« Un dernier skeud avant qu'on me fasse sauter le pas… »

Il y a exactement 10 ans sortaient les Liaisons Dangereuses de Doc Gynéco.

Pas vraiment un album studio de ce dernier (il n'apparaît que sur 6 des 18 pistes), plutôt une compilation qu'il drive, avec le casting le plus fou que je connaisse : des Rita Mitsouko à Ärsenik, de Rockin' Squat d'Assassin à Tonton David, en passant par un Bernard Tapie fraîchement sorti de prison et un Renaud dans sa pire période d'alcoolisme.

Première Consultation était l'album d'un gamin qui mettait une claque au rap français.
Quality street sera l'album de la mélancolie, le plus beau et le plus touchant de sa carrière.

Entre les deux, les Liaisons. Déjà désabusé mais pensant encore changer les choses, ce Doc-là mélange verve et mélancolie.
Et signe le magnifique "L'homme qui ne valait pas dix centimes"

Un Bruno remonté contre sa maison de disque ("signer sur des labels qui ne pensent qu'au fric", "Demande à Virgin si j'ai des copines dans la machine / (…) C'est des sadiques, je veux le contrôle de mes clips, de ma musique"), et l'industrie musicale en général ("si je pouvais je ferais les pubs qui vont avec les tubes / Et tu comprendrais comment on t'entube"), et pensant encore qu'il arrivera à prendre le pouvoir avec ses potes du Secteur Ä ("T'es qu'une balance, un mec comme toi peu suffire / À faire sauter tout ce qu'on veut créer, notre empire").

Et puis ce dernier couplet magnifique :
Sortir de la musique comme j'y suis entré, libre,
Reprendre les livraisons lorsque mon bipeur vibre,
On déclare ce jeune branleur ivre, révolutionnaire,
Avec le recul la vérité a dû leur plaire,
Ils parlent de moi en exemplaire,
Ils disent que je suis fou, que dans la vie fait mon trou,
Pas besoin de grimper dans leur estime,
Je suis l'homme qui ne valait pas 10 centimes,
Il n'y a que les morts qui ne parlent pas,
Un dernier skeud avant qu'on me face sauter le pas.
Quoi qu'il arrive sur la planète Terre,
Dans le monde des affaires, le rap, les ministères,
C'est toujours un… gangster qui contrôle l'affaire.

Commentaires

  1. Aaahh... la bonne époque!!
    1996-99, c'était sans aucun doute l'age d'or du rap français. IAM, Fonky Family, NTM, ärsenik, La cliqua, Oxmo Puccino, Ideal J etc...
    J'arrête parce que je suis nostalgique.
    Pour moi, Gyneco a clairement merdé après Quality Street et quand on voit ce qu'il sort maintenant, c'est triste.

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  2. …et Fabe, et Rocca, et KDD…
    Quelles années, en effet ! Quand on est assez vieux pour avoir connu ça, comment ne pas prendre Sinik, Diam's ou autres pour des rigolos…


    Quality Street était un album magnifique qui a connu un échec (relatif, par rapport au succès de Première Consultation). Depuis, il n'y croit plus, ne soignant même plus ses chansons.

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