lundi 31 janvier 2005

Le départ de Hondelatte

Et oui, vendredi dernier (28 janvier), Christophe Hondelatte, le présentateur du JT de 13h de France2 a craqué, claquant définitivement la porte de son journal.

La raison ? Un article de Libération, le fameux portrait de dernière page. Qui s'en prend à ses convictions catholiques, et qui aborde sa vie privée, évoquant notamment son fils… Depuis qu'il avait été nommé à la tête du 13 heures, il vivait mal le fait d'être dans la lumière, parlant souvent de la "surexposition médiatique".
Et puis, la greffe avait du mal à prendre avec la rédaction de France2 : alors qu'on était allé le débaucher de RTL pour imposer un ton nouveau, son ton, qui se démarque clairement de celui de Jean-Pierre Pernault. Par exemple, rien que le "gardez la pêche", son gimmick de fin de journal, clin d'œil­ à un détenu qu'il a connu lors de son activité de visiteur de prison a causé des remous. On lui reprochait aussi d'être trop personnel… Mais c'était justement pour ça qu'on l'avait amené sur France2, pour son charisme, pour qu'il incarne son journal…

C'est Benoît Duquesne qui le remplacera aux commandes du 13h. Quant à Hondelatte, on peut le retrouver régulièrement pour Faites entrer l'accusé

mercredi 26 janvier 2005

Shoah : comment l'enseigner ?


Peu après la libération, des enfants rescapés du camp d’Auschwitz sortent des baraques pour enfants. Pologne, après le 27 janvier 1945.
United States Holocaust Memorial Museum


On parle beaucoup ces jours-ci du 60ème anniversaire de la libération des camps de concentration, et notamment celui d'Auschwitz.

Il est nécessaire de ne jamais oublier ce qu'il s'est passé, ce génocide comparable à aucun autre. Et pour cela, il faut l'enseigner aux enfants.
Ceci est néanmoins difficile : les enseignants se heurtent parfois, lorsqu'ils veulent parler de la Shoah, à un refus de certains jeunes élèves d'origine arabe, qui disent qu'ils en ont assez d'entendre parler des malheurs des juifs. Et reviennent toujours au conflit israélo-palestinien.
Finkielkraut dit très justement que "l'enseignement de la Shoah se révèle impossible à l'instant même où il devient obligatoire". Que faire alors que certains sont assez antisémites pour, lors d'un voyage de classe à Auschwitz, dire "ils ont bien fait de les brûler", ou se permettre de faire des batailles de boules de neige à l'intérieur du camp ? D'ailleurs, Finkielkraut explique qu'on apprend beaucoup plus en lisant Primo Levi (Si c'est un homme, éd. Pocket) qu'en allant à Auschwitz.

Une chose essentielle lorsqu'on parle de la Shoah est de bien préciser le contexte, d'expliquer que, comme le fait le film La Chute, Hitler n'était pas un extraterrestre mais un humain, et que c'est bel et bien un homme qui est responsable de cette extermination. Il faut aussi remettre les choses dans le contexte : expliquer que l'antisémitisme a existé avant Hitler, parler de l'affaire Dreyfus…

Mémorial de la Shoah : http://www.memorialdelashoah.org

Encyclopédie multimédia de la Shoah : http://memorial-wlc.recette.lbn.fr

mardi 25 janvier 2005

Ferry, le Finkielkraut de droite

Samedi, Luc Ferry était l'invité de Tout le monde en parle, l'émission de Thierry Ardisson sur France2, pour la promotion de son livre Comment peut-on être ministre (essai sur la gouvernabilité des démocraties) (éd. Plon).

Il revient dans ce livre sur son expérience en temps que ministre des gouvernements Raffarin I et II, de mai 2002 à mars 2004. Le problème de Ferry, c'est qu'à la base, il n'était pas politique, mais philosophe. Et qu'être ministre, c'est un métier pour les politiques (d'ailleurs, l'autre ministre issu de la société civile, Francis Mer, a lui aussi quitté le gouvernement à la faveur du remaniement). Il faut savoir oublier ses convictions, faire la politique que le président demande de faire. C'est ainsi que Ferry a parfois présenté des projets qui lui semblaient à lui-même mauvais…
La légende raconte même qu'il aurait dit un jour qu'ils comprenaient les profs qui manifestaient, qu'il ferait pareil à leur place.

Le principal souvenir que j'avais de Ferry, de par le fait que je sois étudiant, c'était ce projet d'autonomie des universités, auquel j'étais comme beaucoup opposé, notamment parce qu'il remettait en cause l'égalité des diplômes entre les diférentes universités, et aussi parce qu'il incitait les universités à des liens financiers avec des entreprises privées. Devant la mobilisation des étudiants, et comme tous les mouvements sociaux de grande ampleur (mai 68, décembre 95) sont partis de manifestations estudantines, le projet avait été enterré. Donc l'image que j'avais de Ferry n'était pas forcément très positive, même si j'avais un fort respect pour cet intellectuel.

Et j'ai découvert samedi soir, malgré les interventions pathéthiques de Baffie, le Ferry que j'ai vu m'a beaucoup plu. Drôle et intelligent…

Et finalement, il n'est pas si différent que ça que Finkielkraut. Une nouvelle preuve qu'il n'y a quasiment pas de différence entre les réacs de gauche comme Finkielkraut et les progressistes de centre-droit comme Ferry, que si l'idéologie première diffère, les convictions politiques se rapprochent. C'est tout à fait normal, moi qui suit de centre-gauche, je me sens plus proche des positions de Bayrou que de celle des communistes, simplement parce qu'il y en a plus en commun. Mais je dois préciser que je suis, comme les communistes, révolutionnaire, et je doute que cela soit le cas de Bayrou LOL Peut-être est-ce pour ça que je voterais sûrement toujours à gauche. Comme Finkielkraut, Ferry n'aime pas les altermondialistes et leurs dérives… Comme Finkielkraut, ce n'est pas un pro-libéral… Même si leurs pensées philosophiques sont réellement divergentes, leur rejet commun d'une certaine gauche et d'une certaine droite les rapproche fatalement.

PS : pour éclairer ce que je viens de dire, je vous conseille de lire cet article de Claude Askolovitch du Nouvel Obs “Et pourtant il aime les profs” qui date des grandes manifestations anti-Ferry

lundi 24 janvier 2005

Oh Alicia…

Je vais vous raconter quelque chose qui m'est arrivé mercredi dernier…
J'adore Alicia Keys.

Je savais qu'elle devait participer prochainement à Génération Fun (19h-21h sur Fun Radio, animée par Dario, assisté de la jolie Christina et de Camille le boulard). Et je savais qu'Alicia était en France cette semaine. Hier matin donc, j'étais en cours quand, tout d'un coup, j'ai eu une idée “et si j'envoyais un mail à Dario, au cas où il n'ait pas encore enregistré l'émission, pour lui demander de parler à Alicia du forum http://akforums.zik.mu, et pour qui lui demande si c'est vrai cet histoire d'album unplugged au mois de mars ?” . Aussitôt sorti de cours, j'envoie donc un mail à Dario.

Moi j'étais persuadé que, puisque l'émission était enregistrée, ça serait du genre "oui on a rencontré Alicia il y a quelques jours dans un hôtel parisien, on lui a posé ces questions" et donc qu'il n'y aurait pas d'auditeurs qui lui poseraient des questions. Mais Dario me répond "J'enregistre cet après-midi, files moi ton portable je t'apelle pour participer si tu veux". J'ai bien évidemment répondu (bien qu'un peu tard) et quelques dizaines de minutes plus tard, mon portable sonnait "Allo Vincent, c'est Nadège de Fun radio (…) ça te dis de poser ta question à Alicia Keys ?". J'ai jamais du répondre aussi vite par l'affirmative à une question !

Vous vous rendez compte ? Alicia Keys, à la fois une des plus grandes stars du monde de la musique, qui a déjà vendu 15 millions d'albums alors qu'elle n'a pas encore 24 ans (c'est demain 25 janvier son anniversaire), une voix superbe, un talent énorme reconnu par les puristes, et une fille sublime (pour l'avoir vu sur scène à trois mètres de moi après remuer ses jolies petites fesses, je peux l'affirmer ! -mon compte-rendu du concert de Vienne ici-), celle qu'on appelle modestement "la déesse du r'n'b". Peut-on faire mieux ?

Quelques minutes plus tard, Nadège me rappelle, et je patiente hors antenne, j'écoute les deux auditeurs qui me précèdent (notamment la petite Martha du forum qui a essayé de dragouiller Jermaine, le choriste d'Alicia), jusqu'à ce que j'entende Dario m'accueillir sur l'antenne ! J'étais totalement sous le charme d'Alicia Keys, cela a du s'entendre puisque Dario ne s'est pas privé de me vanner ! (mais j'aurais été à sa place, j'aurais fait pareil ). Je vais pas vous raconter l'émission, cela ne servirait à rien, d'ailleurs j'étais tellement impressionné et concentré à faire des phrases intelligibles que je ne me souviens que des principaux trucs…

Mais s'il y a un truc dont je me souviens, c'est que j'ai eu le droit à un “Bye bye Vincent” d'Alicia dont je ne me suis toujours pas remis !

Vraiment, merci à Fun Radio, et spécialement à Dario et à son équipe (et notamment la standardiste Nadège qui a été super sympa). Merci, merci, merci ! C'est le genre de chose qui arrive une fois dans sa vie. Et dans de très nombreuses années, quand Dario sera sur Nostalgie LOL, je me souviendrais encore que le 19 janvier 2005, j'ai pu réaliser un de mes rêves grâce à eux.

Pour terminer cet article, je fais un gros coucou à tous les membres du forum français sur Alicia (http://akforums.zik.mu), et tout spécialement à ma petite Valérie et ma petite Sophia !

PS : les photos d'Alicia à la sortie de Fun Radio http://www.alicia-keys.org/x_fun-radio.htm (merci AKO !)

lundi 17 janvier 2005

Alain Finkielkraut

EDIT : mon article consacré aux propos de Finkielkraut qui font scandale : "Finkielkraut, Haaretz et les "black-black-black""

Elle est belle, cette photo d'Alain Finkielkraut. Les yeux fermés, les poings fermés prêts à s'abaisser pour soutenir son discours, l'image du philosophe qui veut que l'on comprenne son message… Les gens avec qui je discute de sujets politiques l'auront peut-être remarqué, je le cite souvent au cours de mon argumentation. Il faut dire aussi que c'est le seul philosophe, et un des seuls intellectuels en général, dont je partage la majorité des opinions.

La plupart des intellectuels, en tout cas de ceux qu'on invite dans les medias, peuvent être classés dans l'une des deux mouvances de pensée suivantes : l'alter-mondialisme "déviant" (anti-américain, anti-sionniste et très indulgent quant à l'islamisme) ou le néo-conservatisme (bushiste, et très indulgent sur les dérapages des armées américaines ou israéliennes). Gauchistes contre anciens gauchistes (Irving Kristol, un des premiers néo-con -ce n'est pas une insulte de ma part, c'est un diminutif courant aux États-Unis !- disait avec humour qu'"un néoconservateur est un homme de gauche qui a été agressé par la réalité"). Terrorrisme intellectuel contre terrorrisme intellectuel : pour les premiers, quiconque soutient Israël est un sionniste extrêmiste, quiconque critique l'islamisme est un affreux raciste, pour les seconds, quiconque critique Bush ou Sharon est un affreux antisémite : chaque camp accuse à juste titre l'autre de pratiquer cette Terreur, mais la pratique lui-même. Manichéens contre manichéens : les premiers accusent des pires maux tout ce qui est occidental, les seconds tout ce qui est oriental. Et chacun de ces courants de pensées a "ses" intellectuels : Bourdieu et Chomsky d'un côté, Glücksmann, Millière et Goupil de l'autre.

Finkielkraut est l'un des rares à ne pas avoir cédé dans ces excès. Bien sûr, il a commis quelques erreurs de parcours, la plus célèbre étant la critique "en aveugle" de Underground d'Emir Kusturica : lui qui a été parmi les premiers à chercher à alerter l'opinion publique sur le sort des Croates (avec son livre Comment peut-on être croate ?, Gallimard, 1992) durant la guerre de Yougoslavie, avait cru comprendre que ce film cherchait à excuser les agissements des Serbes et avait été révolté qu'on puisse accorder la Palme d'Or à ce film, publiant une tribune dans Le Monde pour le dénoncer. Quand Finkielkraut verra le film, il comprendra que celui-ci cherchait seulement à faire comprendre que les Serbes ne sont pas plus mauvais que les autres, et reconnaîtra son erreur.

Mais ceci n'est qu'un accroc malheureux dans tout ce qu'il a pu écrire. La défaite de la pensée, essai publié en 1987 chez Gallimard, fut un petit événement dans le monde de la philosophie, et reste aujourd'hui LE livre à lire pour comprendre la pensée de Finkielkraut. Maniant habilement l'ironie pour dénoncer la naïveté de certains intellectuels de gauche "champions de la modernité ou apôtres de la différence". Il est important ici de bien comprendre la nuance : Finkielkraut n'est pas un conservateur refusant la modernité ou la différence, mais il défend simplement qu'on puisse l'être ; il ne s'attaque pas à des courants de pensée, mais se révolte contre le fait que la bien-pensance commande de considérer toutes les réflexions sur le même plan : tout est aujourd'hui considéré comme pensée (valable), même les pires idées : c'est ceci que Finkielkaut appelle la défaite de la pensée. On touche ici ce qui fait que Finkielkraut est tant critiqué par cette bien-pensance : quand celle-ci désigne comme intolérants ceux qui ne pensent pas comme elle, il lui répond "vous refusez que l'on pense différemment de vous, c'est vous qui êtes intolérants", et elle en déduit dans un raisonnement manichéen que Finkielkraut est un mal pensant. Mais, au contraire si Finkielkraut s'attaque tant à certains gens se réclamant de gauche, ce n'est pas pour faire la promotion de valeurs de droite : il se considère lui-même "plutôt de gauche", et défend donc son idée de la gauche, défendant la culture et l'éducation, attaché aux notions de République et de nation, combattant pour la tolérance, refusant la bien-pensance manichéenne.

Prolongeant les pensées d'Hannah Arendt et d'Émmanuel Levinas, il applique ses principes dans ses sujets de prédilection : la culture, l'enseignement, la question juive, le conflit israélo-palestinien. Il défend notamment une certaine idée de l'école : celle qui élève le niveau des élèves, qui les forme à la réflexion, qui les éveille à la culture (je vous conseille à ce sujet Le premier homme d'Albert Camus, qui vous permettra de comprendre comment, grâce à l'école, grâce à un instituteur qui avait décelé en lui les prémices de son talent, ce jeune garçon d'une famille pauvre de la banlieue d'Alger a pu devenir Prix Nobel de littérature). Il est donc en réaction contre l'école d'aujourd'hui, cette école qui ne forme plus les élèves à être des hommes mais des employés, qui ne forme plus à la critique de soi-même mais à la critique des autres, qui ne consacre que quelques heures à l'éducation civique alors que ce devrait être primordial, qui retire peu à peu toute culture, considérée comme superflue, de ses programmes : le grec a presque disapru des collèges et lycées, le latin ne devrait pas tarder à connaître le même sort ; le rapport Thélot préconisait même d'enseigner aux élèves "l'anglais de communication" parce que cela est essentiel pour la vie active, cela en éliminant des cours tout ce qui est consacré à la civilisation anglaise.

Finkielkraut est aussi particulièrement disert lorsqu'il traite de la question juive et de l'antisémitisme, et du problème relié qui est le conflit israélo-palestinien. Il fût l'un des premiers à dénoncer la nouvelle vague antisémite que connaît la France depuis le début de notre siècle, dénoncant notamment les dérapages du courant altermondialiste. Les juifs qui faisaient partie de ce mouvement l'ont quitté, les catholiques s'y retrouvent de moins en moins. Pourquoi ? Les leaders altermondialistes sont pro-palestiniens, ce qui est leur droit le plus total, mais excusent les terroristes palestiniens (qui tuent des israéliens innocents juste parce qu'ils sont juifs) et l'antisémitisme (Bové, Dieudonné, Tariq Ramadan, tous ont tenu des propos antisémites) : lorsque des juifs en kippa se font agresser dans une manifestation altermondialiste (où certains portent des pancartes avec affirmant que l'étoile de David égale la svastika nazie) à laquelle ils participaient, les leaders ne le condamnent que du bout des lèvres, en rappelant que les manifestations pro-israéliennes connaissent aussi des dérapages (verbaux), et que les palestiniens souffrent (en clair, pour eux, un juif, c'est presque un israélien, et un israélien c'est -toujours selon eux- un méchant). Le pire étant que des association soi-disant anti-racistes, proches de l'extrême-gauche, le MRAP et la Ligue des Droits de l'Homme, qui font partie de ce mouvement altermondialiste, ferment les yeux sur l'antisémitisme dès lors qu'il est commis par un pro-palestinien (mais n'ont aucun mal à le condamner lorsqu'il vient de l'extrême-droite). On l'a vu, le raisonnement des leaders altermondialistes est particulièrement simpliste. Par conséquent, lorsque Finkielkraut, partisan engagé de la paix en Israël (il est notamment un des porte-parole en France de l'association La Paix maintenant, les amis de Shalom Arshav, et a été l'un des principaux promoteurs français du protocole de paix de Genève proposé fin 2003) refuse d'être le "bon juif" des anti-sionnistes, celui qui leur permettrait d'insulter encore plus les autres juifs, et refuse de voir en Sharon le mal absolu, ceux-ci le décrètent tout simplement sioniste (et dans leur raisonnement, le sionisme, doctrine qui vise uniquement à permettre aux Juifs de s'installer sur la terre d'Israël -en offrant notamment la nationalité israélienne aux immigrants juifs qui le souhaitent-, est un racisme), supporter de Sharon, etc. Ce qui est une erreur : certes, Finkielkraut a, comme la plupart des Juifs, un attachement atavique pour Israël, mais cela ne va pas plus loin : lui qui est proche des travaillistes israéliens, il est un des premiers à critiquer, lorsque cela est jusitifié, la politique de Sharon. Il me semble personnellement évident que le fait que Sharon décide d'évacuer la bande de Gaza est une bonne nouvelle, qui créera à coup sûr un précédent pour l'évacuation de la Cisjordanie selon le protcole de Genève ("From Geneva to Gaza, from Gaza to Geneva"), mais cela semble trop dur à reconnaître pour les altermondialistes… Puisque j'ai les mêmes positions que Finkielkraut sur le conflit israélien, et que comme lui, si j'avais été citoyen américain, j'aurais voté Kerry, mais qu'"entre Bush et les anti-américains, je choisis Bush", je me ferais certainement cataloguer de la même manière comme sionniste si je n'étais pas catholique !!

Il n'est pas aisé de se faire comprendre des esprits manichéens bornés. Ceux-ci sont plus sensibles au discours d'un Dieudonné, qui déteste Finkielkraut, qui déclame qu'Al Manar (la chaîne du Hezbollah libanais qui diffuse des feuilletons antisémites et glorifie les terroristes palestiniens comme des martyrs) est une très bonne chaîne, et qu'on l'a censuré uniquement parce qu'elle critiquait Israël, et qui profite du flou qu'il y a dans la tête des gens autour d'Israël et des Juifs, pour passer d'un soutien légitime à la cause palestinienne à des attaques intolérables contre les juifs français (qu'il a qualifié d'"anciens négriers reconvertis dans la banque, la finance et l'action terroriste" dans le Journal du Dimanche). Il ne faut cependant pas laisser l'entière parole aux simplistes. Il faut au contraire s'atteler à combattre leur discours. Sur le fait que la France se soit félicitée de l'unité du monde arabe derrière la France lorsque Chesnot et Malbrunot ont été pris en otage, malgré les soutiens gênants des terroristes du Hamas (le jour-même où cette organisation revendiquait un attentat anti-israélien à Beer-sheva ayant fait 16 morts dont un enfant de cinq ans) et du Hezbollah, il a eu cette phrase que j'ai trouvé très juste : "Plus on est Pétain, plus on se la joue De Gaulle".

Vous pouvez retrouvez Alain Finkielkraut le samedi matin entre 9h10 et 10h dans Répliques, l'émission qu'il anime sur France Culture, et dans Qui-vive, l'émission hebdomadaire qu'il fait sur la radio juive RCJ (avec Ilana Cicurel).

vendredi 14 janvier 2005

Emmenez-moi - CHARLES AZNAVOUR

Aznavour… Que dire… Le plus grand chanteur français vivant sans doute… Tout le monde connaît ses chansons (Je me voyais déjà, La bohème, Hier encore, Les comédiens, Comme ils disent, Que c'est triste Venise, Les plaisirs démodés, etc.). Moi, je me suis remis depuis quelque temps à la chanson française… Et après Brel, Renaud, Gainsbourg, je me suis dit "Et si je ressortais du Aznavour ?"… Et j'ai ressorti une cassette (oui, oui, une cassette, ça existe encore !) d'Aznavour, un best-of je crois… Et là… le choc… comment ai-je pu vivre des années sans écouter du Aznavour ???
Ses chansons sont plutôt nostalgiques, et c'est ça qui me plaît… Je n'ai que 20 ans mais je regrette l'époque où j'étais insouciant (désormais je me sens agressé par le monde qui m'entoure). Je ne vous mets pas ici les paroles de "Hier encore (j'avais 20 ans…)" puisque aujourd'hui encore j'en ai 20 LOL. La chanson dont les paroles suivent est Emmenez-moi, une des plus merveilleuses d'Aznavour : elle raconte l'histoire de quelqu'un qui veut quitter sa vie, et ça me touche car moi aussi, je voudrais qu'on m'emmène "au bout de la terre", au "pays des merveilles"…

Vers les docks où le poids et l'ennui
Me courbent le dos
Ils arrivent le ventre alourdi
De fruits les bateaux

Ils viennent du bout du monde
Apportant avec eux
Des idées vagabondes
Aux reflets de ciels bleus
De mirages

Traînant un parfum poivré
De pays inconnus
Et d'éternels étés
Où l'on vit presque nus
Sur les plages

Moi qui n'ai connu toute ma vie
Que le ciel du nord
J'aimerais débarbouiller ce gris
En virant de bord

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Dans les bars à la tombée du jour
Avec les marins
Quand on parle de filles et d'amour
Un verre à la main

Je perds la notion des choses
Et soudain ma pensée
M'enlève et me dépose
Un merveilleux été
Sur la grève

Où je vois tendant les bras
L'amour qui comme un fou
Court au devant de moi
Et je me pends au cou
De mon rêve

Quand les bars ferment, que les marins
Rejoignent leur bord
Moi je rêve encore jusqu'au matin
Debout sur le port

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Un beau jour sur un rafiot craquant
De la coque au pont
Pour partir je travaillerais dans
La soute à charbon

Prenant la route qui mène
A mes rêves d'enfant
Sur des îles lointaines
Où rien n'est important
Que de vivre

Où les filles alanguies
Vous ravissent le cœur
En tressant m'a t'on dit
De ces colliers de fleurs
Qui enivrent

Je fuirais laissant là mon passé
Sans aucun remords
Sans bagage et le cœur libéré
En chantant très fort

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil...

mercredi 12 janvier 2005

Technikart

J'avais acheté il y a quelques années un numéro hors-série de ce magazine, consacré à la musique électronique française. J'en avais gardé le souvenir d'un magazine assez peu accessible…
Au mois de novembre, j'étais chez un marchand de journaux, à la recherche d'un magazine culturel (atterré par la nullité de Rolling Stone) pour compléter ma lecture de Marianne, et je suis tombé sur Technikart nouvelle formule… Une nouvelle formule est souvent synonyme pour un magazine de dernière chance avant l'arrêt. Je ne sais pas si c'est le cas pour Technikart, mais l'arrêt de Nova Mag peut nous faire légitimement penser que cela ramènera des lecteurs à Technikart…
Donc, l'accroche "Ni putes ni soumises ni très clair" m'a donné envie de feuilleter ce mag, ce qui m'a permis de constater que les articles avaient l'air très intéressants… Impression confirmée par la lecture du numéro !!!
Et ce mois-ci, je tombe sur une accroche "Les altermondialistes sont-ils des antisémites ?". Exactement ce que je pense, exactement ce que dénonce Finkielkraut (qui est d'ailleurs interviewé dans l'article).
Tout le numéro est excellent, un article qui dénonce le principe même du Téléthon… Bref, Technikart est désormais le magazine culturel que j'achèterais chaque mois !

Bien meilleur que le pseudo-branchouille Inrockuptibles ou le médiocre Rolling Stone (et pourtant Dieu sait si l'original de Rolling Stone est une référence) , je vous conseille vivement la lecture de ce magazine… qui est un des rares à proposer une pensée différente !

Et n'oubliez pas…


lundi 10 janvier 2005

Russophobie ambiante

S'il est un point sur lequel se rejoignent les anti-américains et les bushistes, c'est la haine contre la Russie de Poutine, puissance impérialiste pour les premiers, puissance concurrente des États-Unis pour les seconds. Certes, le régime de Poutine connaît actuellement une dérive autocratique inquiétante, mais cela

Premier exemple de cette russophobie : en septembre dernier se déroule la tragédie de Beslan. Puisque dans l'inconscient collectif de notre société, les tchétchènes sont forcément gentils et les russes méchants, la majorité des medias français montrent du doigt, non pas les preneurs d'otages tchétchènes, mais le pouvoir russe qui a raté la négociation. Ce pouvoir coupable de faire la guerre aux terroristes islamistes tchétchènes. On excuse donc ceux qui ont mené la prise d'otage qui a mené à la mort de centaines d'enfants (comme on excuse ailleurs le fait que les terroristes palestiniens tuent des civils innocents, et notamment des enfants), et ce sont les Russes qu'on montre comme des salauds. Et je suis sûr que la majorité des gens, ne suivant que d'une oreille cette actualité tragique n'en aurons retenu qu'elle était à imputer aux Russes.

Deuxième exemple, beaucoup plus récent, la révolution orange en Ukraine. En temps que révolutionnaire, je ne peux que me féliciter de sa réussite. Il fallait bien évidemment soutenir Ioutchenko parce qu'on lui avait, à la faveur d'une fraude massive, volé sa victoire, et aussi qu'il avait été empoisonné. Mais nos medias ne s'en sont pas contentés, cherchant sans relâche à nous démontrer que Ioutchenko le pro-occidental était le gentil, et Ianoukovitch le pro-russe le méchant. On a souligné le soutien, notamment financier de la Russie, aux bleus de Ianoukovitch (qui, comble de l'horreur, parle russe !), sans remarquer que des fondations américaines financaient ouvertement les oranges. On a fermé les yeux sur les compagnonnages antisémites du leader orange. On a même cherché à nous démontrer que le programme orange était meilleur que le bleu : comment l'Ukraine pourrait-elle ne pas choisir le candidat qui nous est favorable, qui pense comme nous, nous qui sommes bien meilleurs que les russes ? (j'en profite pour remarquer que si les électeurs votaient le meilleur candidat à une élection, Jospin serait président !). Et, comme le remarque le Marianne de cette semaine (n° 403), nos medias sont restés bizarrement muets sur le fait que Ianoukovitch ait déjà abandonné ses principales promesses électorales : plus question de revenir sur les privatisations douteuses et opaques, plus question de retirer le contingent ukrainien d'Irak.

Si dans des cas similaires, comme Israël, il y a des lobbies assez fort pour rappeler les medias à la mesure de leurs propos, il n'y a ici aucun garde-fou pour lutter contre la russophobie. Mon propos n'est absolument pas de cautionner la politique russe (que je désapprouve majoritairement), mais simplement d'appeler à prendre un peu de recul, de refuser le manichéisme, afin de lutter contre cette russophobie !

Friends : la fin d'une époque

À l'heure ou j'écris ceci, nous sommes le jeudi 30 décembre 2004, il est un peu plus de 19h, je viens de voir le dernier épisode de Friends. Ma série culte, comme elle était aussi celle de pas mal de gens de ma génération. En clair, je viens de voir se refermer une partie de ma jeunesse… La dernière fois que j'ai été autant ému par une émission télé, c'était le dernière de Nulle Part Ailleurs en juin 2000… Depuis l'arrêt de Nulle Part Ailleurs, les meilleurs moments de De Caunes et Garcia ou de Les Nuls dans cette émission, qui avait pourtant une audience assez faible, servent régulièrement aux prime-times des grandes chaînes… Friends, c'est pareil : comme on parle encore aujourd'hui de Starsky et Hutch, je suis sûr que dans 30 ans, on parlera encore de Friends, et que nous, nous dirons « je me souviens, c'était la série que je regardais quand j'étais jeune… Rachel, Monica, Phoebe, Joey, Chandler et Ross… Et la petite Jennifer Aniston, celle qui jouait Rachel, elle avait même réussi à séduire Brad Pitt, le mec le plus sexy du monde à l'époque (quoique les cheveux blancs, ça lui va divinement bien à Brad ;)). Bon leur mariage a pas durer longtemps mais… Et puis tu te souviens de la chanson de Phoebe "Tu pues le chat ?". Et de Gunter, le barman du Central Perk ? Et de Jannice "Oooooh-mooooon-diiiiiiieu !" ? ». Et nos enfants adoreront aussi !
Je m'y attendais depuis longtemps à la fin, ils devaient s'arrêter après la 6ème saison, puis la 8ème, puis la 9ème, et enfin la 10ème, mais ça marque… j'avais même les larmes aux yeux quand Rachel appelle de l'avion (hop la formulation qui permet de ne pas révéler la fin à ceux qui n'ont pas vu l'épisode LOL) !
Mais il me reste tout de même des programmes cultes à la télé : Tout Le Monde En Parle et Les Simpsons !!

PS : si jamais vous voulez m'offrir l'intégrale des 10 saisons de Friends, n'hésitez pas ! LOL