marche plutôt mal.

La ministre de la Justice, Laurette Onkelink, qui se présentait à Schaerbeek, une commune de la capitale (où est né Jacques Brel), est allée très loin dans cette optique : elle a répété son opposition à la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien, elle a même mis une femme voilée (et oui, la Belgique n'est pas laïque) et un nationaliste turc sur sa liste.
Pour la première fois, en effet, sur la liste PS - et sur d'autres listes concurrentes - figuraient des femmes voilées. «j'aide les Schaerbeekois avec mon voile depuis des aimées, se défendait ainsi Derya Aliç, distribuant sa photo voilée sur te (tia-rché de la rue Royale - Sainte - Marie, je ne vais pas me déguiser pour faire campagne.» Dans la même équipe, la tête de liste Laurette Onkelinx, ministre de la justice, avait recruté Murat Denizli Belge d'origine turque comme une bonne partie de la population scbaerbeekoise. Or, ce militant «actif dans le milieu sportif et socioculturel», selon sa profession de foi, est en réalité proche des Loups gris, un groupuscule d'extrême droite qui défend la «race turque» et nie le «prétendu génocide» armémen. Plusieurs autres militants associatifs ont pareillement mené campagne, en turc ou en arabe, jusque dans les mosquées.
Marianne n°495, du 14 octobre 2006 au 20 octobre 2006
Cependant, il y a une morale, Onkelinx perdra finalement l'élection communale, la tête de liste ECOLO préférant finalement s'allier avec le maire sortant qu'avec elle.

La situation est assez similaire à Bruxelles-ville :
L’influence des musulmans dans le parti socialiste, notamment à Bruxelles, est tellement forte que sans leur accord aucune décision n’est possible. Après les élections à la Ville de Bruxelles qui compte 47 conseillers communaux, les socialistes obtenaient 17 sièges et le Cdh (chrétiens) 11. Sur 17 conseillers socialistes, il y a 11 musulmans, tandis que chez le Cdh (chrétiens) il y a 11 conseillers élus dont trois nouveaux belges d’origine africaine (qui auraient obtenu le soutien de le l’Église évangélique chrétienne et 3 musulmans.
La coalition socialiste PS-Cdh obtient une majorité avec 28 conseillers dont 14 musulmans pour diriger la Ville. Aucune décision ne pourra se prendre sans l’accord des conseillers communaux musulmans. On peut donc s’attendre à voir l’installation de la charia accélérée. Les musulmans deviennent incontournables pour gérer la Ville de Bruxelles.
fairelejour.org, Réflexions sur les élections communales et provinciales en Belgique du 8 octobre 2006 et le vote ethnoreligieux, Guillaume

En arriver à une telle surreprésentation, juste pour se maintenir au pouvoir… Ridicule ? Oui.

mercredi 22 novembre 2006

Comme c'est bizarre…

J'avais posté il y a 2 semaines un article consacré à une vidéo de Royal datant de 2000 où elle déclarait à propos de DSK que "on est là pour servir, pas pour se servir", que j'avais retrouvé sur le site de l'INA, afin de critiquer la façon dont Royal se moque de la présomption d'innocence. J'avais hébergé un court extrait de la vidéo sur Dailymotion.

Je me suis rendu compte aujourd'hui que la vidéo sur Dailymotion avait été censurée. Cela me surprend, dans ma tête j'usais du droit de citation, mais bon, je peux comprendre les problèmes de droit d'auteur que ça pose.
Je modifie donc mon article afin d'enlever le code de la vidéo (qui n'affiche désormais plus qu'un rectangle rouge au milieu, expliquant que la vidéo avait été désactivée).
Je pense donc remplacer la vidéo par un lien vers le reportage sur le site de l'INA, jusqu'à ce que je me rende compte que… la vidéo en question a disparu du site de l'INA. Un petit tour sur le site, je retrouve toutes les autres vidéos ayant rapport à l'affaire Méry que j'avais pu apercevoir, mais pas celle-là, comme par hasard.
La censure semble donc très efficace !

edit 23/11 : j'ai envoyé en fin de matinée un mail à l'adresse de contact de l'INA, on m'a répondu en fin d'après-midi que "Pour des questions de droit ou de maintenance server cette archive a été retiré", mais qu'on pouvait encore voir la vidéo dans le cache Google.

mardi 21 novembre 2006

Ségolène Royal, une féministe ?

On nous bassine les oreilles sur le fait que Ségolène Royal soit une femme. Ca semble même son principal argument politique (on se souvient du premier débat socialiste où, lorsqu'on lui avait demandé sa différence avec ses compétiteurs, elle avait répondu "ça se voit"). Le pire, c'est que ça marche : un sondage Ipsos montre que ce qui attire le plus les Français, c'est avant tout le fait que ce soit une femme, à 37% (et même 41% chez les sympathisants socialistes).

Ce que je n'aime pas chez Ségolène Royal, c'est la façon dont elle se sert de la chance qu'elle a d'être une femme, dont elle crie au machisme à la moindre contradiction.
Fabius, constatant que les parents du ménage Hollande-Royal sont tous deux présidentiables, se demande avec humour qui va garder les enfants ; il est aussitôt accusé de machisme puisque "garder les enfants", ça semble être un rôle féminin, pour les royalistes. De même avec jean-Luc Mélenchon qui, se plaignant de voir nombre de candidats à la candidature se multiplier, dit que cela ne doit pas tourner au "concours de beauté" ; là encore, ce il est immédiatement étiqueté comme machiste, puisque les "concours de beauté" sont le plus souvent féminins.

En réalité, l'attaque visant le plus la féminité de Royal vient de… Martine Aubry, qui avait déclaré que la présidentielle "n'était pas une affaire de mensurations".

Qu'on interprète à sa façon les déclarations des adversaires pour leur faire dire ce qu'ils n'ont pas dit, passe encore, c'est le jeu politique habituel. Mais que toute critique contre Ségolène soit interprété comme du machisme, c'est assez nul.

Le féminisme est bien sûr un combat noble, que je soutiens. Mais ce que fait Royal, ce n'est pas du féminisme, c'est se servir du fait qu'elle soit une femme. C'est trahir ce combat.

Je n'aurais aucun problème à voter pour une femme. Corinne Lepage fait d'ailleurs partie des présidentiables pour lesquels j'envisage de voter (avec Chevènement et Bayrou). Par contre, le sexe du candidat n'a strictement aucune importance pour moi, je vote pour des idées.

Le problème est que Ségolène Royal ne travaille toujours qu'avec des équipes presque exclusivement masculines. Alors que Fabius promettait la parité homme-femme au gouvernement, parité qu'il avait déjà appliqué dans son équipe de campagne (dont la très jolie Sophia Chikirou).
Parmi les femmes les plus connues du PS, Marie-Noëlle Lienemann soutenait Fabius, Catherine Trautmann, Catherine Tasca, Marylise Lebranchu et d'autres préféraient DSK, les jospinistes Martine Aubry et Elisabeth Guigou ne se sont, à ma connaissance, pas prononcées. Quelle femme socialiste d'envergure a soutenu Royal ? Royal a juste ressorti Yvette Roudy pour lui servir de caution féministe.

Par contre, Royal s'est entourée d'hommes très ambitieux (Arnaud Montebourg, Patrick Menucci, Julien Dray, François Rebsamen, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault), pour la plupart hommes forts en Province mais encore ignorés à Paris, et qui rêvent tous d'un siège ministériel qu'ils n'ont encore jamais eu. Difficile dans ces conditions d'espérer des femmes à des ministères importants, si Royal est élue.

jeudi 16 novembre 2006

Principe de Peter

Lu sur le blog "Bonnet d'âne" de Jean-Paul Brighelli (cet agrégé de lettres qui a écrit "La fabrique du crétin" pour dénoncer "la mort programmée de l'école"), dont Le Monde nous apprend qu'"il a voté pour l'extrême gauche au premier tour de la présidentielle de 2002, (et) affiche aujourd'hui ses préférences pour Laurent Fabius et sa détestation de Ségolène Royal.", dans une note intitulée "La reine est nue" :
C’est décidé. Au nom du principe de Peter — le plus inapte aux plus hautes fonctions, et chacun à son niveau d’incompétence —, j’incite tous les enseignants inscrits sur les listes électorales du PS à voter Ségolène dès le premier tour — parce qu’enfin, ils ne vont pas élire des gens qui, comme DSK ou Fabius, hésitent devant l’ultime déferlement démagogique.
Déjà, Claude Allègre, avec ses propos sur le « mammouth », avait puissamment contribué à l’élection de Jospin en avril 2002. Cette fois, aucun doute, avec des propositions pareilles, Ségolène Royal est sûre de se faire plébisciter en avril 2007. Dès le premier tour.

Principe de Peter : Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence.
Tiens, cela n'est pas sans rappeler qu'Arnaud Montebourg, pour soutenir Ségolène Royal, avait déclaré à L'Express il y a 3 semaines que "l'expérience et la compétence que mettent en avant les deux compétiteurs (de Mme Royal) sont un très lourd handicap" ; ses adversaires n'ont alors pas manqué d'interpréter cela comme un aveu de l'incompétence de Ségolène Royal

lundi 13 novembre 2006

Dieudonné n'est plus critique sur Le Pen, il semble être séduit

Merci au commentateur (Michael) qui m'a laissé un commentaire pour m'avertir de cette vidéo de Dieudonné interviewé après sa présence à la fête des BBR du Front National par le site dieudonniste "La Banlieue S'exprime" (LBS).

Ahmed, le responsable de LBS, qui a accompagné Dieudonné a la fête des BBR, semble déjà conquis par le FN. Dieudonné est plus prudent, mais on sent qu'il commence à espérer vraiment en Le Pen.

Morceaux choisis :
"Il y a de grandes chances que Jean-Marie Le Pen soit au second tour des élections présidentielles, et je suis pour un grand rassemblement"
"C'est mettre les législatives sous pression que de voter Le Pen (…) Le Pen a de grandes chances d'être l'homme de la révolution politique"
"Si Le Pen est au second tour, je ne suivrai pas le mot d'ordre de SOS Racisme, de tous ces imposteurs, c'est certain"
"Le Front National est en train d'évoluer, le discours de Valmy était un discours-charnière"

Depuis un an et demi, Dieudonné ne cesse de se rapprocher de Le Pen. Avec lequel il a échangé "une franche poignée de main" à la fête des BBR (il a même invité le couple Le Pen à venir assister à son spectacle). Je crains que Dieudo ne finisse par nous affirmer que Le Pen est le candidat à la présidentielle dont il est le moins éloigné.

Dieudonné et l'extrême-droite (épisode III : la fête des BBR)

Ce n'est pas le premier contact de Dieudonné avec l'extrême-droite (voir les épisodes présidents : l'interview à Novopress, l'interview au Choc du Mois), il est également (comme le FN) proche des négationistes.
Mais cette fois cela se retrouve dans les journaux de 20 heures. Les journalistes vont couvrir la fête des BBR (Bleu Blanc Rouge) du Front National, et là ils tombent sur… Dieudonné.

On apprendra qu'il y a été invité par Farid Smahi, l'arabe du FN, celui qui permet de montrer que le parti n'est pas si anti-arabe que ça (et c'est vrai que depuis le départ des plus anti-arabes vers le MPF de Villiers, le FN s'est davantage recentré sur l'antisémitisme).

Il faut dire que, bien qu'il soit entré en politique il y a une dizaine d'années pour lutter contre le FN, Dieudonné accepte désormais ce qui vient du FN.
Le coordinateur de sa campagne avortée pour la présidentielle, Marc Robert, vient du FN.
En août 2006, Dieudonné a fait un voyage au Liban (accompagné notamment d'Alain Soral, qui vire de plus en plus rouge-brun), organisé par Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD (mouvement d'extrême droite).

C'est encore accompagné d'Alain Soral que Dieudonné s'est rendu samedi à la fête du Front National. Il a vu Jany Le Pen, a échangé une "franche poignée de main" avec Jean-Marie Le Pen. On le verra également à la télé en train de saluer Bruno Gollnisch (les deux hommes s'étaient déjà soutenus mutuellement en mars 2005 alors qu'il était tous les deux dans la tourmente).

Les réactions sont diverses parmi les militants : si certains nationalistes apprécient de voir encore plus se rapprocher deux composantes de l'anti-sionisme antisémite, d'autres ne sont pas du tout contents (ils ont l'impression que Dieudonné est venu pour faire sa propre pub, et lui veulent encore pour la campagne qu'il a pu mener à Dreux contre Marie-France Stirbois dans les années 90), ça commence à chauffer.

C'est ainsi que Dieudonné sera finalement raccompagné vers la sortie, protégé par le controversé DPS (Département Protection Sécurité), qui assure depuis 20 ans le service d'ordre du FN.

Dieudonné protégé par le DPS. Ça en devient à peine croyable !

mercredi 8 novembre 2006

Quand Ségolène Royal balançait sur DSK (septembre 2000)

"On est là pour servir, et pas pour se servir" Ségolène Royal, 25 septembre 2000, à propos des démélés judiciaires de Dominique Strauss-Kahn.

(j'avais hébergé un court extrait sur Dailymotion mais il a été censuré, le reportage original a également mystérieusement disparu du site de l'INA, on peut cependant voir la phrase de Ségolène Royal à la fin de cet autre reportage)

Encore une archive disponible sur le site "Archives pour tous" de l'Ina. Je vous avais déjà retrouvé le coup d'éclat de Ségolène Royal en janvier 1995 (à l'époque elle voulait court-circuiter Lionel Jospin et Henri Emmanuelli, les deux candidats à la candidature socialiste d'alors).
Puisqu'arrivent les primaires du PS devant permettre de désigner le candidat socialiste d'aujourd'hui, il est intéressant de savoir ce que les candidats ont pu dire par le passé de ceux qui sont aujourd'hui leurs adversaires. Laissons Laurent Fabius de côté et intéressons-nous à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.

Nous sommes en septembre 2000. Dominique Strauss-Kahn n'est plus ministre des Finances : il a démissionné en novembre 1999 suite à sa mise en cause dans des affaires judiciaires, et a été remplacé à ce poste par Christian Sautter puis par Laurent Fabius. Ségolène Royal est ministre déléguée à la Famille et à l'enfance. Déjà mis en cause dans l'affaire de la MNEF et accusé d'avoir bénéficié d'un emploi fictif d'Elf pour sa secrétaire, DSK est à nouveau dans la tourmente. Le 21 septembre 2000, Le Monde sort la fameuse "cassette Méry" chargeant clairement Chirac dans l'affaire des HLM de Paris. Le 25, l'Express révèle sur son site internet que DSK détiendrait l'original de la fameuse cassette Méry depuis l'été 98 (DSK expliquant ne l'avoir jamais regardée).

Le 25 septembre se déroulent les journées parlementaires du PS. Bien évidemment, les journalistes s'empressent de questionner les députés et les ministres socialistes sur la nouvelle casserole de Dominique Strauss-Kahn. Certains manient la langue de bois, d'autres se montrent impatients de se débarasser de celui qui ternit l'image du parti. C'est le cas de Royal.

Voici ce que la ministre déléguée Ségolène Royal déclare aux caméra, ce qui sera repris le soir dans le journal de 20h de France2 : "Quand on est élu aussi, on a une chance extraordinaire de pouvoir faire bouger les choses dans la société, régler les problèmes, on est au service. On est là pour servir, et pas pour se servir". En clair, Royal accuse DSK de s'être servi. Sauf qu'au final, la justice lavera DSK de tout soupçon.

mardi 24 octobre 2006

Grenoble : Carignon prêt à tout pour être désigné ?

Richard Cazenave se plaint sur son blog des méthodes de Carignon (d'ailleurs merci, monsieur le député, d'avoir fait un lien vers l'article de mon blog où je parlais de cette affaire).

Dans mon article, je parlais notamment du truquage d'un sondage de Greblog par les carignonistes.

Je trouve très intéressant ce que nous apprend Richard Cazenave dans son article :
je suis choqué que les ressources et le nom même de la Fédération UMP de l'Isère soient utilisés pour vanter par courrier postal cette « consultation » auprès des 1700 adhérents de la première circonscription. Ce courrier, affranchi à 0.86€, explique aux adhérents que le sondage IFOP commandé par Max Micoud n'est pas représentatif, et que le sondage web de GreBlog - favorable à Alain Carignon - est riche d’enseignements compte tenu de son nombre de participants (...). Ce remarquable argumentaire s'appuie sur une étude réalisée par l'association soi-disant "indépendante" Citoyens 2007, fondée et dirigée par Denis Bonzy, ancien Directeur de Cabinet d'Alain Carignon.
L'argumentation des carignonistes est hallucinante !
Ils tentent de discréditer un sondage réalisé par un institut sérieux, l'IFOP, favorable à Cazenave, sous prétexte qu'il a été commandé par des "adversaires".
Et mettent en avant un sondage fait sur un blog indépendant (le Greblog), qu'ils ont biaisé, en demandant à leurs amis de venir voter.

Je ne pensais pas qu'on pouvait arriver à une telle mauvaise foi. Pour moi, la politique doit être noble, ces petits truquages me choquent beaucoup.
Mais il faut dire que Carignon veut absolument revenir. Et qu'il est pour cela prêt à tout, même au pire.


édit : on peut lire le courrier transmis aux adhérents sur le blog des Jeunes Populaires de l'Isère (pro-Carignon), qui insiste notamment sur le fait que le nombre de participants au sondage de Greblog était supérieur au nombre de sondés par l'IFOP.
Deux commentaires : si le sondage de Greblog a recueilli tant de votes, c'est parce que les amis de Carignon y ont voté en masse ; et ce sondage demandait un pronostic ("Pensez-vous finalement que le candidat désigné pour l'UMP sera : Richard Cazenave, Alain Carignon, ou un autre prétendant") et pas une opinion.

Débat socialiste : Royal ment sur la laïcité !!

Ségolène Royal est sacrément gonflée.
Lors du second débat socialiste, ce soir, elle a pris la parole après une très agréable envolée de Fabius sur la laïcité ("La laïcité c'est le joyau du joyau du joyau"), Royal s'est sentie obliger de faire laïque, elle l'anti-laïque qui dit qu'elle ne laissera pas insulter Dieu.

La voilà donc nous expliquer les vertus du fait d'interdire le voile à l'école, et de discuter avec les filles voilées pour leur expliquer que mettre le voile à l'école, c'était aller contre le féminisme, etc.
Très bien. Sauf que Ségolène Royal ment !!!
En 1989, bien loin d'être pour l'interdiction du voile, elle avait même lancée une pétition contre l'exclusion des filles voilées !!!

Que Royal n'assume pas ses erreurs passées, passe encore, mais qu'elle ne mente pas !!

vendredi 20 octobre 2006

Grenoble : Jeunesses Identitaires commettent leur 2ème agression en un mois

Cela m'a été signalé dans un commentaire : la semaine dernière, les Jeunesses Identitaires de Grenoble ont commis une nouvelle agression sur le campus de Grenoble.

Il y a un mois, le 14 septembre, ces fachos avaient déjà agressé (avec une bombe lacrymogène) deux militants de Sud-étudiant dans le local de ces derniers.
Quelques jours plus tard, ils recouvraient les murs du campus de tags racistes.

Les photos qui illustrent cet article ont été prises en début de semaine sur le campus de Grenoble. Il s'agit des tags, certainement réalisés par les gauchistes du campus, en réaction à une nouvelle agression.

Le contexte : les identitaires grenoblois ont collé plusieurs affiches jaunes et noires proclamant "Face à la racaille tu n'es plus seul / Jeunesses Identitaires" sur les murs des bâtiments de l'Université Pierre Mendès-France.

Quelqu'un a pris la sage décision d'arracher leurs affiches (les morceaux jaunes que l'on peut voir sur les photos, ce sont des restes d'affiches des J.I. arrachées). Mal lui en a pris, puisque les "identitaires" lui sont tombés dessus : insultes, menaces de mort, coups.

Communiqué de Ras l'Front : http://collectifs.raslfront.info/article.php3?id_article=8284

Tout mon soutien à ceux qui combattent l'intolérance, plus encore lorsqu'il faut faire face à des gens violents.

mardi 17 octobre 2006

Grenoble : les chiens-chiens à leur (ex-) mai-maire

Je fais régulièrement un tour sur Greblog, le blog local grenoblois, que j'apprécie beaucoup (et pas seulement parce qu'ils m'ont interviewé récemment ;)).
Articles toujours intéressants. Mais dans les commentaires, ça devient vraiment la pagaille, vu le nombre de commentateurs UMP qui interviennent dans le seul but de faire la promotion de leur champion, Alain Carignon.


Il est assez habituel de retrouver beaucoup de gens de droite dans les blogs :
les gens les plus convaincus par l'utilité de l'internet, ceux qui s'en servent le plus, sont les libéraux-libertaires : la blogosphère française (dans ce terme j'inclus aussi les sites de publication collaborative) est donc dominée par les libertaires d'extrême-gauche (indymedia et autres), les libéraux de gauche (pro-DSK), et les libéraux de droite (pro-Sarkozy). Peu de républicains de gauche, peu de centristes, peu de gaullistes.
Les libéraux de l'UMP, fascinés par l'outil internet, ont sans doute incité leurs responsables à créer des blogs.
J'ai fait un rapide petit tour dans la blogosphère grenobloise, et j'ai trouvé facilement (à partir de ceux référencés sur Greblog et en suivant les liens qu'ils comportent) 6 blogs UMP (Alain Carignon, Richard Cazenave, Hervé Gerbi, Alain Bonnet (et sa photo immense), un blog anonyme Grenoble Alternance qui fait la promotion de Carignon et d'Henri Baile) pour 1 UDF (Philippe de Longevialle) et 1 PS (Michel Destot) ; il existe évidemment d'autres blogs politiques grenoblois, mais j'ai juste voulu retranscrire ceux que j'ai déjà croisé, pas faire une liste exhaustive.
Je pourrais parler aussi du blog des Jeunes UMP de l'Isère, mais il est assez caricatural (j'adore le cliché du "contribuable français qui se léve (sic) tôt le matin pour aller travailler" dans un des articles).
L'UMP considère donc, bien davantage que les autres partis, le net comme un terrain de chasse. Souvenez-vous du sarko-spam…

Une crise traverse actuellement l'UMP à Grenoble. Alain Carignon veut revenir en politique. Dès les législatives 2007. Pour cela, il veut la circonscription la plus à droite de l'agglomération grenobloise, "sa" circonscription, la 1ère. Le problème, c'est que le candidat sortant, Richard Cazenave (et sa moustache qui me fait penser à Alain Lipietz) n'a aucune intention de lui céder la place.
Cazenave a été investi par la commission nationale de l'UMP, il a un sondage avec lui (qui le donne vainqueur face à la candidate socialiste, alors que Carignon serait perdant). Mais non, Carignon s'accroche. Il veut faire un vote au niveau local pour se faire désigner, et comme l'UMP Isère est remplie d'adhérents pro-Carignon qui ne servent à rien d'autre qu'à lui donner une majorité (c'est ainsi qu'il a pris la majorité de l'UMP Isère), on peut se douter du résultat.

Carignon est dans une situation peu favorable. Comment s'en sortir ?
Comment faire croire à une popularité (de ses idées) plus importante qu'elle ne l'est réellement ? En investissant les lieux d'échanges, de discussion.
Quand Carignon avait des problèmes avec la justice, ses soutiens envoyaient des courriers au Dauphiné Libéré, pour tenter de faire croire que la majorité des Grenoblois soutenaient leur maire.

Aujourd'hui, ce sont aux nouveaux médias que les carignonistes s'attaquent : les blogs.

Ça a commencé il y a quelques jours par un commentateur sur Greblog, tellement propagandiste pro-Carignon qu'un autre commentateur a cru déduire à partir de son prénom l'identité d'un membre de l'équipe de Carignon ; ce dernier écrira au webmaster du blog pour que son identité soit supprimée en invoquant le droit à l'anonymat.

Ca continue par un commentateur qui poste sous de multiples pseudos (pour faire croire que des gens partagent ses propos) mais qui est démasqué par son adresse IP, que ce soit sur le blog de Cazenave (où le modérateur dénombrera 24 messages de pseudos divers, venant de la même ip, en seulement 6 heures) ou sur le Greblog (où Chrys rappellera à l'ordre certains commentateurs en leur demandant "d'arrêter d'employer des pseudos en provenance de la même machine").

Mais il y a encore plus fort : ce nouveau commentateur, sur Greblog, qui se demande pourquoi il a reçu un mail lui demandant de venir voter au sondage de Greblog qui demande qui de Cazenave ou Carignon sera désigné. Étant donné qu'il y a quelques jours, Cazenave était en tête, et que désormais les scores sont d'environ 70% pour Carignon et 30% pour Cazenave, on se demande bien qui a bien pu chercher à truquer le vote ;)

En être réduit à truquer des sondages sur internet pour essayer d'avoir un semblant de popularité, c'est tout simplement pathétique !

Certains libéraux profitent un peu trop de la liberté que leur offre internet : se faire passer pour un simple citoyen quand on était un membre de l'équipe d'un politique, poster sous de multiples pseudos, truquer les sondages : tout ça est légalement correct, mais c'est moralement nul.

jeudi 12 octobre 2006

Des nouvelles de la pétition Redeker

Je vous avais invité il y a quelques jours à signer la pétition de soutien à Redeker.

Quand je l'avais moi-même signée, il y a dix jours, nous n'étions encore que 150. Nous sommes désormais près de 2500 à exprimer publiquement notre soutien à ceux que les islamistes veulent faire taire.

La pétition est toujours à signer sur http://www.petitionredeker.info/
Je vous invite à lire ce texte que j'ai reçu un texte, que j'ai reçu par mail ce matin, qui tente de répondre à ceux qui se demandent pourquoi le soutien à Redeker doit être "sans réserve" :

Redeker mort ou vivant ? raisons philosophiques d'un soutien sans réserve, de Catherine Kintzler.

lundi 2 octobre 2006

Ségolène Royal cite I AM

Y a des choses qui mériteraient carrément exclusion de la campagne électorale pour mauvais goût et insincérité.

Dépêche Reuters :
"Pour nous socialistes, un fil solide relie les espérances d'hier à celles d'aujourd'hui. Ce qui n'empêche pas comme le disent les rappeurs marseillais d'IAM d'inventer le futur plutôt que de sampler le passé."
(vu sur petites-phrases.com)

Ségolène Royal vient à Vitrolles pour annoncer sa candidature, et cite I AM. I AM, ce groupe aux textes on ne peut plus démagogues, bien loin de l'énorme talent du Suprême NTM.
Qui pourrait croire que l'idée vient d'elle ? Vous imaginez Ségolène Royal en train d'écouter I AM ?

Vous vous imaginez si Royal est élue à la présidence de la République, alors qu'elle a cité I AM le soir où elle a officialisé sa candidature ? Où va la France ?

Soutien sans réserve à Robert Redeker

À tous ceux qui se sentent concernés par la liberté d'expression, et en particulier à la liberté de critique religieuse.

Il faut soutenir sans réserve Robert Redeker, menacé de mort pour avoir critiqué l'islam.

À lire : le numéro 475 de ReSPUBLICA (le journal de la Gauche Républicaine) consacré à l'affaire Redeker (voir le sommaire).

Je vous invite à signer la pétition de soutien initiée par la Gauche Républicaine :
Contre la barbarie, le soutien à Robert Redeker doit être sans réserve
Le 20 septembre dernier, le cheikh islamiste Youssef al-Qaradawi livrait Robert Redeker à la vindicte des fous de dieu. Désigné comme islamophobe pour s'être demandé, dans une tribune du Figaro (édition du 19 septembre), ce « que doit faire le monde libre face aux intimidations islamistes », Robert Redeker est aujourd'hui menacé de mort. Victime d'une fatwa, il a été forcé, lui et sa famille, à la clandestinité. Contraint de se mettre sous la protection de la DST, de quitter sa fonction de professeur de philosophie, de changer de résidence tous les deux jours, de faire face aux frais que cette situation peut occasionner, Robert Redeker a vu son existence basculer, et vit désormais en homme traqué.

Car telle est bien la sinistre réalité : du jour au lendemain, un homme se retrouve, de fait, déchu de son statut de citoyen et livré à l'état de nature. Voici un homme qui se trouve dans l'impossibilité de jouir des libertés les plus élémentaires -à commencer par celle de se déplacer. Voici un homme qui se trouve dans l'impossibilité de faire valoir ses droits, car à la barbarie, on ne peut opposer un droit quelconque. Voici un homme, enfin, qui se trouve rejeté de l'espace public et assigné à une existence de fantôme. Il faut, tout de même, se représenter l'effet exorbitant que produit cette fatwa : c'est toute une existence qui est brisée et qui bascule, de façon irréversible, dans la terreur. Etre victime d'une telle fatwa, c'est être un mort en sursis : cela signifie très exactement que la mort peut surgir n'importe quand, n'importe où, sous n'importe quel trait. Cela signifie très exactement que l'autre, celui qu'on croise dans la rue, celui qui sonne à la porte, celui qui passe en voiture, est un assassin potentiel. C'est à cette absolue précarité que se trouvent acculés Robert Redeker et sa famille. Pourquoi ? Pour avoir usé d'un droit constitutionnel, d'un droit pour lequel Spinoza, Locke, Voltaire, et bien d'autres encore, ont combattu, d'un droit que les révolutionnaires de 1789 ont conquis, d'un droit, enfin, que l'on croyait définitivement acquis : le droit de manifester sa pensée et ses opinions.

L'affaire des caricatures de Mahomet, il y a tout juste un an, avait déjà sonné le tocsin. L'affaire Redeker nous rappelle aujourd'hui cette triste évidence : rien n'est jamais acquis. La barbarie n'a pas disparu. Sous la hideuse figure de l'intégrisme religieux, elle impose désormais, sur le sol de la République, le régime de la terreur, et menace la liberté d'expression.

C'est la raison pour laquelle nous tenons à apporter un soutien inconditionnel à Robert Redeker. Exprimer sur cette affaire la moindre réserve, c'est déjà faire une concession à la barbarie. Aussi dénonçons-nous cette rhétorique insidieuse qui consiste à assortir la condamnation de la fatwa dont est victime Robert Redeker d'un « même si » ou d'un « bien que ».

Nous dénonçons les propos de G. de Robien, ministre de l'éducation nationale, qui, au lieu de manifester son indignation face à la barbarie intégriste, a cru bon, après avoir mollement exprimé sa « solidarité », de donner à Robert Redeker des leçons de bienséance.

Nous dénonçons le discours quelque peu dévot de ceux qui soutiennent Robert Redeker du bout des lèvres, pour la forme, parce qu'il faut bien être démocrates, pour mieux se livrer ensuite à une analyse indécente de ses propos. Analyse indécente, en effet : n'est-il pas pour le moins déplacé de disserter, entre gens de bonne compagnie, sur l'article de Redeker quand celui-ci est, de fait, exclu de l'espace du dialogue et réduit au silence ? On ne sait que trop où conduit cette rhétorique insidieuse quand on la pousse jusqu'au bout de sa logique : on en arrive à excuser la barbarie ou, tout du moins, à « comprendre » l'incompréhensible, à savoir qu'un homme puisse mériter d'être condamné à mort pour avoir critiqué une religion.

Nous dénonçons, enfin, cette curieuse conception de la liberté d'expression qui tend à s'imposer aujourd'hui et qui devrait faire la joie des intégristes de tous poils : contrairement à ce que certains sont en train de faire accroire, la liberté d'expression ne s'arrête pas là où commence les opinions des autres. Car, à ce compte, on ne pourrait s'exprimer que sur des sujets absolument consensuels. La liberté d'expression, dans le cadre des lois interdisant les propos racistes et négationistes, ne saurait se réduire au droit de parler tant que l'autre est d'accord. La liberté d'expression, ne saurait se réduire au droit de tout dire sauf ce qui est susceptible de heurter l'opinion de l'autre, ou sa croyance, ou même sa foi, qui, dans le droit républicain, n'est qu'une des figures possibles de l'opinion. Face à certains commentaires, particulièrement nauséabonds, qui ont pu s'exprimer à propos de la situation de Robert Redeker, il paraît nécessaire de rappeler que le droit de critiquer une religion, un livre sacré, ou un prophète fait partie de la liberté d'expression, au même titre que le droit de critiquer une croyance, un livre, ou une personne quelconques. Appeler au respect des croyances de chacun est une façon d'inviter chacun à l'autocensure. Pire : c'est une façon de donner aux religions un statut particulier, d'en faire une chose intouchable et sacrée. C'est une façon de céder sur le principe de laïcité.

En signant cette pétition, nous souhaitons manifester à Robert Redeker et à sa famille un soutien sans réserve. Nous entendons aussi faire valoir le droit contre le fait, la justice contre l'arbitraire, la civilisation contre la force brutale. Il ne s'agit pas de jouer une civilisation contre une autre : il s'agit de faire valoir la civilisation -dont aucune culture en particulier n'a le monopole- c'est-à-dire les principes de liberté, de droit, et de justice contre la barbarie.

Premiers Signataires:
Michel ONFRAY (philosophe) , Corinne LEPAGE (présidente de Cap 21) , Alain FINKIELKRAUT (philosophe) , Yvette ROUDY (ancienne ministre) , Bernard TEPER (président de l'Ufal) , Pierre-André TAGUIEFF (philosophe) , Michèle TRIBALAT (démographe) , Alain CALLES (ancien président du Mrap) , Nicolas GAVRILENKO (président des Amis de Respublica) , Michèle VIANES (présidente de Regards de Femmes) , Catherine KINTZLER (philosophe) , Mohamed Pascal HILOUT (initiateur du nouvel Islam) , Nadia KURYS (vice-présidente du Mrap) , Jean-Claude MILNER (philosophe et linguiste) , Marie PERRET (philosophe) , Simon BLUMENTAL (président d'Algérie Ensemble) , Anne ZELENSKY (présidente de la Ligue des Droits des Femmes) , Antoine PEILLON (président de France Radicale) , Annie SUGIER (présidente de la Ligue Internationale du Droit des Femmes) , Catherine KRIEGEL (psychanalyste Paris) , Alain VINCENOT (écrivain, auteur de La France résistante) , C.E.R.F CERCLE D'ETUDE DE REFORMES FEMINISTES, Martine STORTI (Inspectrice générale de l'éducation nationale) , Jean-Claude SANTANA (président de l'Ufal Rhône-Alpes) , Robert ALBARèDES (animateur de laïques en réseau) , Catherine DEUDON (photographe) , Christian GAUDRAY (président de l'Ufal Gironde) , Marc KNOBEL (président de j'Accuse) , Brigitte BRé-BAYLE (enseignante, Ufal Marseille) , Frédéric DUPIN (professeur agrégé de philosophie) , Jocelyne CLARKE (enseignante, présidente de l'Ufal Paris) , Emmanuel ITIé (syndicaliste CGT) , Virginie HERMANT (agrégée de mathématiques) , Jocelyn BéZECOURT (site atheisme.org) , Jean-Loup BIDOT (professeur de philosophie, Nancy) , Hélène LOTTHé (professeur agrégée ès Lettres) , Thierry KAKOURIDIS (professeur (Marseille)) , Sylvie DINSE (professeur de philosophie, Libre Pensée Aveyron) , André PERRIN (agrégé de Philosophie) , Georges TORRES (demandeur d'emploi, Marseille) , Lionel AVON (professeur de mathématiques) , Liliane CHALON (inspectrice de l'éducation nationale dans le Val de Marne) , Lisa SCHMITT (féministe) , Michel FICHANT (professeur de philosophie à l'Université Paris) , Névine MARCHISET (mère de famille) , Lucette GUIBERT (militante associative) , Philippe RAYNAUD (Professeur à l'Université de Paris 2, Membre de l'Institut Universitaire de France)

Signer la pétition "Contre la barbarie, le soutien à Robert Redeker doit être sans réserve"

samedi 30 septembre 2006

Ne pas céder d'un pouce !

Il est objectivement de plus en plus dur de critiquer l'islam.
Depuis l'affaire des caricatures de Mahomet, beaucoup rivalisent de lâcheté face au danger que constituent les islamistes qui veulent nous interdire de critiquer leur religion.

Par exemple, Idomeneo, un opéra de Mozart a été déprogrammé à Berlin parce qu'on y voyait la tête coupée de Mahomet (comme celle d'autres prophètes). Mozart censuré par les islamistes ! Sûr que ça ne doit pas déplaire à Tariq Ramadan, lui qui a déjà plusieurs fois tenté d'obtenir la déprogrammation de représentations de "Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète" de… Voltaire !

Il y a seulement deux ans, Le Monde pouvait encore oser titrer une tribune de Patrick Declerck "Je hais l'islam, entre autres…".

Cela ne semble plus possible aujourd'hui.
Il y a quelques jours le Figaro a publié une tribune du philosophe Robert Redeker qui attaque violemment l'islam, avec talent.

Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il y raconte, mais avec une bonne partie.
Oui, Mahomet est un chef de guerre pillard, oui il a fait massacrer des tribus juives. C'est même dans les textes sacrés de l'islam, même si ce n'est pas très politiquement correct de le rappeler. Oui, le Coran est un livre violent. Les autres livres saints contiennent eux aussi des enseignements violents, mais le Coran les bat de loin !

Mais apparemment, on n'a plus le droit de le dire. Depuis que la tribune de Redeker a été publiée, il a reçu des menaces de mort, et doit pour l'instant vivre caché ! Pas surprenant, puisque l'article de Redeker a même été dénoncé sur Al-Jazira par un cheikh islamiste !

Nous ne devons pas céder d'un seul pouce face à ceux qui veulent nous interdire de critiquer leur religion !
Soutenons Redeker ! Soutenons Charlie Hebdo (poursuivi par des associations islamistes pour avoir publié les caricatures de Mahomet) !
Les soutenir ne signifie pas qu'on soit forcément d'accord avec tous ce qu'ils peuvent dire.
Mais qu'on soutient le droit à la critique des religions.
Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?

Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.Robert Redeker

Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.

L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de "troubles à l'ordre public". Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à "troubler l'ordre public" que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.

Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen "d'idiots utiles", les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d'inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, "Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin".

D'autre part, "Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect". Enfin, "après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages".

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.

Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident "le monde libre" par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce "monde libre", fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.

par Robert Redeker
Philosophe.
Professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville
(le Figaro, 19 septembre 2006)

jeudi 28 septembre 2006

"Touche pas à ma laïcité" Laurent Fabius

Je reproduis ici un texte de Laurent Fabius. J'apprécie son engagement laïc. Il est malheureusement le seul éléphant du PS à porter ce discours.
En effet, tous les autres présidentiables socialistes ont un comportement anti-laïque :
Jospin et Royal ont soutenu les filles voilées en 1989, Royal allant jusqu'à faire signer une pétition ; plus récemment Royal s'est distingué en voyant plus de problèmes dans le string que le voile, ou en disant "Je ne laisserai pas insulter Dieu !". Lang est celui qui a fait le plus pour le subventionnement des écoles privées (très souvent confessionnelles, le plus souvent catholiques) ; et Strauss-Kahn a laissé son successeur réserver des horaires de la piscine municipale de Sarcelles pour les femmes Loubavitch.

Il s'en prend ici au rapport Machelon, commandé par Sarkozy pour avoir une caution morale à ce qu'il pense de la laïcité : du mal. Parmi les principaux points proposés, le financement public des lieux de culte. Du bla-bla sur l'égalité entre religions, pour faire oublier qu'il ne pense pas à ceux qui ne croient pas.
C'est un point de vue à combattre : la laïcité, c'est traiter toutes les pensées indifféremment, pas favoriser les religions !

Le texte de Fabius :
Chers amis,

Après avoir contribué à mettre le feu à nos banlieues, M. Sarkozy propose désormais d'en finir avec la laïcité à la française. Sa dernière idée est de donner suite à un rapport - le rapport Machelon - qui préconise une révision radicale de la loi de 1905.

De quoi s'agit-il précisément ? D'ouvrir la possibilité aux communes de financer la construction de lieux de culte. En fait, cela reviendrait à mettre la politique dans la religion et la religion dans la politique. Les impôts des citoyens financeraient des cultes particuliers. On peut imaginer à l'avenir des campagnes électorales municipales avec pour thème : "votez pour ma liste, et vous aurez une Église, une mosquée ou une synagogue". Ou l’inverse. Ce serait favoriser le communautarisme, les communautés se repliant sur certaines municipalités pour trouver un lieu de culte à leur convenance. La perspective ? Des conseils municipaux contrôlés par des communautés !

Toutes les dérives deviendraient alors possibles. Le principe d'égalité conduira à interdire de refuser aux uns ce qui est accordé à d'autres, puisque juridiquement tous les cultes se valent. Et dès lors que la notion de secte n'existe pas dans notre droit, tous les pseudo-cultes auront droit au financement public !

Aux États Unis, une telle mesure serait inconstitutionnelle. En Allemagne où le financement des cultes existe, il se fait à travers la contribution de chaque citoyen à l'exercice du culte de son choix.

En France, avec la logique de ce rapport commandé par M. Sarkozy, on en finirait avec la séparation des Églises et de l'État, fondement depuis un siècle de notre pacte républicain.

Je suis et je serai toujours un défenseur de la laïcité. Parce que dans le monde où nous vivons, la laïcité, c'est la paix et la paix, c'est la laïcité. Pour cette raison je suis radicalement opposé à la remise en cause de la loi de 1905. J'appelle à défendre la loi de 1905 et à refuser la révision que propose M. Sarkozy. La laïcité n'est pas un tabou, c'est une chance ! La nôtre.

L'égalité entre les religions, le respect de tous les citoyens, la lutte contre les discriminations ne passent absolument pas par le refus de la laïcité, mais au contraire par sa réaffirmation.

Touche pas à ma laïcité !

Laurent Fabius

mardi 26 septembre 2006

L'ambition de Ségolène Royal, en 1995 déjà

"La député des Deux-Sèvres veut tenter de contourner la procédure de désignation du candidat". 2006 ? Non, janvier 1995 !

Très intéressant, le site "Archives pour tous" de l'Ina. On peut notamment revoir de vieux reportages de journaux des chaînes publics.

Notamment un reportage du 19/20 de France3, concernant la démission de Ségolène Royal de la présidence du "Conseil National du Parti Socialiste" le 24 janvier 1995.

Le contexte : après le retrait de Jacques Delors, Henri Emmanuelli et Lionel Jospin s'affrontent dans la désignation du candidat socialiste pour l'élection présidentielle qui aura lieu 3 mois plus tard.

Ségolène Royal tente alors de jouer l'électrochoc. Elle convoque alors les caméras pour leur annoncer :
"Je démissionne de la présidence nationale du Parti Socialiste, et j'appelle les militants à rester à l'écart de ces funestes querelles". "Deux trains sont lancés à toute allure l'un contre l'autre, pilotés par les mêmes acteurs du détestable congrès de Rennes. Je dis aux militants : écartez-vous des voies !"

Et surtout, ce qui est le plus frappant, c'est le commentaire du journaliste :
"La député des Deux-Sèvres veut tenter de contourner la procédure de désignation du candidat, qui selon elle, pourrait faire éclater le parti".

Tout y est déjà : refuser la confrontation des idées sous prétexte de ne pas diviser le parti, jouer la nouveauté face aux éléphants. Sauf qu'en 1995, ce coup d'éclat fera un bide : Jospin sera bel et bien désigné par les militants quelques jours plus tard.

Ségolène Royal a su attendre. Devenir présidente de région, pour avoir un poids plus fort. Et, surtout, cette fois, partir beaucoup plus tôt, 18 mois avant l'élection présidentielle !

jeudi 21 septembre 2006

Grenoble : quand les fachos se prennent pour des résistants

Les extrémistes de gauche et de droite ont un point commun : ils aiment souiller les murs des bâtiments de l'Université de Grenoble.
La nuit dernière, c'est surtout l'université Pierre Mendès France qui a reçu, et un peu l'université Stendhal.

Par les "Jeunesses Identitaires" de Grenoble, mouvement de jeunesse de l'extrême-droite, qui a pris la suite d'Unité Radicale, le mouvement qui a été dissous quand l'un de ses membres, Maxime Brunerie, a tenté de tuer le président.

Comme j'ai été choqué de voir ça, j'ai pris mon APN, je suis allé photographier cela pour le dénoncer.
(cliquez sur les photos pour agrandir)

Les fachos ont 3 séries de messages :
-leur détestation de l'islam par haine des arabes :



-la défense de l'identité européenne (en adaptant le vieux slogan FN "la France aux Français"):

-et le dernier, qui est encore plus dégoûtant que les autres, la référence aux résistants :



Ces derniers tags sont vraiment à vomir.
Comment peuvent-ils se référer à Jean Moulin ? L'homme de la résistance contre les nazis.
Alors que les Jeunesses Identitaires sont justement des néo-nazis, et les héritiers spirituels des collabos !