mardi 19 juin 2007

Fadela, qu'as tu fait ?

Fadela Amara, présidente de Ni Putes Ni Soumises, estimable femme de gauche, est nommée secrétaire d'état à la politique de la ville, dans le nouveau gouvernement Fillon.

Cela me dérange, pour deux raisons principales :
  • En faisant cela, elle crée un lien très regrettable entre NPNS et la droite : comment peut-on être proche de SOS Racisme et rejoindre un gouvernement comptant un ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale ?
    Cela décrédibilise cet excellent mouvement laïque qu'est NPNS, et je parie nos adversaires (anti-laïques et islamo-gauchistes) s'empresseront d'utiliser cela contre nous
  • Pire encore, elle est nommée secrétaire d'état auprès de la ministre de la Ville et du Logement, Christine Boutin, le symbole des réactionnaires chrétiens, des homophobes et des anti-laïques, qui a nommé auprès d'elle un intégriste catholique et même un prêtre !

Qu'as-tu fait, Fadela ?

dimanche 17 juin 2007

Carignon battu !

Sans surprise, Carignon est battu !
Pas de grande conséquence, on savait qu'il serait battu. Et la droite se présentera sans doute divisée à Grenoble en 2008. La gauche grenobloise peut dormir tranquille. Bravo Geneviève Fioraso

Juppé serait battu à Bordeaux. Le numéro 2 du gouvernement. Si cela se confirme, il devra démissioner. Et ça serait, quoiqu'on en dise, un sérieux bémol à la victoire de la droite.

édit : Juppé est bel et bien battu !

Les meubles sont sauvés

Les estimations (CSA pour Itélé et Ipsos pour BFMTV) promettent entre 200 et 210 sièges qu'au PS, contre 140 dans la précédente assemblée. Quant à l'UMP, elle aurait 320 députés contre 356 avant.

Le grand parti de droite fait mieux en 2002. Un électorat de droite démobilisé à cause des prévisions très optimistes, alors que les électeurs de gauche voulaient éviter cela ? Sans doute.

Fabius peut être content de lui : la polémique sur la TVA sociale, qu'il a créée, joue aussi sans doute légèrement dans les résultats. Cherchera-t-il à prendre la tête de l'opposition parlementaire ? Cela l'empêchera en tout cas de lancer la guerre interne.

Juppé ? Sera-t-il élu ?

lundi 11 juin 2007

Législatives à Grenoble : Fioraso en tête au 1er tour

D'après les résultats (complets) sur la 1ère circonscription de l'Isère, la socialiste Geneviève Fioraso est, avec 32,02%, largement en tête au 1er tour de l'élection législative.

L'UMP Alain Carignon arrive second avec 21,45%, devançant de peu Richard Cazenave (ex- UMP) avec 19,62%. Pour se qualifier au second tour, il fait recevoir plus de 12,5% de suffrages par rapport au nombre total d'inscrits. 79 528 électeurs sont inscrits dans la 1ère circonscription, ce qui mettait la barre à 9941 voix. Avec 9 731 voix, Cazenave rate le coche de très peu. 10 638 voix pour Carignon.
Carignon est donc l'autre candidat qualifié pour le second tour.
Cazenave dans la 1ère circonscription, Mathieu Chamussy dans la 3ème, les dissidents de l'UMP sont éliminés de peu par les candidats officiels.

Je me suis rendu ce soir au siège de campagne de Geneviève Fioraso, 1 rue Casimir Périer, pour prendre quelques photos. Les militants socialistes rassemblés là étaient assez contents du résultat local, ce qui les consolait du résultat national du PS.

 

En effet, le dernier sondage publié par le Dauphiné Libéré promettait une large victoire (62-38) à la candidate socialiste en cas de second tour Fioraso-Carignon. Il est à noter que, sans surprise, Richard Cazenave refuse d'appeller à voter pour celui qui l'a fait exclure de l'UMP.
 

Même si les conditions sont favorables, Geneviève Fioraso a tenu à motiver ses troupes, les incitant à se méfier des méthodes peu glorieuses de Carignon, en disant avec humour qu'au cours de la semaine à venir elle allait sans doute, grâce à son adversaire, découvrir des choses qu'elle ignorait sur elle-même.

La candidate socialiste a, au cours de la soirée, répondu aux questions des journalistes d'i>télé venus à Grenoble couvrir la tentative de retour d'Alain Carignon. J'en ai alors profité pour tendre ma caméra et enregistrer ses réponses.

samedi 9 juin 2007

10 juin 2007 : Élections législatives… en Belgique aussi

On le sait, le 10 juin 2007 se déroulera le 1er tour des élections législatives en France. Mais ce dimanche-là auront également les élections législatives fédérales en Belgique.

Le système politique belge est assez compliqué. Le royaume est un état fédéral, basé sur des communautés -linguistiques- (francophones, néerlandophones, germanophones), des régions -administratives- (Wallonie, Flandre, Bruxelles) et des régions linguistiques (de langue française, de langue néerlandaise, bilingue -Bruxelles-, et de langue allemande). Les régions wallonne et flamande sont elle-mêmes découpées en 5 provinces chacune.

Ce qui nous intéresse ici, ce sont les élections législatives fédérales. Pour ces élections, la Belgique est découpée en 11 circonscriptions : les 5 provinces wallonnes, 4 des 5 provinces flamandes, la cinquième (Brabant flamand) étant découpée en 2 : une partie (Louvain) forme une circonscription à part entière, l'autre (Hal-Vilvorde) est rattachée à Bruxelles pour former la dernière circonscription.
Si les 5 premières circonscriptions sont officiellement francophones, et les 5 suivantes néerlandophones, la dernière est bilingue (l'arrondissement Hal-Vilvorde est néerlandophone alors que la région de Bruxelles est bilingue). Cela complique encore plus les choses dans un état fédéral (on le verra plus tard), c'est pourquoi, dans un contexte où l'autonomie des communautés est de plus en plus prendre, certains réclament la partition de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

Comme dans beaucoup de pays, le parlement belge est bicaméral : il se compose de la Chambre des Représentants et du Sénat. Les élections à venir concernent les deux chambres et sont des élections à la proportionnelle (un seul tour, donc), qui ont lieu tous les 4 ans.

Commençons par la Chambre des Représentants, au nombre de 150. Chacune des 11 circonscriptions envoie un nombre fixé (en fonction du nombre d'habitants) de représentants à la chambre. Celle-ci est divisée en 2 groupes linguistiques : le néerlandophone (les députés issus de circonscriptions totalement flamandes + les députés de BHV prêtant serment en néerlandais) et le francophone (les députés issus de circonscriptions wallones + les députés de BHV prêtant serment en français).

Pour le Sénat, cela se complique grandement. Il y a 3 types différents de sénateurs.
Tout d'abord, 40 sénateurs élus directement : 25 par le collège néerlandophone (circonscriptions totalement flamande + les électeurs de BHV votant pour un néerlandophone) et 15 par le collège néerlandophone (circonscriptions wallonnes + les électeurs de BHV votant pour un francophone ou un germanophone)
21 sénateurs "communautaires" sont élus indirectement : les parlements communautaires désignent certains de leur membres (la répartition dépend des scores des partis aux élections) pour siéger au Sénat. Sont ainsi désignés 10 néerlandophones (parlement flamand), 10 francophones (conseil de la Communauté française) et 1 germanophone (parlement de la communauté germanophone).
Enfin, les 10 autres sénateurs sont cooptés par les sénateurs (élus directement et communautaires), 6 par les néerlandophones et 4 par les francophones.


Pourquoi le scrutin de dimanche est-il vraiment important pour la Belgique ?

Avant de répondre, intéressons-nous aux partis belges. Il y a 4 grands courants politiques, étant chacun représenté par un parti flamand et un parti francophone : les socialistes (sp.a et PS, rouges), les socio-démocrates-chrétiens (CD&V et cdH, orange), les libéraux (VLD et MR, bleus), et les écologistes (Groen! et Ecolo, verts).
Le système belge, basé sur la proportionnelle empêche toute majorité absolue, et oblige à la formation d'alliance. Il peut y avoir des alliances tripartites (rouge, orange, bleu), arc-en-ciel (rouge, vert, bleu), violettes (rouge, bleu), rouge-romaine (rouge, orange), etc.

Après avoir longtemps dirigé le pays grâce à ces alliances, les démocrates-chrétiens ont été écartés du gouvernement en 1999 par une coalition arc-en-ciel, puis en 2003 par une coalition violette. Mais les sondages annoncent le CD&V favori de l'élection à venir. Ce qui pourrait bien mener le leader flamand Yves-Leterme (aujourd'hui ministre-président de la Flandre) à la tête du gouvernement. Et cela est important, parce que celui-ci, pour courir après les bons résultats du Vlaams Belang (extrême-droite) qui défend le séparatisme flamand, défend désormais une autonomie très forte de la Flandre. Leterme s'était notamment fait remarquer l'été dernier en s'attaquant aux francophones.
L'alliance qui sortira des tractations post-électorales sera donc déterminantes pour l'avenir simple de la Belgique.

jeudi 7 juin 2007

Philippe de Longevialle, au Modem dès 1997 !

Philippe de Longevialle est le candidat UDF-MoDem sur la 1ère circonscription de l'Isère. Il est par ailleurs président de la fédération de l'Isère de ce parti.

S'il mène campagne aujourd'hui en rappelant les condamnations de ses deux adversaires issus de l'UMP (Carignon et Cazenave), c'est pour mieux faire oublier sa proximité passée avec la droite carignoniste.

Longevialle fit partie du cabinet de Carignon lors du second mandat à la mairie de Grenoble de celui-ci ; il lui resta fidèle même après son séjour en prison : un article de l'Express en 2002 notait d'ailleurs que Carignon, qui préparait alors son retour en politique, "compte enfin quelques solides soutiens dans la classe politique locale, comme le responsable de l'UDF, Philippe de Longevialle. Même si celui-ci s'interroge: «Quelle sera sa capacité à fédérer les différentes générations de la droite qui n'éprouvent pas pour lui le même type d'affection que ceux qui l'ont accompagné pendant son règne? Et pourra-t-il une nouvelle fois rassembler au-delà de la droite?»"

Longevialle fut la tête de liste de la droite à l'élection municipale de Meylan, banlieue aisée de Grenoble, en 1995, pour succéder au maire UDF Guy Cabanel. Mais la droite iséroise souffre des affaires de Carignon, et il perd l'élection. Pour information, la droite reprendra Meylan en 2001, menée par Marie-Christine Tardy (également conseillère régionale, qui fut un soutien de Charles Millon lorsque celui-ci se fit élire grâce aux voix du Front National). En 1998, Philippe de Longevialle fut un candidat anecdotique à la présidence de l'UDF (2,11% des voix), après avoir fait partie du conseil national de Démocratie Libérale.

Entre temps, il siège dans l'opposition au conseil municipal de Meylan. En 1997, Longevialle, diplômé en informatique, réunit la droite de la ville dans l'association "Mouvement des Meylanais", ou Modem. Et oui, alors que l'internet commence à peine à se démocratise, ce nom est porteur d'avenir.
Longevialle dote même ce mouvement d'une page internet, sur sa page personnelle wanadoo. On sent que cela date des années 90 : et oui, les gifs animés, on trouve cela horrible aujourd'hui, mais à l'époque ça faisait super moderne !

10 ans plus tard, Bayrou, fort de son score au premier tour de l'élection présidentielle, veut lancer un grand parti du centre. "Parti démocrate" étant déjà pris, il se rabat sur "Mouvement Démocrate". Vite abrégé en MoDem. Longevialle suit le mouvement : président de l'UDF Isère, il devient naturellement président du MoDem Isère. Une sorte de retour dans le temps.

mardi 5 juin 2007

Le sondage qui enterre Carignon

Le Dauphiné Libéré a publié aujourd'hui un sondage, réalisé par BVA, concernant la première circonscription de l'Isère (voir la page du DL et l'analyse de Quel Candidat).

Avec environ 20% de voix au premier tour chacun, et une participation qu'on peut attendre comme forte, il est probable que les deux candidats de droite se qualifient pour le second tour (il leur faut pour cela obtenir les suffrages de plus de 12,5% des inscrits). Et il serait très surprenant que l'un se désiste au profit de l'autre.

Quelques observations :
  • Geneviève Fioraso, la candidate socialiste, l'emporterait dans tous les cas de figure au second tour
  • Dans le cas où il n'y aurait qu'un seul représentant de droite au second tour face à Fioraso, Carignon y ferait nettement moins (38%) que Cazenave (47%)
  • Dans le cas d'une triangulaire (fortement probable), Carignon se retrouverait derrière Cazenave (22% contre 28%)
  • le chiffre le plus dur à encaisser pour Carignon sera sans doute celui de son impopularité : 69% des sondés le connaissant ont une opinion défavorable de lui, il réussit même l'exploit d'être plus impopulaire que le candidat FN (dont 65% des sondés connaissant son nom en ont une opinion défavorable
Espérons que ces chiffres se confirmeront dans les urnes.
Et qu'ils feront comprendre à l'ancien ministre que la majorité des Grenoblois ne veulent plus de lui.

Alain Carignon : le retour de l'indésirable

J'ai remis les pieds à Grenoble la dernière semaine de mai, après avoir passé trois mois à l'étranger. Et j'ai été frappé de voir l'affiche électorale d'Alain Carignon.
À moins de 15 jours du 1er tour du scrutin, j'ai pris enfin conscience de ce fait : il est vraiment de retour, il y a un risque de voir à nouveau associés, dans quelques semaines, les noms de Grenoble et de Carignon.

Pourtant cela fait des mois que je sais qu'il est candidat à cette élection législative. Et je n'ai jamais été dupe : en 2002, il n'y avait vraiment que les responsables de l'UMP Isère pour croire que l'ancien maire comptait rester un simple citoyen... Cela fait des années qu'on sait que le seul but de Carignon est de reprendre Grenoble en 2008. Mais là, pour la première fois, je voyais à nouveau le nom de l'ancien maire (condamné par la justice) placardé dans les rues de la ville. En fait, cela m'a choqué.
Il ne s'agit pas de ressasser les vieilles histoires. Je ne suis pas contre le retour des élus condamnés. Mais il faut comprendre ce que l'on peut ressentir ici.
J'ai grandi dans le Nord de l'Isère, à une cinquantaine de kilomètres de Grenoble. En 1993, Carignon était ministre, maire de Grenoble, président du Conseil Général. C'était l'un des politiques à qui les observateurs promettaient un très bel avenir. On était fier d'avoir quelqu'un du coin aussi haut, d'entendre parler si souvent de notre département.
Et puis, patatras, le grand politique est corrompu. La fierté locale devient un boulet : au milieu des années 90, on ne parlait plus de Grenoble et de l'Isère qu'à travers les affaires. Carignon, pour moi, cela évoque une période qui nous a fait honte.

Si seulement il s'était vraiment excusé auprès des Grenoblois et des Isérois. Mais non, il affirme n'avoir fait que ce que tout le monde faisait ; or, si la plupart des politiques condamnés l'ont été pour des affaires de financement et d'emplois fictifs, Carignon, lui, l'a été pour corruption passive, recel d'abus de bien sociaux (pour plus de 19 millions de francs !) et subornation de témoins.

Et puis, la manière dont il a organisé son retour montre que l'homme est resté roublard, et n'incitent pas à la confiance : en 2002, il assure aux responsables de l'UMP Isère, encore méfiants, qu'il veut se rendre utile à la droite, mais pas briguer des postes. Alors que, dans le même temps, il recueille des centaines de demandes d'adhésions de personnes le soutenant, qu'il garde au chaud pour ne pas éveiller la crainte des patrons de l'UMP Isère... jusqu'aux derniers jours de l'année. En quelques jours, le nombre d'adhérents de l'UMP 38 explose, les pro-Carignon sont majoritaires, ce qui lui permettra d'être désigné président de la fédération départementale quelques semaines plus tard. Un vrai hold-up.
Mais, encore une fois, malgré les évidences, il assure qu'il ne compte pas se représenter devant les électeurs. Il est aujourd'hui candidat à l'élection législative et a déjà annoncé son intention de l'être l'an prochain à la mairie de Grenoble. Et je ne parle même pas de la mascarade qu'a été cette désignation.

Si Carignon perd la législative, il est fini politiquement : comment prétendre rassembler la droite pour reprendre cette ville de gauche, s'il ne réussit qu'à diviser la droite et faire tomber (dans un contexte national très favorable à l'UMP) cette circonscription de droite, "sa" circonscription, dans l'escarcelle socialiste ? Le pire pour lui serait, comme les sondages semblent le montrer, d'être devancé par son rival Richard Cazenave dans les urnes.

Électeurs de la 1ère circonscription de l'Isère, arrêtez le retour de Carignon dès le 10 juin. Merci d'avance.