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Le CRAN (conseil représentatif des associations noires), en mal de publicité, se plaint de la définition de "colonisation", qu'ils jugent trop positive, dans le petit Robert 2007, et demande le retrait du dictionnaire !

Bien sûr, là-dessus, le MRAP, ancienne association anti-raciste devenue officine d'extrême-gauche, embraye, et demande lui aussi le "retrait pur et simple de ce dictionnaire".

La définition qui leur pose problème, c'est celle-ci :
COLONISATION. 1: Le fait de peupler de colons, de transformer en colonie. La colonisation de l'Amérique, puis de l'Afrique, par l'Europe. 2 : Mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies.
COLONISER. 1: Peupler de colons. 2: Faire de (un pays) une colonie. Coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses

Pour ces associations, dire que la colonisation, c'est mettre en valeur un pays, c'est affreux. Le MRAP affirme que le Petit Robert reprend "ainsi à son compte l'esprit de la loi du 23 février 2005 qui reconnaissait à la colonisation française un « rôle positif ».". Mouloud Aounit y voit carrément "un certain racisme", "une crampe mentale".

Sauf que… la définition est la même depuis la première édition du Petit Robert, en 1967 !
Et que la rédaction du Petit Robert est dirigée par le linguiste Alain Rey, récemment débarqué de France Inter parce que trop à gauche !
On ne peut absolument pas accuser Rey d'être un nostalgique des colonies.
Il dénonce donc "l'inculture économique que ces attaques manifestent", expliquant que "mettre en valeur" n'induit aucun jugement positif.

Deux choses :
- les colons ont effectivement mis en valeur les colonies, pour les exploiter à leur seul profit.
- même si la colonisation est globalement négative, une définition de dictionnaire se doit d'être objective, donc de parler des aspects négatifs et des aspects positifs.


La meilleure façon de discréditer un message, c'est d'attaquer sur tout et n'importe quoi. C'est ce que font le CRAN et le MRAP.

Commentaires

  1. Tout à fait d'accord avec toi. La position d'Alain Rey est ferme et juste...Toute cette mousse médiatique devient vraiment nauséabonde !!
    A la suite de la polémique sur l'Art 4 j'ai écrit une note sur mon blog. J'ai essayé d'etre "équilibré", cela m'a valu quelques commentaires acerbes et haineux (http://vincentgarelinfosetdebats.over-blog.com/article-1524356.html)

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  2. Je m'étonne toujours du formidable écho qu'obtienne ces "officines associatives". Car enfin, si moi à Toulouse, je me mets à vociférer contre tel ou tel prise de position, aussi neutre soit-elle, penses-tu qu'on ira me citer aux grands messes informatives ?
    Il y a un truc à voir de ce côté-là, non ?

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  3. Partant toutes deux d'un constat qu'on peut aisément partager (la sous représentation des minorités visibles et la subsistance en France d'un racisme endémique qu'il faut bien combattre) ces deux associations ont maleureusement dérivé vers des positions communautaristes à la limite de l'anti-républicain. À force de voir le mal partout et de s'exciter sur tout et n'importe quoi, ils finissent par tenir des propos sectaires pour ne pas dire intégristes (à moins que ce soit le contraire ?)
    En l'occurrence, Mouloud Aounit oublie (ou ignore) simplement que le Robert est un dictionnaire de langue et non un dictionnaire encyclopédique.
    Cela implique que cet ouvrage se contente de décrire des faits linguistiques, sans prendre position ou porter des jugements de valeur. Son rôle n'est pas de dire si la colonisation a eu ou non des aspects positifs, ni de déterminer au profit de qui est réalisée la "mise en valeur" des terres colonisées. Il n'a pas à dire que la colonisation est une chose abjecte : cela, c'est un débat historique, philosophique, politique, mais pas linguistique. Un dictionnaire de langue, ça constate qu'il existe le mot "colonisation", ça en précise l'étymologie, ça en définit le sens et éventuellement la valeur (laudative, péjorative, etc.) mais ça n'a pas à décrire la chose (le référent, en termes de linguiste).

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  4. La dérive du MRAP peut s'expliquer par la manière dont Aounit s'est accroché à son poste de président. Lui, au départ laïque, a compris qu'il pouvait se servir des musulmans comme d'un soutien efficace.
    Quand les gens du MRAP ont commencé à se plaindre du combat contre l'islamophobie, qui se révèle être un combat contre le blasphème, il a fait entrer ses amis musulmans au MRAP, et c'est ce qui lui a permis de conserver la majorité.

    Maintenant, Aounit est dans la surenchère : il voit du racisme partout (loi contre le voile, caricatures de mahomet, et maintenant ça...). Alors que sa proximité avec les mouvements pro-palestiniens le rend beaucoup plus indulgent quand ça touche les juifs.

    Dommage. Le MRAP était une belle association, avant qu'Aounit n'en fasse n'importe quoi…

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  5. filaplomb>
    pour se faire entendre, faut du poids. Pour résumer, le CRAN est l'équivalent du CRIF pour les noirs. Donc il est entendu comme tel, comme soi-disant "représentatif".
    Et si le MRAP a viré islamo-gauchiste, elle conserve encore le prestige de son beau passé.

    C'est un bon créneau pour se faire entendre : la revendication communautaire.

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  6. A propos des dérapages du MRAP
    http://mrap.over-blog.com/

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