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Retour sur l'affaire Bellanger/Skyrock

Je suis un passionné de radio. Je me précipite sur les sondages d'audience quand ils sortent. J'aime bien traîner sur les sites consacrés à ce média, comme Radioactu . Personnellement, je suis de la génération FUN Radio. Le Doc et Difool ( Sexe, capotes et rock'n'roll, c'est Lovin'Fun ). Le StarSytem, les Débats de Gérard, etc. Mais quand on est curieux sur le monde de la radio, on accroche forcément au personnage Pierre Bellanger. Parce que ce mec, depuis ses débuts de patron de radio (Radio Cité Future, La Voix du Lézard), a toujours cherché à créer une communauté d'auditeurs, à favoriser l'échange. Il a réussi : depuis 1998, l'émission de libre-antenne de Difool est la plus écoutée de la bande FM le soir ; depuis 2003, le service de blogs proposé par Skyrock est la référence des adolescents, qu'ils écoutent ou non la station (et même s'ils détestent le rap !). Surtout, Tonton Pierre a juste été un putain de visionnaire . Comment fai...

Le Front Républicain ? La belle affaire…

Je suis un homme de gauche. Un jour, j'ai voté à droite. Mai 2002, bien sûr. Chirac-Le Pen. Je suis fier de l'avoir fait. C'était une façon de dire au monde : regardez, 82%, l'immense majorité des Français le rejettent. Marine Le Pen ne sera certainement pas au second tour en 2012. Ce n'est qu'une bulle médiatique qui a largement le temps de se dégonfler (remarque, j'avais dit que l'effet Royal se dégonflerait forcément avant les primaires PS de 2006…). Mais considérons tout de même l'hypothèse d'une présence de Marine Le Pen au second tour. Je ne voterai évidemment pas pour un candidat qui (comme elle) incarne la xénophobie. Mais voterais-je forcément pour son adversaire ? Si le candidat de droite était centriste (Borloo) ou de tradition gaulliste, avec tout ce que cela comporte de républicanisme et d'humanisme (Fillon), je serais fier d'aller voter pour eux pour faire barrage au Front National. Sarkozy - Marine Le Pen : je voter...

Prières de rue

Les prières musulmanes dans les rues de Paris, cela doit faire plus d'un an que j'en ai entendu parler. Cela me révolte. Que des religieux barrent des rues, entravent la liberté de circulation, juste pour pratiquer leur religion, est insupportable pour un laïque comme moi. Ne nous mentons pas : entraver ainsi la circulation est illégal, ils font passer la loi de Dieu avant celle de la République, dans un but profondément politique. Faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir une mosquée. Une pression par le nombre, de plus en plus forte . Dire que les musulmans n'ont pas d'autre lieu pour prier, c'est mentir. Ils ne sont pas obligés de prier dans la rue, ils le font pour emmerder le monde. Nombreux sont les fidèles de la rue Myrrha qui y viennent spécialement, depuis la banlieue, juste pour donner plus de poids aux perturbations. En face, un maire qui se couche , plus soucieux de sa réélection que de la défense de la laïcité. Aujourd'hui, cela fai...

Buylife, mensonges et mauvais goût pour la bonne cause

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Keep A Child Alive (KCA) est une ONG américaine qui lutte contre le SIDA en Afrique. Elle utilise régulièrement des célébrités américaines pour inciter les gens à donner pour cette cause. Le 1er décembre dernier, journée mondiale de lutte contre le sida, était lancée l'opération Buylife . Alicia Keys et d'autres vedettes du show-business (Lady Gaga, Justin Timberlake, Usher, Lenny Kravitz), ont « sacrifié » leur identité numérique, en s'engageant à ne plus publier de messages sur Twitter tant que ne serait pas collecté un million de dollars. L'opération a tourné au fiasco : 160 000$ le premier jour, mais moins du double au bout d'une semaine. À ce rythme-là, les stars ne risquaient pas de poster à nouveau sur Twitter avant fin janvier. Impensable pour tous ces égocentriques. Heureusement, ils ont été sauvés par Stewart Rahr, un milliardaire philanthrope, qui a déboursé les 700 000 $ manquant pour atteindre le million. Le communiqué publié par KCA célèbre ce...

Maljournalisme : le besoin d'extrémistes

J'ai été frappé par l'emballement médiatique autour du pasteur américain menaçant de brûler le Coran. Comment les médias américains (et à leur suite, tous les médias du monde) ont fait de cet illuminé une star en quelques heures. Comment ils ont ainsi attisé le sentiment anti-américain des populations musulmanes, et mis en danger les GI en Afghanistan. Les médias ont sans doute commencé à parler de lui, pour illustrer à la fois le 9ème anniversaire du 11 septembre, et la polémique sur la mosquée près de Ground Zero. Fallait-il en parler ? J'ai du mal à répondre non, parce que la presse est libre et doit pouvoir raconter ce qu'elle veut. Mais attention à la limite ! Rendre compte des propos d'un extrémiste, cela peut lui faire plus de publicité que de dégâts à son image. Dieudonné l'a bien compris : il est devenu spécialiste des provocations destinées à faire parler de lui dans les journaux télévisés. Faurisson, Le Pen : à chaque fois les médias sont tombés...

Karoutchi et les amalgames au fascisme et à Vichy

Je découvre que Roger Karoutchi, dans une interview au Parisien réclame « qu’on laisse Hitler, Mussolini et Pétain à l’histoire ». Il se dit notamment « scandalisé de voir les responsables de gauche traiter le gouvernement de nazis, de fascistes, ou de vichystes ». Je suis d'accord : je suis toujours profondément agacé par ces tentatives d'amalgame, de nazification de l'adversaire. Si bien que j'en ai déjà parlé ici… à propos du même Roger Karoutchi . C'était il y a deux ans et demi, alors que Sarkozy était déjà au plus bas dans les sondages. Un article du Nouvel Observateur nous en avait appris de belles. Le ministre s'était lâché. Les journalistes ? (c'était après l'histoire du faux SMS « Si tu reviens j'annule tout" » publié par le Nouvel Obs) Roger Karoutchi a comparé l'attitude des journalistes d'aujourd'hui à celle de la " presse des années 30 " (…) "On a l'impression d'un vent de folie qui res...

Humour et liberté d'expression

Je suis tombé samedi après-midi sur Patrick Sébastien : portait d'un bluffeur , sur France 3. Le documentaire revenait notamment sous la polémique « Casser du noir ». Plantons le décor. Nous sommes en 1995. Pendant des mois de campagne électorale (présidentielle et municipale), il avait été mis à l'écart, interdit de sketchs politiques, pour une séquence où Nicolas Sarkozy était le petit chien d' Édouard Balladur. Inconcevable pour TF1 (et pour son très balladurien directeur de l'information, Gérard Carreyrou , aujourd'hui éditorialiste ultra-sarkozyste de France Soir ) qui fait clairement campagne pour le premier ministre. Sébastien revient donc en septembre 1995, avec Osons . Le concept ? Beaucoup de provocation mâtinée d'humour potache. Et dedans, une parodie de « Casser la voix » de Patrick Bruel. C'est « Casser du noir » . Aux paroles racistes puisque chantée en imitant Jean-Marie Le Pen. Évidemment du second degré. Mais la droite balladurienne v...