Ferry, le Finkielkraut de droite

Samedi, Luc Ferry était l'invité de Tout le monde en parle, l'émission de Thierry Ardisson sur France2, pour la promotion de son livre Comment peut-on être ministre (essai sur la gouvernabilité des démocraties) (éd. Plon).

Il revient dans ce livre sur son expérience en temps que ministre des gouvernements Raffarin I et II, de mai 2002 à mars 2004. Le problème de Ferry, c'est qu'à la base, il n'était pas politique, mais philosophe. Et qu'être ministre, c'est un métier pour les politiques (d'ailleurs, l'autre ministre issu de la société civile, Francis Mer, a lui aussi quitté le gouvernement à la faveur du remaniement). Il faut savoir oublier ses convictions, faire la politique que le président demande de faire. C'est ainsi que Ferry a parfois présenté des projets qui lui semblaient à lui-même mauvais…
La légende raconte même qu'il aurait dit un jour qu'ils comprenaient les profs qui manifestaient, qu'il ferait pareil à leur place.

Le principal souvenir que j'avais de Ferry, de par le fait que je sois étudiant, c'était ce projet d'autonomie des universités, auquel j'étais comme beaucoup opposé, notamment parce qu'il remettait en cause l'égalité des diplômes entre les diférentes universités, et aussi parce qu'il incitait les universités à des liens financiers avec des entreprises privées. Devant la mobilisation des étudiants, et comme tous les mouvements sociaux de grande ampleur (mai 68, décembre 95) sont partis de manifestations estudantines, le projet avait été enterré. Donc l'image que j'avais de Ferry n'était pas forcément très positive, même si j'avais un fort respect pour cet intellectuel.

Et j'ai découvert samedi soir, malgré les interventions pathéthiques de Baffie, le Ferry que j'ai vu m'a beaucoup plu. Drôle et intelligent…

Et finalement, il n'est pas si différent que ça que Finkielkraut. Une nouvelle preuve qu'il n'y a quasiment pas de différence entre les réacs de gauche comme Finkielkraut et les progressistes de centre-droit comme Ferry, que si l'idéologie première diffère, les convictions politiques se rapprochent. C'est tout à fait normal, moi qui suit de centre-gauche, je me sens plus proche des positions de Bayrou que de celle des communistes, simplement parce qu'il y en a plus en commun. Mais je dois préciser que je suis, comme les communistes, révolutionnaire, et je doute que cela soit le cas de Bayrou LOL Peut-être est-ce pour ça que je voterais sûrement toujours à gauche. Comme Finkielkraut, Ferry n'aime pas les altermondialistes et leurs dérives… Comme Finkielkraut, ce n'est pas un pro-libéral… Même si leurs pensées philosophiques sont réellement divergentes, leur rejet commun d'une certaine gauche et d'une certaine droite les rapproche fatalement.

PS : pour éclairer ce que je viens de dire, je vous conseille de lire cet article de Claude Askolovitch du Nouvel Obs “Et pourtant il aime les profs” qui date des grandes manifestations anti-Ferry

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