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Affichage des articles associés au libellé législatives

La Flandre, la nation des schtroumpfs nationalistes

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Dans « Schtroumpf Vert et Vert Schtroumpf » (1973), le dessinateur belge Peyo présentait l'affrontement entre les Schtroumpfs du Nord (qui parlent de « tire-bouschtroumpf ») et ceux du Sud (qui disent « schtroumpfe-bouchon »). Cette querelle linguistique était une métaphore à peine voilée des tensions existant entre flamands (néerlandophones) et wallons (francophones) depuis des décennies. Si, dans la bande dessinée, tout finit par s'arranger, ce ne sera pas le cas dans la vraie Belgique. Pour les élections du dimanche 13 juin, les sondages promettent en effet, pour la première fois en Flandre, la victoire (large) d'un parti séparatiste : la N-VA. Comment en est-on arrivé là ? À l'origine : une rancœur flamande La forte volonté flamande d'autonomie, voire d'indépendance, prend sa source aux débuts de la Belgique. Quand celle-ci accède à son indépendance en 1830, le pouvoir est contrôlé par l'élite francophone (la Wallonie est alors, grâce à l'essor...

Belgique : la N-VA (indépendantiste) va-t-elle gagner les législatives ?

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Après une nouvelle démission du gouvernement belge en avril, le choix a été fait de convoquer des élections fédérales, pour renouveler le parlement, dimanche prochain. Traditionnellement, les francophones y votent plutôt à gauche, et les flamands plutôt (franchement) à droite, surtout les plus jeunes . Et les sondages en Flandre sont assez surprenants. En tête se retrouve la N-VA. Une percée étonnante pour le parti indépendantiste conservateur. Aux élections législatives précédentes, en 2007, la N-VA était l'alliée (mineure) du CD&V, le parti chrétien-démocrate ; une étude affirmait que l'éclatement du cartel laisserait sans doute le CD&V à 25% et la N-VA à 5 ou 6% Aujourd'hui, les sondages donnent la N-VA premier parti de Flandre, à 25%, 6 points devant son ancien allié. Comment expliquer un tel succès ? L'unité belge n'existe plus : l'intérêt de la nation flamande passe avant. Certes, l'indépendantisme est une position minoritaire en Fla...

Belgique : Van Rompuy va partir et BHV va revenir

La Belgique est ingouvernable . La tension est très forte entre flamands (néerlandophones) au Nord et francophones, les premiers exigeant plus d'autonomie, alors que les derniers veulent à tout prix conserver une Belgique unitaire. Ce problème se cristallise particulièrement sur l'arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde , dernier héritage de la Belgique d'avant le fédéralisme, et sa scission impossible : les francophones réclament en échange l'élargissement de Bruxelles (majoritairement francophone) à quelques villes de sa banlieue, en Flandre mais majoritairement francophones, ce que refusent catégoriquement les Flamands. Il y a plus de flamands que de francophones en Belgique, ce qui se reflète évidemment à l'assemblée. En novembre 2007, ils ont profité de cet avantage numérique pour voter la scission de BHV. Pourtant, deux ans plus tard, la situation est toujours au point mort. Il existe en effet, dans le réglement de la Chambre des représentants...

Belgique : Fortisgate, ou Leterme l'incompétent

Il y a presque un mois, je relevai le fait que la Belgique avait tenu plus de 3 mois sans crise politique, pour la première fois depuis les élections législatives. La raison de cet accalmie était la crise financière : le sauvetage du secteur bancaire belge (Fortis, KBC, Dexia, etc.) avait réussi à éclipser les divisions entre flamands et wallons. Mais, aujourd'hui, la crise politique belge est de retour ! Rappel des faits : Début octobre, Fortis, principale banque belge, est au bord du gouffre. Dans l'urgence, le gouvernement Leterme nationalise la banque puis la revend (la partie néerlandaise est rachetée par les Pays-Bas, les parties belges et luxembourgeoises par le français BNP-Paribas). Cela est fait par le gouvernement Leterme à la va-vite, oubliant toutes les bases légales de la gestion d'une entreprise et notamment l'accord d'un conseil d'administration. Pas très rigoureux, mais Leterme se défendait en disant que c'était le seul moyen d'éviter l...

Belgique : les jeunes flamands sont (bien) plus à droite que leurs aînés

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Étude intéressante publiée par la KU Leuven et résumée en français par Le Soir sur la manière dont ont voté les Flamands (néerlandophones) aux élections législatives du 10 juin 2007 . Ce qui a le plus retenu mon attention, c'est la manière dont votent les nouveaux électeurs. Le vote étant obligatoire en Belgique et la législature durant 4 ans, ils s'agit des jeunes entre 18 et 22 ans . J'ai produit les camemberts correspondant aux chiffres de l'étude pour faciliter la compréhension. sp.a. : parti socialiste, spirit : nationalistes de gauche, autonomistes Groen! : Verts CD&V : démocrates-chrétiens, N-VA : nationalistes conservateurs, séparatistes Open VLD : droite libérale Lijst Dedecker : droite conservatiste populiste, autonomiste Vlaams Belang : extrême-droite, indépendantiste Autres : autres partis + votes blancs et nuls Répartition des votes des nouveaux électeurs : Répartition des votes globaux : Les socialistes, les Verts et la droite libérale, sédui...

Ingouvernable Belgique

Petit rappel de la situation politique belge 10 juin 2007 : élections législatives en Belgique , qui voient la victoire des libéraux en Wallonie et des démocrates-chrétiens en Flandre 15 juillet 2007 : le roi charge Yves Leterme, le leader des démocrates-chrétiens flamands, de former un gouvernement 23 août 2007 : Yves Leterme renonce à cette charge, faute de pouvoir trouver un accord de gouvernement entre les partis envisagés pour la coalition dite "orange bleue" (démocrates -orange- et libéraux -bleu-, wallons et flamands). 29 septembre 2007 : Yves Leterme est à nouveau chargé de constituer un gouvernement 1er décembre 2007 : Yves Leterme renonce à nouveau, pour la même raison que 3 mois plus tôt (pas d'accord de gouvernement) 21 décembre 2007 : un nouveau gouvernement est enfin formé ; il est dirigé par le premier ministre sortant Guy Verhofstadt et rassemble les partis de l'orange bleue plus le PS francophone. Il est prévu qu'il dure 3 mois, le temps que le vr...

Exprimeo, Denis Bonzy, et Philippe Buerch

Je m'en étais pris il y a deux mois au site Exprimeo , et ses analyses d'une profonde mauvaise foi (proche de la malhonnêteté intellectuelle) en faveur d'Alain Carignon. Exprimeo est édité par la société Newday , dont le dirigeant est Jonathan Bonzy, qui est, semble-t-il, le fils de Denis Bonzy . Cet ancien directeur de cabinet d'Alain Carignon , dont il fut aussi le suppléant aux législatives de 1988 , a également été aussi conseiller général du canton de Vif de 1989 à 2001 (l'UMP38 l'y a investi pour les cantonales 2008 ) ; il fut aussi propriétaire des éditions Didier Richard , dont le fond a été racheté par Glénat , et avait lancé le site mabalade.com à l'époque de la première bulle internet. Quand il le faut, Exprimeo sert les idées et les amis de Denis Bonzy. D'ailleurs, jusqu'ici, Newday/Exprimeo a édité deux livres : "Grenoble : secrets de pouvoirs : Tome 1, 1982 à 1994 " , livre de défense de Carignon signé… Denis Bonzy , et ...

Sophia Chikirou, de Fabius à Sarkozy

J'ai, par le passé, parlé en termes flatteurs de Sophia Chikirou, jeune militante socialiste, laïque affirmée, diplômée de l'IEP Grenoble, et qui fut membre du Conseil national du PS et de l'équipe de campagne de Laurent Fabius (pour les primaires socialistes en 2006). J'en étais resté à sa candidature dissidente aux dernières législatives comme suppléante de Michel Charzat (alors que Chikirou avait la légitimité pour elle, le PS avait imposé George Pau-Langevin) dans la 21ème circonscription de Paris (20e arrondissement), qui a mené à son exclusion. C'est donc avec une certaine stupéfaction que j'ai appris que Sophia Chikirou a rejoint Gauche Moderne , le parti sarkozyste de gauche de Jean-Marie Bockel. Pire encore, elle sera, au nom de l'ouverture, vraisemblablement numéro 2 sur la liste UMP menée par Jean-Claude Beaujour dans le 20ème arrondissement de Paris. À noter que Charzat, le maire sortant de l'arrondissement, également exclu du PS, emmène...

Suisse : le nationaliste Christophe Blocher (UDC) écarté du Conseil Fédéral, son parti passe dans l'opposition

(publié également sur le blog de prochoix ) Les élections législatives suisses qui se déroulaient le 22 octobre dernier ont vu la large victoire de l'UDC, le parti de la droite nationale suisse : en fort progrès à 29,0% (le plus fort score d'un parti suisse aux législatives depuis 1919, contre 26,6% en 2003) suite à une campagne axée contre les musulmans et les étrangers , elle a mis le Parti Socialiste, son principal rival, à près de 10 points (19,5%, contre 23,3% en 2003). Forte de son succès et de son poids encore grandissant dans la nouvelle assemblée (désormais 62 sièges au Conseil national, contre 43 aux socialistes), l'UDC se voyait déjà imposer ses vues quelques semaines plus tard, lors des votes du parlement pour le Conseil fédéral (le gouvernement fédéral), où 2 de ses membres sont représentés (il y a au total 7 conseillers fédéraux).Le premier conseiller fédéral UDC, Samuel Schmid, est membre depuis 40 ans de ce qui n'était à l'époque qu'un parti agra...

Belgique : Bruxelles-Hal-Vilvoorde pour les nuls

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La Belgique s'est encore enfoncée un peu plus dans la crise politique depuis le vote de la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvoorde mercredi 7 novembre (où les députés flamands ont profité de leur majorité numérique). Les négociations, qui étaient déjà très compliquées, le sont devenues encore plus, ce qui a certainement pesé sur la décision du leader flamand Yves Leterme de renoncer (une nouvelle fois) à sa tâche de formateur d'un gouvernement. Mais au fait, c'est quoi Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV) ? J'avais déjà expliqué rapidement le problème , je vais tenter de le faire ici plus en détail et de la manière la plus pédagogique possible. Pour commencer, situons-nous à l'échelle de la Belgique. D'après sa constitution , le Royaume est un état fédéral : 3 régions : la Wallonie (au sud), la Flandre (au nord), Bruxelles-capitale (au milieu) 3 communautés : française (=francophones), flamande , germanophone 4 régions linguistiques : langue frança...

Exprimeo, l'incroyable mauvaise foi

J'avais déjà entendu parler du site Exprimeo, notamment quand versac en avait pointé l'inélégance . Ce site, sous couvert d'analyse de la vie politique, présente certaines choses sous un jour particulièrement partisan, ce qui lui fait souvent dire n'importe quoi. Lisons cet article sur la situation politique grenobloise , dont le but est de flatter Carignon et de discréditer ses adversaires au sein de la droite locale. Les faits objectifs, à propos du second tour des législatives de juin dernier, dans l'Isère : Michel Savin , opposant UMP à Carignon (et montré du doigt dans l'article comme un diviseur) a perdu dans la 5ème circonscription de l'Isère sur un score de 47/53 . Alain Carignon s'est lui incliné dans la 1ère circonscription avec un score de 37/63 , 10 points de moins, le pire score de tout le département ! Comment Exprimeo rapporte cela ? En disant que Michel Savin " a perdu très largement ses législatives ", alors qu'Alain Carig...

Suisse : la proportionnelle avec apparentements

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…ou comment, à Genève, le PS envoie plus de députés que l'UDC, en ayant reçu moins de suffrages. Discutant l'autre soir avec une amie genevoise des résultats électoraux dans son pays , et de son canton en particulier , j'ai été surpris de voir que le PS y avait obtenu 3 députés pour 18,04% des voix, quand l'UDC n'en avait que 2 pour 19,81%. J'ai essayé de comprendre le système en vigueur et j'y suis arrivé ! En fait le système suisse permet l'apparentement : des partis peuvent décider de s'allier, et ne compter que pour un seul bloc lors de la répartition des sièges. Le plus simple est de prendre un exemple : celui du canton de Genève aux élections pour le Conseil National, dimanche dernier. Environ 110 mille électeurs qui doivent attribuer 11 sièges, ça fait au total 1 164 923 suffrages. Pour la répartition, il faut calculer un nombre électoral, et on prend l'entier supérieur au quotient obtenu : 1 164 293/(11+1), ça donne un " nombre élec...

Suisse : la droite nationaliste (UDC) remporte largement les législatives

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Les résultats des législatives suisses (qui se déroulaient aujourd'hui) sont assez désepérants : l'UDC, le parti de la droite nationaliste suisse, approcherait les 29% des voix, le plus gros score d'un parti suisse depuis 1919 ! Le parti qui s'était d'abord développé dans la Suisse allémanique, progresse aussi en Suisse romande (francophone). En même temps, le Parti Socialiste Suisse (PSS) perd plus de 6 points par rapport à 2003 (au profit notamment des Verts), dépassant à peine les 19%. S'il conserve la deuxième place, il est désormais à presque 10 points de l'UDC. Après la France et la Belgique, c'est un nouvel échec pour les socialistes francophones. Cela se traduit au niveau du Conseil national (la chambre basse de l'Assemblée : le PS perdrait 9 sièges alors que l'UDC en gagnerait 7. S'il jouait jusqu'ici un rôle de contrepoids (avec 52 députés contre 55 à l'UDC), le parti socialiste n'est aujourd'hui plus du tout en me...

Suisse : élections législatives fédérales le 21 octobre 2007

Après vous avoir expliqué le système législatif belge , je vais tenter de vous expliquer rapidement celui de la Suisse, où se dérouleront demain les élections législatives fédérales . La Suisse est un état fédéral, actuellement divisé en 26 cantons jouissant d'une forte autonomie. Jusqu'à la nouvelle constitution adoptée en 1999, 6 d'entre eux étaient considérés comme des demi-cantons , étant issus de la scission de cantons historiques. Chaque canton a sa propre constitution, son propre parlement (appelé le plus souvent "Grand Conseil" dans les cantons francophones), son propre gouvernement ("Conseil d'état" dans la plupart des cantons francophones) et son propre pouvoir judiciaire. Ces cantons servent de circonscriptions électorales pour les élections législatives. Il y a deux chambres qui exercent le pouvoir législatif en Suisse . La chambre basse de l'Assemblée Fédérale Suisse est le Conseil National . Chaque canton envoie un nombre de député...

Les méthodes carignonistes sur internet : diffamation et chantage

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L'internet est un bel outil pour suivre la communication politique locale, surtout à Grenoble, où une part importante de la communication de la droite s'effectue sur ce media (y compris pour se déchirer entre pro- et anti-Carignon). Les pro-Carignon ont repris les méthodes du passé (coups bas, attaques personnelles contre les adversaires, de gauche comme de droite), qu'ils ont adapté à ce nouveau moyen de communication. J'avais déjà parlé des trucages de sondages internet par les carignonistes , mais cela reste finalement presque gentillet par rapport au reste. Leur cible principale est évidemment, Michel Destot, maire socialiste de Grenoble, qui a le tort d'occuper le poste que Carignon rêve de récupérer. Un exemple ? La page "Non à Destot" (qui se veut sans doute une réponse au site "Non à Carignon" ), accusant le député-maire de tout les maux (y compris d'un " scandale de Saint-Théoffrey ", une commune qui n'est même pa...