mercredi 28 février 2007

La nation est une valeur de gauche !

Oui, je sais, on est à deux mois des présidentielles, c'est un moment où la gauche doit se réunir, pas se chamailler.
Mais bon, à un moment, il faut arrêter les conneries.
Je lis sur le blog d'un militant à la Confédération étudiante (un syndicat étudiant social-démocrate centriste monté par la Cfdt à partir d'une tendance minoritaire de l'Unef), un argumentaire haineux contre l'Unef (précision : j'ai quasiment toujours voté pour l'Unef-Id, puis pour l'Unef, aux élections étudiantes). La seule critique qui me semble justifiée est celle de la plus grande perméabilité aux discours gauchistes depuis la fusion avec l'Unef-Se (et encore… les motions "gauchistes" sont très minoritaires).

Je passe sur le fait que, oh c'est affreux !, l'Unef ait soutenu le non au référendum (comme la majorité du peuple de gauche, d'ailleurs)… Non, le pire, c'est de faire carrément passer l'Unef pour un parti à la limite pour de la xénophobie. Pourquoi ? Parce que c'est l'union nationale des étudiants de France, et que ces mots semblent être horribles pour ce sans-frontiériste : "il existe à ce jour un parti qui se revendique du national et il n’est guère progressiste, il serait plutôt malheureux d’en être la succursale syndicale étudiante...", "L’honnêteté politique aurait du déjà pousser les dirigeants de l’UNEF à abandonner ce N pour national dans le sigle." Pour résumer, on aurait presque Unef=FN.

Mais, franchement, le pire arrive : "Tout le monde à gauche vous le dira lorsqu’on met les pieds dans le national, on finit toujours par le nationalisme" " La nation n’a pas sa place à gauche".
Cela est totalement faux !!! C'est de la pure malhonnêteté intellectuelle de dire ça !!! Je suis de gauche, et je passe mon temps à dire le contraire !! (voir mon article "Vive la nation !").
La nation à la française, c'est la volonté de vivre tous ensemble, quelque soit sa couleur de peau, sa religion, ses origines, etc. Qu'on vienne me dire que ceci n'est pas une notion de gauche !!.
La nation, c'est l'héritage de la Révolution Française. L'événement fondateur de la République que je chéris, c'est la bataille de Valmy, pour les valeurs des Lumières, aux cris de "Vive la nation" ! Et la nation est un ciment essentiel de l'intégration : Les jeunes français d'origine étrangère revendiquent d'être considérés comme Français, pas citoyens du monde !

Alors non, cher camarade, toute la gauche ne dit pas que "lorsqu’on met les pieds dans le national, on finit toujours par le nationalisme", bien au contraire. Laurent Fabius, éléphant parmi les éléphants du PS, disait exactement le contraire en octobre dernier : "Il ne faut jamais laisser croire, laisser dire, par je ne sais quelle dérive de la parole ou de la pensée, que la nation pourrait dériver vers le nationalisme (…) Nous aimons notre patrie, nous aimons la République, mais nous ne voulons pas de dérive". Il est loin d'être le seul patriote à gauche, on peut citer également Jean-Luc Mélenchon au sein du PS (et je pense que ce sont les convictions républicaines des deux hommes qui les ont rapproché) ou Jean-Pierre Chevènement en dehors… Et puis aussi ReSPUBLICA, la gauche républicaine, qui arbore fièrement une Marianne brandissant le drapeau tricolore.
C'est quand la gauche chante la République laïque et la nation métissée qu'elle est la meilleure.

Ne pas comprendre l'attachement des Français, y compris de gauche, à la République, à la Patrie, à la Nation, est une grave erreur. Car tout le problème actuel de la construction européenne vient de la souveraineté : on demande aux Français de renoncer à une grosse partie de leur souveraineté, sans contrepartie ; autant les Français seraient tout à fait prêts à renoncer à leur souveraineté au profit d'une République Européenne réellement démocratique qui serait le premier pas vers une nation européenne, autant ils n'acceptent plus de faire que leurs concessions soient faites au seul profit d'un pouvoir économique technocratique, sans légitimité, se battant pour le dogme du libre-échange, cherchant à détruire les nations et risquant ainsi le retour des tensions ethniques.

lundi 26 février 2007

D'après Dieudonné, Le Pen est le candidat des Noirs

Le 13 février dernier, Dieudonné a déclaré lors de la conférence de presse du comité de soutien à Kémi Séba, que "Jean-Marie Le Pen, aujourd'hui, en dénonçant le système béké, se positionne très clairement comme le candidat des afro-européens, des africains, des gens d'outre-mer". Strictement hallucinant

J'y ai consacré un long article à lire sur le blog de prochoix : Dieudonné réclame la grâce de Kémi Séba et voit Le Pen comme "le candidat des afro-européens, des africains, des gens d'outre-mer", où je profite pour rappeler que les liens entre Kémi Séba (activiste ouvertement raciste) et Dieudonné ne sont pas aussi faibles que ce que les amis de Dieudonné voudraient nous faire croire… et puis aussi que le "candidat des noirs" Le Pen a été condamné pour des propos racistes visant les Noirs il y a 10 ans…

(édit 1 : l'article a été repris dans le numéro 516 de Respublica, lettre électronique de la gauche républicaine envoyée à près de 25 000 e-mails :D)
(édit 2 : le site PoliticoDieudo (dieudo.net/2007) a repris l'article, en rajoutant un commentaire qui, au milieu de choses délirantes, dit que "le travail de compilation est très correct")



PS : heureusement que les Ogres (les amis de Dieudonné) modèrent a priori les commentaires sur leurs sites, parce que, quand on voit qu'ils acceptent un commentaire qui parle du "naturalisé "Décret Crémieux" Zemmour qui comme l’autre fils d’immigré italien Gallo veut donner des leçons d’histoire de FranSSe", on n'ose même pas imaginer à quoi doivent ressembler les commentaires qu'ils refusent…

Si vous ne le savez pas, le décret Crémieux donna la citoyenneté française aux Juifs d'Algérie en 1870, et fût abrogé temporairement par le régime de Vichy en 1940. Pour arriver à parler de quelqu'un comme d'un "naturalisé "Décret Crémieux" parce qu'il est juif d'origine algérienne, faut quand même déjà être sacrément raciste…

lundi 12 février 2007

Nous sommes les vrais féministes !

Connaissez-vous le mouvement des Indigènes de la République ? Pour faire simple, c'est de l'intolérance raciste qui se fait passer pour de l'extrême-gauche. En clair, pour eux, si vous êtes blanc, vous devez forcément avoir un fond néocolonialiste. Et plus encore si vous osez prétendre les aider : si vous combattez tout ce qu'il y a de nuisible pour les femmes dans d'autres cultures (mariage forcé, excision), alors vous êtes pour eux un sale colonialiste qui veut imposer aux femmes africaines sa vision d'occidental. Vous subirez le même sort si vos convictions laïques vous poussent à défendre le droit de critiquer l'islam.
Non seulement ils sont anti-blancs et anti-occidentaux (l'intolérance est à condamner, quelqu'en soit la victime), mais ils dénoncent aussi ceux et celles de même origines qu'eux qui veulent s'intégrer ; l'image en haut de leur site dit d'ailleurs actuellement "va te faire intégrer" comme une insulte.

Le pire, c'est que ce mouvement a une composante féministe. L'appel des Indigènes de la République était déjà gratiné, mais l'Appel des Féministes Indigènes, c'est encore pire.
D'après elles :
- elles sont les seules habilités à parler ("Nous refusons catégoriquement que des personnes non concernées par des discriminations racistes et sexistes parlent en notre nom")
- les immigrées qui ont un discours républicain sont des traîtres ("Comme nous refusons le discours stigmatisant et essentialisant des femmes issues de l’immigration, qui prêtent leurs voix au discours dominant, structurellement raciste et opportunément féministe", "Notre parole est seule légitime pour faire état de la réalité de ces oppressions croisées")
- il faut combattre un discours "blanc" ("En tant que femmes racialisées, nous remettons en question les diktats de l’universalisme blanc et masculin et du féminisme blanc qui dénient toutes autres visions du monde ou vécus")
- leur "féminisme" est avant tout la défense des filles voilées ("Nous refusons les présupposés idéologiques selon lesquels le féminisme serait incompatible avec la foi religieuse, notamment en portant et défendant la parole féministe des femmes croyantes.")

Pour résumer, c'est un appel de femmes musulmanes rétrogrades (fidèles à une culture où la femme est soumise à l'homme) à se battre pour empêcher les voix progressistes de parler. La conclusion de leur appel résume tout le racisme de ce mouvement : "Par conséquent, nous nous inscrivons dans ce féminisme paradoxal afin de ne plus jamais être le cheval de Troie de la suprématie blanche ou les traîtresses à l’ordre communautaire."

Jamais je n'accepterai qu'on puisse qualifier de féministes des personnes dont le seul but est de défendre une vision du monde où la femme est soumise à l'homme. Qu'elles soient soumises si elles le souhaitent, mais qu'elles ne prétendent pas aider les femmes, et encore moins être féministes ! Si le slogan de "Ni putes ni soumises" est "Laïcité, égalité, mixité", celui des "féministes Indigènes" pourrait être quelque chose comme "obscurantisme, repli identitaire, soumission".
Respecter les cultures, c'est aussi dire ce qu'elles peuvent avoir de nocif, et notamment ce qui est nocif pour les femmes.

Le vrai féminisme, c'est, dans toutes les cultures, la nôtre et celles des autres, se battre contre ce qui rabaisse les femmes !
Nous sommes les vrais féministes quand nous combattons l'excision, quand nous combattons les mariages forcés !
Nous sommes les vrais féministes quand, à l'instar de "Ni putes ni soumises", nous défendons le droit aux filles de s'habiller normalement face aux interdits religieux, ou celui de fréquenter la personne qu'elles souhaitent (quelle que soit la religion de cette personne) !
Nous sommes les vrais féministes quand nous critiquons la plus misogyne des religions du livre, celle qui encourage l'homme à enfermer et frapper la femme désobéissante, celle qui interdit à la femme d'épouser un non-musulman alors qu'elle autorise l'homme à épouser une non-musulmane !
Nous sommes les vrais féministes quand nous critiquons contre le voile, cet objet qui, en prétendant les en protéger, a pour seul but de culpabiliser les femmes de provoquer du désir chez l'homme !
Nous sommes les vrais féministes quand nous combattons les mouvements (comme les "Féministes Indigènes") voulant enfermer la femme dans la soumission.

mercredi 7 février 2007

Procès des caricatures : soutien à Charlie Hebdo


Charlie Hebdo est en procès pour avoir publié les caricatures de Mahomet et pour la couverture de Cabu "C'est dur d'être aimé par des cons".
Je suis absolument sans aucune réserve de leur côté. Philippe Val, le directeur de Charlie, dit que le procès a été télécommandé par l'Élysée et le ministère de l'Intérieur, pour des raisons diplomatiques : montrer aux pays d'islam qu'on ne laisse pas critiquer leur religion sans réagir. Il a raison, ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'avocat de la Mosquée de Paris est Me Szpiner, l'avocat de Jacques Chirac.
Je n'ai honnêtement pas très peur du résultat du procès. Parce que, quoique puissent prétendre les religieux, il n'y a pas une once de racisme dans le fait de caricaturer le prophète d'une religion. Et puis parce que les propos de Michel Houellebecq "La religion la plus con c'est quand même l'islam" (que je trouve bien plus provocateurs que les caricatures) avaient valu à l'écrivain un procès, qu'il avait remporté.

vendredi 2 février 2007

Ségolène Royal à Grenoble le 1er février - Débat participatif sur la jeunesse : compte-rendu

"Ce qui m'a poussé vers Grenoble, c'était d'abord la jeunesse de l'électorat". C'est ainsi que Pierre-Mendès France expliquait pourquoi c'était à Grenoble qu'il s'était présenté aux élections législatives de 1967 (le grand campus de Grenoble fait en effet de cette ville de taille moyenne une cité jeune et relativement engagée, que ce soit contre Le Pen -plus gros cortège de province le 1er mai 2002- ou contre le CPE). C'est à la patinoire Clémenceau qu'a eu lieu le débat opposant PMF au Premier ministre Pompidou en février 1967.
Ce soir, 40 ans exactement après, Ségolène Royal était à Grenoble, pour un débat participatif sur la jeunesse… à la halle Clémenceau (qui n'est plus une patinoire depuis l'ouverture de Pôle Sud).
La salle, qui a une capacité de 3000 personnes, était plus que pleine, il aurait sans doute fallu une salle deux fois plus grande pour que tout le monde puisse rentrer.

Il y avait du beau monde ce soir à Grenoble. Les grands noms de la gauche locale : le maire Michel Destot, le président du Conseil Général André Vallini, le président de la région Rhône-Alpes Jean-Jacques Queyranne, l'ancien ministre et ancien président de l'Assemblée Nationale Louis Mermaz. Était également présente la candidate du Parti Radical de Gauche à la présidentielle de 2002, Christiane Taubira. Parmi les intervenants, il y aura les présidents des deux mouvements de jeunesse de gauche les plus connus : Bruno Julliard pour l'UNEF, et Razzye Hammadi pour le Mouvement des Jeunes Socialistes.

Le MJS met l'ambiance dans la salle en attendant l'arrivée de la candidate. Elle arrive vers 19 heures, et s'installe sur le côté du rond central vert, au premier rang, au milieu des politiques.
Le débat participatif commence réellement avec les mots d'accueil du maire Michel Destot pour acceuillir la candidate d'une manière très chaleureuse. Il rappelera que le combat doit se mener aussi au niveau des législatives, en appelant notamment à soutenir Geneviève Fioraso qui affronte celui qui a mis "le déshonneur" sur la ville (Alain Carignon, qu'il ne nommera d'ailleurs même pas).

Les interventions se succèdent. On pourrait croire qu'en donnant la parole à ceux qui la réclame, il pourrait y avoir des dérapages. Tout se passe bien, les jeunes qui parlent sont ceux qui réclament le plus des choses. On dit que la jeunesse se dépolitise, et bien, de ce que j'ai vu ce soir, c'est faux : non seulement ils ne rejettent pas la politique, mais en plus ils voient Ségolène Royal comme un moyen d'obtenir le progrès, c'est pourquoi ils lui présentent leurs doléances. Il faut saluer le courage de la représente de l'UNL (Union Nationale des Lycéens) qui, pour illustrer la disparité de l'accès à culture pour les lycées (qui dépendent des régions), a expliqué que rien n'était fait à ce niveau là en Poitou-Charentes (la région dont Ségolène Royal est présidente), contrairement à ce qui est fait en Rhône-Alpes par exemple.

De ce qu'on a vu ce soir, les requêtes de la jeunesse, cela concerne le logement, l'insertion dans la vie professionnelle et la lutte contre les discriminations. Après une première série de questions, Ségolène Royal prend la parole pour expliquer son programme sur l'insertion professionnelle et le problème des stages. Elle explique que samedi, tous les présidents de région socialiste annonceront la mise en place de "bourses tremplins" allant jusqu'à 10 000 €uros pour que aider les jeunes à créer leur première activité, une mise en place qui sera faite avant le premier tour de l'élection présidentielle. Elle propose aussi une allocation d'autonomie pour les jeunes adultes (pas seulement pour les étudiants), qui devraient en échange aller faire un peu de soutien scolaire dans les collèges et lycées.

Vient une seconde série de questions, plus liées aux problèmes de discriminations (des jeunes victimes de leur nom magrébhin, mais aussi une jeune sourde expliquant qu'il faudrait financer des interprètes pour que les sourds puissent suivre normalement les cours), et c'est ensuite Christiane Taubira qui prend le micro, elle défend la "République Laïque et Démocratique", fustige la discrimination positive (en rebondissant sur les propos d'une jeune fille disant être contre la discrimination positive parce qu'elle n'était pas handicapée et qu'elle n'avait donc pas besoin de ça), et nous remémore la Révolution Française. Elle terminera en disant qu'on ne doit pas choisir entre éducation et logement, qu'on doit mener les deux de front.
Troisième et dernière série de questions. L'une des dernières interventions est celle de Razzye Hammadi, le présent des MJS. Il décrit l'élection de 2007 comme "un choix de civilisation", puisque nous sommes "la première génération qui vit moins bien que ses parents".

Vers 20h30, Royal, auparavant assise au milieu des responsables socialistes, va se placer derrière son pupitre (sur lequel est inscrit "Le progrès pour tous, le respect pour chacun") pour faire un long discours sur la jeunesse. Il y a de quoi être surpris par l'éclectisme de ses références, puisqu'elle citera successivement Paul Nizan ("J'avais vingt ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie"), François Mitterrand ("Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et la frappe a toujours tort"), Jamel Debouzze ("L'ascenseur social est bloqué au sous-sol"), Diam's ("Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu'à ce qu'ils nous respectent") et Arthur H. Elle dénonce les coups bas des sarkozystes "complaisamment relayés par les medias amis du pouvoir" ; elle a raison de le faire : être rejetée par les élites journalistiques ou politiques, c'est sa principale force pour convaincre des Français désormais méfiants vis-à-vis des premiers de classe. Elle montre qu'elle écoute les citoyens : "Vous voulez construire une nouvelle France et nous allons le faire ensemble".

Le discours est volontariste sur le travail : elle affirme "la valeur travail, c'est nous qui la défendrons", elle ne veut absolument pas laisser plus longtemps ce thème à la droite qu'elle fustige parce qu'elle crée la précarité qui "tue la valeur travail". De belles phrases : elle explique que ce qui doit être prioritaire, c'est "l'investissement dans l'humain et pas dans le capital" et qu'il faudra que "le travail soit moins taxé que le capital".
Pour amener les jeunes vers l'emploi, elle se base sur l'éducation et la formation : elle parle d'un "droit au premier emploi pour les jeunes qualifiés et diplômés", tout en proposant de la formation aux non-diplômés. Royal propose également d'implanter des classes préparatoires aux grandes écoles là où il n'y en a jamais, et de fixer à tous les lycées un objectif à atteindre : qu'au moins 5% de leurs élèves entrent en prépa ou en IUT. Le problème étant également celui de la paupérisation des jeunes, elle n'oublie pas la conséquence que cela a sur la santé des jeunes : elle reprend la mesure du projet socialiste concernant la mise en place d'une Carte Santé Jeune permettant aux jeunes de bénéficier d'une consultation médicale gratuite, mais pensent aussi aux filles et aux problèmes de grossesses non désirées, en proposant la gratuité de la contraception jusqu'à 25 ans. Reprenant la phrase d'Hammidi sur "le choix de civilisation", elle indique vouloir "stopper le descenseur social". Un autre droit qu'elle reconnaît aux jeunes est celui à la mobilité : elle propose que la République paye le permis de conduire des apprentis réussissant le CAP.

Enfin, elle a eu des mots touchant le républicain laïque que je suis, parlant d'une "France fière de sa République et de sa laïcité", capable de reconnaître ses fautes dans l'esclavage, la colonisation, le Vel' d'Hiv'. Une France qui doit refuser tous les communautarismes, qui ne doit pas agir en discriminant, même positivement, mais simplement en redonnant de l'égalité.

Mon sentiment personnel sur cette soirée : je n'étais pas favorable à la désignation de Royal comme candidat du PS, lui préférant Fabius, plus laïque, plus républicain ; j'hésite depuis qu'elle a été choisie : s'il est clair que je souhaite sa victoire et donc que je voterai pour elle au second tour, je me posais toujours des questions sur le premier tour. J'avais acceuilli avec joie le ralliement de Chevènement à Ségolène, en espérant qu'il saurait la guider vers des voies plus républicaines. De ce que j'ai vu ce soir, cela a marché : ce soir, elle a évoqué la laïcité, et puis "la liberté, l'égalité, la fraternité, l'universalité". Je verrais ce que cela donnera à tête reposée, mais je pense désormais voter Royal au premier tour.
Au niveau des critiques : j'ai trouvé cela un peu démagogique de faire référence au rap, à Diam's ou à Jamel : moi j'écoute du rap, mais c'est loin d'être le cas de tous les jeunes, Ségolène ! Et si j'ai apprécié sa volonté d'être la présidente de la République métissée, je me suis interrogé lorsqu'elle a parlé du soutien d'Aimé Césaire à sa candidature : voulait-elle mettre en avant le soutien d'un grand homme noir ou simplement le soutien d'un grand homme ? Par contre j'ai beaucoup apprécié les bourses-tremplins mises en place par les régions socialistes avant le 1er tour : une manière de montrer qu'au delà des promesses, il y a déjà de vrais actes, aujourd'hui, sans attendre.
Enfin, si j'entends parfois certains commentateurs dire que Ségolène Royal n'a pas de talents de tribun, notamment de la part de Nicolas Domenach de Marianne (qui lui est pourtant relativement favorable). Et bien, elle ne sait peut-être pas ciseler les phrases qui feront mouche, mais elle a quelque chose en plus : un supplément d'âme qui la rend humaine et qui donne envie de la croire et de la suivre.
Je ne suis pas toujours d'accord avec toi, Ségolène, mais tu as une grande qualité : tu es humble, tu t'entoures de gens pour t'aider. J'espère que ces gens seront compétents. Pour que tu réussisse le combat qui est celui de la gauche, le progrès social.