dimanche 28 décembre 2008

Dieudonné "pas d'accord avec toutes les thèses" de Faurisson

À l'occasion de son spectacle au Zénith de Paris, l'humoriste Dieudonné a fait accueillir sous un tonnerre d'applaudissements le négationniste Robert Faurisson, plusieurs fois condamné pour "contestation de crime contre l'humanité". Une provocation de plus pour faire parler de ses spectacles.

Il s'en explique au JDD :
Je ne suis pas d'accord avec toutes ses thèses. Il nie par exemple la traite des esclaves organisée depuis l'île de Gorée, au large de Dakar. Mais pour moi, c'est la liberté d'expression qui compte.

"Pas d'accord avec toutes les thèses" de son invité. Dieudonné cautionne donc un certain nombre d'entre elles. Lesquelles ?

Sans vouloir faire de procès d'intention, il reste troublant que Dieudonné ne cite pas, parmi ses désaccords, la principale thèse de Faurisson, celle pour laquelle son nom est connu : la négation des chambres à gaz et du génocide des juifs.

Souvenez-vous, en mars 2005, Dieudonné expliquait sur Beur FM qu'il avait "arraché les pages" traitant de la Shoah dans les livres d'histoire de ses enfants…

samedi 27 décembre 2008

Vrac de belles images (1)

[Japon] Dark Roaster Blend : Astounding Japanese Highways, Bridges and Interchanges [via Gizmodo]

[Pologne, Cinéma] Wellmedicated : 50 Incredible Film Posters From Poland

[Espagne, Noir et blanc] Chema Madoz - fotógrafo

[Japon] Masataka Nakano : Tokyo Windows [via bienbienbien]

[P2P] Rich Vogel : http://www.foundphotos.net/ « The FoundPhotos Archives consist of my filtered view from thousands of images downloaded via peer to peer filesharing networks, updated semi-regularly. »

[HQ, 2008] The Big Picture : The year 2008 in photographs (part 1, part 2, part 3)

vendredi 19 décembre 2008

Belgique : Fortisgate, ou Leterme l'incompétent

Il y a presque un mois, je relevai le fait que la Belgique avait tenu plus de 3 mois sans crise politique, pour la première fois depuis les élections législatives.
La raison de cet accalmie était la crise financière : le sauvetage du secteur bancaire belge (Fortis, KBC, Dexia, etc.) avait réussi à éclipser les divisions entre flamands et wallons.

Mais, aujourd'hui, la crise politique belge est de retour !

Rappel des faits :
Début octobre, Fortis, principale banque belge, est au bord du gouffre. Dans l'urgence, le gouvernement Leterme nationalise la banque puis la revend (la partie néerlandaise est rachetée par les Pays-Bas, les parties belges et luxembourgeoises par le français BNP-Paribas).
Cela est fait par le gouvernement Leterme à la va-vite, oubliant toutes les bases légales de la gestion d'une entreprise et notamment l'accord d'un conseil d'administration.
Pas très rigoureux, mais Leterme se défendait en disant que c'était le seul moyen d'éviter la faillite de Fortis.
Ce n'est (au final) pas l'avis de la justice belge rendu samedi dernier, considérant qu'une situation grave n'est pas une raison pour violer la loi.

Pire, les juges ont cafté : oui, Leterme, se doutant que ces décisions allaient être cassées par la cour d'appel, a bien essayé de lui forcer la main, de faire pression pour influer sur la décision finale.
Scandale ! C'est le Fortisgate : Leterme est poussé à la démission, sa 4ème (comme formateur puis comme premier ministre) en un an et demi !

Leterme a finalement été une erreur de casting magistrale. Certes, en temps que chef du parti vainqueur des élections législatives, c'était le plus légitime.
Mais être légitime ne vous rend pas compétent.
Leterme a été incompétent à résoudre la crise communautaire (les partis wallons et flamands discutent dans le vide depuis... juin 2007 !!!). Même BHV est toujours au point mort.
Leterme a été incompétent à résoudre la crise financière belge, ajoutant à une bêtise (vendre Fortis à BNP Paribas sans demander l'avis de personne) un grave dérapage (pressions sur la justice).

Si le roi accepte la démission de Leterme (ce qu'il n'avait pas fait en juillet), le gouvernement, entré en fonctions le 20 mars dernier, aura tenu 9 mois.
9 mois, normal pour Leterme ;)

(à voir sur Arte+7) La bisexualité : tout un art ?

À voir jusqu'au 25 décembre sur arte+7 :
La bisexualité : tout un art ?, un documentaire de Laure Michel et Eric Wastiaux (56 minutes).

Je retrouve dans ce film ce que je pense.
Pour moi, nous sommes à la base tous attirés à la fois par les hommes et les femmes, avec une répartition qui varie selon les personnes. L'hétérosexualité (ou l'homosexualité) n'est pas innée chez l'homme, pas plus que la monogamie.
Ce sont les normes de notre société actuelle qui nous imposent la monogamie et le choix d'une orientation sexuelle (si possible destinée à la reproduction). Les sociétés comme la Grèce antique n'avaient d'ailleurs pas ces normes-là.

La bisexualité m'évoque d'une certaine manière l'agnosticisme, à travers le refus de faire son choix entre deux dogmes bien arrêtés. Le choix ne doit pas être binaire, mais bien scalaire (voir échelle de Kinsey), et le moins dépendant possible des normes.

dimanche 14 décembre 2008

Suisse : le "mouton noir", ça aurait pu être pire

En 2007, l'UDC, le parti de droite nationaliste qui domine la vie politique suisse, a fait campagne en utilisant l'affiche du "mouton noir" : 3 moutons blancs qui chassaient le noir du territoire suisse "pour plus de sécurité".
Les adversaires de l'UDC s'étaient alors fortement émus de ce dérapage raciste.

Ueli Maurer, qui mène le parti dans l'ombre de Christoph Blocher, a été élu il y a quelques jours conseiller fédéral (ministre) par le parlement suisse.
Fin octobre, il avait accordé une interview au Temps, le quotidien suisse francophone de référence.
Dans celle-ci, il revenait sur la polémique :
Nous avions des affiches plus horrifiantes que celle du mouton noir. Par exemple un homme de couleur muni d'un couteau maculé de sang. Elles sont restées dans les tiroirs.
(dans la suite de l'interview, Maurer se défend de faire l'amalgame entre étrangers et délinquants…)

En effet, le sous-entendu est souvent plus efficace qu'une attaque trop violente.
Si l'électorat UDC voit ça comme des blancs chassants le noir délinquant, le clin d'oeil est réussi ; si les adversaires y voient la même chose (et crient au racisme), le parti nationaliste leur répond que c'est une interprétation, qu'elle est erronnée, que cela fait seulement référence à l'expression "mouton noir".

C'est ce que Gérard Miller appelait, pour désigner les liens entre Le Pen et ses sympathisants, la jouissance du sous-entendu : ces clins d'oeil, "on nous interdit d'en dire plus, mais vous et moi savons bien ce que je veux dire".

vendredi 12 décembre 2008

Contre le travail le dimanche

Je suis contre l'ouverture des magasins le dimanche.
66% des Français sont pour. Mais sans doute que, parmi eux, une grande partie refuserait de travailler le dimanche.

Pour faire passer la pilule, les instigateurs de ce projet font croire que le salarié sera libre de travailler ou non le dimanche. On nous avait déjà fait le coup pour les heures supplémentaires.
Mais qui peut croire, à l'heure où les emplois n'ont jamais été aussi précaires, que les salariés ont perdu tout pouvoir face aux patrons, qu'un travailleur est libre de ses choix de travail ?

Quand j'ai vécu à Tokyo au printemps 2007, j'allais faire mes courses dans un supermarché qui était ouvert 7 jours sur 7. Certes, c'était pratique. Mais ici, je vis très bien sans ce confort.

Je suis contre le travail le dimanche.
Certains le sont pour des raisons religieuses, cela n'est certainement pas mon cas (de toute façon, il y a sans doute en France plus de musulmans pratiquants que de catholiques pratiquants, alors…).

Une raison importante pour moi est le fait que cela favoriserait la grande distribution au détriment des commerces de proximités. Et j'ai toujours eu beaucoup plus de sympathie pour les petits commerçants que pour monsieur Leclerc.

Mais, je suis sans doute également contre le travail le dimanche par un vieux réflexe anti-capitaliste.
J'avais été marqué, en 2007, quand l'une des rares choses qu'Alain Finkielkraut voyait à reprocher à Sarkozy, c'est que ce dernier ne voyait, lui semblait-il, "pas d’inconvénients à nous précipiter dans une société gouvernée par le travail et la consommation, quasi exclusivement, d’où mon inquiétude à le voir sacrifier, sans le moindre problème, le repos dominical".

Je suis attaché au fait qu'il y ait un jour dans la semaine qui ne soit pas consacrée à la consommation, mais aux loisirs. Une certaine idée du "vivre ensemble".
La France garde, depuis longtemps, une certaine place à l'épanouissement du peuple par les loisirs, là où d'autres pays sont axés uniquement sur le travail. Cela ne nous a pas empêché d'inventer le TGV.

dimanche 7 décembre 2008

Contre le PS

Ça y est, je ne supporte plus le Parti Socialiste.
Je n'ai jamais caché mon opposition à Ségolène Royal. Mais le spectacle du congrès de Reims et la mascarade de l'élection du premier secrétaire m'ont montré que les autres leaders socialistes ne valaient pas mieux.

L'homme politique le plus légitime pour diriger le PS était, sans contestation possible, Ségolène Royal : candidate aux présidentielles en 2007, motion arrivée en tête au congrès, candidate en tête au premier tour. Et, elle n'est pas un modèle de laïcité à la Fabius, mais Aubry est bien pire sur ce point-là…
Désolé, mais la détestation de Ségolène Royal n'est pas un programme politique recevable.
Quoi d'autre regroupait Delanoë et Hamon derrière la maire de Lille ? Le programme Aubry était très proche de celui de Royal (social-démocratie européiste molle et impuissante). Comme ils ne pouvaient pas dire « c'est pour se débarrasser de la folle », ils ont trouvé un prétexte ridicule (l'alliance avec le MoDem).

Le monde connaît une crise financière majeure. Et les socialistes s'en foutent, ils se déchirent.

Nous sommes quand même dans une situation où les meilleures critiques prononcés à la télévision contre la domination du capital sur le travail, contre le libre-échange, le sont par… un journaliste du Figaro, Éric Zemmour.
Cela en dit long sur le vide idéologique actuel des socialistes.

mardi 2 décembre 2008

« Un dernier skeud avant qu'on me fasse sauter le pas… »

Il y a exactement 10 ans sortaient les Liaisons Dangereuses de Doc Gynéco.

Pas vraiment un album studio de ce dernier (il n'apparaît que sur 6 des 18 pistes), plutôt une compilation qu'il drive, avec le casting le plus fou que je connaisse : des Rita Mitsouko à Ärsenik, de Rockin' Squat d'Assassin à Tonton David, en passant par un Bernard Tapie fraîchement sorti de prison et un Renaud dans sa pire période d'alcoolisme.

Première Consultation était l'album d'un gamin qui mettait une claque au rap français.
Quality street sera l'album de la mélancolie, le plus beau et le plus touchant de sa carrière.

Entre les deux, les Liaisons. Déjà désabusé mais pensant encore changer les choses, ce Doc-là mélange verve et mélancolie.
Et signe le magnifique "L'homme qui ne valait pas dix centimes"

Un Bruno remonté contre sa maison de disque ("signer sur des labels qui ne pensent qu'au fric", "Demande à Virgin si j'ai des copines dans la machine / (…) C'est des sadiques, je veux le contrôle de mes clips, de ma musique"), et l'industrie musicale en général ("si je pouvais je ferais les pubs qui vont avec les tubes / Et tu comprendrais comment on t'entube"), et pensant encore qu'il arrivera à prendre le pouvoir avec ses potes du Secteur Ä ("T'es qu'une balance, un mec comme toi peu suffire / À faire sauter tout ce qu'on veut créer, notre empire").

Et puis ce dernier couplet magnifique :
Sortir de la musique comme j'y suis entré, libre,
Reprendre les livraisons lorsque mon bipeur vibre,
On déclare ce jeune branleur ivre, révolutionnaire,
Avec le recul la vérité a dû leur plaire,
Ils parlent de moi en exemplaire,
Ils disent que je suis fou, que dans la vie fait mon trou,
Pas besoin de grimper dans leur estime,
Je suis l'homme qui ne valait pas 10 centimes,
Il n'y a que les morts qui ne parlent pas,
Un dernier skeud avant qu'on me face sauter le pas.
Quoi qu'il arrive sur la planète Terre,
Dans le monde des affaires, le rap, les ministères,
C'est toujours un… gangster qui contrôle l'affaire.

lundi 1 décembre 2008

Oiligarchy

Connaissez-vous la Molleindustria ?
Collectif italien mené par Paolo Pedercini, réalisant des jeux flashs politiques, franchement orientés à gauche.
Leurs cibles préférées ? Les grandes entreprises capitalistes et les religions.

On leur doit le célèbre McDonald's video game (construire l'empire McDo en faisant preuve de cynisme), mais aussi Operation:PedoPriest (aider le Vatican à étouffer les scandales pédophiles -censuré en Italie-), Faith Fighter (prophètes et dieux s'affrontant à la Street Fighter -cité récemment par Tristan-).

J'ai découvert aujourd'hui, grâce à Jayisgames, leur nouveau jeu.

Cela s'appelle Oiligarchy, et c'est du très bon. Foncez !

Le principe ? Vous êtes à la tête d'une entreprise pétrolière que vous devez faire fructifier. Corrompre les représentants du peuple pour dicter vos lois, renverser le régime irakien, acheter la coopération d'un dictateur africain, tout est bon pour y arriver !
Mais les ressources finiront par se raréfier…

Jouer à Oiligarchy

Transsibérien

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais j'aime profondément la Russie.

Il y a des cultures qu'on découvre grâce à la lecture, et dont on finit par tomber amoureux. Pour certains c'est le Japon, pour d'autres ce sont les États-Unis, pour moi c'est la Russie.

Si la civilisation et l'histoire russe me passionnent, je suis également fasciné par la grandeur de ce pays, le plus vaste du monde, qui fait à la fois face à l'Europe (Saint-Pétersbourg, à l'ouest), à l'Alaska (près du détroit de Béring, au nord-est) et au Japon (Vladivostok, au sud-est).

Il y a un train mythique traversant le pays, reliant Moscou à Vladivostok en passant par la Sibérie : c'est le Transsibérien. Cela fait partie des voyages que je me suis promis de faire une fois dans ma vie (j'ai encore plusieurs décennies pour ça ;-D).

Je découvre donc avec bonheur, via bienbienbien.net, cette série de photos sur le Transsibérien. Les premières montrent Moscou et Saint-Pétersbourg, mais c'est surtout après cette photo que commence vraiment le voyage sur le Transsibérien proprement dit. À voir, vraiment.

Britney Spears - If you seek Amy (F. U. C. K. me)

Il y a 5 ans, alors qu'elle passait encore pour une gentille fille sage, Britney Spears écrivait Touch of my hand, qui faisait l'éloge de la masturbation.
Et maintenant que Britney est devenue (pour m'auto-citer) la bitch ultime ?

Voici If you seek Amy, 6ème chanson de l'album Circus.

Britney y est à la recherche d'une certaine Amy, et une chose semble l'obséder : savoir si vous cherchez Amy ("if you seek Amy") vous aussi.
En témoigne le refrain
Love me hate me/Say what you want about me/But all of the boys and all of the girls are beggin' to If You Seek Amy
Love me hate me/But can't you see what I see/All of the boys and all of the girls are beggin' to If You Seek Amy
ou le pont
Oh baby baby/If You Seek Amy tonight/Oh
Oh baby baby/We'll do whatever you like

Là où la chanson est intéressante, c'est qu'il se trouve que, sans nul doute par le plus grand des hasards, que "If you seek Amy" se prononce pratiquement comme "F. U. C. K. me" (épelé en anglais).

Maintenant que vous savez ça, réinterprétez le refrain et le pont ;)


Découvrez Britney Spears!