dimanche 30 mars 2014

Bobigny : la droite gagne grâce au communautarisme musulman

Bobigny est une ville rouge. Le chef-lieu du département de Seine-Saint-Denis a toujours élu un maire communiste …depuis que le parti communiste français existe.

Un vrai bastion communiste …qui est tombé ce soir.

Au premier tour, le candidat UDI Stéphane de Paoli avait atteint 43,95%, contre 40,39% pour la maire sortante communiste Catherine Peyge. Le report des voix du divers droite Pierre Ramos (pas maintenu au second tour malgré ses 10,96% qui le lui permettaient) s'est bien effectué.


La méthode de la droite balbynienne ? S'allier avec l'islam politique.


Derrière Paoli, on retrouve sur la liste :
  • #2 : Kahina Airouche, ancienne championne de kickboxing, et portant le voile (une autre femme voilée est présente sur la liste, à la 36ème position)
  • #3 : Youssef Zaoui, ancien président de l'Association des musulmans de Bobigny (AMB), candidat à la municipale 2008 (la liste qu'il menait avait obtenu 3,98%)
  • #9 : Hocine Hebbali, qui représente l'Union des Démocrates Musulmans de France (UDMF), groupuscule communautaire fondé à Bobigny.



Autre prise de Paoli : Lynda Benakouche, ancienne sportive (et candidate en 2008 sur la liste Zaoui), responsable associative, et figure de l'opposition "citoyenne" à la mairie communiste. Si elle n'est pas candidate directement, celle qui critiquait la récupération politique apparait sur les documents de propagande de la liste de droite.

Qu'il s'agisse d'un tract

…ou de la photo générale, où la très couverte jeune femme a été placée stratégiquement juste à côté de la tête de liste (à la cravate rouge).


Voilà, la droite a pris Bobigny en mettant en avant femmes voilées et militants islamiques.

mercredi 22 janvier 2014

Les subventions et l'incompétence communautariste

J'ai commencé à écrire un article sur le sujet, il y a quelques mois, en revenant avec recul sur le fiasco de l'Europride marseillaise. Article pas fini, peut-être pas envie d'accabler encore plus l'organisation que je ne l'avais déjà fait. Mais comme l'affaire rebondit encore…

Après tout, ce qui m'intéresse tant dans cette histoire, ce n'est pas l'échec, mais ce qu'il a révélé. La façon dont les associations communautaires ne réfléchissent qu'en subventions (ou presque).

L'organisation de l'Europride marseillaise a clairement été beaucoup trop ambitieuse. Par naïveté, sans doute : ils croyaient que le simple label Europride allait ramener des milliers de touristes gays de tout le continent.
Et ils ont réussi à convaincre des partenaires que cela génèrerait aussi un succès commercial. Sur le papier le programme était alléchant : belle cérémonie d'ouverture devant le MuCEM, festival Get A Kool, village gay-friendly sur les plages du Prado (Europride Beach), la Friche de la Belle de Mai investie pour de nombreuses rencontres, ateliers, conférences.


Les articles évoquaient une capacité de 15 000 personnes dans les 6000 m² de l'Europride Beach, affolant le maire de secteur (le très droitier Dominique Tian) des dix soirs de tapage annoncé . La présidente de l'asso organisatrice fanfaronnait, annonçant « 200 000 participants à la marche du 20 juillet et 400 000 personnes lors du dernier week-end » (les estimations hautes allaient même jusqu'à 600 000 personnes).

À public (attendu) élevé, subventions élevées. 100 000 € de la seule Ville de Marseille, et il fût évoqué des subventions du Conseil Général et du Conseil Régional de 80 000 euros chacune.

Mais les organisateurs ont oublié le principal : communiquer. On n'a pas « vendu » l'événement à la population locale …ni aux communautés gays européennes (censées amener des centaines de milliers de personnes).


Résultat : faute de monde, la cérémonie d'ouverture est supprimée au dernier moment, Get A Kool annule la plupart de ses concerts, l'Europride Beach Club attire 500 personnes par jour (au lieu de 15 000), le village associatif de la Belle de Mai reste désespérément vide. (« Coraline Delebarre du Kiosque Info Sida déplore que seules trois filles aient trouvé le chemin jusqu'à la salle de la Friche où avait lieu un atelier sur la sexualité entre femmes. Un autre atelier, consacré aux femmes et au BDSM, a été annulé car personne n'est venu. »).
Et le dernier jour ? 400 000 personnes ? 200 000 ? 130 000 ? (estimations revues à la baisse au fur et à mesure que la date fatidique approchait). Non, 7 500. Et le grand concert de fin sur les plages du Prado ? « Annulé, faute de moyens pour assurer sa sécurité ».

Que l'instigateur de Get A Kool annule des soirées, c'est normal : après tout, il tente de perdre le moins d'argent possible. Mais, que l'organisation de l'Europride annule au dernier moment des événements annoncés depuis des mois, cela est bien plus troublant.

L'argument qui revient toujours, c'est « on n'a pas eu les subventions ».

Exemples :

Du côté de la LGP, structure organisatrice de l’Europride, on fait profil bas. Et l’on déplore le « manque de moyens financiers » : le budget de 600 000 euros présenté à l’EPOA n’a jamais pu être réuni. Seule une subvention de 100 000 euros a été versée par la Ville de Marseille. Une somme venue s’ajouter aux 120 000 euros réunis auprès de partenaires privés. « La LGP avait déposé des demandes de subventions au conseil général et à la région PACA, mais elles n’ont pas été votées à temps, nous les attendons toujours, explique Stéphane Corbin, coordinateur de la marche. Ce fut fatal aux cérémonies d’ouverture et de clôture. Nous avons dû réduire la voilure de l’ensemble de la manifestation.»
(Télérama)


Sur le concert de Boy George prévu pour la soirée de clotûre : Deux semaines avant le concert, le contrat n'avait pas été signé et les billets de l'artiste et des personnes qui l'accompagnent n'avaient pas été payés. «Ils me disaient qu'ils attendaient de l'argent de la ville de Marseille, qu'ils ne pouvaient pas me payer tout de suite, mais qu'il fallait me détendre. Nous ne leur faisions pas confiance.» (…). Là encore, Suzanne Ketchian se justifie: «La première fois que j'ai été contactée par Marc Vedo, c'était le 8 juillet. Avant cela, j'étais en relation avec Michael Bizet, qui m'a lui-même contactée le 20 juin en tant que représentant de Boy George en France. Et je lui ai indiqué que j'attendais des subventions de la région Paca
(Yagg)


Six mois plus tard, l'affaire rebondit encore, cette fois à cause de l'exposition Corps et Histoire à la Belle de Mai dans le cadre de l'Europride : les œuvres n'ont pas été renvoyées à leurs auteurs (et la LGP est apparemment injoignable), le commissaire de l'exposition affirme même que « personne n’a été payé : commissaires, régisseurs, artistes, fournisseurs… », et la Friche de la Belle de Mai qui « attend toujours les 100 000 euros dus pour la location des espaces ».

On apprend alors que «Le Conseil général et le Conseil régional avaient promis chacun 80.000 euros, et nous avons fabriqué notre budget sur cette promesse. Ce budget n'a pas été voté et n'a donc pas été versé à la LGP. Cela explique pourquoi personne n'a été payé.» Voilà, la LGP n'a pas tout simplement pas les moyens de renvoyer les œuvres.
Sa présidente, qui sort enfin du bois, explique :
«Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, résume amèrement Suzanne Ketchian. On ne les a pas rêvés, ces financements, on nous les a assurés. Quand un directeur de cabinet du président de la région vous regarde droit dans les yeux et dit qu'il va vous soutenir, vous y croyez. Quand on a su que les subventions n'arriveraient pas avant octobre ou novembre, on a réduit la voilure. Ce n'est pas de gaîté de cœur que nous avons dû tronquer l'événement.»

Résumons.
Nous sommes dans une caricature à l'extrême des associations communautaires subventionnées. On organise des événements dont le budget dépend en très grande partie des subventions …qu'on surestime largement. On prévoit des dépenses avec de l'argent qui n'est pas en caisse (et certaines de ces dépenses font jaser). Et, quand vient le moment de payer, on rejette la faute sur les collectivités qui n'ont pas donné assez.
Et le Conseil Général explique ne pas avoir versé l'argent promis parce qu'il n'a  « pas eu l’ombre d’un justificatif de frais engagés ». Amateurisme, quand tu nous tiens.

Oui, à Marseille, le clientélisme électoral est plus répandu qu'ailleurs. Mais cela n'explique pas tout : on est vraiment dans une situation où le communautarisme est biberonné par les subventions, aux associations qui finissent par les considérer comme un dû.

samedi 13 juillet 2013

Get A Kool, un festival raté

Depuis que je suis à Marseille, je profite régulièrement des différents festivals qui y sont organisés.
Certains sont bien organisés (Marsatac), d'autres relativement amateurs (ah, RockIsland…).

Et puis, il y a Get A Kool.

Tout commence fin mars 2013. On apprend qu'un concert de FatBoy Slim sera organisé le 10 juillet, au J4, l'esplanade de notre beau MuCEM.
Un DJ culte pour ma génération, en plein air, au bord de la mer ? Avec un tarif "very early" à 25€ au lieu de 39 ? Je n'ai pas hésité longtemps.

Il y a également un after au Docks des Sud, mais cela ne m'intéresse pas.

Tout va bien.
Et puis, mardi, la veille du concert, je traîne sur le site du Dock des Suds, pour voir la programmation du lieu dans les prochains mois. Tiens, c'est bizarre, Fatboy Slim est inclus dans la soirée aux Docks, pourtant il joue au J4, non ?


1) Le déplacement de Fatboy Slim du J4 au Dock des Suds sans prévenir personne

Je vais sur la page facebook du festival, je vois pas mal d'internautes poser la même question : "vous écrivez que c'est aux Docks, c'est pas au J4" ?

Et non. Les billets ne se sont pas bien vendus. L'orga rapatrie tout au Dock des Suds pour s'éviter le coût du montage/démontage d'une scène au J4, tout en expliquant que "la capacité de l'esplanade n'était que de 12 000 personnes"… Que ? La grande scène des Docks a une capacité de 5000 personnes, et elle était loin d'être remplie pendant le concert de Fatboy Slim.

L'organisateur affirme aussi que "les Marseillais n'ont pas conscience de la valeur de cet artiste". Sous-entendu, c'est la faute des Marseillais s'il s'est planté. Non, c'est la faute d'une mauvaise évaluation de la taille du public de Fatboy Slim, dont le dernier succès en radio française date de 1999 (le millénaire précédent !). Ce DJ est culte pour ma génération, mais il ne parle absolument pas aux autres : l'immense majorité du public présent avait entre 25 et 35 ans.

Soit dit en passant, cela n'a pas non plus mobilisé la communauté LGBT, bien que le festival soit organisé dans le cadre de l'Europride (la Gay Pride européenne). S'il n'y avait eu quelques affiches, dans l'enceinte du festival, pour un club gay ou un magazine gay, personne ne l'aurait remarqué.
Il faut dire également que la publicité autour du festival a été relativement faible.

Le pire, c'est qu'aucune communication n'a été faite sur le déplacement du concert (de 3 kilomètres) avant la veille. Beaucoup de billets ont été vendus sur internet, par Weezevent ou Digitick, avec une adresse mail. Mais si l'organisation sait envoyer des e-mails pour faire la publicité des autres concerts du festival, elle ne sait apparemment pas le faire pour avertir d'un changement de lieu !

2) Une soirée brouillonne 

Même si je râle du changement de lieu, je vais évidemment quand même au Dock. Les vieux murs en pierre et la tour d'Arenc, ça vaut vraiment pas le bord de mer au J4, mais ça reste quand même Fatboy Slim en plein air.


Mais c'était franchement brouillon.

Avec le déplacement du concert, la soirée ne commence plus à 18h, mais à 19h30. Je ne me presse pas, mais arrive vers 19h50, histoire de profiter des autres artistes avant Fatboy Slim, qui est prévu à 22h30.
Il y a une queue de 200, peut-être 300 personnes devant l'entrée, je m'y place, et la file ne bouge pas du tout pendant 20 minutes. Ce n'est qu'à plus de 20h30, 45 minutes après mon arrivée, que j'ai enfin pu rentrer !

Autre exemple de la désorganisation : le système de tickets pour les boissons.
Il y a la façon simple de le faire : à Marsatac, des affiches t'expliquent que pour boire, il faut prendre des tickets, que tu peux en avoir tant pour telle somme. Et les bars du festival affichent le prix en tickets (2 tickets pour la bouteille d'eau, 3 pour le coca, etc.)
Et puis il y a la façon Get A Kool : pas d'affiche pour expliquer le système de tickets c'est le barman qui doit te l'expliquer , tu vas acheter des tickets ; là la vendeuse doit expliquer à chacun qu'il y a des billets de 1, 2, 5, 10€, de couleur différentes (et c'est le seul truc qui diffère, autant te dire que tu l'as oublié 30 secondes plus tard), et donc ça prend des plombes ; enfin tu retournes au bar (avec les prix en euros), pour payer, tu demandes à la barmaid "c'est quelle couleur le ticket de
1/2/5 euros déjà ?".

Finalement, le temps d'acheter les tickets, une part de pizza, un RedBull, d'envoyer quelques sms, et de prendre une pression, il est déjà 22 heures.
C'est Bobzilla qui fait la première partie de Fatboy Slim. Je n'en avais jamais entendu parler avant, mais je l'ai reconnu : j'ai croisé ce mec une fois à 4h du matin au Trolleybus, et je l'ai trouvé vraiment désagréable (quand je l'ai bousculé sans faire exprès).
Set moyen, et même s'il a le mérite de mettre l'ambiance, ce n'est pas au niveau pour introduire un Fatboy Slim.

Le concert de Fatboy Slim : rien à dire, génial. Les souvenirs du lycée reviennent, et aussi celui de la cassette où mon cousin m'avait copié l'album You've Come a Long Way, Baby, qu'il avait acheté. J'oublie la fatigue, je m'éclate pendant 2 heures !

Fatboy Slim se termine à 0h30, il y a encore des artistes après, mais je travaille le lendemain, et je pense avoir loupé le dernier tramway (j'avais regardé le site de la RTM, il ne parlait pas d'un prolongement des trams/métros). En fait, il y avait des tramways jusqu'à 1h30 : encore une info qui n'avait pas circulé !

3) Et la surprise ?

Pendant un moment, la soirée du 10 juillet était vendue en mettant en avant "Fatboy Slim + surprise" (j'ai d'ailleurs un flyer sous les yeux avec cela).

On l'attend toujours.

4) Les soirées suivantes

Finalement, oui, cette soirée du mercredi était brouillonne, oui ce n'était pas le cadre magnifique avec lequel on nous avait appâtés… mais j'ai beaucoup aimé le concert de Fatboy Slim (et qu'en plus j'ai revu une ancienne collègue que j'avais perdu de vue !).

Le jeudi : Joachim Garraud "show live 3D" et Showtek sont annoncés en tête d'affiche. Showtek arrive à Marseille, apprend que leur set est annulé, et doit se débrouiller pour repartir à l'aéroport. Et il paraît que le show de Garraud n'avait rien de 3D…

Le vendredi : annulé… à 17h ! L'organisation a attendu le dernier moment, des fois que, malgré le mauvais bouche-à-oreille et les articles assassins de La Provence, les Marseillais se décident en masse à acheter des places au dernier moment. Sympa pour ceux qui ont fait le trajet à Marseille exprès.

vendredi 31 mai 2013

Orelsan et la liberté de création artistique

Orelsan a été condamné pour injure et provocation à la violence à l'égard des femmes, à cause des paroles de ses chansons.

Et cela me révolte.
Parce que les chansons d'Orelsan n'incitent en rien à la violence. Il s'agit de textes de fiction.
Ce n'est pas Orelsan qui s'en prend aux femmes en chantant "mais ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner", mais un personnage de fiction, loser ridicule.

À entendre ceux qui avaient poursuivi Orelsan (et qui l'emmerdent depuis 4 ans), il faudrait se féliciter que soient ainsi instaurer des limites.

De plus en plus, certains confondent l'artiste et son œuvre.
On peut par exemple citer Michel Houellebecq, poursuivi (et relaxé) il y a une dizaine d'années pour avoir répondu dans une interview que l'islam était la religion la plus con. Au procès, l'accusation s'en est prise aux personnages intolérants de son livre Plateforme, comme si les propos fictionnels de ces créations artistiques traduisaient forcément la pensée de l'écrivain.
Même genre de soucis, quelques années plus tard, pour le roman Pogrom d'Éric Bénier-Bürckel, dont un  personnage (de fiction) tenait des propos très antisémites : même campagne de presse délirante contre l'auteur, même bien-pensants croyant débusquer un affreux raciste, comme si l'auteur cautionnait les propos de son personnage. Et heureusement, même issue : Bénier-Bürckel a gagné.


Messieurs les censeurs, faudrait-il condamner en justice les auteurs du dessin animé South Park au prétexte que l'un des héros, est un gamin intolérant et très raciste ?

Qu'on limite l'accès à des œuvres pour protéger les enfants, c'est normal. Qu'on poursuive ceux qui tiennent des discours de haine, cela ne me choque pas non plus. Mais qu'on s'en prenne aux œuvres de l'art, qu'on veuille interdire qu'elle décrive tel fait, me fait peur.

J'espère qu'Orelsan fera appel, et que la Cour d'Appel lui donnera raison. Faute de quoi, s'installerait un dangereux précédent.

samedi 23 mars 2013

Le viol et le voile

Il y a quelques semaines, un matin. Dans le bus, je m'assieds comme habituellement au fond, à l'avant-dernière rangée. Un trajet plutôt dans des beaux quartiers, tranquille, avec des passagers calmes.

Je ne suis pas du genre à écouter les conversations des autres, je ne suis pas curieux pour ces choses-là. Je remarque vaguement que l'homme derrière moi est au téléphone
Mais j'entends alors :
-T'es obligé de les violer.
Ai-je bien compris ? Mélange d'incrédulité et de peur. Me serais-je assis juste devant un criminel ?

-Les femmes, quand elles sont belles, tout ça, t'es obligé… On est des hommes… T'es obligé de les violer.
Ah, j'avais bien entendu. Merde.
-Les chrétiens, les juifs, ils font rien… Nous, on les protège. Comme ça, on n'a pas la tentation.

Le mec est clairement en train de faire de la propagande religieuse musulmane, assez flippante, à son interlocuteur. Il lui fait une liste d'interdits. De ce que je me souviens :
-Les tatouages, ça tue. Le porc aussi, ça tue… Quand ils le tuent, ça va dans le corps, c'est pas bon, ça tue. T'as vu les vidéos sur mon ordi ? Tu regarderas, c'est sur mon ordinateur. Y a un hindou, là, qui explique… Les autres vidéos aussi, ils disent tout ça.

Le bus arrive à destination, et je peux enfin enlever cette conversation de mes oreilles.

Que faire dans ce cas-là ?
Dans l'idéal, sans doute se retourner, remettre la personne à sa place.
Mais en fait, j'avais peur. Entendre le mec de derrière justifier un crime comme étant quelque chose de normal, cela donne juste envie de t'éloigner de lui le plus rapidement possible. Et ne surtout pas tenter de discuter avec lui.

Que penser de tout cela ?
Alors, oui, il faut tenir compte du contexte. Et, comme le montre la suite, il s'agit avant tout de propagande religieuse balourde.

Cela relativise-t-il les propos ?
Non, il n'y avait ni provocation ni gêne dans la voix de l'homme au téléphone. Cela semblait lui être naturel, les deux fois. Il n'a pas changé de ton, il n'a pas baissé la voix. Et comme il ne s'est pas ensuite justifié de ses propos, sans doute cela était naturel pour son interlocuteur lui aussi.
Mais, en réalité, qu'il s'agisse d'un vrai détraqué, un criminel utilisant la religion pour justifier ses instincts, ou d'un crétin au prosélytisme débile, ces propos sont infâmes.

Cet épisode m'a pas mal travaillé. J'évolue dans un monde calme, fait de gens plutôt tolérants. J'ai tendance à croire trop souvent que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".
Que, même si les blagues machistes perdurent, plus personne ne croit sérieusement que les femmes sont inférieures.
Et que le crime est quelque chose de, fort heureusement, honteux.


La piqûre de rappel fût assez effrayante. Ce n'était pas un crétin en djellabah, pas une racaille, pas un gros beauf, pas une mine patibulaire. Mais un jeune noir comme on en voit plein dans cette ville métissée. Bref, monsieur tout le monde.

Et donc, oui, en prenant son bus, on peut se retrouver à proximité d'un monsieur tout le monde pour qui un crime comme le viol est quelque chose de normal, et pour qui une femme est bonne à ça dès lors qu'elle ne porte pas le voile.
Et pour un qui l'exprime à haute voix, combien qui le pensent sans le dire ?

Mettre cela sur le manque d'éducation ? Mais, bordel, éducation ou non, comment peut-on arriver à croire à de telles horreurs ?

lundi 17 septembre 2012

La démocratie vue par les islamogauchistes : l'exemple Fourest à la fête de l'Huma

Caroline Fourest, égérie du combat laïque, était invitée, comme régulièrement, à une table ronde de la Fête de l'Humanité. Cette année, elle devait y parler des réponses à donner face au Front National, sujet auquel elle a consacré de nombreux livres.
Cela n'a pas plu aux islamogauchistes, j'en ai parlé rapidement hier.

Étape 1 : exiger, via une pétition, que les organisateurs la déprogramment. Et expliquer qu'il faudrait la remplacer par Saïd Bouamama, Pierre Tévanian ou Rokhaya Diallo (pour qui, en caricaturant à peine, il n'y a de racisme que s'il vise un noir ou un arabe), les seuls valables pour dénoncer le racisme.
Virez notre opposante, et mettez à sa place quelqu'un qui pense exactement comme nous.

D'ailleurs, juste comme ça les gars, reprocher à Caroline Fourest d'être une intellectuelle médiatique, quand on est mené par R. Diallo qui sévit sur Canal+, RTL, Le Mouv', LCP-AN, etc., c'est assez cocasse.


Étape 2 : les organisateurs ayant osé les ignorer, se déplacer sur place. Et tenter de transformer cette table ronde en procès de Caroline Fourest.
De tous les ennemis qu'ont les islamogauchistes, Fourest est la seule à recevoir un tel traitement. Pourquoi ? Disons-le franchement : parce que les Indivisibles préfèrent emmerder une femme de petit gabarit plutôt qu'un mec baraqué.

Les perturbations débutent très vite, au bout de quelques minutes, avant même l'intervention de Caroline Fourest. Sur la vidéo qu'a publié cette dernière, on voit l'organisateur de la table ronde demander le calme, et tenter de remettre les Indivisibles à leur place (celui du public, qui est là pour écouter, et attendre la fin pour poser des questions).

Essayez de débarquer dans n'importe quelle assemblée et d'y crier des slogans hostiles. On vous calmera, et on vous mettra dehors si vous continuez.
Comme, encore une fois, les Indivisibles sont très courageux, ils y sont allés à quarante pour s'imposer par la force.

Évidemment, ils vous expliquent qu'ils n'avaient pas du tout l'intention de rester, mais que la façon dont on les a reçu a provoqué une "mini-manif".
Bien sûr. Débarquez à quarante, alors que vous ciblez, depuis deux semaines sur internet, cette table ronde comme une abomination,et étonnez-vous qu'on ne vous déroule pas le tapis rouge.


La "mini-manif" avait pour unique but de diffamer Caroline Fourest. Qui était partie au début des perturbations, quand quelqu'un a foncé sur la tribune, une "banane d'or" à la main. Pour les Indivisibles, elle a "fui la contradiction", une contradiction qui s'est résumée à 20 minutes d'injures.

Ce paragraphe, écrit par les perturbateurs, résume parfaitement leur pensée.
Les organisateurs ont eu de multiples occasions de rendre ce débat démocratique : en invitant un militant antiraciste conséquent à la place de Caroline Fourest, en invitant une parole contradictoire à la tribune ou en entamant un dialogue avec nous. Nous avons tenté de dialoguer, proposant Saïd Bouamama dans le rôle du contradicteur. En vain
Pour eux, la démocratie, la seule possible, c'était donc forcément faire le procès de Caroline Fourest, en sa présence ou non. En s'imposant par la force. Et même si cela n'avait absolument rien à voir avec le thème prévu du débat.

Et attention, on parle de fous furieux, convaincus que Caroline Fourest a inspiré l'idéologie d'Andres Breivik. Tout ça, juste parce qu'elle s'est élevée contre le voile à l'école, la burqa, ou les prières de rue.
Nous sommes sans doute tous des islamophobes qui nous ignorons. Y compris le Parti de Gauche.

Amis de l'Huma, vous avez raté un grand moment absurde en ne refusant de céder la parole à ceux qui voulait la prendre par la force.

dimanche 16 septembre 2012

La bonne et la mauvaise censure

Après l'Université Libre de Bruxelles il y a quelques mois, la Fête de l'Huma. Deux lieux de liberté, deux fois que des perturbateurs islamo-gauchistes empêchent Caroline Fourest de parler.

Alors, oui, elle n'a pas été agressée physiquement. Mais, à chaque fois, des dizaines de spectateurs, n'aimant manifestement pas Fourest, qui ne sont venus que pour une chose, et certainement pas lui apporter la contradiction.
Non, ils viennent l'empêcher de parler. Ils s'imposent par leur nombre, de manière à ne pouvoir être évacués, et perturbent, crient, injurient jusqu'à ce que le débat soit annulé.

Empêcher de parler ceux qui ne pensent comme eux. Voilà tout. Ces crétins sont des censeurs.
Qu'on censure les discours de haine, pourquoi pas. Qu'on empêche de parler quelqu'un qui attaque les intégrismes religieux ou l'extrême-droite, je ne comprends pas.

Avant les gauchistes perturbaient les événements d'extrême-droite. Maintenant ils perturbent les conférences anti-FN de la fête de l'Huma…

Mais pour certains, s'attaquer à Fourest, ce n'est pas grave. Puisqu'elle est régulièrement invitée à la télévision, on aurait bien le droit de venir annuler ses débats de temps en temps.
Fourest serait ainsi symbole d'une idéologie dominante à abattre. Une sorte de nouveau BHL.

Tout d'abord, même si je n'aime pas BHL, et tout ce qu'il représente, j'ai toujours trouvé que l'empêcher de parler, l'agresser en l'entartant, était une façon de faire non démocratique.

Ensuite, cette histoire d'idéologie dominante… Franchement, les militants sont toujours convaincus que l'opinion contraire à la leur fait l'objet d'une propagande médiatique.
Certains pensent que les médias sont à la solde de l'UMP, d'autres qu'ils sont aux mains des socialistes. On croit, selon son bord, que l'idéologie dominante est sécuritaire ou angélique, xénophobe ou anti-nationale, islamophobe ou antisémite, pro-palestinienne ou pro-israélienne, etc.

Fourest est souvent invitée dans les médias. Parce que son "ennemie" Rokhaya Diallo, chroniqueuse à Canal+ et RTL, non ?
RTL ce n'est vecteur d'idéologie dominante que pour les chroniques de Zemmour, pas celles de Diallo ?

Que des Boniface, Diallo, Mucchielli, soient ainsi empêchés de parler, et les mêmes qui font du "oui ce n'est pas bien mais" quand il s'agit de Fourest, crieraient à la censure abominable.

Indignation sélective, liberté d'expression à géométrie variable…

samedi 19 mai 2012

Québec : printemps érable et loi 78

Cela fait quelques semaines que la lecture d'Embruns me permet de suivre, un peu et de loin, l'agitation étudiante au Québec.

En France, pour étudier dans une université publique, un étudiant en licence doit débourser 174€ de frais de scolarité, un étudiant en master 237€.
Nous sommes particulièrement bien lotis. Certes, certains pays (notamment les scandinaves) appliquent la gratuité. Mais il suffit de se comparer avec nos voisins Belges ou Suisses : ceux-ci doivent dépenser quelques centaines d'euros supplémentaires. Les Italiens et les Espagnols doivent payer encore davantage.

Mais ils restent encore loin du racket anglo-saxon, où les frais dans les universités publiques se comptent en milliers de dollars.
Les étudiants québecois étaient encore plutôt protégés. Mais le Parti Libéral Québecois (centre-droit) n'aime pas payer pour l'éducation. Au début des années 1990, il avait fait passer les frais de 540 à 1668 $CAN. Puis entre 2007 et 2012, sous de le gouvernement de Jean Charest (à raison de 100 dollars par an), à 2168 $CAN.
Aujourd'hui, les libéraux veulent se rapprocher de la moyenne nord-américaine, et veulent une augmentation de près de 75%, vers 3793 $CAN.

Résumé par ce graphique provenant de Wikipedia (les périodes de gouvernement PLQ sont en rouge) :
En France, nous avons l'habitude des mouvements étudiants durs, des grands blocages. C'est ainsi que nous avons eu la peau des mauvais projets de la droite (loi Devaquet en 1986, Smic-Jeunes en 1994, CPE en 2006). Au Québec, moins…

Le mouvement part de l'Université Laval (à Québec) le 13 février, s'étend lentement mais sûrement à toute la Belle Province, frappe les esprits avec une grande manifestation à Montréal le 22 mars. Mais rien ne bouge : ni le gouvernement ni les étudiants ne veulent céder.
Des négociations début mai ne mènent pas à grand chose. Le conflit est dans l'impasse, et la ministre québecoise de l'éducation (Line Beauchamp) démissionne.

Comment sortir de cette impasse, justement ? Le gouvernement Charest dérape. Choisit la force. Les "libéraux" n'aiment guère qu'on ait la liberté de les contester.

Une loi spéciale, la loi 78 (Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu'ils fréquentent), sous prétexte de résoudre le blocage, limite donc grandement la liberté de manifester, menaçant les contrevenants de lourdes amendes.

Vite surnommée loi-matraque. À côté de cela, l'augmentation des frais de scolarité ne parait plus grand chose. Indignation à gauche. « Infâmie », « abus de pouvoir ».
Charest veut écraser le mouvement étudiant. Réussira-t-il ? La désobéissance civile s'annonce…

On attend encore les communiqués des partis de gauche français pour soutenir nos cousins d'outre-Atlantique…

Les corrompus liberticides du PLQ feraient bien de songer à la phrase prononcée par François Mitterrand à l'Assemblée Nationale le 8 mai 1968 :
Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.

mercredi 18 avril 2012

Fadela Amara a toujours soutenu Hollande

J'ai une bonne mémoire.
Parfois, une nouvelle peut m'évoquer une vieille information oubliée. Quand l'histoire se répète (dérapages de Bigard), les hypocrisies (Passi tenant de faire oublier son homophobie). Ou quand on se fout carrément de notre gueule (Baylet sur Meyssan au PRG, ou les larmes de Jesse Jackson pour Obama).

Aujourd'hui, c'est Fadela Amara qui est attaquée. L'ancienne ministre d'ouverture de Sarkozy annonce qu'elle va voter François Hollande.

Et tout le monde lui tombe dessus à bras raccourcis. La droite lui reproche son ingratitude vis-à-vis du président. La gauche la traite de girouette, d'opportuniste, l'accuse de retourner sa veste.

Les attaques peuvent dépasser les limites. Comme les injures par le directeur de cabinet adjoint de Christine Boutin : « Fadela: ni pute ni soumise...mais un peu quand même ! ». Ou l'affreux mépris de classe d'un certain Mabrouck Rachedi qui, sur le site du magazine communautariste Respect Mag, moque « son CAP comptabilité » et « sa coupe de cheveux approximative ».

Et pourtant, le soutien de Fadela Amara à Hollande est tout sauf une surprise. Comme je le rappelais ce matin, elle l'affirmait depuis longtemps.

En janvier 2008, au gouvernement depuis quelques mois, alors que Sarkozy était encore très populaire, et que la gauche était en manque de champion, elle le confiait au Point.
Priée de dire si elle votera pour le président qui l'a nommée au gouvernement, elle répond : "non et il le sait".
Elle explique qu'elle votera socialiste "si le candidat est bon", faute de quoi elle s'abstiendra. Le meilleur candidat du PS serait selon elle François Hollande.
C'est on ne peut plus clair, non ?

Aurait-elle dû, comme Éric Besson, se fondre dans le moule UMP. ? On ne peut pas reprocher à Amara d'avoir renié ses idées, elle a toujours voulu rester une ministre de gauche dans un gouvernement de droite, l'ouvrant contre les dérives (comme les tests ADN)…

jeudi 8 décembre 2011

La droite et le sentiment d'insécurité

En 2002, l'une des principales raisons de la défaite de Lionel Jospin fut la mauvaise réponse apportée par le candidat aux questions d'insécurité.
La fameuse histoire du sentiment d'insécurité. Trop angélique, le camp du premier ministre expliquait que oui, vous pensez peut-être que la délinquance augmente, mais ce n'est pas vrai, ce n'est qu'une impression, que de la propagande de TF1 pour Chirac, alors n'ayez pas peur mes braves gens. Et encore, c'est quand elle n'y voyait pas un racisme sous-jacent.

La droite est au pouvoir depuis 9 ans. Nicolas Sarkozy a été ministre de l'Intérieur de 2002 à 2004, puis de 2005 à 2007, et président de la République depuis. Bref, cela fait neuf ans que Nicolas Sarkozy s'occupe de notre sécurité. Et fait voter régulièrement (tous les ans ?) une nouvelle loi sur le sujet…
Alors, oui, les « chiffres » disent que la délinquance recule. Mais qui le croit, franchement ? Vous sentez-vous plus en sécurité qu'il y a 10 ans ? Pas moi…

Certes, les petits délits reculent, mais la violence aux personnes augmente, augmente, augmente… En gros, les Français ont moins de chances de se faire tirer leur portefeuille par un pickpocket, mais de plus en plus de se faire agresser dans la rue pour un téléphone. Merci Sarkozy…

Qu'en dit la droite ?
Oui, Nadine ? « Le vol des portables à l'arraché, ça n'existait pas avant que les portables n'existent. » Ah, qu'est-ce qu'on ferait sans toi…

Encore le coup de « L'insécurité explose, c'est un scandale, nous on va faire quelque chose ! » ? Non : quand tu es aux manettes depuis une dizaine d'années, on finit par se rendre compte que tu es le responsable.

Alors, on fait comme la gauche il y a dix ans, on nie l'évidence. Guéant 2011, c'est Vaillant 2001. Le grand retour du sentiment d'insécurité.

Le ministre de l'intérieur était interrogé la semaine dernière par Jean-Michel Aphatie sur RTL.
Le journaliste lui parle d'une fusillade à Vitrolles (où un policier a failli y rester…) et d'un braquage au fusil mitrailleur à Marseille. Réponse de Guéant : 
Non, la police n'est pas dépassée. A Marseille, de façon globale - il suffit d'interroger les élus marseillais, les habitants de Marseille -  les choses depuis quelques mois, s'améliorent très sensiblement. Le climat de sécurité revient en ville et les habitants ne cessent de dire leur satisfaction.
Incroyable.

La situation s'améliore-t-elle à Marseille ?
Les plus problèmes les plus visibles (surtout Porte d'Aix, le parking volé et le camp de roms) ont été résolus. Il y a davantage de policiers, on les voit plus souvent, tant mieux.
Certes. Mais les faits divers, les braquages, continuent. Et on sait bien que, d'ici quelques mois (peut-être attendront-ils que les élections soient passées ?), le pouvoir clamera, pour faire des économies, que la cité phocéenne n'a plus besoin de ces renforts. Comme à chaque fois…

La police n'est pas dépassée à Marseille ?
On partait de loin. Ce sont les policiers qui ont peur des voyous, et plus l'inverse. Début août, le préfet délégué à la sécurité répondait à la Provence, à deux questions d'intervalle, qu'il « n'y a pas de zone de non-droit » et qu'on ne remettra pas de commissariats dans les cités parce qu'« il faut penser à la sécurité des policiers »…
Depuis, Guéant a changé le préfet, envoyé des renforts. Trois jours après qu'il ait donc expliqué sur RTL que « le climat de sécurité revient en ville », 700 policiers manifestaient vendredi devant la Préfécture, pour exprimer leur ras-le-bol et dénoncer le manque de moyens…

Comme la gauche dix ans plus tôt, la droite nie ses échecs. Qui saura en profiter ? Une gauche convertie à la sécurité ? Ou, malheureusement, l'extrême-droite ?

mercredi 12 octobre 2011

Logement, industrie, sécurité et laïcité : les grands absents du débat de la primaire socialiste

Je viens de regarder le débat du second tour de la primaire socialiste entre Martine Aubry et François Hollande.

La fille Delors et le fils spirituel de Delors ont discuté pendant près de deux heures. Ah, ça, les débats économiques incompréhensibles, ça y allait.

Arnaud Montebourg a dit, avant-hier dans le 20 heures de France 2, que les deux impétrants sont "les deux faces d'une même pièce", qu'ils "ont le même projet". Bonnet blanc et Blanc bonnet ont donc passé leur temps à pinailler, à s'inventer des différences.

C'est ainsi qu'on passe plusieurs minutes à parler redoublement. Pas de l'école, pas de l'instruction. Du redoublement, qui coûterait trop cher (si j'ai bien compris ce que racontait Titine).

Un sujet m'intéressait particulièrement, celui du protectionnisme. Comme les autres républicains/souverainistes de gauche, je m'enthousiasme pour la percée d'Arnaud Montebourg. Nous avons trouvé notre nouveau Chevènement !

Aubry déteste le protectionnisme. Elle le disait encore ce matin chez Bourdin sur RMC. Mais il faut récupérer les voix de Montebourg. Alors, cela donne quelque chose comme : oui, bon, Arnaud parle de protectionnisme, mais en fait, il raconte n'importe quoi, il n'est pas protectionniste, ce qu'il propose, c'est tout pareil que mon "juste-échange", alors si vous avez voté pour lui, votez pour moi.
Tu veux convaincre QUI avec une telle argumentation ?

Surtout, il faut s'attarder sur les sujets ignorés dans ce débat.
Rien sur le logement.
Rien sur l'industrie.
Rien sur l'insécurité ("on s'en tape de l'insécurité" avait tweeté Caroline De Haas, de l'équipe de campagne de Martine Aubry, pendant le premier débat… tiens, elle a effacé ces tweets depuis).
Rien sur la laïcité.

Les deux leaders avaient presque deux heures pour convaincre les Français. C'est franchement raté : que de l'économie technique, que de la dette. Rien sur les sujets concrets.

dimanche 25 septembre 2011

Le serment d'allégeance, le nouvel écran de fumée

Jean-François Copé veut que les Français fassent allégeance aux armes.

J'aime mon pays, je suis patriote (j'ai souvent parlé de la Marseillaise, de la nation, etc., sur ce blog). Mais cette proposition me semble avoir tout de la fausse bonne idée.

Tout d'abord, le serment d'allégeance est une coutume anglo-saxonne. Copé veut, comme a son habitude, encore angliciser, américaniser la France. Pas question !

Je ne crois pas que l'Europe restera éternellement en paix. Mais d'ici à ce que les citoyens de base doivent prendre les armes… Je vous rappelle qu'on a une des meilleures armées du monde et, surtout, l'arme nucléaire, ce qui limite beaucoup l'envie des autres pays de venir nous chercher des noises.


C'est bien d'ailleurs pour cela que cette même droite a suspendu le service militaire, qui était devenu inutile. C'est donc assez anachronique.

Et être anti-militariste, pacifiste, objecteur de conscience, c'est être un mauvais Français ? Je ne crois pas. C'est pourtant ce que sous-entend la proposition de Copé.
Les mauvais Français, ce sont tous ceux qui pratiquent l'évasion fiscale. Et que l'UMP chérit (Sarkozy faisant campagne avec Johnny en 2006…), qu'elle présente comme des martyrs.
Les élites mondialisées nous font la leçon sur l'amour de patrie ?


Quel est le but de cette annonce, alors ?
Ce qui est à retenir, c'est surtout le serment d'allégeance lors des naturalisations. Qu'on exige d'un futur Français l'adhésion aux valeurs de la France, c'est bien normal. Mais imposer un tel serment, c'est exprimer une défiance envers les naturalisés. Au lieu de les accueillir à bras ouverts, on leur demande une preuve supplémentaire ? on les suspecte de ne pas être loyaux envers leur nouvelle patrie ? C'est quoi ces conneries ?

Il y a deux ans, le débat sur l'identité nationale avait été lancé pour faire oublier les scandales Hortefeux, Mitterrand et Jean Sarkozy.
Cela avait finalement pas trop mal marché. Donc on recommence. Le Karachigate explose ? Vite, un écran de fumée ! Le serment d'allégeance. Comme cela, on caricaturera les réactions de la gauche pour les faire passer pour les ennemis de la France !


Ridicule. Car l'amour de la patrie ne se décrète pas. Il s'inculque. Qu'on arrête plutôt de détruire l'enseignement de l'histoire de France…

samedi 10 septembre 2011

Le 11 septembre à la radio

Le 11 septembre 2001, j'avais commencé ma seconde année de DEUG (et j'étais donc revenu à Grenoble après les vacances chez mes parents) depuis une semaine. Je n'avais pas cours cet après-midi là.

Dans mon studio d'étudiant, il n'y avait pas de télévision, ni alors d'internet. Mon lien avec le monde extérieur, c'était la radio.
La génération actuelle des jeunes écoutent Skyrock, voire NRJ. La mienne, c'était Fun Radio. Je m'endormais à l'écoute du Starsytem de Max, je me réveillais avec Bob, Isa et Martin. Et j'écoutais Arthur en rentrant de la fac.

Après avoir rapidement déjeuné, j'étais allé faire les boutiques une heure ou deux, en centre-ville (sans doute à la Fnac). Dans le tramway me ramenant chez moi, j'ai vaguement entendu une femme parler à une amie d'un avion dans une tour, comme quoi c'est ce qui passait à la télé avant qu'elle sorte de chez elle.

Je n'y ai pas prêté d'attention particulière : un avion dans une tour, c'était sans doute un accident. Je ne savais pas que cela concernait les tours géantes du World Trade Center. Un deuxième avion s'était déjà écrasé, sur la seconde tour. Le temps d'arriver chez moi, c'était le Pentagone qui était frappé. Il n'y avait plus aucun doute qu'il s'agisse d'attentats.

Cela, je l'ignorais. Rentré tranquillement, juste à temps pour l'émission d'Arthur, j'attendais mon programme de détente.
Planetarthur commence. Arthur, le ton grave, explique que l'heure n'est malheureusement pas à la rigolade, explique les attentats au WTC et au Pentagone.

Oui, j'ai bien conscience que cela peut paraître ridicule, mais c'est par la voix d'Arthur que j'ai appris la catastrophe. Je me souviens l'avoir entendu dire que cela allait sans doute avoir des grandes conséquences dans le monde, en gros que rien ne serait plus comme avant. Sur le moment, je trouvais qu'il exagérait, qu'il dramatisait comme il savait si bien le faire, lui le producteur de Loft Story…

Il a rapidement décidé de diffuser, sur l'antenne de FUN Radio, l'édition spéciale de RTL, une radio du même groupe. J'ai finalement zappé sur France Info, pensant que la radio spécialisée serait mieux informée… mais leurs journalistes semblaient découvrir les choses dix à minutes plus tard que ceux de RTL.


Les jours suivants, j'ai continué à écouter les radios "sérieuses", j'ai vu des images de l'avion dans une tour en feu, en une des journaux, et peut-être sur internet. Mais j'ai du attendre vendredi soir, et mon retour en week-end chez mes parents, pour voir des vidéos.
Je voyais enfin concrètement, trois jours après tout le monde, ce qu'il s'était passé. Un drôle de sentiment de décalage.

À moins d'être en vacances hors de chez soi, cela ne serait plus possible aujourd'hui. Internet haut-débit, l'immédiateté de Twitter. Le streaming de BFMTV exploserait, à cause d'un trop grand nombre de connections, mais on trouverait rapidement un autre streaming où suivre l'urgence. Des vidéos seraient rapidement publiées sur YouTube.
C'est sans doute mieux. Mais les rumeurs seraient, elles aussi, très vite amplifiées. Des victimes ne seraient pas encore mortes que des dingos crieraient déjà à la conspiration, à un complot, sur les réseaux sociaux. Les injures racistes se répandraient en nombre, sur Youtube, sur Facebook, etc.

Le monde a changé.

jeudi 1 septembre 2011

Meyssan, Baylet et le PRG

Candidat à la primaire socialiste, Jean-Michel Baylet a été récemment interviewé par Rue89.

Parmi les questions suggérées par les "riverains", l'une, très pertinente, portait sur l'adhésion de Thierry Meyssan au PRG, le parti que Baylet préside.
Rue89 : Et Meyssan ?
Thierry Meyssan a été secrétaire national du PRG à une époque où il animait le Réseau Voltaire, mais j'ai envie de dire que depuis, il a fait du chemin.
Rue89 : Il est quand même resté jusqu'en 2008.
Non… Il n'a pas claqué la porte mais on ne l'a plus vu depuis une dizaine d'années, Thierry Meyssan. Si je vous dis qu'on l'a pas vu, je sais bien. J'ai bien vu que sur certains sites, dans certains CV, il a continué longtemps à mettre qu'il était secrétaire national du PRG, mais ça n'était pas exact.
Thierry Meyssan a été en rupture avec nous dès qu'il a pris les positions qu'il a prises sur l'affaire du 11 Septembre.
A ce moment-là, je lui ai demandé de venir me voir, nous avons eu une discussion, il m'a présenté ses théories fumeuses et révisionnistes – il faut bien le dire –, totalement scandaleuses, et je lui ai donc à ce moment-là expliqué que c'était incompatible avec les valeurs que portaient les radicaux, et depuis j'ai vu qu'il est allé de dérapage en dérapage jusqu'à ce qu'il se retrouve à Tripoli avec Kadhafi, il y a encore quelques semaines.

Baylet : "on n'a plus vu Meyssan depuis une... par rue89

J'ai beaucoup étudié le cas Dieudonné il y a quelques années. Ce qui m'a aussi amené aux conspirationnistes et à Meyssan. Souvenez-vous, il y a cinq ans, Dieudo, Soral et Meyssan allaient au Liban, défendre le Hezbollah, un voyage organisé par l'ex-gudard Frédéric Chatillon.

J'étais choqué qu'un parti de gauche accueille dans ses instances dirigeantes un personnage si peu fréquentable. Tristan Mendès France avait publié un article fin 2006, où il exprimait le même agacement.

Dans mes souvenirs, Meyssan était à l'époque présenté comme membre du secrétariat national du PRG sur le site officiel du parti, et je datais son départ à environ 2008, quand il s'est exilé en Syrie.

Bref, mes souvenirs ne correspondent pas du tout aux réponses de Baylet. Si on le croit, la rupture entre Meyssan date d'environ 10 ans : "on ne l'a plus vu depuis une dizaine d'années, Thierry Meyssan. Si je vous dis qu'on l'a pas vu, je sais bien." ou "Thierry Meyssan a été en rupture avec nous dès qu'il a pris les positions qu'il a prises sur l'affaire du 11 Septembre (…) je lui ai donc à ce moment-là expliqué que c'était incompatible avec les valeurs que portaient les radicaux" (Meyssan a publié l'Effroyable Imposture, son livre conspirationniste, début 2002). Si on a lu contraire, c'est que Meyssan nous a menti ?

Heureusement, il y a la Wayback Machine, le grand archivage du web. On entre l'adresse du site officiel du PRG, on sélectionne 2008. Et hop, on tombe très vite là-dessus.
Thierry Meyssan était donc bien indiqué comme membre du secrétariat national du PRG, dans la page enregistrée le 4 mai 2008 par le robot de la Wayback Machine.

Bon, je reconnais que la mise à jour du site n'a jamais été leur fort du PRG. Mais pas de quoi remonter jusqu'en 2002 non plus !

Surtout, le site du PRG publiait à l'époque les comptes-rendus des réunions de son Secrétariat National (SN) et de son Bureau National (BN).
Par chance, le robot de la Wayback Machine en a sauvegardé la grande majorité.

Certes, Meyssan n'était pas très assidu aux réunions. Mais son nom apparait tout de même régulièrement dans la liste des présents : SN du 18 janvier 2006, du 2 mars 2005, etc. La liste est longue. Relevons tout de même le Secrétariat National du 16 février 2005 où Meyssan recevait du président (Baylet, jusqu'à preuve du contraire) son attribution comme secrétaire national :

Attendez, le meilleur reste à venir. Thierry Meyssan a aussi participé à des réunions du Bureau National du PRG. Parmi les dernières que j'ai trouvées : BN du 14 juin 2006, du 20 septembre 2006, du 27 février 2007. Dans cette dernière réunion, on note même une intervention de Meyssan sur le Proche-Orient.
Mai 2007. La gauche vient de perdre l'élection présidentielle. Un mois plus tôt, Baylet a déclaré exclure Tapie pour son ralliement à Nicolas Sarkozy. Thierry Meyssan fait depuis déjà 5 ans le tour du monde pour propager ce que Baylet appelle aujourd'hui des "théories fumeuses et révisionnistes (…) totalement scandaleuses", "incompatible(s) avec les valeurs que portent les radicaux". En 2007, Thierry Meyssan est déjà sérieusement parti en vrille depuis un an ou deux (j'en reviens à la fameuse escapade Dieudonné-Soral-Meyssan-Chatillon au Liban).

Voter Sarkozy est-il plus grave que de répandre des théories "révisionnistes" et de copiner avec des figures extrémistes ? Sans doute, puisque Meyssan est présent aux deux BN du PRG en mai 2007, et y intervient encore !
Le 9 mai :
Le 23 mai :

Baylet affirme avec insistance n'avoir pas vu Meyssan au PRG depuis une dizaine d'années. Les comptes-rendus du site officiel du PRG (une source sûre, donc) nous prouvent que l'auteur sulfureux y intervenait il y a à peine quatre ans.

Problème de mémoire ? De vue ? Ou Baylet nous raconte-t-il de gros bobards ?

jeudi 25 août 2011

25 août 2001 : Babygirl aura toujours 22 ans

Les premiers posters que j'ai accrochés dans ma chambre (même si je n'habite plus chez mes parents depuis longtemps, j'ai laissé ma chambre en l'état : ils y sont toujours)… Aaliyah était l'une des idoles de ma jeunesse (l'autré étant Alicia Keys). Sans doute aime-t-on les destins brisés.

J'écoutais beaucoup de groove-r&b à l'époque. On l'a vite oublié, mais cette musique connaissait alors un rapide âge d'or, entre le The Writing's on the Wall des Destiny's Child (1999) et le A Little Deeper de Ms. Dynamite (2002).
Les productions syncopées de Timbaland (et Missy Elliott) étaient alors révolutionnaires. Cela tombe bien, ces derniers ont produit la majeure partie du dernier album d'Aaliyah, sorti un mois avant son décès.
Et puis cette musique est redevenue de la soupe…


Un album (éponyme) de grande qualité. Une carrière d'actrice en plein boom : premiers rôles de petits films, petit rôle dans Matrix 2 et 3 (elle aura seulement eu le temps de tourner les scènes du 2…). Aaliyah allait devenir une popstar. Un truc plus gros que Beyoncé…

Un avion conduit par un pilote minable sous l'emprise de la drogue et de l'alcool. Quel gâchis…

Babygirl restera malheureusement éternellement jeune dans nos mémoires. Avec son visage à peine adulte…