Ingouvernable Belgique

Petit rappel de la situation politique belge
10 juin 2007 : élections législatives en Belgique, qui voient la victoire des libéraux en Wallonie et des démocrates-chrétiens en Flandre
15 juillet 2007 : le roi charge Yves Leterme, le leader des démocrates-chrétiens flamands, de former un gouvernement
23 août 2007 : Yves Leterme renonce à cette charge, faute de pouvoir trouver un accord de gouvernement entre les partis envisagés pour la coalition dite "orange bleue" (démocrates -orange- et libéraux -bleu-, wallons et flamands).
29 septembre 2007 : Yves Leterme est à nouveau chargé de constituer un gouvernement
1er décembre 2007 : Yves Leterme renonce à nouveau, pour la même raison que 3 mois plus tôt (pas d'accord de gouvernement)
21 décembre 2007 : un nouveau gouvernement est enfin formé ; il est dirigé par le premier ministre sortant Guy Verhofstadt et rassemble les partis de l'orange bleue plus le PS francophone. Il est prévu qu'il dure 3 mois, le temps que le vrai gouvernement Leterme soit enfin formé.
20 mars 2008 : comme prévu, Leterme succède à Verhofstadt. Un accord de gouvernement minimal, relativement terne, est signé. Reste à résoudre la question dite "institutionnelle" d'ici la mi-juillet.
14 juillet 2008 : n'ayant pu parvenir à un accord sur cette question, Yves Leterme remet sa démission.

En août 2007, après 73 jours de négociations infructueuses, je posais la question : "La Belgique est-elle encore gouvernable ?". C'était la veille de la première démission de Leterme…

Ce qui a fait, à chaque fois, capoter les négociations, c'est le "volet institutionnel" : les partis flamands veulent bien plus d'autonomie pour les régions (et en particulier la scission de l'arrondissement BHV), les partis francophones refusent à moins d'un élargissement de Bruxelles aux communes majoritairement francophones situées en Flandre, ce dont les flamands ne veulent pas.

Cela fait donc 13 mois que cela dure. 13 mois qu'on reporte les négociations sur le sujet qui fâche afin de ne pas plomber le reste des discussions. 13 mois d'instabilité gouvernementale, de crise politique.
Et c'est loin d'être fini ! Les élections régionales arrivent, en juin 2009. D'ici là, pas question de passer pour celui qui brade, selon l'endroit, la Wallonie ou la Flandre.

Bref, sauf sursaut de courage des leaders politiques, la Belgique restera ingouvernable. Et plus de flamands le penseront, plus on se rapprochera du jour où la Flandre prendra acte de ce blocage et proclamera son indépendance…

Commentaires

  1. La Belgique, tu l'aimes ou tu la quittes... ;-)

    Bon ok, c'est nul. Mais nulle, la situation actuelle l'est aussi, avec des déchirements d'un autre temps... ou on aurait sûrement déjà réglé tout ça avec les armes... triste Belgique. A l'heure de l'Union Européen, du programme Erasmus et de l'amitié entre les peuples, voila deux voisin qui s'opposent au cœur de l'Europe. Et si au fond du mien je supporte plutôt l'un que l'autre, je me demande parfois si ce n'est pas seulement par ignorance des litiges de l'opposant.

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  2. L'histoire des tensions linguistiques belges en très court:
    Quand la Belgique a été fondée, les flamands ont du subir le pouvoir de l'élite francophone. D'où une rancoeur fondatrice de l'identité nationale flamande. Et une vengeance maintenant que la Flandre est devenue plus riche que la Walonnie.

    Tout le reste, c'est des querelles de politiques qui font passer les prochaines échéances électorales avant l'intérêt national.

    Il y a, d'un côté et de l'autre, des petits partis qui font de la défense de leur communauté linguistique leur seul but (Nieuw-Vlaams Allentie, Front Démocratique des Francophones).
    Mais ces partis ont une influence beaucoup plus grande que leur poids électoral : sans le cartel avec la N-VA, le CD&V n'est plus le premier parti flamand ; sans le FDF, le MR n'est plus le premier parti francophone.
    Donc, tout accord est impossible si la N-VA ou le FDF sont contre.

    Tout le monde la connaît la solution : scinder BHV, élargir Bruxelles, et faire une confédération. Mais personne n'a le courage de faire la moindre concession…

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