mardi 22 janvier 2008

Adoption : la fin de la discrimination contre les célibataires homosexuels ?

Très bonne nouvelle. La justice française (à travers un avis du Conseil d'état) considérait jusqu'ici qu'on pouvait refuser l'adoption à un célibataire homosexuel, en évoquant l'absence de la figure paternelle. Heureusement, la Cour Européenne des Droits de l'Homme a condamné la France pour discrimination.

Pour moi, à partir du moment où l'on autorise les célibataires à adopter, on ne peut requérir de figure paternelle.
La chose était claire : on avait refusé à une femme le droit d'adopter, parce qu'elle avait une relation avec une femme et pas avec un homme. La discrimination me sautait aux yeux (et j'ai toujours été débecté par ce "principe de précaution" invoqué contre l'homoparentalité). La CEDH y a mis fin. Enfin.

dimanche 20 janvier 2008

Ségolène, reine de la langue de bois

Je viens d'écouter Ségolène Royal, qui était l'invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ce soir.
J'avais oublié à quel point elle refusait de répondre aux questions qui ne lui plaisent pas.
Si elle était députée, voterait-elle ou non la prochaine révision constitutionnelle ? Pas de réponse, elle ne veut pas jouer à ce jeu, dit-elle.
Que pense-t-elle du rapport Attali, qui a beaucoup fuité dans la presse ? Elle ne veut pas répondre tant qu'elle n'aura pas lu tout le rapport en détail.
On lui demande pourquoi les royalistes sont si peu présents sur les listes de Delanoë. Elle ironise sur le terme royaliste, "pour la monarchie ?", le temps de trouver comment changer de sujet en attaquant Sarkozy.

En fait, c'est un peu ça que je reproche à Royal : elle veut tellement rassembler, avoir les opinions les moins segmentantes possibles, qu'elle exprime le moins possible d'opinions. Ce n'est pas vraiment ce que j'attends d'un leader politique, tout cela manque de courage

samedi 19 janvier 2008

On a retrouvé Carignon !

On se demandait où était passé Alain Carignon.
Depuis que la direction nationale de l'UMP a investi Fabien de Sans-Nicolas pour la course à la mairie de Grenoble, plutôt que son chouchou Henri Baile (Carignon, toujours président de l'UMP Isère, avait renoncé il y a quelques mois à y aller lui-même, par peur de la déroute annoncée), peu de nouvelles.
Deux mois aujourd'hui depuis le dernier article de son blog. Le blog des "Jeunes Pop 38", tenu par les jeunes carignonistes, est lui aussi muet depuis novembre (ils bougent encore un peu chez Cédric Augier).

En effet, Fabien de Sans-Nicolas cherche à réconcilier à tout prix la droite grenobloise, pro- et anti-Carignon, pour que la défaite annoncée ne soit pas trop forte : si Baile est en 7ème position de sa liste, Mathieu Chamussy, qui s'oppose à Carignon depuis le retour de celui-ci et a été exclu de l'UMP pour dissidence aux dernières législatives (tout en demeurant patron du groupe UMP au conseil municipal), est lui 5ème.
FDSN l'a compris, il doit incarner la "rupture" avec le passé de son parti à Grenoble, et la jeunesse face à Destot : cela serait impossible avec le soutien de Carignon, qui a été élu maire en 1983 (il y a 25 ans !) et à qui les grenoblois n'ont pas pardonné ses malversations passées.

L'ancien ministre est donc prié de se taire, de ne pas intervenir dans la campagne. Et que fait-il quand il n'agit pas à Grenoble ? Il est à Marrakech, où vit sa femme Jacqueline depuis plusieurs années. C'est là qu'il a pris de recul à sa sortie de prison, c'est là qu'il s'était reconstruit avant de tenter de reconquérir la capitale des Alpes.

Et apparemment, il ne s'y ennuie pas :
Le Nouvel An people de Carignon.
L’ancien ministre Alain Carignon continue à fréquenter le beau linge. Pour preuve, la liste des invités de sa soirée du réveillon du 31 décembre dans la villa de Marrakech (une location, semble-t-il) où l’ex-condamné passait ses vacances. Tous ses amis étaient là, comme aurait dit l’autre… En tête, Brice Hortefeux en personne, accompagné d’une solide protection policière. Et aussi l’homme d’influence Jean-Noël Tassez et sa femme Charlotte Rampling, le futur ex-journaliste de TF1 Charles Villeneuve, Jean-René Fourtou, propriétaire d’une belle villa dans la palmeraie, l’autre ex-ministre adepte des soirées marrakchi Thierry de Beaucé, l’ambassadeur de Tunisie et quelques autres…
[Bakchich]

dimanche 13 janvier 2008

Exprimeo, Denis Bonzy, et Philippe Buerch

Je m'en étais pris il y a deux mois au site Exprimeo, et ses analyses d'une profonde mauvaise foi (proche de la malhonnêteté intellectuelle) en faveur d'Alain Carignon.

Exprimeo est édité par la société Newday, dont le dirigeant est Jonathan Bonzy, qui est, semble-t-il, le fils de Denis Bonzy. Cet ancien directeur de cabinet d'Alain Carignon, dont il fut aussi le suppléant aux législatives de 1988, a également été aussi conseiller général du canton de Vif de 1989 à 2001 (l'UMP38 l'y a investi pour les cantonales 2008) ; il fut aussi propriétaire des éditions Didier Richard, dont le fond a été racheté par Glénat, et avait lancé le site mabalade.com à l'époque de la première bulle internet.

Quand il le faut, Exprimeo sert les idées et les amis de Denis Bonzy.
D'ailleurs, jusqu'ici, Newday/Exprimeo a édité deux livres : "Grenoble : secrets de pouvoirs : Tome 1, 1982 à 1994", livre de défense de Carignon signé… Denis Bonzy, et "2011. Demain nous appartient"… le livre-projet d'Alain Carignon !

On sait donc pourquoi Exprimeo présente toujours les actes de Carignon sous un jour favorable. Restait à connaître pourquoi ce site parle tant et de façon si positive de Philippe Buerch, candidat inconnu aux municipales cannoises ? On se souvient de la façon dont Exprimeo avait bondi quand versac avait taclé Buerch. Versac s'interrogait alors : "Je pose donc la question : exprimeo est-elle une société de conseil en communication ? Ou pas ? Et quels sont les liens qu'entretient cette société avec un homme qu'elle défend au prix de méthodes dignes des pires écoles politiques ? Il me semble, que, tout ayatollah que je sois, je suis clair sur mon identité. j'aimerais que les gens qui m'insultent en fassent autant."

La réponse, on l'a désormais, grâce au Figaro :
Un notaire cannois, Philippe Buerch, 41 ans, est aussi en lice, avec l'aide d'un pro de la communication politique, Denis Bonzy, longtemps proche d'Alain Carignon.
Et c'est vrai que les sites de campagne de Buerch et Bonzy se ressemblent beaucoup.

On comprend donc mieux pourquoi Exprimeo roule pour Buerch, le présentant régulièrement comme le principal rival de Brochand (on verra les résultats dans 2 mois…).
Ce qui est grave, c'est ce que ces liens n'ont JAMAIS évoqués sur le site d'exprimeo. Cela serait pourtant un minimum de transparence.

vendredi 11 janvier 2008

Sur internet, vous pouvez raconter n'importe quoi…

personne ne vérifie (ou presque).

On l'a vu il y a 10 jours avec le faux président français de Facebook, on le voit à nouveau aujourd'hui avec la prétendue grossesse de Carla Bruni, la plus stupide des infos peut être reprise par les médias, pour peu qu'elle soit affirmée avec une grande assurance.

Quand un journaliste donne une info, on ne vérifie pas les sources qu'ils donnent, on lui fait confiance. Malheureusement, il y a parfois de mauvais journalistes, qui ne vérifient pas ce qu'ils affirment, au début de la chaîne (tous ceux qui les reprennent répercutent alors une information fausse).
Pas capables de voir que l'application Facebook president indiquait clairement ne pas être réalisé par Facebook.
Pas capables de faire la différence entre les sites des medias et les plateformes de blogs (ouverts à tout le monde) que certains de ces medias hébergent, affirmant que l'info viendrait "du site du journal X…".
Tant que des journalistes se feront ainsi intoxiquer si facilement, il faudra savoir garder distance et recul par rapport aux informations qu'on peut lire.

Carla Bruni enceinte, histoire d'un buzz

Ca commence par un blogueur mythomane* (et accessoirement antisémite** et régulièrement injurieux envers moi), Allain Jules Menye, qui annonce que Carla Bruni serait enceinte. Ce blogueur se fait sa pub sur un de ses blogs sur la plateforme du journal 20 Minutes (ces blogs sont mis gratuitement à la disposition des internautes).

Carla Bruni enceinte ? Certains, surtout à l'étranger, se jettent sur l'info : on leur donne ce dont ils rêvent. Pour eux, 20 Minutes aurait annoncé l'information sur son site. Soit j'ai raté un truc, soit ils ne sont pas capables de faire la différence entre les blogs et le reste du site*** (ÉDIT : non, je n'ai rien raté : 20Minutes met les choses au clair, et a supprimé le post du blog qui a déclenché la rumeur).
L'agence Ansa dégaine avant-hier, citant le site du journal gratuit comme source. Aujourd'hui, c'est carrément le Daily Mail qui s'y met, prenant le blogueur mythomane pour un reporter de 20 Minutes !
On marche sur la tête !!

*sondages bidons, voyages bidons, etc.
** liste de juifs sarkozystes, soutien à une militante d'extrême-droite condamnée pour des tracts racistes, appartenance revendiquée aux Ogres (réseau de sites antisémites, proche de Dieudonné),etc.
*** De même, quand l'info se se retrouve sur un blog hébergé par le JDD, certains affirment que l'info a été reprise par le JDD.


ÉDIT 12/01 :
Jean Véronis et versac citent cet article du site du Nouvel Obs (et pas un blog, bien un vrai article !), qui continue à propager la rumeur, tout en précisant que c'est "une information à prendre avec beaucoup de précaution dans la mesure où 20 minutes.fr, que cite certains médias pour reprendre la rumeur, dément catégoriquement avoir publié une telle information". Certains medias ? Non, TOUS les medias reprenant l'info affirment qu'elle vient de 20 Minutes, en particulier tous ceux cités dans l'article. Ce n'est pas la première fois que le site Nouvel Obs publie une info déjà démentie (souvenez-vous du faux "sondage des RG").
Et sinon, la rumeur continue son chemin, désormais répercutée par "the Queen of all media".
Pendant ce temps, le blogueur mythomane continue à utiliser les blogs qu'il a ouvert sur la plateforme 20 Minutes pour faire sa publicité (et oui, les blogs de 20 Minutes sont indexés par Google News, ça ramène du trafic). Dans l'un, il se donne une interview à lui-même (!) , dans un autre il prend sa propre défense.

mardi 8 janvier 2008

Sophia Chikirou, de Fabius à Sarkozy

J'ai, par le passé, parlé en termes flatteurs de Sophia Chikirou, jeune militante socialiste, laïque affirmée, diplômée de l'IEP Grenoble, et qui fut membre du Conseil national du PS et de l'équipe de campagne de Laurent Fabius (pour les primaires socialistes en 2006).
J'en étais resté à sa candidature dissidente aux dernières législatives comme suppléante de Michel Charzat (alors que Chikirou avait la légitimité pour elle, le PS avait imposé George Pau-Langevin) dans la 21ème circonscription de Paris (20e arrondissement), qui a mené à son exclusion.

C'est donc avec une certaine stupéfaction que j'ai appris que Sophia Chikirou a rejoint Gauche Moderne, le parti sarkozyste de gauche de Jean-Marie Bockel. Pire encore, elle sera, au nom de l'ouverture, vraisemblablement numéro 2 sur la liste UMP menée par Jean-Claude Beaujour dans le 20ème arrondissement de Paris. À noter que Charzat, le maire sortant de l'arrondissement, également exclu du PS, emmènera lui aussi une liste dissidente.

Et oui, c'est bien la même Sophia Chikirou qui, en avril dernier, publiait une tribune dans Libération dans laquelle elle critiquait la direction du PS et la campagne de Ségolène Royal, comme pour chercher à comprendre Éric Besson, mais terminait en expliquant ce qui la différenciait de lui : "je suis socialiste, profondément socialiste et je veux la victoire de mon camp, la gauche". Elle a depuis suivi le même chemin de Besson : du PS à la gauche sarkozyste.

Une chose est claire : Chikirou a fait passer son destin personnel avant ses idées.
L'auteur de Ma France laïque fait désormais partie de la "majorité d'ouverture" de Nicolas Sarkozy, celui qui veut une "laïcité positive", plus favorable aux religions. Elle est passée de Fabius, très critique envers Blair, au parti de Bockel, le principal promoteur de Blair en France.

Il s'agit donc d'une grande déception.

Ca tombe quand même bien, le hasard…

Le nouveau stade de Grenoble, j'en entends parler depuis que je suis à la fac ici. C'était en 2000, ça ne me rajeunit pas. Il aurait déjà dû être en service depuis plusieurs années, mais entre les appels d'offres infructueux, les permis de construire annulés, et les écolos accrochés dans les arbres, le chantier aura pris beaucoup de retard. Énormément.

Il sera enfin mis en service à la mi-février pour le match de Ligue 2 entre Grenoble Foot 38 et Clermont Foot Auvergne 63.

Certes, février 2008, ça sera le 40ème anniversaire des Jeux Olympiques d'hiver à Grenoble.
Mais bon, est-ce vraiment le hasard du calendrier si le grand projet (qui fût si controversé) du second mandat de Destot, après avoir tant traîné, est inauguré moins d'un mois avant les élections municipales ?

jeudi 3 janvier 2008

Pourquoi je déteste la modernité : Facebook

Je ne m'en cache pas, je suis un antimoderne. Je n'ai jamais acheté de Palm, d'iPod, je ne me suis jamais inscrit à Second Life ou à Facebook et je ne m'en porte pas plus mal. Au contraire : je ne suis pas un mouton.

Il y a un an, la mode, c'était Second Life (rien de mieux que le Deuxième Monde d'il y a dix ans). Tous les journaux y allaient de leurs reportages sur ce monde virtuel, censé révolutionner l'internet. Mi-2007, Second Life était déjà ringard, et seuls des politiques courant après la mode y croient encore.

Aujourd'hui, la mode c'est Facebook. Un Myspace pour vieux en mieux. Myspace ça fait trop jeune, trop criard, pas assez sérieux, et surtout plus assez branché.
Facebook est valorisé à 15 milliards de dollars, un chiffre qui dépasse l'entendement, alors que le modèle économique est encore incertain (souvenez-vous de Lycos…).

Là encore, tous les medias en parlent. Et comme il s'agit de quelque chose qu'ils ne connaissent pas, ils recrachent ce qu'on leur dit (qui, le plus souvent, est totalement faux).
On le voit aujourd'hui avec l'élection du président de Facebook.
C'est un français, Arash Derambarsh, jeune militant politique dans le parti ultralibéral Alternative Libérale, aux dents très très longues et aux idées très très courtes, qui a été élu pour 4 mois.

Beaucoup de journalistes ne vont pas plus loin que le communiqué de presse. Ne prennent même pas la peine d'expliquer que cela n'a rien d'officiel, qu'il s'agit d'une application extérieure à Facebook (par une boîte qui fait aussi des concours de beauté). Et qu'il a fallu à Arash moins de 10 000 voix (sur les dizaines de millions d'utilisateurs de Facebook) pour cela !
Arash, lui, joue sur ce flou pour faire croire à une vraie responsabilité, intervenant lui-même sur Wikipedia pour répandre ses mensonges.

Encore une fois, nous voici face aux ravages que provoquent l'obsession de la modernité : des journalistes tellement contents de rapporter un article sur LE sujet à la mode, qu'ils se font intoxiquer comme des bleus (et offrent une exposition médiatique non méritée à ce personnage), et qui permettent ainsi la propagation de cette intoxication. Ils sont pourtant bien placés pour savoir qu'il ne faut pas croire

PS : lire l'article Un président pour Facebook ou la belle arnaque du début 2008 d'Estelle Dumout (Zdnet)