mercredi 20 février 2008

Quand on n'a pas d'arguments…

…on fait passer toute critique pour du racisme. C'est pratique, ça permet d'éviter de répondre sur le fond.
Deux exemples :
Karoutchi qui défend Sarkozy :
Devant une assistance imperturbable, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les "attaques" contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay "mi juif, mi protestant" cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. "Cela a contribué au fait qu'il soit assassiné", a-t-il même tenu à préciser

Rama Yade, en campagne électorale :
Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire

Le but ? Remplacer la réflexion, le débat d'idée, par les réflexes de l'émotion. Que les gens ne votent pas pour un candidat parce qu'il est meilleur qu'un autre, mais parce que ses adversaires sont de méchants racistes.
Ridicule. C'était d'ailleurs tout aussi énervant quand Ségolène Royal et ses fidèles tentaient de faire passer ses adversaires pour d'affreux machistes…

lundi 18 février 2008

Si on arrêtait de crier à l'antisémitisme pour n'importe quoi ?

Je découvre, notamment chez Guy Birenbaum, une affaire concernant le journaliste Yves Stefanovitch. Birenbaum a l'habitude d'accuser à tort les gens de racisme (Renaud Camus, Alain Finkielkraut).

Un débat en présence de Jean-Marie Cavada, où Stefanovich critique la façon de Delanoë de draguer le vote juif. On l'accuse d'antisémitisme, le PS le premier, évidemment…
J'ai beau regarder la vidéo, je ne vois rien d'autre qu'une critique du communautarisme, mâtinée de quelques maladresses. Je suis en désaccord avec son analyse, mais je ne la trouve pas pour autant raciste.
Moi qui suis profondément républicain, qui considère que la nation passe avant la religion, l'orientation sexuelle, etc., la drague du vote communautaire m'est insupportable. J'ai toujours trouvé ça désolant quand les candidats clament leur amour de la Palestine ou d'Israël, selon que leurs électeurs soient majoritairement arabes ou juifs.
Et bien, quand j'entends les propos de Stefanovitch, je ressens une attaque contre le communautarisme, et rien de plus.

L'antisémitisme, comme tout racisme, comme toute intolérance, m'est insupportable. J'ai d'ailleurs souvent, sur ce blog, dénoncé l'antisémitisme de Dieudonné et du réseau qui le soutient sur le net, les Ogres. Et c'est parce que je suis vigilant contre le racisme que je considère qu'il ne faut pas porter ce genre d'accusation grave pour n'importe quoi. Il faut s'assurer de ce que la personne a réellement voulu dire. J'en ai donc lu plus, ce qui a confirmé ma pensée : cette personne ne me semble animée d'aucun racisme !

vendredi 15 février 2008

En parler ?

Soyons clairs.
Les discours de Latran et de Ryad, la médiatisation de son aventure avec une starlette, le dîner du Crif, tout ça m'horripile.
D'autant plus que, si certains sont déçus par Sarkozy, ce n'est pas mon cas : je n'ai jamais cru en lui ; qu'il soit communautariste, anti-laïque, je le savais déjà. C'est d'ailleurs pour ça que j'avais soutenu avec force Royal face à Sarkozy, pas toujours en finesse, parce que je voyais Sarkozy comme un danger.

Je me suis rendu compte que j'ai très peu parlé de Sarkozy depuis les dernières élections, préférant m'intéresser aux situations politiques suisse et belge, à l'impayable droite grenobloise, et à la critique de la modernité. Si certains font de l'anti-sarkozysme leur fond de commerce, j'évite cela, préférant rechercher des sujets plus originaux.
Ce n'est pas volontaire, je fais une sorte de blocage : plus je vois Sarkozy, moins j'ai envie de consacrer un article à ce personnage, de participer moi-même à cet emballement.

J'en avais déjà donc ras-le-bol de Sarkozy.
Mais cette fois, imposer la mémoire des enfants juifs déportés aux gamins de 10 ans, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
C'est une drague communautariste ignoble, ça ne fera que renforcer la compétition victimaire, et c'est surtout, encore une fois (après la lettre de Guy Môquet) la dévalorisation du pouvoir de l'instruction au profit d'une émotion imposée.
L'une des choses intéressantes que Guaino faisait dire à Sarkozy, c'était qu'il fallait en finir avec la repentance, pour fermer les blessures du passé. Résultat, on veut imposer la repentance à des gamins de 10 ans en pleine formation intellectuelle !! On marche sur la tête !

Là, Sarkozy a touché deux sujets sensibles : la Shoah et l'éducation des enfants de la république. On ne peut pas laisser passer cela sans réagir… Mais n'est-ce pas là le piège ?
Carla Bruni était un moyen de faire oublier Khadafi, la mémoire de la Shoah n'est-elle pas un moyen de faire oublier Carla ?

Que faire ?

dimanche 10 février 2008

Dans la série "je parle de Facebook pour faire moderne"…

…un article du figaro.fr sur le lâchage de Martinon à Neuilly par Jean Sarkozy, qui se termine ainsi :
Sur le réseau social Facebook, dont Jean Sarkozy et David Martinon sont deux adeptes, la rupture n'est pas encore consommée, et les deux hommes y étaient toujours, à la mi-journée, affichés comme des «amis». En revanche Arnaud Teullé, lui aussi membre du réseau, n'est toujours pas «ami» avec David Martinon.
Intérêt zéro.
Franchement, que peut-on déduire du fait que deux personnes soient ou non amies sur ce réseau social ? Rien, ce n'est que du virtuel (c'est d'ailleurs pour cela que l'AFP interdit à ses journalistes de se servir de Facebook comme source).
Alors, que la rupture entre celles-ci n'y soit "pas encore consommée" a encore moins d'intérêt (comme si Jean Sarkozy n'avait pas des choses plus importantes à faire, alors que la confusion règne désormais dans la droite neuilléenne, que d'aller effacer Martinon de ses amis sur Facebook)…

Rien qui permette de compléter ou d'analyser l'information, et qui justifierait la présence de ces lignes.
Juste une volonté de faire moderne, en parlant du truc branché que la grande majorité des lecteurs ne connait pas : il y a un an, on aurait fouillé les myspaces ou les QG virtuels sur Second Life…

dimanche 3 février 2008

will.i.am - "Yes We Can" (Barack Obama)

Les chansons pro-Obama, ça a quand même une autre gueule que les chansons pro-Sarkozy.

Vous vous souvenez peut-être des fameuses chansons de soutien au candidat de l'UMP disponibles sur son site de campagne. Notamment le fameux "Show Gars", interprété par deux inconnus nommés Gérard et Tomy (qui se plaignent d'ailleurs d'avoir été oubliés).
Des inconnus qui chantent des paroles ridicules.

Aux États-Unis, c'est d'un tout autre niveau. C'est will.i.am (des Black Eyed Peas) qui s'y colle, à partir d'un discours d'Obama, et ça donne "Yes We Can".
Avec les chanteurs Nicole Scherzinger (PussyCat Dolls), Tatyana Ali, John Legend, Common, le pianiste Herbie Hancock, le basketteur Kareem Abdul-Jabbar, les acteurs Harold Perrineau Jr. (Michael dans Lost) et Scarlett Johansson, et bien d'autres célébrités américaines :

C'est quand même bien plus classe et, surtout, c'est émouvant.

PS : will.i.am explique pourquoi il a fait cette chanson, sur son blog, et sur ABC.

vendredi 1 février 2008

Mediapart, la victimisation comme vecteur de buzz ?

Rue89 a été lancé le 6 mai 2007. Il leur a fallu moins de dix jours pour faire parler d'eux, en révélant le scoop censuré du JDD sur le non-vote de Cécilia Sarkozy.
MediaPart, le media web payant d'Edwy Plenel, a plus de mal à faire parler de lui en attendant son lancement officiel, sinon par le soutien encombrant de Ségolène Royal. Nous allons le voir, ils ont pour l'instant choisi la victimisation plutôt que le contenu, pour se faire un nom.

La première chose à laquelle j'ai pensé en entendant parler de Mediapart, c'est ce que j'ai dit dans un commentaire laissé chez Versac :

Une question toute bête : Mediapart, ils ont pas peur que Media-participations, les cathos belges de la BD, trouvent le nom trop proche du leur ?
Parce que bon, Media-Participations, ce n'est pas rien : c'est quand même le plus gros éditeur de BD européen (propriétaire notamment de Dargaud et Dupuis), qui fait aussi dans l'édition classique, l'audiovisuel et la presse (Spirou, bien sûr, mais aussi Rustica).

Bingo ! Ma prédiction s'est réalisée ! Je le découvre ce soir, Media-Participations attaque MediaPart pour contrefaçon de marque.

Ce que je trouve ridicule, c'est la façon dont MediaPart se défend :
okay, on aurait pu changer de nom tranquillement, de toute façon ce n'était pas le nom définitif, mais finalement on va pas se laisser faire par ces gros méchants capitalistes, on est quand même de gauche, hein ; et puis, media-participations et mediapart(icipatif), ça n'a rien à voir, même si 5 syllabes sur 6 sont identiques, eux c'est "participations", des investissements, le règne de la finance, des méchants, alors que nous on est "participatifs", citoyens, démocrates, des gentils ; ils en veulent à la liberté de la presse.
Je caricature à peine, malheureusement…

Je me demande quand même à quel point tout cela n'est pas fait exprès. Le nom de MediaPart a été choisi malgré sa proximité avec celui (déposé) du groupe belge, qu'ils ne pouvaient ignorer. Les ennuis judiciaires n'auraient-ils pas été pris en compte dans la stratégie de communication ?
Il est vrai que, pour jouer le pot de terre contre le pot de fer, Media-Participations, c'est l'ennemi rêvé : gros groupe financier catho, face à la petite équipe de gauche ; les gentils modernes face aux méchants conservateurs.

On n'attend presque plus que Désirs d'avenir se mobilise pour défendre cette soi-disant menace sur la liberté de la presse.
Et on n'en est pas loin : comme le souligne Abadinte, MediaPart sera représenté devant la justice par Maître Jean-Pierre Mignard… ami et avocat de Royal, et président de Désirs d'Avenir !

EDIT 7 février : l'affaire a finalement été réglée à l'amiable : oubliée la méchante droite religieuse, on parle désormais de "discussion entre personnes de bonne foi"…