vendredi 13 novembre 2009

Surprenant dépêche de Reuters

Les dépêches d'agence sont généralement assez neutres politiquement, puisque destinées à être reprises par des médias de tout bord.

Mais, parfois, certains se lâchent.
Ainsi, une journaliste de Reuters a pondu aujourd'hui un article dont le but manifeste est d'assimiler à l'extrême-droite toute évocation de l'identité nationale, et par là même Nicolas Sarkozy :
Le vocable d''"identité nationale", que récusent notamment ethnologues et démographes, a été introduit dans les années 1980 par Jean-Marie Le Pen, lorsque le FN a pris corps en France.
Je suis toujours partant pour critiquer Nicolas Sarkozy, mais moi, je tiens à éviter les arguments débiles.

Elle, elle préfère nous convaincre à la machette que Sarkozy s'inspire de Barrès (voire de Maurras !), et qu'il est donc nationaliste, et forcément héritier de Vichy.
En exaltant de nouveau contre toute attente, lors d'un discours jeudi à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), les symboles d'un des maîtres à penser du régime de Vichy (1940-1945), Nicolas Sarkozy a fini de creuser un sillon idéologique dont les ramifications tactiques ne laissent pas de doute.
Peu importe si Barrès citait les "caractères ethniques" différenciant "le Français de France de l'étranger", alors que Sarkozy dit, par la plume de Guaino, qu'on est Français "parce que l’on ne se reconnaît pas dans une race,(…) parce que l’on ne se laisse pas enfermer dans une origine".
"On comprend l'Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d'être ému par le récit de la fête de la Fédération", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Là, Sarkozy reprend quasiment mot pour mot Marc Bloch, historien et grand résistant, mais la journaliste ne le signale pas. Pas plus qu'elle ne signale les références à Césaire et Senghor. Ca risquerait de compromettre sa démonstration Sarkozy=Barrès=Vichy.

Qu'on s'inquiète (légitimement) de l'exploitation par la droite de la peur des étrangers à quelques mois d'élections très mal engagées pour elle, c'est tout à fait normal.
Qu'on tape sur un gouvernement incapable d'assurer une intégration correcte des immigrés, c'est aussi tout à fait normal.

Mais qu'on ramène la moindre évocation de la nation au nationalisme, c'est stupide. Jean-Luc Mélenchon qui écrit sur son blog « Je suis patriote, républicain « jusqu’au bout », et jacobin par-dessus le marché. Je vais donc en parler de la France comme d’une passion brulante », qu'en pense-t-elle, notre journaliste ??

C'est tout aussi stupide de ramener toute célébration du terroir, des villages à Pétain ou à Vichy...  cela traduit surtout un mépris très parisien, très bobo, pour la campagne.

Ce qui est réellement choquant dans le discours de Sarkozy, c'est cette volonté répétée de remettre au devant de la scène le christianisme. Comme si les Lumières devaient tout à la religion…
C'est aussi cette attaque stupide contre une laïcité décrite comme anti-religions : il ne le dit pas ici, mais Sarkozy a déjà exprimé sa préférence pour une laïcité ouverte, en fait un paillasson des religieux.

Voilà le vrai scandale de ce discours !

1 commentaire:

  1. Outre les motivations de Sarkozy, ce qui me perturbe à gauche dans ce débat (Mélenchon y compris) c'est cette ferveur de « passion de la France » tout en nous disant que la France c'est la République et rien d'autre, et en même temps en se réclamant de toute l'Histoire de France.

    Si la France ce n'est que la République, alors l'Histoire de France ne commence qu'en 1792...
    J'ai l'impression que certains se parent d'une République irréelle pour en couvrir la même fascination franco-française qu'autrefois avec la Royauté absolue, la « fille ainée de l'Eglise », l'Empire.

    Une nation ne peut pas être réduite à un système politique, aussi bon soit-il.
    La République mérite mieux que de servir de paravent au nationalisme.

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