Peut-on encore changer le monde ?


(La liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix)

Je le pense. Et plutôt que de paraphraser un excellent édito de Jean-François Kahn dans Marianne, je vous en livre un extrait ci-dessous. JFK, ancien patron de L'Évènement du Jeudi, fondateur et directeur de Marianne, se définit comme "centriste révolutionnaire". Je trouve que cela convient assez bien pour me définir. Pour faire simple, un centriste révolutionnaire, c'est un révolutionnaire qui refuse la révolution communiste et la révolution capitaliste…

Peut on encore changer le monde? De toute façon, y renoncer ne l'empêchera pas de changer, mais reviendrait à laisser à d'autres, en particulier aux forces de régression, le soin de déterminer la nature de ce changement. Le monde change et changera, en effet, malgré nos démissions, mais dans le sens désiré par ceux qui y investiront, eux, le plus de volonté, de fanatisme ou de rage(…)

Imaginez un démocrate allemand qui, dans les années 20, répondait, désabusé, à la question «Peut on encore changer l'Allemagne?» : «C'est sans espoir, il faut renoncer à ce rêve!» Il ne lui restait plus, alors, dix ans plus tard, qu'à constater que, fort de son renoncement, Hitler avait fait changer l'Allemagne, ce que lui même refusait même d'essayer(…)

La question n'est finalement pas : "Peut-on changer encore ce monde-là ?" car les malheurs qu'il génère ne sont contrebalancés que par la désespérance qu'il encourage ou les fureurs qu'il suscite. Mais : "Qui le changera ? Et dans quelles perspectives ?".
Dit autrement, renoncer aux révolutions pour le meilleur, c'est laisser le champ libre aux révolutions pour le pire.(…)"

Oui, on peut encore changer le monde. On le doit!

Jean François Kahn, Marianne, 31 juillet au 6 août 2004, p. 7

L'éditorial au complet :
http://www.marianne-en-ligne.fr/archives/e-docs/00/00/0D/46/document_article_marianne.md

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