Caricature ? Même pas, c'est un vrai anti-républicain

Les internautes aiment bien faire circuler des liens qui les font rire. C'est ainsi qu'on a commencé à entendre parler d'Alexandre-Guillaume Tollinchi (AGT). Un militant UMP de 19 ans, prétentieux, réactionnaire et corse.
Il a sorti un livre, ce qui l'a mené à faire de la promo télé chez Ruquier ou Stéphane Bern début 2005. En avril dernier, le buzz a recommencé grâce à une interview vidéo réalisée par un autre jeune militant UMP. On le retrouvera par exemple sur le blog de Guy Birenbaum.

Je suis par hasard retombé sur son blog aujourd'hui. Jusqu'à présent, sa prétention démesurée me faisait plutôt rire, je n'avais jamais fait attention à ses idées.
Et bien, cela fait peur : c'est une caricature de la droite anti-républicaine, communautariste et anti-laïque. Je comprends mieux pourquoi une partie des militants UMP le considère comme quelqu'un pouvant leur nuire en les faisant passer pour des réactionnaires.

Communautariste, tout d'abord.
Il est corse et considère son peuple comme une nation. Il saute la reconnaissance de la nation québecoise par le Canada pour dire que la France "n'a plus le choix : nous devons modifier la Constitution, afin de reconnaître les peuples qui composent aujourd'hui la République française. Je pense à la Corse en priorité, mais aussi au Pays Basque, et à la Bretagne". Il veut même rendre l'apprentissage du corse obligatoire en Corse !
Or, si le Québec (tout comme, d'ailleurs, la communauté française de Belgique) est réellement une nation, par sa culture et sa langue, ce n'est pas du tout le cas de ces prétendus peuples. La France est un état-nation. Sa Constitution la rend indivisible, et proclame que sa langue est le français. Tout ce qui va vers une reconnaissance de tel ou tel peuple, de telle ou telle culture, est une dangereuse tentative communautariste de division de la France.

Nous n'en avons pas terminé de ses positions anti-républicaines. Il est également anti-laïque.
Contre la gay-pride à Jérusalem, non pas par anti-communautarisme, mais parce que "Le respect des croyances religieuses est un préalable aux initiatives communautaires."
Et contre tout ce qui fait la laïcité : pour que l'état puisse financer la construction de lieux de cultes (mosquées), pour un enseignement religieux à l'école, pour la pénalisation du blasphème, contre l'anti-cléricalisme.

C'est le discours classique des anti-laïques qui voudraient à nous faire croire que leur liberté de culte est menacée. Tu parles. La loi de 1905 sur la laïcité est pourtant claire : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public". La liberté religieuse n'est absolument pas menacée en France. Trouvez-moi un seul exemple où on empêche quelqu'un de croire en la religion de son choix.
Au lieu de penser au respect des cultes, vous feriez mieux de penser au respect de toutes les opinions.
Pas un mot pour Redeker, pourtant réellement menacé pour ses opinions (il doit vivre caché suite à des menaces de mort reçues parce qu'il a critiqué une religion), lui : AGT ne voit qu'une "haine des cultes" qui doit être pénalisée.

La droite catholique a donc trouvé son Mouloud Aounit (vous savez, celui qui a transformé le Mrap en Mouvement pour le Respect d'Allah et du Prophète).

Commentaires

  1. Bonjour Vinz, et merci de la publicité que vous me faîtes... hélas, ce sont des choses sérieuses. Parlons ensemble, je vous propose même de vous rencontrer sur Paris.

    Sur le fond de vos propos, vous vous méprenez. Je suis profondément républicain, mais je suis antijacobin.

    1- Communautariste ? Je vous invite vraiment à me relire. Vous qualifiez les corses de "prentendu peuple"... expliquez-moi pourquoi Mitterrand - qui disait aux corses "vous portez en vous une indestructible identité" - voulait... reconnaître le peuple Corse (projet de loi, 1991), avant qu'il ne soit censuré par le Conseil constitutionnel. Idem pour Rocard, qui souhaite toujours sa reconnaissance. Ce ne sont pas des communautaristes. Encore moins des antirépublicains ! J'aimerais une réforme constitutionnelle, c'est tout. Sur l'argumentation en elle-même, je vous invite à lire mon blog en détail, notamment les débats en commentaires. Inutile de faire du copié-collé ici.

    2/ Anti-laïc : non, je respecte la liberté de chacun. Celle de croire, ou celle de ne pas croire. A titre personnel, je n'aime pas trop que l'on caricature une religion, par principe et RESPECT. La liberté d'insulter une religion ne me semble pas très légitime alors que nous vivons tant de conflits religieux... Essayons d'appaiser les choses, c'est très important. Nous devons renouer le dialogue inter-religions. Les textes sacrés sont sacrés, on doit respecter ceci.

    Sur la gay-pride à Jérusalem, c'est une provocation idote et contre-productive.

    Sur la construction de mosquées, moi je n'admets pas l'islam des caves. La France, avant 1905, avait participé au financement des plus belles églises. Pourquoi les musulmans, deuxième religion de France, ne pourraient pas eux aussi prier dans des lieux dignes et respectables ? Laisser l'islam des caves prospérer, c'est prendre le risque de ne plus rien pouvoir contrôler.

    Sur l'affaire Redeker, je ne suis pas exprimé car vraiment il faut arrêter de reprendre à son compte des drames. Sur le principe, NUL ne doit être menacé pour ce qu'il dit. Sur ça, je suis très clair. Dans le même temps, je me désolidarise totalement de ses propos. Je n'y souscris pas, ce qui ne fait pas de moi un antilaïc. C'est une question de responsabilité politique. Il faut être responsable, surtout lorsque l'on est une personne publique. "La science peut aussi être mise au service de l'intelligence, pas de la caricature", a commenté le ministre de la Culture, soulignant que cette tribune "n'était pas sophistiquée", et qu'il s'agissait en fin de compte de "propos politiques". Mais une nouvelle fois, si l'on n'est pas d'accord et si on s'estime blessé, on porte l'affaire devant les tribunaux (cela explique ma proposition). On ne se fait pas justice tout seul dans un Etat de Droit, et on ne menace pas de mort un homme pour ce qu'il pense et dit ! Rien ne justifie que l'on sorte du champ du Droit.

    Enfin, j'admets qu'on puisse ne pas croire en Dieu, c'est la liberté. Mais je ne trouve pas acceptable de laisser dire "je vais bouffer du curé" impunément, cela blesse les catholiques. Il en va de même pour tous les cultes. UN PEU DE RESPECT !

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  2. Bon, tu l'as dis en début de post, mais je répète quand même : ce gars représente l'infime minorité des jeunes pop'. Il est l'exception qui confirme la règle.
    Cette caricature représente ce que nous ne voulons pas être.

    Je préparais un post sur lui, tu m'as grillé vinz. Je ne dirai qu'une seule chose pour cela : pfffffffffff

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  3. Ankou, quand on se permet de refuser une investiture, quand on n'assume pas ses responsabilités et quand on affirme ne pas être clairement engagé "sarkozyste ou autre", on ne vient pas donner des leçons à ceux qui s'engagent et qui ont le courage de le faire, s'exposant ainsi aux critiques et non pas de façon anonyme... ce qui me fait dire que votre propos méprisant et réducteur est l'illustration même de votre complexe : "puisque je ne suis rien, surtout que personne ne devienne quelque chose !" bon, on va pas aller bien loin avec vos raisonnements.

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  4. AGT> je vous répondrai tout à l'heure, quand j'aurais un peu plus de temps.

    En attendant, si jamais vous passez par là, pouvez-vous m'aider ?
    J'ai cru comprendre que vous étiez plutôt proche de Rachid Kaci, faites-vous partie de "La Droite Libre" ? D'avance merci, ça m'évitera de dire des bêtises si ce n'est pas le cas ;)

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  5. Proche de Rachid Kaci, oui, et nous travaillons ensemble sur certains sujets (sécurité, immigration, intégration). Je défends même le principe de sa candidature à l'investiture UMP, qui à mes yeux ne peut que servir Sarkozy.
    Membre de la Droite Libre officiellement, non. Je ne cotise qu'à l'UMP. Mais je l'ai été de fin 2002 à fin 2004, j'ai même été membre du bureau national et responsable du 15ème arrondissement. Mais dès que Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de l'UMP, je n'avais plus aucune raison d'être dans un courant en tant que tel. J'ai donc choisi de ne pas cumuler mes humbles responsabilités de courant avec celles que j'ai à l'UMP (comité départemental, etc.), et chez les Jeunes UMP (conseiller national).
    Mais je reste proche de Rachid KACI qui a préfacé mon livre d'ailleurs, et même si nous ne partageons pas toujours les mêmes positions (il est plus laïc que moi par exemple, ça ne vous aura pas échappé). Très souvent, sur l'état de la droite, nous nous rejoignons..

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  6. Tollinchi, je m'en rappelle à l'époque du forum cybermilitant. Il se faisait tellement maltraité qu'on finissait par le trouver sympathique de se faire tellement taper par des jeunes pop'.

    A la république des blogs 2, je l'avais vu et j'ai compris pourquoi il est honni chez lui. Il dégage le sentiment de parler à un enfant trop grand dans son costume qui ouvre des yeux ébahis devant François Bayrou.

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  7. Merci de vos explications en ce qui concerne La Droite Libre. Ce courant semble en effet avoir une opinion totalement différente de la vôtre sur le blasphème. Et, bien que je combatte la plupart de vos idées, j'en profite pour dire que vous me semblez réellement honnête et fidèle à vos idées, et que c'est une qualité quand on souhaite être politique.

    Je réponds sur les deux points. Avant d'aller plus loin, je tiens à préciser que je suis un républicain de gauche, laïque, et jacobin. (et de grenoble, tant pis ;))

    Le communautarisme.
    Mitterrand et Rocard pensent peut-être certaines choses, mais ce ne sont pas mes références à gauche. Ma sensibilité est plus proche des républicains : Fabius, Mélenchon… Chèvenement. Qui, comme vous le savez, a démissionné en 2000, pour protester contre les "accords Matignon" sur la Corse. Je ne vois pas quelle serait la spécificité réelle d'un peuple corse par rapport à la nation française. Pour moi, il n'y a qu'un seul peuple en France.

    La laïcité.
    Je pense la même chose que Redeker à propos de l'islam.
    Un ministre des affaires se doit d'être responsable en ce qui concerne la diplomatie, pas un philosophe comme Redeker (je pourrais aussi citer Patrick Declerck). Pas un journal comme France-Soir, ou un hebdo satirique comme Charlie Hebdo. Nous n'avons pas à être "responsables".
    Le terrorisme, ça vient de la période de Terreur de la Révolution Française, atteindre un but par des mesures violentes. Les islamistes pratiquent la terreur. Si on se tait par peur, ils atteignent leur but.
    Les conflits religieux doivent-ils nous amener à nous taire face aux intégristes ? Non, jamais je n'adopterai une attitude munichoise. Croyez-vous que ça changera quelque chose de se coucher devant eux ? Caricatures ou pas, ils ont décidé de nous faire la guerre.

    Sur l'islam. Je ne vois pas pourquoi les musulmans ne pourraient pas se débrouiller tout seul pour financer les mosquées. Comment font les chrétiens pour construire leurs églises ou leurs temples, les juifs pour leurs synagogues ? Il y a en France plus de gens qui vont à la mosquée toutes les semaines que de gens qui vont à l'église toutes les semaines !


    Que vous ne partagez mes convictions laïques, ce ne me dérange pas tant que ça, que vous puissiez être choqués par les moqueries visant l'Église, je peux le comprendre.
    Par contre, que vouliez interdire le blasphème, cela me choque profondément.
    Je sais que Roubaud, puis Raoult ont déjà déposé des propositions de loi en ce sens. Les religions ne sont, avant tout, que des opinions. On a le droit de dire tout ce qu'on veut de n'importe quelle opinion.
    Charlie Hebdo, Redeker, Declerck doivent-ils être condamnés ? Faut-il interdire "Tristes Tropiques", parce que Lévi-Strauss y critique trop violemment l'islam ?

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  8. Abadinte : je n'ouvre pas des yeux ébahis devant François Bayrou, j'ai discuté avec lui d'une idée notamment sur laquelle nous tombons d'accord, l'enseignement des langues dites régionales. Ce n'est pas parce qu'il s'appelle Bayrou, qu'il est à l'UDF, et qu'il sera normalement candidat en 2007, que je ne dois pas parler avec lui, voire pire à vos yeux, approuver telle ou telle de ses idées. De là à me voir ébahi... franchement, changez vos lunettes. Le problème, chez vous, est sanss doute plus complexe qu'une paire de lunettes. Je ne conçois pas la politique comme vous la concevez, comme un monde de barrières, de murs, et de haines. Je préfère Bové à Villepin, et pourtant je suis à l'UMP ! Je préfère Clémentine Autain à Douste-Blazy ! Je préfère Fadéla Amara à Tokia Saïfi ! Bref, je déteste le sectarisme, je ne suis pas sectaire, je ne me sens pas sectaire.

    Ensuite, sur mes rapports avec les Jeunes UMP dont je suis conseiller national, naturellement ils ne sont pas toujours au beau fixe. Dois-je vous rappeler qu'être unanime dans votre famille politique n'est pas un gage de qualité, encore moins l'assurance d'être valable. Moi, je ne mâche pas mes mots et je ne tiens pas de double discours. Quand l'UMP dit des conneries, hé bien je dis qu'elle dit des conneries. Quand les Jeunes UMP tombent dans la naiserie intellectuelle, hé bien là aussi je le dis ! Et alors ? Bon, je ne me fais pas que des amis. Et, sous Juppé, je me suis déjà fait siffler. Ca va pas me faire peur pour autant. J'ai déjà retourné une salle de 2 000 militants, ça ne me fait pas peur. J'aime ça. Et puis j'ai bien le temps ! D'ailleurs, à regarder Sarkozy, être siffler ne porte pas toujours malheur... ça porte même souvent chance. Quand vous êtes en décalage par rapport à votre famille politique, quand vous voulez aller plus loin, quand vous vous en détachez parfois par votre liberté, prenant le risque de déplaire, alors là et seulement là vous avez une certaine crédibilité : celle de l'honnêteté. C'est beaucoup vous savez, l'honnêteté. A mes yeux, ça vaut bien le fait de ne pas être unanime. Je suis fier de ne pas l'être. Etre unanime, c'est être mou, c'est ne rien oser dire, c'est être un mouton. Je ne serai jamais un mouton.

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  9. Vinz, merci de votre réaction. J'y réponds avec sincérité. Vous voyez, m'entendre dire que je semble réellement honnête et fidèle à mes idées, c'est la plus belle des récompenses qu'on peut avoir en politique. Et je vous remercie de votre franchise, et de votre honnêteté, c'est une qualité qui est rare.

    PS: je suis déjà allé à Grenoble plusieurs fois, avant de passer quelques jours à Serre-Chevalier, votre ville est très sympathique ! Et on y mange fort bien.

    Je réponds sur deux points :

    Le communautarisme:
    - je comprends et respecte votre point de vue, qui me rappelle les débats que nous avons sur mon blog, et qui opposent deux logiques : la mienne, républicaine mais antijacobine, fédérale et autonomiste ; et la logique républicaine mais jacobine, unitaire, et hégémonique me semble-t-il. Cela n'est pas une critique, c'est un constat. Etre autonomiste ou hégémonique peut relever d'un vocabulaire subjectif, j'ai essayé de choisir pour vous et pour moi au moins un terme à connotation péjorative, mais qui pour moi s'agissant du premier ne l'est pas, comme il ne l'est pas pour vous s'agissant du second.
    - Mitterand et Rocard sont deux hommes politiques de gauche que j'estime et apprécie, sans pour autant être d'accord sur une politique globale. En revanche, je ne peux pas voir Fabius, Mélenchon, et Chevènement... Autant j'estime ce dernier, autant les deux premiers... Bref.
    - les "accords Matignon" sur la Corse étaient un premier pas, j'étais pour. Je ne vous demande pas de vous poser la question d'une spécificité d'un peuple corse par rapport à la nation française, je vous demande de considérer la France comme une communauté de destin ouverte et respectueuse de ses richesses. Le peuple français n'est plus UN (cf. réforme constitutitionnelle), il est multiple (ce qui n'a pas encore été reconnu). Vous avez le peuple basque, le peuple corse, etc. Ca ne me choque pas. Mais là encore, question de logique (cf. plus haut). Pour moi, la France est diverse et non unique. Rester dans le système jacobin est terriblement dangereux pour la paix civile, car vous n'arrêterez jamais les Corses. Autant dialoguer, et faire comme nous avons fait en Nouvelle-Calédonie (merci Rocard d'ailleurs) dont les statut est remarquable. Puis l'issue, c'est le référendum. Laissons aux Corses plus d'autonomie pour prendre en main leur destin dans le cadre, dans un premier temps, d'un Etat français fédéral. Si les Corses veulent aller plus loin après, hé bien il faudra interroger la population et aviser. Nous n'en sommes pas là. Et reconnaître le peuple corse ne vous lie pas à l'indépendance.

    La laïcité.
    - vous l'avez compris, je ne pense pas la même chose que Redeker à propos de l'islam. Toute personne publique doit être responsable dans ses propos qu'il doit mesurer et assumer, a fortiori un ministre, mais aussi d'autres personnes médiatiques. La responsabilité de chacun est le gage, à mes yeux, de la paix civile. La situation est assez grave pour ne pas mettre de l'huile sur le feu. Et la Terreur, rentre dans cette description. Attention à l'huile, une fois que l'incendie se déclare, on ne peut plus le maîtriser. Il ne s'agit pas de se taire par peur, il s'agit de ne pas faire d'amalgames qui ne servent que les terroristes. Etre musulman en France, c'est respectable, estimable. Nous n'avons pas le droit de dire "l'Islam = terrorisme", nous n'avons pas le droit de dire cela de l'Islam de France. Que l'on lutte contre les islamistes, c'est le boulot de l'Etat. Soyons responsables. Ce qui arrive à Redeker est honteux, mais il aurait peut être du penser avant à sa famille. On ne tient pas des propos pareils sans en mesurer auparavant les conséquences. Je ne justifie pas la menace, loin de là et ô combien condamnable et insupportable dans un Etat de Droit, mais je dis qu'il a provoqué inutilement et que cela dessert tout le monde.. sauf les terroristes qui se renforcent. Mais j'admets et respecte votre point de vue. Je ne me couche pas devant les extrémismes, mais je préfère dialoguer sans faire d'amalgames afin de les isoler, plutôt que de les renforcer en leur envoyant cadeau toute une commaunauté. Une identité niée, c'est une identité radicalisée. Attention aux termes de guerre, etc. Il faut vraiment faire très attention à ce qu'on dit, soyons posés. Bien sûr que nous sommes dans une forme de pré-guerre de religions, mais ne réduisons pas ces conflits à de simples pratiques religieuses. Une des clé du conflit se trouve au Proche-Orient, qu'on le veuille ou non.

    Sur l'islam.
    Vous ne voyez pas pourquoi les musulmans ne pourraient pas se débrouiller tout seuls pour financer les mosquées, arguant que les chrétiens pour construire leurs églises ou leurs temples, les juifs pour leurs synagogues se débrouillent seuls. C'est inexact. Vous savez bien que le poids de l'histoire a offert notamment aux chrétiens des édifices construits avec les fonds publics... sous la monarchie, notamment. Et même après jusqu'en 1905. Je ne demande donc que justice. Je préfère des mosquées surveillés que des caves anarchiquement organisées, et indignes. Quelle image donnez-vous de la République au jeune musulman obligé d'aller prier dans une cave parce qu'il n'a pas de mosquée, alors que son camarade de classe catholique bénéficie d'une cathédrale ? Voilà où commence la rupture, et toutes les dérives possibles vers l'extrémismes. Nous ne pouvons pas prendre la responsabilité de créer un terreau d'accueil de l'intégrisme en niant une religion. Vous ne l'empecherez jamais de se développer, alors co-développons nous dans la paix. Le Coran ne dit-il pas que les musulmans doivent un minimum respecter le pays d'accueil ? L'Islam est une religion respectable.

    Vous me dîtes qu'l y a en France plus de gens qui vont à la mosquée toutes les semaines que de gens qui vont à l'église toutes les semaines ! Hé bien je le "regrette" dans le sens où j'admire la foi des jeunes musulmans. J'aimerais tant que les catholiques retrouvent un peu le chemin - volontaire - de la foi et des messes !

    Enfin, je comprends que ma proposition vous choque sur le blasphème pénalisé... mais bon, cela fait débat et vous avez à juste titre souligné qq soutiens. Nous devons dépassioner le débat, et nous poser une seule question : pour vous, la religion n'est qu'une opinion. Pour moi, elle est la manifestation de l'espérance individuelle, donc de la liberté dans le dogme individuelle. Mais croire, c'est une liberté, un droit. Et "avoir la foi", c'est beau et respectable. On ne dit pas aux communistes, idéologie politique de la mort, qu'ils n'ont pas le droit d'y croire ! Et pourtant, nous le pourrions, c'est un dogme politique. Mais le dogme religieux est à mes yeux sacré. Attention, il suscite tant de susceptibilités... et de Vérité.

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  10. Salut VinZ,

    Nous nous sommes croisés plusieurs fois sur les blogs locaux et tu sais que je suis plutôt "de droite", comme on dit.

    Ça ne m'empêche pas, comme toi, de considérer qu'il n'y a qu'un seul peuple en France, le peuple français. Si certains veulent se détacher de la France, qu'ils le fassent : organisons des referenda locaux ("voulez-vous que votre région s'émancipe de la République Française et devienne un État indépendant et souverain ?") en Bretagne, au Pays Basque, en Corse, et voyons ce qu'il en ressort. Je serais étonné que les frontières de notre pays bougent beaucoup.

    Ça ne m'empêche pas, comme toi, d'être révolté par l'anti-laïcité. Mais pour moi laïcité ne signifie pas anti-cléricalité, et je crois que nous devons enseigner aux enfants la tolérance, et que cela passe par le savoir. Je suis donc favorable non pas à l'éducation religieuse version cathé, mais à la connaissance des religions, càd ce en quoi les juifs, les chrétiens et les musulmans (les 3 religions du Livre) croient, et quels sont les rites importants pour eux.
    Ce serait aussi l'occasion d'expliquer pourquoi certaines "traditions" ne peuvent s'exercer dans notre République.

    Et quoi qu'on en pense, il faudra bien trouver une solution pour les mosquées et les imams : tout se passe bien dans les mosquées officielles (bien souvent mises à la disposition des communautés par les municipalités) mais il faut remédier aux mosquées clandestines, financées on ne sait trop comment, et où prêchent des imams moyennement républicains et non francophones. Je ne prétends pas avoir une solution, je me contente de constater un problème qu'il serait dangereux de laisser perdurer.

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  11. Sam : je constate que nous sommes sur la même longueur d'onde, en tout cas en grande partie.

    Si nous divergeons sur la question des peuples, nous nous rejoignons sur la nécessité d'organiser des consultations. Sauf que, pour éviter toute instrumentalisation, nous devrons d'abord passer par une autonomie forte, et vous semblez réfractaire à celle-ci => pourtant, jurisprudence Rocard, il ne s'agit ni plus ni moins pour la Corse que de lui appliquer la jurisprudence Nouméa. Autonomie dans l'Etat, on voit comment ça se passe. Puis, plus tard, référendum. Et on décide.

    Sur la religion, nous sommes d'accords : lorsque je propose l'enseignement des religieux, il ne s'agit pas de catéchisme ou autre, mais de cours d'histoire.

    Phrase très importante : "Mais pour moi laïcité ne signifie pas anti-cléricalité", c'est exactement ce que je pense, même si je l'exprime d'une autre manière et avec plus de provocation.

    Sur la question des mosquées, puisque nous partageons le même constat, pourquoi ne partagerions-nous pas la même réponse ? Ou alors que prévoir d'autre qu'un cofinancement par l'Etat ?

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  12. A-G T> Lorsque je t'ai vu, la meilleure description était bien ébahi. Je n'écoutais pas ce que tu disais avec Bayrou avec qui j'ai aussi pu discuté.

    Tu as le droit de ne pas être sectaire, c'est très bien. Personnellement, je n'ai pas parlé de sectarisme. Je ne vois donc pas en quoi cette question arrive ici.

    Tu préfères Bové à Villepin, libre à toi! Mais moi je penche exactement pour le contraire. :D

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  13. Oui, moi aussi j'ai découvert le personnage aujourd'hui. Pas par hasard : en effaçant le spam qu'il avait collé sur mon blog (je tiens à ce que les commentaires sur mon blog restent un espace de dialogue, de débat, voire de polémique, mais je suis presque intransigeant sur les pubs intempestives).
    J'ai quand même été jeter un œil sur ses proses, parce que je suis curieux. Je m'aperçois qu'il y a beaucoup de choses sur lesquelles je suis en désaccord avec lui.

    @AGT : puisque vous répondez ici à Vinz, c'est qu'on peut se parler. Comme je viens de le dire, nous ne sommes d'accord sur pas grand chose. Notamment sur la question de la laïcité, qui me tient particulièrement à cœur et qui sera la seule que je développerai ici. Bien sûr, la laïcité garantit le droit de croire à la religion de votre choix et de la pratiquer sans qu'on vous agresse. Je suis parmi les premiers à m'insurger lorsqu'on profane une mosquée, une synagogue ou une église. Je tiens aussi au droit de ne croire en rien ou simplement d'y être indifférent. Il n'est pas moins digne d'être athée ou agnostique que croyant.
    Et je suis encore plus attaché à la liberté d'expression qu'à la liberté religieuse, et cela suppose le droit au blasphème, également garanti par la loi de 1905. Le simple droit de dire que les religions, toutes les religions, sont fondées sur des croyances, par définitions irrationnelles, le droit de rire de ces histoires qu'on peut tout aussi bien prendre pour des contes de fées, le droit d'en refuser pour soi et pour la collectivité les préceptes, et le droit de dire que l'islam, tout comme le christianisme, s'est répandu dans le monde manu militari sont des droits fondamentaux. Cessez de les garantir, et c'est la possibilité de philosopher librement et même celle de pratiquer l'histoire que vous mettez en péril !
    @vinz : bien trouvée, l'acrostiche sur Mrap !

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  14. Professeur COuillon : c'est très inspiré d'un article de Guy Konopnicki dans Marianne :
    Le Mouvement de respect d'Allah et du Prophète

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  15. @AGT : Votre phrase "Les textes sacrés sont sacrés" n'a pas de sens, ni aucune applicabilité.

    En effet le "sacré" n'est en rien une notion absolue. Un texte n'est sacré que pour ceux qui le voient comme tel, pour les autres il n'est qu'un morceau de littérature historique. Pourquoi ne mettriez-vous pas sur le même piédestal tous les textes relatant la Création du Monde chez toutes les peuplades ayant jamais existé ?

    Cette notion ne peut donc être opposée à personne.

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  16. @Pr Couillon : A mon sens il est plus "digne" d'être agnostique que croyant car cette position a le mérite d'être plus universelle, plus neutre, et de permettre de raisonner avec moins de parti-pris.

    Etre croyant c'est se borner à répéter ce que l'on a appris de ses parents et donc se placer d'entrée dans un parti-pris, dans un groupe, et dans un schéma de pensée limité et donc "exclusif".

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  17. @ Yogi

    Tant d'ouverture d'esprit et de tolérance me laisse pantois ! Si le sacré ne l'est que pour ceux qui le considèrent comme tel (et donc un blasphème n'en est un que pour le fidèle), si la liberté d'expression dans notre République ne doit en aucun cas être limitée par la religion, je m'insurge contre ces paroles de mépris et d'ignorance.

    Croire ne signifie pas "répéter ce que l'on a appris de ses parents et donc se placer d'entrée dans un parti-pris, dans un groupe, et dans un schéma de pensée limité et donc "exclusif"".
    Celà signifie avoir foi en quelque chose, c'est avant tout personnel. Celà peut s'accompagner de principes de vie en société (pendant longtemps les règles sociales étaient religieuses). Je n'accepte pas ton jugement d'un "schéma de pensée" que tu considères comme "limité" et "exclusif". En ne croyant pas, n'es-tu pas aussi "limité" et "exclusif" ? Tu ne peux pas parler de l'invisible, de l'âme, de l'esprit, puisque tu n'y crois pas.
    Il y a autant de croyants que de "schémas de pensée". J'ai une sainte horreur des gens qui se permettent de juger la différence, et qui de surcroît prennent les gens différents pour des cons. C'est bien pour ça que je suis partisan d'un enseignement des religions, peut-être qu'avec ça on aurait moins d'ignorance et moins de haine dans notre République. À te lire, on devrait avoir honte de croire... Pourquoi TON opinion vaudrait mieux que celle d'un autre ?

    N'oublie pas :
    * chacun a le choix, dans ses croyances (ou sa non-croyance) et ses opinions, d'adhérer au dogme sans réfléchir ou d'avoir son propre cheminement intellectuel.
    * la connerie est la chose la mieux répartie au monde, et on est toujours le con de quelqu'un.

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  18. La France est un état-nation. Sa Constitution la rend indivisible, et proclame que sa langue est le français. Tout ce qui va vers une reconnaissance de tel ou tel peuple, de telle ou telle culture, est une dangereuse tentative communautariste de division de la France.

    C'est l'argument conservateur par excellence ça. Comme disait ma grand-mère, c'est ainsi et cela a toujours été. Parce qu'il y a des états constitutionellement patriarcaux, ils doivent rester éternellemnt patriarcaux. Parce qu'il y a des Etats constitutionellemnt basés sur l'apartheid, ils doivent, etc...Enfin !!!

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