Belgique : le communautarisme poussé jusqu'au ridicule

Le 6 octobre dernier se déroulaient les élections communales en Belgique.

La Belgique est communautariste par nature : dans un pays où l'unité nationale est si faible (tensions très fortes entre néerlandophones et francophones), comment intégrer des immigrés en masse ? comment demander à des immigrés de s'attacher à un pays qui se déchire.

Comme si ça ne suffisait pas, ils ont accordé le droit de vote aux étrangers, y compris les ressortissants de pays hors Union Européenne, pour ces élections. Je suis contre le droit de vote aux étrangers (pour moi, le vote est lié à la citoyenneté, le droit de vote aux étrangers, c'est créer de semi-citoyens, si les étrangers veulent voter dans le pays où ils résident, qu'ils fassent le choix d'en prendre la nationalité).

Cela nous a permis de voir les effets pervers de cette mesure.
Si les socialistes républicains du PS français (Fabius, Mélenchon, et autres) se battent assez efficacement, ce qui évite des dérives électoralistes communautaristes, le PS belge francophone fonce en plein dedans.

Les affaires récentes ayant touchées le PS belge rendant les élections plus difficiles qu'à l'accoutumée, ils se sont dit "mettons des arabes, des turcs, des musulmans, comme ça on aura les voix de leur communauté".
C'est bassement électoraliste, communautariste. Mais le pire c'est… que ça marche plutôt mal.

La ministre de la Justice, Laurette Onkelink, qui se présentait à Schaerbeek, une commune de la capitale (où est né Jacques Brel), est allée très loin dans cette optique : elle a répété son opposition à la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien, elle a même mis une femme voilée (et oui, la Belgique n'est pas laïque) et un nationaliste turc sur sa liste.
Pour la première fois, en effet, sur la liste PS - et sur d'autres listes concurrentes - figuraient des femmes voilées. «j'aide les Schaerbeekois avec mon voile depuis des aimées, se défendait ainsi Derya Aliç, distribuant sa photo voilée sur te (tia-rché de la rue Royale - Sainte - Marie, je ne vais pas me déguiser pour faire campagne.» Dans la même équipe, la tête de liste Laurette Onkelinx, ministre de la justice, avait recruté Murat Denizli Belge d'origine turque comme une bonne partie de la population scbaerbeekoise. Or, ce militant «actif dans le milieu sportif et socioculturel», selon sa profession de foi, est en réalité proche des Loups gris, un groupuscule d'extrême droite qui défend la «race turque» et nie le «prétendu génocide» armémen. Plusieurs autres militants associatifs ont pareillement mené campagne, en turc ou en arabe, jusque dans les mosquées.
Marianne n°495, du 14 octobre 2006 au 20 octobre 2006
Cependant, il y a une morale, Onkelinx perdra finalement l'élection communale, la tête de liste ECOLO préférant finalement s'allier avec le maire sortant qu'avec elle.

La situation est assez similaire à Bruxelles-ville :
L’influence des musulmans dans le parti socialiste, notamment à Bruxelles, est tellement forte que sans leur accord aucune décision n’est possible. Après les élections à la Ville de Bruxelles qui compte 47 conseillers communaux, les socialistes obtenaient 17 sièges et le Cdh (chrétiens) 11. Sur 17 conseillers socialistes, il y a 11 musulmans, tandis que chez le Cdh (chrétiens) il y a 11 conseillers élus dont trois nouveaux belges d’origine africaine (qui auraient obtenu le soutien de le l’Église évangélique chrétienne et 3 musulmans.
La coalition socialiste PS-Cdh obtient une majorité avec 28 conseillers dont 14 musulmans pour diriger la Ville. Aucune décision ne pourra se prendre sans l’accord des conseillers communaux musulmans. On peut donc s’attendre à voir l’installation de la charia accélérée. Les musulmans deviennent incontournables pour gérer la Ville de Bruxelles.
fairelejour.org, Réflexions sur les élections communales et provinciales en Belgique du 8 octobre 2006 et le vote ethnoreligieux, Guillaume

En arriver à une telle surreprésentation, juste pour se maintenir au pouvoir… Ridicule ? Oui.

Commentaires

  1. Mister Révolutionnaire24 nov. 2006 à 10:22:00

    Nous ne sommes plus dans une démocratie athénienne avec d'un côté les citoyens d'athène et de l'autre côté les métèques et les esclaves. A partir du moment ou un homme vit sur le territoire et dans la juridiction française, je suis pour qu'il ait le droit de vote. Vinz, tu devrais faire gaffe à la dérive nationaliste. Evidemment après qu'il faut pas faire du populisme en prenant pour modèle une femme voilée ou un extrémiste. Mais le populisme existe aussi avec les français moyens.
    J'ai lu plus bas que tu serais du côté de bayrou ou d'autres centristes...Je ne vois pas en quoi ils diffèrent des autres. Fais vraiment attention, car le nationalisme et le délire patriotique n'a mené qu'au fascisme.

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  2. Ca serait quoi l'avantage de prendre la nationalité si on peut accéder au vote sans la prendre ? Si les étrangers veulent voter en France, qu'ils prennent la nationalité française (et qu'on leur facilite la tâche ! et qu'on facilité la binationalité).
    (et je considère aussi français, un fraichement naturalisé, qu'un "de souche" depuis des générations)

    Notre intégration à la française (qui, quoiqu'on nous raconte, marche mieux que n'importe quelle autre) se détruirait si on créait ces semi-citoyens.

    Sur le fond, c'est une question de souveraineté nationale. Certains étrangers vivant en France viennent de pays ne partageant pas les valeurs de la France (notamment en ce qui concerne le droit des femmes).
    Peut-on permettre à quelqu'un devant loyauté à une nation étrangère ne partageant pas nos valeurs de voter à nos élections ? Je ne le pense pas.

    On n'oblige pas les étrangers vivant en France à aimer notre pays. Peut-on permettre à quelqu'un n'aimant pas la France de voter à nos élections ? Je ne le pense pas.

    Pour le reste, le seul cas que je trouve acceptable, c'est quand il y a réciprocité entre les pays (ex: les pays de l'Union Européenne qui permettent aux ressortissant des autres pays vote et éligibilité aux élections municipales et européennes). Toujours cette histoire de souveraineté nationale.
    Je n'accepterais donc pas que les ressortissants d'un pays X puisse voter en France, si les ressortissants français ne peuvent pas voter en X.

    Pour toutes ces raisons, je suis contre le droit de vote des étrangers.
    (par contre, sarko, lui, est pour :p)

    Il ne faut pas parler de nationalisme. C'est juste des convictions républicaines. La nation est une notion qui n'a rien de droite, au contraire...
    Bien entendu, comme toute notion, elle peut être dangereuse si elle est poussée à l'excès.

    Enfin, je me réclame clairement de gauche sur le plan économique, et je suis légèrement conservateur sur le plan sociétal.
    Mes convictions républicaines se retrouvent (plus ou moins) dans Fabius et Chevènement. J'apprécie Bayrou, mais il reste pour l'instant le leader d'un parti toujours allié à la droite.

    Ces temps-ci, je m'interroge sur Corinne Lepage. Elle est exemplaire sur la laïcité, elle a un discours sur l'environnement qui me plaît. Par contre je ne connais pas le reste de son programme, je regarde donc ça pour voir si ça me correspond réellement.

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  3. Mister Révolutionnaire25 nov. 2006 à 10:07:00

    Mouais, pourquoi pas. Enfin, c'est vrai que ce n'est pas le débat le plus interressant de toute façon. Mais j'ai remarqué une chose tout de même. Le nationalisme de gauche à toujours plus tourné au totalitarisme que le nationalisme de droite. Mais je ne te qualifie pas de totalitaire. Enfin bon, de toute façon, je ne vois pas l'avenir de la France seule. Je serais pour une nation mondiale ou le plus mondiale possible. C'est difficile mais pas utopique si on prend en compte des tas de facteurs culturels et qu'on prend les bonnes décisions.

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  4. Pour expliquer pourquoi moi je suis pour le droit de vote des étrangers aux élections locales ( ce qui en france ne correspond qu'aux municipales, les autres donnant des grands élécteurs pour l'éléction des sénateurs donc dimension national)

    Donc l'exemple le plus facile même si un peu démaguo je l'avoue, c'est celui d'un Norvégien ( pour rappel la norvége ne fait pas partie de l'union europééne) lui il n'aurait donc pas le droit d'élire son maire alors qu'il habite en france depuis 30 ans ( mais il veux rester Norvégiens car il compte peut-etre y retourner pour ces vieux jours) par contre un étudiant disont Italiens qui vient faire ces études en France et compte ensuite rentré dans son pays, s'il fait les démarches adéquates pourras voter.

    Donc pour moi il n'y a pas de raison que le vote des étrangers se limite à l'union européén. Et aprés pour l'argument que l'on devrait le limiter aux pays ou il y a résiprocité. Moi je trouve dommage de ne pas montrer les bienfait de la démocratie à tous ce qui pourrais la faire progresser dans le monde entier ( imaginer un chinois qui se retrouve en France et qui aurait le droit de choisir)

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  5. Eh bien, je vais avouer que je suis pour le vote des étrangers pour une raison très simple, ils travaillent, paient des impôts, ils ont donc le droit de voter pour décider qui va gérer leurs sous.

    Pour les étrangers, comme pour les français, il faut un respect total des lois qui gèrent encore notre république, sur l'égalité et la laïcité. Si on touche à la laïcité, comme Sarko tente de le faire, si on fait entrer officiellement le communautarisme dans la sphère politique, on assistera aux mêmes aberrations qu'en Belgique.

    D'abord sauvons la laïcité envers et contre toute l'Europe s'il le faut.

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  6. Le problème en france, c'est que les français ne comprenne rien à la citoyenneté et à la nationalité.
    Les jacobins françias ont pris soin d'amalgamer les 2.
    La citoyenneté est un statut juridique qui confère des droits, comme le droit de vote.
    La nationalité est l'appartennance à une nation, qui regroupe une unité culturelle, linguistique et historique. Une communauté de destin quoi.
    C'est pourquoi il peut y avoir plusieurs nationalités dans un même pays: USA, Suisse, Canada, RU, Espagne etc.
    On peut également vivre dans un autre pays depuis de longues années, y avoir développé un projet de vie sans pour autant désirer prendre la naionalité si son désir personnel n'est pas de rester dans ce pays. PAr contre on devrait pouvoir prendre la citoyenneté qui confère des droits (vote santé etc) car on participe àal vie de ce pays.
    Je connais plusieurs personnes dont c'est le cas. De nationalité française et de citoyennté américaine par exemple. Rein de choquant, au contraire.
    Comme d'habitude, la France est à la bourre sur le monde.

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