À l'adresse de "40 ans plus tard"

Comme la plupart des blogueurs du top wikio, j'ai reçu le fameux mail de "40 ans plus tard" (récupération de mai 68 par les jeunes UMP, pas très facile quand le chef avait promis d'en liquider l'héritage) qui fait parler de lui.
Notamment par le fait que le mail groupé sans utiliser la copie cachée, ça donne les adresses mail de toute le monde (et ça permet les réponses moqueuses de blogueurs de gauche adorant faire les sales gosses avec l'UMP, comme lors de l'épisode Nicolas Princen).

Tout le monde veut récupérer Mai 68 pour soi. Il y a 40 ans, Georges Marchais s'en prenait dans l'Huma à ce mouvement et notamment à"l'anarchiste allemand Cohn-Bendit". Aujourd'hui mai 68 est célébré par l'Huma et par le PCF… Donc pourquoi pas l'UMP…

C'est assez drôle d'entendre les Jeunes Pop raconter que la jeunesse qui bouge n'est plus à gauche comme en 68 : sympa pour les responsables UMP qui étaient jeunes gaullistes à l'époque…

Un truc m'énerve dans toutes les célébrations de mai 68. Particulièrement dans celle de l'UMP.
Mai 68, ce n'est pas que Cohn-Bendit et le quartier latin. C'est aussi est surtout un mouvement ouvrier qui vient se joindre à la révolte étudiante.
Mai 68 n'aurait pas été ce qu'il a été (une révolution) sans le mouvement ouvrier.
Mai 68, c'est près de 10 millions de grévistes, le pays paralysé, les accords de Grenelle, la hausse générale des salaires.
Ça, "40 ans plus tard" n'en dit aucun mot. Il faut dire que la droite a depuis déconstruit ce rapport de force entre salariés et patrons pour confier le seul pouvoir dans l'entreprise aux financiers, culpabilisant les salariés et leur "acquis sociaux".

Mai 68, c'est un mouvement social se greffant sur un mouvement étudiant, conduisant à l'application de revendications de gauche. C'est la peur absolue de la droite, enterrant régulièrement ses projets de lois dès lors qu'une contestation étudiante prend trop d'ampleur (Devaquet, SMIC-jeunes, CPE)…
L'héritage de 68 que veut liquider Sarkozy, ce n'est sûrement pas l'individualisme ou la perte de l'autorité, mais bien ses conséquences sociales.

Commentaires

  1. Oui, il faut en fait commémorer Mai 83 ! Nan mais oh !

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  2. cette année est aussi l'année du cinquantieme anniversaire de notre chere republique, je trouve qu'on n'en parle tres peu dans les médias

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  3. Certes, un mouvement social s'est greffé sur un pouvement étudiant. Mais la greffe n'a pas pris. Dès les accords de Grenelle et une substantielle augmentation des salaires, les syndicats ont rentré les banderolles et fait reprendre le travail, bien souvent contre l'avis de la base. Les étudiants, eux, voulaient un vrai changement de société. Ils sont restés sur leur faim. Et c'est pareil à chaque mouvement. Sarko peut toujours essayer de liquider les acquis sociaux, il n'arrivera pas à liquider les étudiants qui ont pris la relève de ceux de 68 et ça lui fait peur : il envoie des flics de plus en plus armés contre les jeunes. Qu'il se méfie de l'engrenage action - réaction.

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  4. D'accord avec Caro. Vinz, je lis ton blog de temps en temps, avec plaisir, mais cest completement errone de voir mai 68 comme une revolte ouvriere.
    L'annee 68 a vu des revoltes etudiantes a travers de nombreux pays developpes du bloc occidental - et accessoirement a vu une evolution pacifique dun pays communiste vers la democratie matee dans le sang par un grand frere et ses voisins.
    Le contexte est donc sociologique, "civilisationnel", eventuellement politique, mais certainement pas economique.
    Les ouvriers voulaient de meilleures conditions de vie et de travail, ils votaient pour le 1er parti ouvrier de France (non non pas le FN, a cette epoque-la), mais ils ne voulaient pas d'une revolution.
    Mais bon, tu le dis bien, l'idee que l'UMP recupere mai 68 montre bien qu'ils ont pas les idees bien en place!

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