lundi 17 septembre 2012

La démocratie vue par les islamogauchistes : l'exemple Fourest à la fête de l'Huma

Caroline Fourest, égérie du combat laïque, était invitée, comme régulièrement, à une table ronde de la Fête de l'Humanité. Cette année, elle devait y parler des réponses à donner face au Front National, sujet auquel elle a consacré de nombreux livres.
Cela n'a pas plu aux islamogauchistes, j'en ai parlé rapidement hier.

Étape 1 : exiger, via une pétition, que les organisateurs la déprogramment. Et expliquer qu'il faudrait la remplacer par Saïd Bouamama, Pierre Tévanian ou Rokhaya Diallo (pour qui, en caricaturant à peine, il n'y a de racisme que s'il vise un noir ou un arabe), les seuls valables pour dénoncer le racisme.
Virez notre opposante, et mettez à sa place quelqu'un qui pense exactement comme nous.

D'ailleurs, juste comme ça les gars, reprocher à Caroline Fourest d'être une intellectuelle médiatique, quand on est mené par R. Diallo qui sévit sur Canal+, RTL, Le Mouv', LCP-AN, etc., c'est assez cocasse.


Étape 2 : les organisateurs ayant osé les ignorer, se déplacer sur place. Et tenter de transformer cette table ronde en procès de Caroline Fourest.
De tous les ennemis qu'ont les islamogauchistes, Fourest est la seule à recevoir un tel traitement. Pourquoi ? Disons-le franchement : parce que les Indivisibles préfèrent emmerder une femme de petit gabarit plutôt qu'un mec baraqué.

Les perturbations débutent très vite, au bout de quelques minutes, avant même l'intervention de Caroline Fourest. Sur la vidéo qu'a publié cette dernière, on voit l'organisateur de la table ronde demander le calme, et tenter de remettre les Indivisibles à leur place (celui du public, qui est là pour écouter, et attendre la fin pour poser des questions).

Essayez de débarquer dans n'importe quelle assemblée et d'y crier des slogans hostiles. On vous calmera, et on vous mettra dehors si vous continuez.
Comme, encore une fois, les Indivisibles sont très courageux, ils y sont allés à quarante pour s'imposer par la force.

Évidemment, ils vous expliquent qu'ils n'avaient pas du tout l'intention de rester, mais que la façon dont on les a reçu a provoqué une "mini-manif".
Bien sûr. Débarquez à quarante, alors que vous ciblez, depuis deux semaines sur internet, cette table ronde comme une abomination,et étonnez-vous qu'on ne vous déroule pas le tapis rouge.


La "mini-manif" avait pour unique but de diffamer Caroline Fourest. Qui était partie au début des perturbations, quand quelqu'un a foncé sur la tribune, une "banane d'or" à la main. Pour les Indivisibles, elle a "fui la contradiction", une contradiction qui s'est résumée à 20 minutes d'injures.

Ce paragraphe, écrit par les perturbateurs, résume parfaitement leur pensée.
Les organisateurs ont eu de multiples occasions de rendre ce débat démocratique : en invitant un militant antiraciste conséquent à la place de Caroline Fourest, en invitant une parole contradictoire à la tribune ou en entamant un dialogue avec nous. Nous avons tenté de dialoguer, proposant Saïd Bouamama dans le rôle du contradicteur. En vain
Pour eux, la démocratie, la seule possible, c'était donc forcément faire le procès de Caroline Fourest, en sa présence ou non. En s'imposant par la force. Et même si cela n'avait absolument rien à voir avec le thème prévu du débat.

Et attention, on parle de fous furieux, convaincus que Caroline Fourest a inspiré l'idéologie d'Andres Breivik. Tout ça, juste parce qu'elle s'est élevée contre le voile à l'école, la burqa, ou les prières de rue.
Nous sommes sans doute tous des islamophobes qui nous ignorons. Y compris le Parti de Gauche.

Amis de l'Huma, vous avez raté un grand moment absurde en ne refusant de céder la parole à ceux qui voulait la prendre par la force.

dimanche 16 septembre 2012

La bonne et la mauvaise censure

Après l'Université Libre de Bruxelles il y a quelques mois, la Fête de l'Huma. Deux lieux de liberté, deux fois que des perturbateurs islamo-gauchistes empêchent Caroline Fourest de parler.

Alors, oui, elle n'a pas été agressée physiquement. Mais, à chaque fois, des dizaines de spectateurs, n'aimant manifestement pas Fourest, qui ne sont venus que pour une chose, et certainement pas lui apporter la contradiction.
Non, ils viennent l'empêcher de parler. Ils s'imposent par leur nombre, de manière à ne pouvoir être évacués, et perturbent, crient, injurient jusqu'à ce que le débat soit annulé.

Empêcher de parler ceux qui ne pensent comme eux. Voilà tout. Ces crétins sont des censeurs.
Qu'on censure les discours de haine, pourquoi pas. Qu'on empêche de parler quelqu'un qui attaque les intégrismes religieux ou l'extrême-droite, je ne comprends pas.

Avant les gauchistes perturbaient les événements d'extrême-droite. Maintenant ils perturbent les conférences anti-FN de la fête de l'Huma…

Mais pour certains, s'attaquer à Fourest, ce n'est pas grave. Puisqu'elle est régulièrement invitée à la télévision, on aurait bien le droit de venir annuler ses débats de temps en temps.
Fourest serait ainsi symbole d'une idéologie dominante à abattre. Une sorte de nouveau BHL.

Tout d'abord, même si je n'aime pas BHL, et tout ce qu'il représente, j'ai toujours trouvé que l'empêcher de parler, l'agresser en l'entartant, était une façon de faire non démocratique.

Ensuite, cette histoire d'idéologie dominante… Franchement, les militants sont toujours convaincus que l'opinion contraire à la leur fait l'objet d'une propagande médiatique.
Certains pensent que les médias sont à la solde de l'UMP, d'autres qu'ils sont aux mains des socialistes. On croit, selon son bord, que l'idéologie dominante est sécuritaire ou angélique, xénophobe ou anti-nationale, islamophobe ou antisémite, pro-palestinienne ou pro-israélienne, etc.

Fourest est souvent invitée dans les médias. Parce que son "ennemie" Rokhaya Diallo, chroniqueuse à Canal+ et RTL, non ?
RTL ce n'est vecteur d'idéologie dominante que pour les chroniques de Zemmour, pas celles de Diallo ?

Que des Boniface, Diallo, Mucchielli, soient ainsi empêchés de parler, et les mêmes qui font du "oui ce n'est pas bien mais" quand il s'agit de Fourest, crieraient à la censure abominable.

Indignation sélective, liberté d'expression à géométrie variable…

samedi 19 mai 2012

Québec : printemps érable et loi 78

Cela fait quelques semaines que la lecture d'Embruns me permet de suivre, un peu et de loin, l'agitation étudiante au Québec.

En France, pour étudier dans une université publique, un étudiant en licence doit débourser 174€ de frais de scolarité, un étudiant en master 237€.
Nous sommes particulièrement bien lotis. Certes, certains pays (notamment les scandinaves) appliquent la gratuité. Mais il suffit de se comparer avec nos voisins Belges ou Suisses : ceux-ci doivent dépenser quelques centaines d'euros supplémentaires. Les Italiens et les Espagnols doivent payer encore davantage.

Mais ils restent encore loin du racket anglo-saxon, où les frais dans les universités publiques se comptent en milliers de dollars.
Les étudiants québecois étaient encore plutôt protégés. Mais le Parti Libéral Québecois (centre-droit) n'aime pas payer pour l'éducation. Au début des années 1990, il avait fait passer les frais de 540 à 1668 $CAN. Puis entre 2007 et 2012, sous de le gouvernement de Jean Charest (à raison de 100 dollars par an), à 2168 $CAN.
Aujourd'hui, les libéraux veulent se rapprocher de la moyenne nord-américaine, et veulent une augmentation de près de 75%, vers 3793 $CAN.

Résumé par ce graphique provenant de Wikipedia (les périodes de gouvernement PLQ sont en rouge) :
En France, nous avons l'habitude des mouvements étudiants durs, des grands blocages. C'est ainsi que nous avons eu la peau des mauvais projets de la droite (loi Devaquet en 1986, Smic-Jeunes en 1994, CPE en 2006). Au Québec, moins…

Le mouvement part de l'Université Laval (à Québec) le 13 février, s'étend lentement mais sûrement à toute la Belle Province, frappe les esprits avec une grande manifestation à Montréal le 22 mars. Mais rien ne bouge : ni le gouvernement ni les étudiants ne veulent céder.
Des négociations début mai ne mènent pas à grand chose. Le conflit est dans l'impasse, et la ministre québecoise de l'éducation (Line Beauchamp) démissionne.

Comment sortir de cette impasse, justement ? Le gouvernement Charest dérape. Choisit la force. Les "libéraux" n'aiment guère qu'on ait la liberté de les contester.

Une loi spéciale, la loi 78 (Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu'ils fréquentent), sous prétexte de résoudre le blocage, limite donc grandement la liberté de manifester, menaçant les contrevenants de lourdes amendes.

Vite surnommée loi-matraque. À côté de cela, l'augmentation des frais de scolarité ne parait plus grand chose. Indignation à gauche. « Infâmie », « abus de pouvoir ».
Charest veut écraser le mouvement étudiant. Réussira-t-il ? La désobéissance civile s'annonce…

On attend encore les communiqués des partis de gauche français pour soutenir nos cousins d'outre-Atlantique…

Les corrompus liberticides du PLQ feraient bien de songer à la phrase prononcée par François Mitterrand à l'Assemblée Nationale le 8 mai 1968 :
Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.

mercredi 18 avril 2012

Fadela Amara a toujours soutenu Hollande

J'ai une bonne mémoire.
Parfois, une nouvelle peut m'évoquer une vieille information oubliée. Quand l'histoire se répète (dérapages de Bigard), les hypocrisies (Passi tenant de faire oublier son homophobie). Ou quand on se fout carrément de notre gueule (Baylet sur Meyssan au PRG, ou les larmes de Jesse Jackson pour Obama).

Aujourd'hui, c'est Fadela Amara qui est attaquée. L'ancienne ministre d'ouverture de Sarkozy annonce qu'elle va voter François Hollande.

Et tout le monde lui tombe dessus à bras raccourcis. La droite lui reproche son ingratitude vis-à-vis du président. La gauche la traite de girouette, d'opportuniste, l'accuse de retourner sa veste.

Les attaques peuvent dépasser les limites. Comme les injures par le directeur de cabinet adjoint de Christine Boutin : « Fadela: ni pute ni soumise...mais un peu quand même ! ». Ou l'affreux mépris de classe d'un certain Mabrouck Rachedi qui, sur le site du magazine communautariste Respect Mag, moque « son CAP comptabilité » et « sa coupe de cheveux approximative ».

Et pourtant, le soutien de Fadela Amara à Hollande est tout sauf une surprise. Comme je le rappelais ce matin, elle l'affirmait depuis longtemps.

En janvier 2008, au gouvernement depuis quelques mois, alors que Sarkozy était encore très populaire, et que la gauche était en manque de champion, elle le confiait au Point.
Priée de dire si elle votera pour le président qui l'a nommée au gouvernement, elle répond : "non et il le sait".
Elle explique qu'elle votera socialiste "si le candidat est bon", faute de quoi elle s'abstiendra. Le meilleur candidat du PS serait selon elle François Hollande.
C'est on ne peut plus clair, non ?

Aurait-elle dû, comme Éric Besson, se fondre dans le moule UMP. ? On ne peut pas reprocher à Amara d'avoir renié ses idées, elle a toujours voulu rester une ministre de gauche dans un gouvernement de droite, l'ouvrant contre les dérives (comme les tests ADN)…