samedi 30 septembre 2006

Ne pas céder d'un pouce !

Il est objectivement de plus en plus dur de critiquer l'islam.
Depuis l'affaire des caricatures de Mahomet, beaucoup rivalisent de lâcheté face au danger que constituent les islamistes qui veulent nous interdire de critiquer leur religion.

Par exemple, Idomeneo, un opéra de Mozart a été déprogrammé à Berlin parce qu'on y voyait la tête coupée de Mahomet (comme celle d'autres prophètes). Mozart censuré par les islamistes ! Sûr que ça ne doit pas déplaire à Tariq Ramadan, lui qui a déjà plusieurs fois tenté d'obtenir la déprogrammation de représentations de "Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète" de… Voltaire !

Il y a seulement deux ans, Le Monde pouvait encore oser titrer une tribune de Patrick Declerck "Je hais l'islam, entre autres…".

Cela ne semble plus possible aujourd'hui.
Il y a quelques jours le Figaro a publié une tribune du philosophe Robert Redeker qui attaque violemment l'islam, avec talent.

Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il y raconte, mais avec une bonne partie.
Oui, Mahomet est un chef de guerre pillard, oui il a fait massacrer des tribus juives. C'est même dans les textes sacrés de l'islam, même si ce n'est pas très politiquement correct de le rappeler. Oui, le Coran est un livre violent. Les autres livres saints contiennent eux aussi des enseignements violents, mais le Coran les bat de loin !

Mais apparemment, on n'a plus le droit de le dire. Depuis que la tribune de Redeker a été publiée, il a reçu des menaces de mort, et doit pour l'instant vivre caché ! Pas surprenant, puisque l'article de Redeker a même été dénoncé sur Al-Jazira par un cheikh islamiste !

Nous ne devons pas céder d'un seul pouce face à ceux qui veulent nous interdire de critiquer leur religion !
Soutenons Redeker ! Soutenons Charlie Hebdo (poursuivi par des associations islamistes pour avoir publié les caricatures de Mahomet) !
Les soutenir ne signifie pas qu'on soit forcément d'accord avec tous ce qu'ils peuvent dire.
Mais qu'on soutient le droit à la critique des religions.
Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?

Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.Robert Redeker

Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.

L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de "troubles à l'ordre public". Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à "troubler l'ordre public" que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.

Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen "d'idiots utiles", les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d'inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, "Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin".

D'autre part, "Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect". Enfin, "après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages".

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.

Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident "le monde libre" par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce "monde libre", fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.

par Robert Redeker
Philosophe.
Professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville
(le Figaro, 19 septembre 2006)

jeudi 28 septembre 2006

"Touche pas à ma laïcité" Laurent Fabius

Je reproduis ici un texte de Laurent Fabius. J'apprécie son engagement laïc. Il est malheureusement le seul éléphant du PS à porter ce discours.
En effet, tous les autres présidentiables socialistes ont un comportement anti-laïque :
Jospin et Royal ont soutenu les filles voilées en 1989, Royal allant jusqu'à faire signer une pétition ; plus récemment Royal s'est distingué en voyant plus de problèmes dans le string que le voile, ou en disant "Je ne laisserai pas insulter Dieu !". Lang est celui qui a fait le plus pour le subventionnement des écoles privées (très souvent confessionnelles, le plus souvent catholiques) ; et Strauss-Kahn a laissé son successeur réserver des horaires de la piscine municipale de Sarcelles pour les femmes Loubavitch.

Il s'en prend ici au rapport Machelon, commandé par Sarkozy pour avoir une caution morale à ce qu'il pense de la laïcité : du mal. Parmi les principaux points proposés, le financement public des lieux de culte. Du bla-bla sur l'égalité entre religions, pour faire oublier qu'il ne pense pas à ceux qui ne croient pas.
C'est un point de vue à combattre : la laïcité, c'est traiter toutes les pensées indifféremment, pas favoriser les religions !

Le texte de Fabius :
Chers amis,

Après avoir contribué à mettre le feu à nos banlieues, M. Sarkozy propose désormais d'en finir avec la laïcité à la française. Sa dernière idée est de donner suite à un rapport - le rapport Machelon - qui préconise une révision radicale de la loi de 1905.

De quoi s'agit-il précisément ? D'ouvrir la possibilité aux communes de financer la construction de lieux de culte. En fait, cela reviendrait à mettre la politique dans la religion et la religion dans la politique. Les impôts des citoyens financeraient des cultes particuliers. On peut imaginer à l'avenir des campagnes électorales municipales avec pour thème : "votez pour ma liste, et vous aurez une Église, une mosquée ou une synagogue". Ou l’inverse. Ce serait favoriser le communautarisme, les communautés se repliant sur certaines municipalités pour trouver un lieu de culte à leur convenance. La perspective ? Des conseils municipaux contrôlés par des communautés !

Toutes les dérives deviendraient alors possibles. Le principe d'égalité conduira à interdire de refuser aux uns ce qui est accordé à d'autres, puisque juridiquement tous les cultes se valent. Et dès lors que la notion de secte n'existe pas dans notre droit, tous les pseudo-cultes auront droit au financement public !

Aux États Unis, une telle mesure serait inconstitutionnelle. En Allemagne où le financement des cultes existe, il se fait à travers la contribution de chaque citoyen à l'exercice du culte de son choix.

En France, avec la logique de ce rapport commandé par M. Sarkozy, on en finirait avec la séparation des Églises et de l'État, fondement depuis un siècle de notre pacte républicain.

Je suis et je serai toujours un défenseur de la laïcité. Parce que dans le monde où nous vivons, la laïcité, c'est la paix et la paix, c'est la laïcité. Pour cette raison je suis radicalement opposé à la remise en cause de la loi de 1905. J'appelle à défendre la loi de 1905 et à refuser la révision que propose M. Sarkozy. La laïcité n'est pas un tabou, c'est une chance ! La nôtre.

L'égalité entre les religions, le respect de tous les citoyens, la lutte contre les discriminations ne passent absolument pas par le refus de la laïcité, mais au contraire par sa réaffirmation.

Touche pas à ma laïcité !

Laurent Fabius

mardi 26 septembre 2006

L'ambition de Ségolène Royal, en 1995 déjà

"La député des Deux-Sèvres veut tenter de contourner la procédure de désignation du candidat". 2006 ? Non, janvier 1995 !

Très intéressant, le site "Archives pour tous" de l'Ina. On peut notamment revoir de vieux reportages de journaux des chaînes publics.

Notamment un reportage du 19/20 de France3, concernant la démission de Ségolène Royal de la présidence du "Conseil National du Parti Socialiste" le 24 janvier 1995.

Le contexte : après le retrait de Jacques Delors, Henri Emmanuelli et Lionel Jospin s'affrontent dans la désignation du candidat socialiste pour l'élection présidentielle qui aura lieu 3 mois plus tard.

Ségolène Royal tente alors de jouer l'électrochoc. Elle convoque alors les caméras pour leur annoncer :
"Je démissionne de la présidence nationale du Parti Socialiste, et j'appelle les militants à rester à l'écart de ces funestes querelles". "Deux trains sont lancés à toute allure l'un contre l'autre, pilotés par les mêmes acteurs du détestable congrès de Rennes. Je dis aux militants : écartez-vous des voies !"

Et surtout, ce qui est le plus frappant, c'est le commentaire du journaliste :
"La député des Deux-Sèvres veut tenter de contourner la procédure de désignation du candidat, qui selon elle, pourrait faire éclater le parti".

Tout y est déjà : refuser la confrontation des idées sous prétexte de ne pas diviser le parti, jouer la nouveauté face aux éléphants. Sauf qu'en 1995, ce coup d'éclat fera un bide : Jospin sera bel et bien désigné par les militants quelques jours plus tard.

Ségolène Royal a su attendre. Devenir présidente de région, pour avoir un poids plus fort. Et, surtout, cette fois, partir beaucoup plus tôt, 18 mois avant l'élection présidentielle !

jeudi 21 septembre 2006

Grenoble : quand les fachos se prennent pour des résistants

Les extrémistes de gauche et de droite ont un point commun : ils aiment souiller les murs des bâtiments de l'Université de Grenoble.
La nuit dernière, c'est surtout l'université Pierre Mendès France qui a reçu, et un peu l'université Stendhal.

Par les "Jeunesses Identitaires" de Grenoble, mouvement de jeunesse de l'extrême-droite, qui a pris la suite d'Unité Radicale, le mouvement qui a été dissous quand l'un de ses membres, Maxime Brunerie, a tenté de tuer le président.

Comme j'ai été choqué de voir ça, j'ai pris mon APN, je suis allé photographier cela pour le dénoncer.
(cliquez sur les photos pour agrandir)

Les fachos ont 3 séries de messages :
-leur détestation de l'islam par haine des arabes :



-la défense de l'identité européenne (en adaptant le vieux slogan FN "la France aux Français"):

-et le dernier, qui est encore plus dégoûtant que les autres, la référence aux résistants :



Ces derniers tags sont vraiment à vomir.
Comment peuvent-ils se référer à Jean Moulin ? L'homme de la résistance contre les nazis.
Alors que les Jeunesses Identitaires sont justement des néo-nazis, et les héritiers spirituels des collabos !

Thaïlande : coup d'état


Coup d'état militaire en Thaïlande.
J'étais en Thaïlande (pour des raisons professionnelles) il y a 2 mois.
J'avais été frappé par le culte de la personnalité du roi : portraits géants sur les facades des buildings, beaucoup de gens en jaune (la couleur du roi). Bon, faut dire que cette année le roi fête ses 60 ans de règne (c'est d'ailleurs le roi qui est en activité depuis le plus longtemps au monde), donc c'était encore plus que d'habitude.

Je n'avais pas fait attention aux unes des journaux thaïlandais (moi, ce qui m'amusait, c'était de voir que la principale infos des pages sports des journaux thaïlandais était le coup de boule de Zidane), mais d'autres m'avaient parlé de ces rumeurs de coup d'état qu'il y avait dans les journaux.

Sentiment bizarre. D'être dans un pays très moderne à quelques endroits et très pauvre ailleurs. Je vais être honnête, je n'ai pas "compris" ce pays, pourquoi il tournait comme ça.

Et donc, mardi a eu lieu un coup d'état là-bas. Ca fait bizarre de se dire que des chars sont là où on a passé il y a deux mois. Impressionnantes, ces images des rues de Bangkok, vides, tellement de contraste avec ce que j'en ai vu.

Déroutante, aussi, la forme du coup d'état. En Europe, quand l'armée fait un coup d'état, on pense aux coups d'états sanglants dans nos anciennes colonies en Afrique ; on s'imagine une dictature militaire, et on pense alors aux colonels en Grèce, à Salazar au Portugal, ou Franco en Espagne.
Mais non, ce coup d'état n'est pas violent. Parce qu'il est plutôt bien accepté par la population de Bangkok, qui en avait marre de ce premier ministre accusé de corruption. Et les militaires n'ont pas l'intention d'installer la dictature, ils vont organiser de nouvelles élections pour que soit formé un nouveau gouvernement.
D'ailleurs, ils se sont empressés de déclarer leur fidélité au roi.

Néanmoins, ils ont instauré la loi martiale, interdisant notamment les regroupements à plus de 5, pris le contrôle des télés (mais bon, on ne peut pas dire que celles-ci soient particulièrement subversives).

vendredi 15 septembre 2006

Belgique : des néo-nazis dans l'armée

En France, il y avait eu le néo-nazi Maxime Brunerie qui avait voulu tuer le président Jacques Chirac le 14 juillet 2002.
En Belgique, cela est carrément allé plus loin : 12 personnes ont été arrêtées, faisant pour la plupart partie du groupuscule BBET (Bloed-Bodem-Eer-Trouw/Sang-Sol-Honneur-Fidélité), lié à l'organisation skinhead néo-nazie "Blood and Honour" (il en serait la dissidence flamande). Plusieurs étaient militaires de carrière.

Leur plan, tel qu'il a été révélé par la chaîne flamande VTM ? Assassiner un des leaders de l'extrême-droite flamande, Filip Dewinter (son portrait par un site anti-fasciste), en faisant accuser les islamistes locaux, puis assassiner le chef de la Ligue Arabe Européenne, Dyab Abou Jahjah, afin de plonger le pays dans des affrontements censés déboucher sur l'avènement d'une Flandre fasciste. D'après La Dernière Heure, leur leader rêvait également de l'élimination du roi Albert II, un des rares symboles de l'unité de la Belgique binationale.
Si l'idée avait germé, et que le BBET avait amassé un stock d'armes, il n'y avait encore aucun plan précis pour la réalisation concrète de ces assassinats. Sans doute parce que le groupuscule a été démantelé à temps. Cela n'en fait pas moins froid dans le dos.

Le pire, c'est que tous les fachos sont plus ou moins liés : le BBET avait son site internet, Hars Van Themssche, le tueur raciste d'Anvers visitait régulièrement ce site ainsi que celui de "Blood and honour", et c'est sur ce dernier que Maxime Brunerie avait annoncé il y a quelques années son intention de tuer Jacques Chirac.

mercredi 13 septembre 2006

Benoît XVI réintègre des intégristes

On le sait, Benoît XVI est un pape très conservateur, plus encore que Jean-Paul II, et notamment sur les questions d'homosexualité et de contraception. On en voit aujourd'hui une nouvelle illustration, avec la réintégration de prêtres intégristes au sein de l'Église romane.

Tout d'abord, un peu d'histoire.
Dans les années 1960; l'Église catholique chercha à s'ouvrir au monde ; elle organisa pour cela le concile Vatican II, afin de moderniser la pratique de la religion, et notamment la messe. Des miliers d'évêques réunis, pour énormément de théorie et peu de modifications pratiques au final. Une seule conséquence réellement emblématique : les prêtres peuvent désormais célébrer la messe en langue vernaculaire, et plus en latin comme ils étaient obligés de le faire jusqu'alors. Et puis un peu d'oecuménisme.

Ces propositions progressistes ne sont pas du goût de tout le monde : les plus réactionnaires se mobiliseront contre. Le plus célèbre de ces contestataires est Monseigneur Marcel Lefèvbre. Il refuse l'oecuménisme, et le processus d'ouverture en général. Il fonde donc en 1970, à Écône en Suisse, la "Fraternité Sacerdotale Saint Pie-X" (FSSPX), qui cherche à former des évêques conformément aux principes d'avant Vatican II.

Au fil du temps, la tension monte : en 1976, le pape Paul VI frappe Mgr Lefevbre d'une suspense a divinis (interdiction d'administrer des sacrements). En 1988, il sacre 4 évêques (destinés à lui succéder) malgré l'interdiction de Rome, et est alors excommunié de l'église catholique, ainsi que sa Fraternité.
En France, la FSSPX occupe illégalement depuis 1977 l'église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (rappel : c'est un bâtiment appartenant à la ville de Paris, s'ils y sont encore, c'est parce qu'on accepte de les y laisser).
La FSSPX est politiquement proche du Front National (et assez ouvertement en ce qui concerne l'avortement), de nombreuses personnalités françaises d'extrême-droite feront célébrer leurs obsèques à Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Bien que Rome ait excommunié la FSSPX, elle cherche depuis à les réintégrer, en les autorisant à conserver le rite traditionnel, à condition qu'ils reconnaissent Vatican II et le fait que la nouvelle messe soit "licite". Dans les années 90, sous le pontificat de Jean-Paul II, c'était le cardinal Ratzinger qui était chargé de cette médiation.
Devenu en 2005 pape sous le nom de Benoît XVI, il n'est pas surprenant que Ratzinger continue à vouloir régler le problème.

Et c'est ainsi que vendredi 8 septembre 2006, on a appris que 5 anciens prêtres de la Fraternité Sacerdocale Saint Pie-X (qui en avaient tous été exclus dans les dernières années à cause de leurs avis divergents), dont l'abbé Philippe Laguérie, curé de Saint-Nicolas de Chardonnet de 1984 à 1997 (qui était, depuis son éviction de la FSSPX, installé dans une église bordelaise, avec l'autorisation de Juppé), étaient réintégrés dans l'Église catholique, au sein d'un nouvel institut (de droit pontifical), le Bon Pasteur, qui promouvra la vision traditionnaliste du catholicime.
Même si Benoît XVI a ainsi réintégré des dissidents de la FSSPX, et pas la fraternité elle-même, il vient ainsi de réintégrer au sein de l'église catholique des intégristes.

C'était tout à l'honneur de l'Église catholique d'avoir exclu les fachos de ses rangs il y a 20 ans.
Aujourd'hui, Rome juge à nouveau Laguérie, à qui on doit des phrases telles que "pour moi, le parti le moins éloigné du droit naturel c’est le front national" ou "Tout le flot de haine qui est dirigé contre Jean-Marie Le Pen est suscité, organisé par la grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans. [...] D'ailleurs les thèses des professeurs Roques et Faurisson sont parfaitement scientifiques." (source - Roques et Faurisson sont des négationnistes), comme un bon catholique. Tirez-en les conclusions que vous souhaitez.

lundi 11 septembre 2006

Petit exemple d'interactivité blogosphérique

J'aime bien le fait que dans la blogosphère, il y a des échanges, qu'on peut réagir sur son blog à une information lue ailleurs, etc.

Exemple personnel :
  1. Il y a quelques jours, je poste un article comparant les soutiens de Pierre Mendès France il y a 40 ans, et ceux de Sarkozy, dans le but de rigoler gentiment sur le second
  2. Mercredi, Tristan Mendès France, qui passait sur mon blog, lit ça, me laisse un commentaire, et me cite dans un article du (v)blog (dont il est webmaster) de l'Institut Pierre Mendès France (dont il est le secrétaire général).
  3. Il profite de ce que mon article cité parle des soutiens de PMF en 1967, dont Jacques Brel et Serge Reggiani, pour nous montrer sur le blog de l'IPMF des photos de ces artistes avec PMF, issues des albums de sa famille.
  4. Il m'envoie également par mail une photo de PMF dans les rues de Grenoble, en me demandant si je reconnais l'endroit. Avec l'aide de mon cousin, j'identifie la rue, et le lendemain (jeudi), je profite du fait que je vais au ciné au centre-ville pour prendre une photo du même carrefour aujourd'hui, que j'envoie à Tristan.
  5. Vendredi soir, je découvre, très amusé, que Tristan, féru de montages vidéos, s'est amusé à faire un morphing de l'image de départ vers celle d'arrivée, ce qui permet de voir évoluer ce croisement de "40 ans en 10 secondes".

Inattendu, mais bien sympathique :)

samedi 9 septembre 2006

40 ans pour réagir

Le CRAN (conseil représentatif des associations noires), en mal de publicité, se plaint de la définition de "colonisation", qu'ils jugent trop positive, dans le petit Robert 2007, et demande le retrait du dictionnaire !

Bien sûr, là-dessus, le MRAP, ancienne association anti-raciste devenue officine d'extrême-gauche, embraye, et demande lui aussi le "retrait pur et simple de ce dictionnaire".

La définition qui leur pose problème, c'est celle-ci :
COLONISATION. 1: Le fait de peupler de colons, de transformer en colonie. La colonisation de l'Amérique, puis de l'Afrique, par l'Europe. 2 : Mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies.
COLONISER. 1: Peupler de colons. 2: Faire de (un pays) une colonie. Coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses

Pour ces associations, dire que la colonisation, c'est mettre en valeur un pays, c'est affreux. Le MRAP affirme que le Petit Robert reprend "ainsi à son compte l'esprit de la loi du 23 février 2005 qui reconnaissait à la colonisation française un « rôle positif ».". Mouloud Aounit y voit carrément "un certain racisme", "une crampe mentale".

Sauf que… la définition est la même depuis la première édition du Petit Robert, en 1967 !
Et que la rédaction du Petit Robert est dirigée par le linguiste Alain Rey, récemment débarqué de France Inter parce que trop à gauche !
On ne peut absolument pas accuser Rey d'être un nostalgique des colonies.
Il dénonce donc "l'inculture économique que ces attaques manifestent", expliquant que "mettre en valeur" n'induit aucun jugement positif.

Deux choses :
- les colons ont effectivement mis en valeur les colonies, pour les exploiter à leur seul profit.
- même si la colonisation est globalement négative, une définition de dictionnaire se doit d'être objective, donc de parler des aspects négatifs et des aspects positifs.


La meilleure façon de discréditer un message, c'est d'attaquer sur tout et n'importe quoi. C'est ce que font le CRAN et le MRAP.

samedi 2 septembre 2006

Bruno, franchement, tu déconnes

On te connaît sous le pseudonyme de Doc Gynéco, mais comme on le fait souvent quand on est fan d'un artiste, j'ai l'habitude de parler de toi en te désignant par ton vrai prénom, Bruno.

J'ai beaucoup aimé ce que tu as fait au niveau artistique. Ton premier album "Première Consultation", je le connais par coeur, ça reste encore aujourd'hui l'un de mes albums préférés. J'ai tous tes albums, et je peux te dire que les 3 premiers étaient excellents.

Je t'en veux, Bruno. Parce que t'as un talent énorme, que t'aurais vraiment pu être le nouveau Gainsbourg (comme on t'appelait y a 10 ans), et que t'as foiré ta carrière. Okay, c'est aussi de la faute à Virgin, qui s'est attaché plus aux chiffres de ventes des albums qu'à leur qualité. Mais pas seulement.
C'est toi qui t'es laissé enfermer dans le rôle du bouffon défoncé à la télé. Pour les plus jeunes, ceux qui n'ont pas connu "Première consultation", t'es seulement le mec qui faisait le con dans Nice People. Et ça me fait mal, quand j'entends ça .

Bruno, y a même un moment où s'inquiétait pour toi. Parce que t'étais de plus en plus épais. Parce que tu buvais et fumais beaucoup, et qu'à cause de ça tu racontais n'importe quoi dans presque toutes tes interviews. Mais ces derniers temps, tu avais l'air d'aller mieux.

Et là, patatras. Doc Gynéco à l'UMP. Doc Gynéco soutient Nicolas Sarkozy.
Bruno, franchement tu déconnes.
Déjà, parce que, toi, de droite, c'est pas crédible.
Dans une de tes plus belles chansons, "J'sais pas remplir ma feuille d'impôts", tu disais toi-même
Sur l'autographe, j'ai signé Bruno
Je ne me reconnais plus dans vos journaux
Mec solitaire et ordinaire
Qui penche à gauche comme le Kouchner
Comment as-tu pu te laisser enbrigader dans un parti, Bruno ? Surtout à l'UMP ! Encore, au Parti Socialiste, ça m'aurait moins surpris, vu que tu voulais pécho Élisabeth Guigou.

Toi, t'afficher avec un ministre de l'Intérieur ? Alors que ta première apparition sur un disque, c'était sur le morceau "Autopsie" de tes potes du Ministère A.M.E.R. (Passi et Stomy Bugsy), qui ont été condamné pour un titre qui s'appelait "Sacrifice de poulet" ? Et que tout le monde connaît ton penchant parfaitement illégal pour le cannabis ?
Toi, t'afficher avec un ministre ? Alors que tu chantais avec Bernard Tapie "Et quoi qu'il arrive sur la planète Terre/Dans le foot, les affaires, le rap, les ministères, c'est toujours/Le gangster/Qui contrôle l'affaire" ?

Tu as sans doute été flatté qu'on te demande de t'investir en politique, que quelqu'un te dise "on a besoin de toi" après tous tes déboires avec tes maisons de disques. Pouvoir parlé de la société, de ce que tu penses de la France. Et comme seul Nicolas Sarkozy te l'a demandé…

N'oublie pas, la seule chose qui intéresse Nicolas Sarkozy, c'est accéder au pouvoir suprême, et pour cela gagner les prochaines élections.
Donc, détrompe-toi, Sarkozy n'a pas besoin de toi pour autre chose que pour profiter de ta notoriété. Il a réussi : tous les medias ont parlé de la journée d'aujourd'hui de l'université d'été à travers ta présence.
Mais, Bruno, ils ne le font que parce que tu es une attraction. Arrête toutes ces bêtises, remets-toi à écrire, retrouve ton talent d'antan, bon sang !

Parce que là, franchement, Bruno, tu déconnes.