jeudi 30 novembre 2006

Caricature ? Même pas, c'est un vrai anti-républicain

Les internautes aiment bien faire circuler des liens qui les font rire. C'est ainsi qu'on a commencé à entendre parler d'Alexandre-Guillaume Tollinchi (AGT). Un militant UMP de 19 ans, prétentieux, réactionnaire et corse.
Il a sorti un livre, ce qui l'a mené à faire de la promo télé chez Ruquier ou Stéphane Bern début 2005. En avril dernier, le buzz a recommencé grâce à une interview vidéo réalisée par un autre jeune militant UMP. On le retrouvera par exemple sur le blog de Guy Birenbaum.

Je suis par hasard retombé sur son blog aujourd'hui. Jusqu'à présent, sa prétention démesurée me faisait plutôt rire, je n'avais jamais fait attention à ses idées.
Et bien, cela fait peur : c'est une caricature de la droite anti-républicaine, communautariste et anti-laïque. Je comprends mieux pourquoi une partie des militants UMP le considère comme quelqu'un pouvant leur nuire en les faisant passer pour des réactionnaires.

Communautariste, tout d'abord.
Il est corse et considère son peuple comme une nation. Il saute la reconnaissance de la nation québecoise par le Canada pour dire que la France "n'a plus le choix : nous devons modifier la Constitution, afin de reconnaître les peuples qui composent aujourd'hui la République française. Je pense à la Corse en priorité, mais aussi au Pays Basque, et à la Bretagne". Il veut même rendre l'apprentissage du corse obligatoire en Corse !
Or, si le Québec (tout comme, d'ailleurs, la communauté française de Belgique) est réellement une nation, par sa culture et sa langue, ce n'est pas du tout le cas de ces prétendus peuples. La France est un état-nation. Sa Constitution la rend indivisible, et proclame que sa langue est le français. Tout ce qui va vers une reconnaissance de tel ou tel peuple, de telle ou telle culture, est une dangereuse tentative communautariste de division de la France.

Nous n'en avons pas terminé de ses positions anti-républicaines. Il est également anti-laïque.
Contre la gay-pride à Jérusalem, non pas par anti-communautarisme, mais parce que "Le respect des croyances religieuses est un préalable aux initiatives communautaires."
Et contre tout ce qui fait la laïcité : pour que l'état puisse financer la construction de lieux de cultes (mosquées), pour un enseignement religieux à l'école, pour la pénalisation du blasphème, contre l'anti-cléricalisme.

C'est le discours classique des anti-laïques qui voudraient à nous faire croire que leur liberté de culte est menacée. Tu parles. La loi de 1905 sur la laïcité est pourtant claire : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public". La liberté religieuse n'est absolument pas menacée en France. Trouvez-moi un seul exemple où on empêche quelqu'un de croire en la religion de son choix.
Au lieu de penser au respect des cultes, vous feriez mieux de penser au respect de toutes les opinions.
Pas un mot pour Redeker, pourtant réellement menacé pour ses opinions (il doit vivre caché suite à des menaces de mort reçues parce qu'il a critiqué une religion), lui : AGT ne voit qu'une "haine des cultes" qui doit être pénalisée.

La droite catholique a donc trouvé son Mouloud Aounit (vous savez, celui qui a transformé le Mrap en Mouvement pour le Respect d'Allah et du Prophète).

mercredi 29 novembre 2006

Rencontre avec Alain Carignon

Lundi soir, j'ai fait partie des blogueurs grenoblois (avec Chrys, Dominique et Olivier) qui ont eu la chance de rencontrer Alain Carignon, président de l'UMP Isère, ancien ministre, ancien maire de Grenoble.

On sait que je ne suis pas de ce bord politique, et même que j'ai été critique sur Carignon dans la confrontation Carignon/Cazenave. Mais quand Chrys, après avoir été contacté par l'équipe de campagne du candidat, m'a proposé de faire partie des blogueurs le rencontrant ce soir, je n'ai pas hésité une seconde. Oui, bien sûr. Je sais bien que dès, qu'un blogueur rencontre un politique, il y aura toujours quelqu'un pour le lui reprocher. Mais je pense avoir assez démontré, sur ce blog, que j'avais un esprit libre, pour me moquer de telles remarques. Au contraire, on manque d'ouverture si on ne rencontre pas les gens d'un autre bord politique.

C'est une chance de rencontrer un homme ayant eu de telles responsabilités (on n'arrive pas aux postes qu'ils a pu exercé si on n'a pas un grand talent), et c'est un plaisir de parler internet et blog avec quelqu'un qui s'y connaît réellement, et qui ne crée pas simplement un blog de campagne parce qu'on lui a dit dans son entourage politique que c'était bien de le faire.
Tout d'abord, on nous a présenté le nouveau site d'Alain Carignon, une nouvelle version en vue des élections législatives de juin prochain. C'est joli, ça utilise bien les flux RSS (= mise à jour du site automatique quand un nouveau message est posté sur le blog), l'info est bien hierarchisée et facilement accessible. Pour moi, le design d'un site n'est pas très important, par contre il faut que ce soit surtout agréable à utiliser pour le lecteur et (si possible) facile à administrer pour le rédacteur.

Ce que j'ai trouvé intéressant, c'était que cela était enrichissant pour les deux parties : pour nous blogueurs, de pouvoir discuter avec une telle personnalité politique, et pour lui, d'avoir un avis extérieur de blogueurs expérimentés, sur son site et son blog. Je trouve que cela permet de parler assez librement.
Moi qui suis d'un naturel très timide, j'ai pu essayer de faire partager mon expérience de l'internet et de la blogosphère : lorsque nous parlions de la sur-représentation de la droite dans la blogosphère, j'ai pu exposer ma petite théorie sur le fait que ceux qui sont le plus attirés par la liberté offerte par les blogs sont les libéraux (libertaires d'extrême-gauche, socio-démocrates de gauche, et surtout sarkozystes de droite) alors que les autres n'utilisent l'internet que pour des combats ponctuels (constitution européenne, CPE) ; j'ai pu parler de la méfiance marquée que j'ai vis-à-vis de la fascination pour l'internet (pour moi, cela changera les choses, mais ça mettra réellement longtemps) et le fait que je trouve fondamental de ne pas oublier ceux qui, notamment dans les campagnes, n'ont pas accès à l'internet. Alain Carignon, lui, semblait très optimiste (trop ?) sur ce que l'internet pourrait apporter pour la vie de la cité.

En tout cas, c'est très intéressant d'échanger des points de vue avec un tel animal politique. La volonté qui se dégage d'un candidat est quelque chose de non négligeable dans une campagne électorale, et il faut reconnaître que Carignon a le charisme avec lui (mais, voulant une assemblée nationale à gauche, je préférerai toujours l'élection d'un candidat de gauche sans charisme à une candidat de droite charismatique). En y repensant, on comprend mieux pourquoi il a pu attirer tant de nouveaux militants à l'UMP Isère.

Voilà, j'ai essayé d'avoir une lecture la moins partisane possible de cette soirée (pour moi, c'était avant tout une rencontre entre un politique et des blogueurs, à propos d'internet et du "jeu" politique et pas de "vraie" politique, l'étiquette politique importe ici peu, dans le sens où nous aurions pu avoir une discussion similaire avec un politique d'un autre bord), mais dont j'assume totalement la subjectivité : j'ai essayé ici moins de raconter ce qu'il s'était passé que de coucher ce que j'avais ressenti.

Compte-rendus :
Dominique : "Invité par Alain Carignon".
Chrys : "Rencontre avec Alain Carignon, candidat UMP sur la 1ère circonscription de l'Isère et lancement de son nouveau site de campagne"
Alain Carignon : "Podcast : Rencontre avec des blogueurs de l'agglomération" (on y entend successivement Chrys, Dominique et Olivier)

lundi 27 novembre 2006

La double énergie du changement

Madame Geneviève Fioraso, proche de Michel Destot (le maire de Grenoble), strauss-kahnienne comme lui, sera la candidate du Parti Socialiste sur la première circonscription de l'Isère, circonscription traditionnellement de droite, mais qui verra s'affronter à droite Alain Carignon (UMP, désigné par la commission nationale d'investiture de son parti), Richard Cazenave (UMP, député sortant) et Philippe de Longevialle (UDF).

Elle a lancé récemment son blog de campagne sur internet, que l'on découvre grâce à la rencontre entre Chrys de Greblog et elle, (qui a donné lieu à un podcast intéressant).

Petit hic, remarqué par des commentateurs de Greblog, il vient du sous-titre de son blog : "L'énergie du changement". Cela sonne pas mal pour indiquer qu'on veut se battre pour une alternance politique . D'ailleurs, c'est le slogan du blog d'Hervé Gerbi, membre de l'UMP, candidat comme suppléant de Nathalie Béranger sur la 3ème circonscription, face à Michel Destot (il serait mauvaise langue de dire qu'elle a été attribuée à une femme parce que c'est une circonscription quasi-ingagnable…).

La preuve en image :
bandeau du blog de Geneviève Fioraso
bandeau du blog d'Herve Gerbi
Elle veut du changement par rapport à Cazenave/Carignon, lui par rapport à Destot. Et promettent tous les deux d'y consacrer leur énergie.

Cela montre avant tout qu'en choisissant un slogan classique, on peut se retrouver avec le même que celui du voisin. C'est somme toute assez marrant, et cela montre que l'équipe de Fioraso ne connaît pas assez la blogosphère grenobloise… J'ai du mal croire qu'on puisse volontairement copier de manière si flagrante le slogan d'un adversaire politique (peut-être avaient-ils lu le blog de Gerbi, et qu'ils se sont retrouvés avec cette idée en tête sans se rappeler d'où elle venait ? pour l'instant on ne le sait pas).
Mais Gerbi ne semble pas trouver ça drôle, et a déjà fait délivré par des huissiers une sommation à madame Fioraso pour qu'elle cesse d'utiliser son slogan.

édit : de retour de week-end, l'équipe de Geneviève Fioraso a supprimé le slogan litigieux, le temps d'en trouver un autre. C'est désormais "La dynamique du changement".

jeudi 23 novembre 2006

Belgique : le communautarisme poussé jusqu'au ridicule

Le 6 octobre dernier se déroulaient les élections communales en Belgique.

La Belgique est communautariste par nature : dans un pays où l'unité nationale est si faible (tensions très fortes entre néerlandophones et francophones), comment intégrer des immigrés en masse ? comment demander à des immigrés de s'attacher à un pays qui se déchire.

Comme si ça ne suffisait pas, ils ont accordé le droit de vote aux étrangers, y compris les ressortissants de pays hors Union Européenne, pour ces élections. Je suis contre le droit de vote aux étrangers (pour moi, le vote est lié à la citoyenneté, le droit de vote aux étrangers, c'est créer de semi-citoyens, si les étrangers veulent voter dans le pays où ils résident, qu'ils fassent le choix d'en prendre la nationalité).

Cela nous a permis de voir les effets pervers de cette mesure.
Si les socialistes républicains du PS français (Fabius, Mélenchon, et autres) se battent assez efficacement, ce qui évite des dérives électoralistes communautaristes, le PS belge francophone fonce en plein dedans.

Les affaires récentes ayant touchées le PS belge rendant les élections plus difficiles qu'à l'accoutumée, ils se sont dit "mettons des arabes, des turcs, des musulmans, comme ça on aura les voix de leur communauté".
C'est bassement électoraliste, communautariste. Mais le pire c'est… que ça marche plutôt mal.

La ministre de la Justice, Laurette Onkelink, qui se présentait à Schaerbeek, une commune de la capitale (où est né Jacques Brel), est allée très loin dans cette optique : elle a répété son opposition à la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien, elle a même mis une femme voilée (et oui, la Belgique n'est pas laïque) et un nationaliste turc sur sa liste.
Pour la première fois, en effet, sur la liste PS - et sur d'autres listes concurrentes - figuraient des femmes voilées. «j'aide les Schaerbeekois avec mon voile depuis des aimées, se défendait ainsi Derya Aliç, distribuant sa photo voilée sur te (tia-rché de la rue Royale - Sainte - Marie, je ne vais pas me déguiser pour faire campagne.» Dans la même équipe, la tête de liste Laurette Onkelinx, ministre de la justice, avait recruté Murat Denizli Belge d'origine turque comme une bonne partie de la population scbaerbeekoise. Or, ce militant «actif dans le milieu sportif et socioculturel», selon sa profession de foi, est en réalité proche des Loups gris, un groupuscule d'extrême droite qui défend la «race turque» et nie le «prétendu génocide» armémen. Plusieurs autres militants associatifs ont pareillement mené campagne, en turc ou en arabe, jusque dans les mosquées.
Marianne n°495, du 14 octobre 2006 au 20 octobre 2006
Cependant, il y a une morale, Onkelinx perdra finalement l'élection communale, la tête de liste ECOLO préférant finalement s'allier avec le maire sortant qu'avec elle.

La situation est assez similaire à Bruxelles-ville :
L’influence des musulmans dans le parti socialiste, notamment à Bruxelles, est tellement forte que sans leur accord aucune décision n’est possible. Après les élections à la Ville de Bruxelles qui compte 47 conseillers communaux, les socialistes obtenaient 17 sièges et le Cdh (chrétiens) 11. Sur 17 conseillers socialistes, il y a 11 musulmans, tandis que chez le Cdh (chrétiens) il y a 11 conseillers élus dont trois nouveaux belges d’origine africaine (qui auraient obtenu le soutien de le l’Église évangélique chrétienne et 3 musulmans.
La coalition socialiste PS-Cdh obtient une majorité avec 28 conseillers dont 14 musulmans pour diriger la Ville. Aucune décision ne pourra se prendre sans l’accord des conseillers communaux musulmans. On peut donc s’attendre à voir l’installation de la charia accélérée. Les musulmans deviennent incontournables pour gérer la Ville de Bruxelles.
fairelejour.org, Réflexions sur les élections communales et provinciales en Belgique du 8 octobre 2006 et le vote ethnoreligieux, Guillaume

En arriver à une telle surreprésentation, juste pour se maintenir au pouvoir… Ridicule ? Oui.

mercredi 22 novembre 2006

Comme c'est bizarre…

J'avais posté il y a 2 semaines un article consacré à une vidéo de Royal datant de 2000 où elle déclarait à propos de DSK que "on est là pour servir, pas pour se servir", que j'avais retrouvé sur le site de l'INA, afin de critiquer la façon dont Royal se moque de la présomption d'innocence. J'avais hébergé un court extrait de la vidéo sur Dailymotion.

Je me suis rendu compte aujourd'hui que la vidéo sur Dailymotion avait été censurée. Cela me surprend, dans ma tête j'usais du droit de citation, mais bon, je peux comprendre les problèmes de droit d'auteur que ça pose.
Je modifie donc mon article afin d'enlever le code de la vidéo (qui n'affiche désormais plus qu'un rectangle rouge au milieu, expliquant que la vidéo avait été désactivée).
Je pense donc remplacer la vidéo par un lien vers le reportage sur le site de l'INA, jusqu'à ce que je me rende compte que… la vidéo en question a disparu du site de l'INA. Un petit tour sur le site, je retrouve toutes les autres vidéos ayant rapport à l'affaire Méry que j'avais pu apercevoir, mais pas celle-là, comme par hasard.
La censure semble donc très efficace !

edit 23/11 : j'ai envoyé en fin de matinée un mail à l'adresse de contact de l'INA, on m'a répondu en fin d'après-midi que "Pour des questions de droit ou de maintenance server cette archive a été retiré", mais qu'on pouvait encore voir la vidéo dans le cache Google.

mardi 21 novembre 2006

Ségolène Royal, une féministe ?

On nous bassine les oreilles sur le fait que Ségolène Royal soit une femme. Ca semble même son principal argument politique (on se souvient du premier débat socialiste où, lorsqu'on lui avait demandé sa différence avec ses compétiteurs, elle avait répondu "ça se voit"). Le pire, c'est que ça marche : un sondage Ipsos montre que ce qui attire le plus les Français, c'est avant tout le fait que ce soit une femme, à 37% (et même 41% chez les sympathisants socialistes).

Ce que je n'aime pas chez Ségolène Royal, c'est la façon dont elle se sert de la chance qu'elle a d'être une femme, dont elle crie au machisme à la moindre contradiction.
Fabius, constatant que les parents du ménage Hollande-Royal sont tous deux présidentiables, se demande avec humour qui va garder les enfants ; il est aussitôt accusé de machisme puisque "garder les enfants", ça semble être un rôle féminin, pour les royalistes. De même avec jean-Luc Mélenchon qui, se plaignant de voir nombre de candidats à la candidature se multiplier, dit que cela ne doit pas tourner au "concours de beauté" ; là encore, ce il est immédiatement étiqueté comme machiste, puisque les "concours de beauté" sont le plus souvent féminins.

En réalité, l'attaque visant le plus la féminité de Royal vient de… Martine Aubry, qui avait déclaré que la présidentielle "n'était pas une affaire de mensurations".

Qu'on interprète à sa façon les déclarations des adversaires pour leur faire dire ce qu'ils n'ont pas dit, passe encore, c'est le jeu politique habituel. Mais que toute critique contre Ségolène soit interprété comme du machisme, c'est assez nul.

Le féminisme est bien sûr un combat noble, que je soutiens. Mais ce que fait Royal, ce n'est pas du féminisme, c'est se servir du fait qu'elle soit une femme. C'est trahir ce combat.

Je n'aurais aucun problème à voter pour une femme. Corinne Lepage fait d'ailleurs partie des présidentiables pour lesquels j'envisage de voter (avec Chevènement et Bayrou). Par contre, le sexe du candidat n'a strictement aucune importance pour moi, je vote pour des idées.

Le problème est que Ségolène Royal ne travaille toujours qu'avec des équipes presque exclusivement masculines. Alors que Fabius promettait la parité homme-femme au gouvernement, parité qu'il avait déjà appliqué dans son équipe de campagne (dont la très jolie Sophia Chikirou).
Parmi les femmes les plus connues du PS, Marie-Noëlle Lienemann soutenait Fabius, Catherine Trautmann, Catherine Tasca, Marylise Lebranchu et d'autres préféraient DSK, les jospinistes Martine Aubry et Elisabeth Guigou ne se sont, à ma connaissance, pas prononcées. Quelle femme socialiste d'envergure a soutenu Royal ? Royal a juste ressorti Yvette Roudy pour lui servir de caution féministe.

Par contre, Royal s'est entourée d'hommes très ambitieux (Arnaud Montebourg, Patrick Menucci, Julien Dray, François Rebsamen, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault), pour la plupart hommes forts en Province mais encore ignorés à Paris, et qui rêvent tous d'un siège ministériel qu'ils n'ont encore jamais eu. Difficile dans ces conditions d'espérer des femmes à des ministères importants, si Royal est élue.

jeudi 16 novembre 2006

Principe de Peter

Lu sur le blog "Bonnet d'âne" de Jean-Paul Brighelli (cet agrégé de lettres qui a écrit "La fabrique du crétin" pour dénoncer "la mort programmée de l'école"), dont Le Monde nous apprend qu'"il a voté pour l'extrême gauche au premier tour de la présidentielle de 2002, (et) affiche aujourd'hui ses préférences pour Laurent Fabius et sa détestation de Ségolène Royal.", dans une note intitulée "La reine est nue" :
C’est décidé. Au nom du principe de Peter — le plus inapte aux plus hautes fonctions, et chacun à son niveau d’incompétence —, j’incite tous les enseignants inscrits sur les listes électorales du PS à voter Ségolène dès le premier tour — parce qu’enfin, ils ne vont pas élire des gens qui, comme DSK ou Fabius, hésitent devant l’ultime déferlement démagogique.
Déjà, Claude Allègre, avec ses propos sur le « mammouth », avait puissamment contribué à l’élection de Jospin en avril 2002. Cette fois, aucun doute, avec des propositions pareilles, Ségolène Royal est sûre de se faire plébisciter en avril 2007. Dès le premier tour.

Principe de Peter : Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence.
Tiens, cela n'est pas sans rappeler qu'Arnaud Montebourg, pour soutenir Ségolène Royal, avait déclaré à L'Express il y a 3 semaines que "l'expérience et la compétence que mettent en avant les deux compétiteurs (de Mme Royal) sont un très lourd handicap" ; ses adversaires n'ont alors pas manqué d'interpréter cela comme un aveu de l'incompétence de Ségolène Royal

lundi 13 novembre 2006

Dieudonné n'est plus critique sur Le Pen, il semble être séduit

Merci au commentateur (Michael) qui m'a laissé un commentaire pour m'avertir de cette vidéo de Dieudonné interviewé après sa présence à la fête des BBR du Front National par le site dieudonniste "La Banlieue S'exprime" (LBS).

Ahmed, le responsable de LBS, qui a accompagné Dieudonné a la fête des BBR, semble déjà conquis par le FN. Dieudonné est plus prudent, mais on sent qu'il commence à espérer vraiment en Le Pen.

Morceaux choisis :
"Il y a de grandes chances que Jean-Marie Le Pen soit au second tour des élections présidentielles, et je suis pour un grand rassemblement"
"C'est mettre les législatives sous pression que de voter Le Pen (…) Le Pen a de grandes chances d'être l'homme de la révolution politique"
"Si Le Pen est au second tour, je ne suivrai pas le mot d'ordre de SOS Racisme, de tous ces imposteurs, c'est certain"
"Le Front National est en train d'évoluer, le discours de Valmy était un discours-charnière"

Depuis un an et demi, Dieudonné ne cesse de se rapprocher de Le Pen. Avec lequel il a échangé "une franche poignée de main" à la fête des BBR (il a même invité le couple Le Pen à venir assister à son spectacle). Je crains que Dieudo ne finisse par nous affirmer que Le Pen est le candidat à la présidentielle dont il est le moins éloigné.

Dieudonné et l'extrême-droite (épisode III : la fête des BBR)

Ce n'est pas le premier contact de Dieudonné avec l'extrême-droite (voir les épisodes présidents : l'interview à Novopress, l'interview au Choc du Mois), il est également (comme le FN) proche des négationistes.
Mais cette fois cela se retrouve dans les journaux de 20 heures. Les journalistes vont couvrir la fête des BBR (Bleu Blanc Rouge) du Front National, et là ils tombent sur… Dieudonné.

On apprendra qu'il y a été invité par Farid Smahi, l'arabe du FN, celui qui permet de montrer que le parti n'est pas si anti-arabe que ça (et c'est vrai que depuis le départ des plus anti-arabes vers le MPF de Villiers, le FN s'est davantage recentré sur l'antisémitisme).

Il faut dire que, bien qu'il soit entré en politique il y a une dizaine d'années pour lutter contre le FN, Dieudonné accepte désormais ce qui vient du FN.
Le coordinateur de sa campagne avortée pour la présidentielle, Marc Robert, vient du FN.
En août 2006, Dieudonné a fait un voyage au Liban (accompagné notamment d'Alain Soral, qui vire de plus en plus rouge-brun), organisé par Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD (mouvement d'extrême droite).

C'est encore accompagné d'Alain Soral que Dieudonné s'est rendu samedi à la fête du Front National. Il a vu Jany Le Pen, a échangé une "franche poignée de main" avec Jean-Marie Le Pen. On le verra également à la télé en train de saluer Bruno Gollnisch (les deux hommes s'étaient déjà soutenus mutuellement en mars 2005 alors qu'il était tous les deux dans la tourmente).

Les réactions sont diverses parmi les militants : si certains nationalistes apprécient de voir encore plus se rapprocher deux composantes de l'anti-sionisme antisémite, d'autres ne sont pas du tout contents (ils ont l'impression que Dieudonné est venu pour faire sa propre pub, et lui veulent encore pour la campagne qu'il a pu mener à Dreux contre Marie-France Stirbois dans les années 90), ça commence à chauffer.

C'est ainsi que Dieudonné sera finalement raccompagné vers la sortie, protégé par le controversé DPS (Département Protection Sécurité), qui assure depuis 20 ans le service d'ordre du FN.

Dieudonné protégé par le DPS. Ça en devient à peine croyable !

mercredi 8 novembre 2006

Quand Ségolène Royal balançait sur DSK (septembre 2000)

"On est là pour servir, et pas pour se servir" Ségolène Royal, 25 septembre 2000, à propos des démélés judiciaires de Dominique Strauss-Kahn.

(j'avais hébergé un court extrait sur Dailymotion mais il a été censuré, le reportage original a également mystérieusement disparu du site de l'INA, on peut cependant voir la phrase de Ségolène Royal à la fin de cet autre reportage)

Encore une archive disponible sur le site "Archives pour tous" de l'Ina. Je vous avais déjà retrouvé le coup d'éclat de Ségolène Royal en janvier 1995 (à l'époque elle voulait court-circuiter Lionel Jospin et Henri Emmanuelli, les deux candidats à la candidature socialiste d'alors).
Puisqu'arrivent les primaires du PS devant permettre de désigner le candidat socialiste d'aujourd'hui, il est intéressant de savoir ce que les candidats ont pu dire par le passé de ceux qui sont aujourd'hui leurs adversaires. Laissons Laurent Fabius de côté et intéressons-nous à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.

Nous sommes en septembre 2000. Dominique Strauss-Kahn n'est plus ministre des Finances : il a démissionné en novembre 1999 suite à sa mise en cause dans des affaires judiciaires, et a été remplacé à ce poste par Christian Sautter puis par Laurent Fabius. Ségolène Royal est ministre déléguée à la Famille et à l'enfance. Déjà mis en cause dans l'affaire de la MNEF et accusé d'avoir bénéficié d'un emploi fictif d'Elf pour sa secrétaire, DSK est à nouveau dans la tourmente. Le 21 septembre 2000, Le Monde sort la fameuse "cassette Méry" chargeant clairement Chirac dans l'affaire des HLM de Paris. Le 25, l'Express révèle sur son site internet que DSK détiendrait l'original de la fameuse cassette Méry depuis l'été 98 (DSK expliquant ne l'avoir jamais regardée).

Le 25 septembre se déroulent les journées parlementaires du PS. Bien évidemment, les journalistes s'empressent de questionner les députés et les ministres socialistes sur la nouvelle casserole de Dominique Strauss-Kahn. Certains manient la langue de bois, d'autres se montrent impatients de se débarasser de celui qui ternit l'image du parti. C'est le cas de Royal.

Voici ce que la ministre déléguée Ségolène Royal déclare aux caméra, ce qui sera repris le soir dans le journal de 20h de France2 : "Quand on est élu aussi, on a une chance extraordinaire de pouvoir faire bouger les choses dans la société, régler les problèmes, on est au service. On est là pour servir, et pas pour se servir". En clair, Royal accuse DSK de s'être servi. Sauf qu'au final, la justice lavera DSK de tout soupçon.