Belgique : Yves Leterme insulte les francophones

Yves Leterme, ministre-président de la région flamande (néerlandophone) en Belgique, a accentué les tensions communautaires entre francophones et néerlandophones, en déclarant que "les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais".

Le parti flamand d'extrême-droite Vlaams Belang est de plus en plus populaire, grâce à ses idées séparatistes : ils veulent l'indépendance de la Flandre, et ont déposé en ce sens une proposition à la Chambre des représentants de Belgique, dont la prise en considération a été acceptée par tous les partis flamands. La droite traditionnelle perdant régulièrement des électeurs, elle commence à verser elle aussi dans le séparatisme : le parti conservateur CD&V a donc noué en 2004 un accord électoral avec le parti N-VA (Alliance Neo-Flamande), parti nationaliste flamand de droite, issue de droite de l'implosion de la Volksunie, qui milite pour une république belge ; quand à la branche de gauche de la défunte Volksunie, elle se regroupa quant à elle au sein de SPIRIT et s'allia avec les socialistes flamands du sp.a.

Mais à trop vouloir draguer les nationalistes, les responsables politiques dépassent parfois les bornes.
C'est le cas d'Yves Leterme, membre du parti conservateur CD&V, ministre-président de la région Flandre. Dans une interview publiée le jeudi 17 août par le journal Libération, Leterme s'emporte contre les communes à facilités. Ce régime a été instauré lors de la transformation de la Belgique en état fédéral en 1962, afin de permettre dans certaines communes de protéger les minorités linguistiques, en leur permettant d'obtenir des papiers administratifs dans leur langue plutôt que dans la langue de leur région (il existe ainsi des communes néerlandophones à facilités en français, des communes francophones à facilités en néerlandais et d'autres en allemand, et des communes germanophones avec facilités en français). Le problème porte plus précisément sur les communes néerlandophones à facilité en français : les francophones considèrent comme un droit acquis le fait de pouvoir parler français en Flandre, alors que pour les néerlandais, ce n'est qu'un système transitoire, qui doit permettre d'intégrer les francophones à la Flandre, et ensuite disparaître.
De plus, certaines communes flamandes à facilités en français, situées au sud de Bruxelles (francophone à 90 %) et au nord de la Wallonie francophone, sont elles-même majoritairement francophones, comme Rhode-Saint-Genèse par exemple. Cela pose de nombreux problèmes, notamment en ce qui concerne l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Cet arrondissement est composé de la région bilingue de Bruxelles-Capitale et de proches cantons néerlandophones (comportant notamment des communes à facilité en français). Les francophones refusent la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, parce qu'ils sont plus attachés à l'union belge que les néerlandophones (cet arrondissement est une des dernières choses qu'ont en commun les deux nations), et aussi parce que les francophones des communes flamandes (à facilité) du sud de Bruxelles se plaisent dans cet arrondissement bilingue, et ne veulent donc pas se retrouver dans un arrondissement unilingue flamand.

Au journaliste de Libé qui lui demandait s'il ne fallait pas modifier la frontière linguistique pour tenir compre du cas des communes majoritairement francophones de Flandre au Sud de Bruxelles, Leterme répond catégoriquement qu'"il n'est pas question de toucher à cette frontière !", mettant en avant l'argument flamand sur le caractère prétendument temporaire des communes à facilités. Bien qu'il ait un père francophone, Leterme défend clairement le point de vue néerlandophone. Il s'énerve contre ces francophones qui ne veulent pas apprendre le néerlandais. Et là, Leterme dérape.

Il est cependant exact qu'il y a des communes en territoire flamand qui sont à 70 ou 80 % francophones. Mais l'usage du français y est toléré : c'est ce qu'on appelle les communes à facilités. Cela étant, au départ, l'idée était que beaucoup de francophones allaient s'adapter à la nouvelle réalité linguistique. Mais apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais, d'où la prolongation de ce statut d'exception.
Une fois relayés par la presse francophone belge, ces propos créent le scandale dans la Communauté Française de Belgique : le leader du parti socialiste belge francophone, Elio Di Rupo, ministre-président de la Wallonie, joue les faux naïfs en déclarant ne pouvoir croire "que son collègue ministre-président d'une région de qualité qu'est la Flandre puisse tenir des propos insultants à l'égard de francophones".

Leterme hors-la-loiLeterme se défend comme il peut. Il affirme d'abord que cela vient d'une erreur de traduction, ce qui sera démenti par le journaliste de Libération, Jean Quatremer, qui fera de plus remarquer que le ministre a pu relire l'article et qu'il n'a pas modifié cette phrase. Leterme essaye ensuite de minimiser ses propos.
Trop tard. Des plaintes sont déjà déposées contre lui. Par Olivier Maingain le président du FDF (Front démocratique des francophones) , et par plusieurs citoyens.

Cela a été remarqué par quelques blogueurs, Leterme s'affiche désormais sur son blog comme un hors-la-loi recherché mort ou vif, tout ça parce que Laurette Onkelink, ministre socialiste de la Justice et vice-premier ministre du gouvernement fédéral belge (représentée avec un pistolet sur le dessin en question), a effectivement dit qu'Yves Leterme était un homme dangereux.
Un homme politique d'une telle importance (ministre-président de la Flandre) peut il se laisser aller à publier des montages médiocres sur son site officiel ?

Commentaires

  1. Bruxelles, le 18 août 2006.





    Lettre ouverte à Mr Yves LETERME, Ministre-Président


    Mon pauvre Ami,

    Faut-il que vous soyez mal dans votre peau et douloureusement en panne d’inspiration politique - un tant soit peu élevée - pour n’avoir rien trouvé d’autre à confier à ce grand quotidien français.
    Ou bien (mais je n’ose y croire) serait-ce parce que votre clientèle électorale flamande ne peut définitivement s’abreuver que de ce genre de discours étriqué ?

    Vos conseillers en communication baignent-ils à ce point dans la platitude ?
    Vous ne me ferez pas croire, en effet, que tout cela vous aurait échappé par hasard, ou que le journaliste français aurait mal interprété vos paroles. L’entretien a eu lieu aux alentours du 20 juillet et le texte a dûment été communiqué à votre cabinet, avant publication. Il n’y a donc pas lieu d’invoquer une quelconque « incompréhension » malencontreuse ou alors … ce serait chez vous et chez les vôtres qu’on aurait pas tout à fait saisi le texte en français de ce journaliste ? Impensable !
    Vous avez donc délibérément choisi de faire publier vos états d’âme - depuis l’étranger et en plein mois d’août. Quel courage !

    Vous savez, quand on se sent « bien dans ses bottes », on n’a jamais besoin d’être injurieux ou méprisant. On laisse ça pour les bagarres de bistrot.
    Votre bonne éducation devrait vous avoir appris tout cela.


    Évidemment, vous avez probablement lu Machiavel et donc, les manières de faire qu’il a bien voulu enseigner à son Seigneur de l’époque.
    « Pour bien maintenir son pouvoir sur le peuple, une des choses que le « Prince » doit rigoureusement appliquer consiste en ceci : désigner à son peuple un ennemi commun. »

    Exactement comme le président Bush (my God !) le fait avec son « axe du mal », ou encore comme l’extrémisme islamique le fait avec son « axe du mal » à lui !

    Petit roitelet d’un petit peuple qui se cherche, vous essayez donc d’appliquer les recettes des Grands, mais vous ne trouvez rien d’autre à colporter que du mépris, de la pseudo-condescendance … et des mensonges. [Pour ce dernier point, lisez plus loin. Nous allons d’abord patauger un peu dans le folklore.]


    Vingt-quatre heures après la publication de vos dires, j’apprends qu’on aurait précisé que - contrairement au ressenti général - vous n’avez en aucune façon songé à être insultant, mais que vous avez à peine « voulu taquiner les francophones. »
    Bien joué ! De cette manière, non seulement « les francophones ne sont pas en état intellectuel d’apprendre le néerlandais » mais, en plus, ils sont carrément cons car ils n’ont même pas compris que c’était juste une « blague ».

    Puisqu’il ne peut s’agir - entre nous - que d’aimables « taquineries », je sens que je vais vous en servir quelques-unes.
    Entendons-nous bien, ce ne sont pas des insultes.
    Rien que des taquineries.


    1° - Ne pas apprendre le néerlandais est une chose qui relève du bon sens et même d’une certaine intelligence factuelle. Je m’explique. [Nous parlerons de gentillesse un autre jour.]
    S’il est un bon gestionnaire de ses intérêts propres, et avec les possibilités qui sont offertes par le monde actuel, tout qui a fait quelques études sait pertinemment bien que le flamand ne sert strictement à rien.
    En termes de « rendement » (et Dieu sait si les Flamands ont la réputation d’être attentifs à cette notion … !) au niveau philosophique, scientifique, commercial ou international, l’apprentissage du flamand est un véritable nutteloos kruisweg qui ne débouche jamais sur le moindre avantage.
    Tous les grands personnages flamands, - ceux qui pourraient avoir eu une certaine « aura » au-delà du bassin de l’Escaut - n’ont pas eu leur renommée parce qu’ils parlaient flamand - mais bien au contraire parce qu’ils parlaient en outre l’anglais, l’allemand, le français … ou l’arabe.
    Si quelqu’un veut jouer un certain rôle à l’ONU ou encore, aller négocier un jour du pétrole en Iran, son parler flamand natal il peut le mettre au fond de sa poche avec son scapulaire par-dessus.

    Je me rappelle avoir suivi (c’était encore la BRT !) une rencontre émouvante, entre une délégation catalane (nationaliste aussi) et une délégation flamande - au sommet de la tour de l’Yser (sic). Avec un sentimentalisme déchirant (de part et d’autre), ces deux groupes évoquaient leurs aspirations réciproques vers l’indépendance de leur « peuple » … évidemment en français.

    Je suis moi-même humaniste, chimiste, médecin et homéopathe. J’ai en outre passé 28 de ma vie professionnelle à soigner et à écouter des patients héroïnomanes.
    Jamais - mais alors là, au grand jamais ! - je n’ai trouvé quelque avantage à connaître le flamand, dès lors qu’il s’agissait - comme le fait la Flandre - de considérer mes centres d’intérêt et mes obligations professionnelles.
    J’ai - par contre - soigné pendant de longues années (et dans leur langue, par empathie) des flamands toxicomanes qui ne trouvaient aucune aide possible du côté de leur bon « peuple ».
    Ni en chimie, ni en médecine, ni en physiologie, ni en thérapie, je n’ai eu besoin une seule minute de connaître le flamand. Esquinter son cortex à apprendre cette langue n’a donc rien de promotionnel, dès lors que l’on a une certaine prétention intellectuelle ou internationale.

    Et vous tous, Flamands, l’avez très bien compris. Si vous êtes (en général) plus souvent polyglottes que certains autres, ne venez pas me dire que c’est par philanthropie ! C’est tout simplement par intérêt « vital ».


    Cher Ministre, je vous rappelle que nous restons dans la taquinerie ! N’est-il pas ?

    Je vous préciserai cependant que, si vous désirez rencontrer de bons ( !) bilingues, je vous convie à vous présenter dans un bureau de Poste à Bruxelles. Essayez de vous y entretenir en français avec l’un des membres (bilingues) du nombreux personnel flamand. Vous savez : tous ces braves gens qui débarquent au matin depuis vos lointaines provinces - pour servir les 10,5% de néerlandophones de la Capitale.
    Vous constaterez que vous avez largement oublié de nous envoyer vos meilleurs échantillons. Mais il est vrai aussi que cela arrange bien les statistiques du chômage pour Moeder Vlanderen.



    2° - Le flamand n’est pas une langue : c’est un ramassis circonstanciel de mauvais français, mal prononcé et mal orthographié. Je m’explique.

    Pendant toutes mes humanités, j’ai été obligé d’apprendre le néerlandais au collège, à raison de 5 heures par semaines. Je ne regrette rien à ce niveau-là.
    Mais pendant ce temps-là, tous les jeunes Français, Anglais, Allemands, Italiens … apprenaient : les mathématiques, l’histoire, la géographie, l’économie politique ou … que sais-je encore.
    Et mes compatriotes flamands (dont vous, sans doute, cher Ami) apprenaient une langue, eux. C’est probablement pour cela que, bon an mal an, ils ont en général fait de meilleures « carrières » que nous, pauvres francophones. Cinq heures par semaine (pendant 6 ans !) à apprendre un truc inutile !! Vous imaginez le handicap professionnel par après.

    Mais j’ai fait tout cela de mon mieux, comme un vrai boy-scout.
    L’ennui c’est que j’ai été berné. En effet, la langue sur laquelle on m’a fait suer à l’époque n’est plus parlée - même par vous. Pour éviter des examens de passage (fin août, vous vous rappelez … ?) et pour passer à l’année supérieure, j’ai donc bien appris toute une série de choses qui - à strictement parlé - n’étaient pas dégueulasses. L’ennui c’est que plus personne actuellement ne les utilise. Et donc, pour me faire plier aux lois de 1932, on m’a forcé à apprendre une langue « morte ».

    Je vais vous montrer.

    Je vais mettre à gauche ce qu’on m’a appris ; je mettrai à droite ce que vous imposez au monde, actuellement.

    Geschenk un cadeau, un présent KADO !
    Herstelling une réparation REPARATIE !
    Wijsbegeerte philosophie FILOSOFIE !
    Mededeling communicationà COMUNICATIE !
    Meewerken collaborer COLABOREREN
    …..
    Et le reste est à l’avenant ….


    Autres petits exemples qui viennent en direct de vos radios ou télévisions flamandes : (sic !)
    - … en dat moet absoluut gesanctioneerd worden
    - … in de publieke opinie …
    - … vlaamse politici kunnen niet accepteren …
    - … de profane répertoire van de italiaanse Renaissance …
    - … is nu geïnterpréteerd door …
    - … in observatie te blijven …
    - … felicitéren…
    - … in de galerij van de étapen winners…
    - … hebben elf médailles gehad… (prononcez “médaï-yes”)
    - … mensen te répatriéren …
    - … transparente …
    - … geannuleert …
    - … gedemonstreerd … tegen de terreur …
    - … gecongratuleerd …

    Et tout cela n’est rien d’autre que du vécu, scrupuleusement saisi sur le vif quand j’écoute vos nouvelles du monde.

    Mais le fleuron revient cependant à cette communication que j’ai reçue (en tant que médecin) du ministère de la Santé Publique, à propos de certaines conditions pour l’obtention de vaccins.
    On m’écrivait de la « Interministerielle Conferentie » avec ce chef d’œuvre :
    “ …. evolutie naar persisterende neurovegetatieve status of minimaal reponsieve status……”

    Voilà les salades idiotes auxquelles je me trouve confronté, après avoir bousiller des millions de mes neurones à apprendre une langue morte.
    Si c’est pour en arriver à « ça », autant se défoncer à apprendre par cœur tous les résultats de football de 7ème division provinciale !
    Ou à apprendre l’arabe … qui risque de bien me servir un jour, lui.

    Avec des instincts de gagneur et de sukkeleier pognophile tellement bien ancrés, il n’y a pas un seul flamand (s’il se retrouvait à notre place …) qui perdrait son temps à apprendre une langue aussi inutile …. omdat t’is niet interessant, hé ! Da’mee, kunt ge nix gagnéren !
    Et vous voudriez qu’on vous aime, en plus ?

    Taquinerie, mon cher Ministre. Uniquement des taquineries !

    * * *

    Quittons maintenant le folklore.

    Passons aux fausses vérités politiques et économiques dont vous abreuvez le monde, avec vos copains-ennemis - tant il est vrai qu’un chrétien flamand, qu’un socialiste flamand, qu’un libéral flamand ou qu’un écolo flamand est d’abord « FLAMAND » … avant d’être chrétien, socialiste, libéral ou écolo.
    Ceux qui n’ont pas encore compris cela, n’ont strictement rien compris.
    Et ceux qui n’ont pas compris que la cause « flamande » est en fait instrumentée par le gros argent n’ont encore rien compris non plus.

    Votre brave journaliste français se poserait beaucoup moins de questions, s’il avait pu mieux intégrer le principe fondateur de l’exercice du pouvoir, chez nous.

    Ce principe s’énonce en deux phrases :

    1. « Il est possible de faire faire - à 10 Flamands - la même chose, en même temps et dans le même sens. »
    Les allemands avaient très bien compris cette réalité ethnique ! (taquinerie ?)

    2. « Il est beaucoup plus difficile de faire faire - à 10 Francophones - la même chose, en même temps et dans le même sens. »

    Ce n’est pas de la méchanceté, ce n’est jamais qu’une simple réalité génétique et c’est comme ça dans les faits. Exactement comme les Marseillais sont différents des Hollandais. Ni plus, ni moins.

    Donc, si vous êtes bien imprégnés de l’enseignement de Machiavel et que vous désirez exercer le Pouvoir chez nous, vous devez nécessairement vous appuyer sur l’ethnie flamande. Vos slogans auront beaucoup plus de chance d’être ainsi entendus et « solidairement » suivis. Hitler, en Allemagne, a suivi cet enseignement à la lettre.

    Dans un autre registre, c’est comme cela que l’on peut aussi comprendre la réaction de la Société Générale de Belgique, lorsque tout le bassin industriel de la Wallonie est devenu trop incertain, et surtout trop peu rentable.
    Avec du charbon difficile à extraire (1400 mètres de fond), une métallurgie peu compétitive devant celle des Nippons ou des US et un milieu ouvrier beaucoup trop syndiqué … elle ne pouvait que retirer ses « billes ». Quand on est capitaliste, on a certains principes.
    Elle a donc vendu, et c’est l’État qui a été obligé d’acheter (on ne pouvait quand même pas risquer une guerre civile..), avant de refiler l’enfant à la jeune Région Wallonne, quand celle-ci a existé.
    Mais qu’a donc fait la Générale avec le pactole perçu ? Avec les copains de l’Arbed, ils ont fondé (de toute pièce) un fleuron de l’industrie flamande : SIDMAR.
    Le nom doit être compris comme : SIDérurgie MARitime (en français ! mais tout au long du canal de Gent à Terneuzen, avec donc un accès à la mer en direct. Ce que n’avait pas l’axe Sambre-Meuse.)
    Tout nouveau, tout moderne : avec lignes à chaud, lignes à froid et coulée continue !
    Avec de bons ouvriers flamands - pas trop socialistes, et qui font facilement la même chose, en même temps et dans le même sens - Sidmar ne s’est évidemment pas privé de concurrencer son bébé précédent, ce qui a fait une partie de la santé économique de la Flandre … puisque la régionalisation était intervenue entre-temps.



    Revenons à vous, cher Ministre.

    3°- Dans votre entretien avec ce journaliste français, vous n’hésitez pas à vous faire menaçant dès que celui-ci évoque (le malheureux !) une éventuelle modification de la frontière linguistique.

    Vous, impérial :

    « … je remettrais aussitôt en cause la parité entre francophones et néerlandophones au sein du gouvernement fédéral, où les francophones sont sur représentés par rapport à leur poids réel dans la population belge.»

    Alors, deux questions.

    A. - Comment voyez-vous, cher Yves, la sur représentation D’OFFICE des parlementaires flamands, au Conseil de la Région Bruxelles Capitale ?

    Pour ceux qui ne savent pas.
    Apprenez que les tractations politiques de la Saint Polycarpe ont débouché, en 2003, sur un véritable canular démocratique : les Flamands ont obtenu d'avoir de plein droit - donc quel que soit leur score électoral à la Région - un quota minimum assuré de 17 parlementaires, sur un total (Fr+Nl) qui est porté à 89 ! Ainsi, même si aucun électeur ne votait pour eux, ils ont l’assurance d’avoir 17 Conseillers sur 89.

    Prenez vos calculettes !
    Ceci revient à constater que, lorsqu'un parlementaire francophone de Bruxelles doit récolter un peu plus de 5.000 voix pour être élu, le futur parlementaire flamand peut se contenter de n’en récolter que 3.500, pour le même résultat.

    C’est pas de la sur représentation, ça ?
    Et Mme Grauwels fait toujours sa « boudeuse » !?


    B. - Comment pouvez-vous parler de sur représentation francophone au niveau fédéral, puisque depuis 1961 la Flandre a interdit (en rugissant) que l’on puisse envisager aucune forme de comptage !? Au goudron ou à la chaux, vous avez suffisamment badigeonné tout le pays avec des « Geen Taaltelling ».

    Donc, vous n’avez jamais voulu compter.

    Alors moi, j’ai tendance à me dire ceci :

    « Les Flamands sont en fait beaucoup moins nombreux qu’ils ne le prétendent, et leur refus viscéral de compter peut en être une bonne preuve.
    En effet, s’ils étaient « vraiment » majoritaires, qu’est-ce qui pourrait les retenir de procéder à un bon recensement ? Leurs revendications seraient alors confortablement établies, et les éternelles compensations de 60/40 qu’ils exigent n’auraient plus rien de problématique.
    Alors, s’ils ne veulent pas : qu’est-ce que ça veut dire ? C’est peut être faux ?»

    Comptez les premiers, Messieurs les Flamands ! Vous serez peut-être crédibles.
    Et vous devrez peut-être revoir le sens des mots : « sac à dos plein de pierres. »
    Pure taquinerie, mon cher Ministre.
    Mais, ne nous laissons pas distraire et poursuivons.


    4. - Un de vos anciens éditorialistes flamands, Hugo Platel, s’est permis de plonger dans la plus plate des démagogies en écrivant, un jour, pour son lectorat flamand :
    « Il ne faut jamais oublier que - à peu près tous les quatre ans - chaque ménage flamand paye une voiture à un ménage wallon. »
    Slogan intrépide, digne de Bush dans ses meilleurs jours.

    C’était, une fois encore, à propos de ces épouvantables « transferts Nord-Sud », que la sécurité sociale pompait dans l’escarcelle des valeureux Flamands pour aller secourir ces Wallons chômeurs, paresseux et toujours malades.

    Une étude des Mutualités Chrétiennes (Christelijk Ziekenfonds) - dont on peut difficilement imaginer qu’elles soient anti-flamandes - a pu ultérieurement apporter un fameux bémol aux obsessions du Nord, mais il n’empêche que le venin était lâché. Le bon peuple de Flandre pouvait bougonner à l’aise contre ces afschuwelijke franstaligen qui leur enlevaient le pain de la bouche.

    Mais Hugo Platel avait des œillères - comme un bon cheval de course qui fait son canter « aux ordres » - et il lui a manqué d’autres informations, pourtant succulentes.
    En Wallonie, de nombreuses polycliniques et/ou laboratoires d'analyses - qui font donc de gros chiffres d'affaires avec des prises de sang de malades wallons - sont en fait des investissements de capitaux flamands.
    Les surconsommations « à l’acte » - dites wallonnes - sont alors facturées à l'Inami et représentent dans ce cas de véritables "transferts Sud-Nord". Mais, vu leur localisation géographique, elles sont imputées aux Wallons qui sont dès lors déclarés « beaucoup trop malades. »

    La médecine est devenue un gros business, ce qui justifie l’intérêt politique pour les principales organisations mutuelles : les chrétiennes, les libérales et les socialistes.
    (On sait fort bien tout ça, mais personne n'en parle. Et certainement pas votre Parti.)

    Allez, on rigole, hein !
    C’est qu’une taquinerie.


    5. - Dernière petite chose avant d’arrêter, du moins pour ce soir.
    Vous parlez de notre (votre) pays avec beaucoup de désinvolture, en disant que : « La Belgique n’est pas une valeur en soi …. » et en ajoutant un peu plus loin que : « …. même si elle (la Flandre) pourrait parfaitement se débrouiller seule. »

    En êtes-vous bien sûr ?

    Deux petites sous-questions.

    A. - A considérer que vous vous accrochiez à votre « majorité » de 60%, comment comptez-vous faire pour commencer la République de Flandre avec, dans vos bagages, 60% de la Dette Publique de votre ancien couple ?
    Si vous envisagez de pouvoir frapper monnaie - ce qui est le privilège du Prince - comment aller vous dédouaner vos nouveaux « euros Flamands », si vous commencez avec une dette publique (bien flamande, alors) de +/- 150 milliards d’euros.
    [Ce qui correspond bien, je pense, aux 60% de nos 10.000 milliards d’anciens francs. ]

    B. - Que comptez-vous faire avec les +/- 190.000 travailleurs flamands qui colonisent actuellement et quotidiennement les emplois bruxellois.

    Leur fameux bilinguisme leur sera tout à fait inutile. Spijtig genoeg !
    Mais pour vous, cela va vous faire +/- 190.000 chômeurs en plus, car bien sûr ils devront trouver du travail dans leur patrie.


    Allez, cher Ami. On s’est bien taquiné, non ?

    Bonne fin de vacances.
    Dr Jacques Grosjean

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  2. Le néerlandais est indispensable dans notre pays qui j'espère restera encore uni très longtemps. Si vous n'avez pas de bonnes notions en néerlandais, vous pouvez toujours attendre pour avoir un poste intéressant dans notre beau pays. Comme dit un de mes professeurs, une langue c'est une force, deux langues c'est deux forces, trois langues c'est trois forces (en admettant que vous ayez la faculté intellectuelle pour être en mesure de maîtriser trois langues (taquineries taquineries...). En plus, pourquoi attendre la scission de la Belgique pour devenir Français ? Vous pouvez aller y vivre tout de suite. Big bisou

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