vendredi 31 octobre 2008

La nuit tokyoïte

Quand je vivais à Tokyo, j'aimais bien sortir en fin de journée ou le soir pour faire des photos nocturnes en jouant avec la luminosité urbaine de la ville, avec mon modeste APN, ce qui était franchement une première pour moi.






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Si je vous parle de ça, c'est que je suis tombé sur de très jolies photos grâce à bienbienbien, prises par le photographe Sato Shintaro le soir, quand on est dans cette limite floue entre le jour et la nuit, depuis des escaliers de secours d'immeubles de Tokyo, pour son projet Twilight Zone.


Le résultat est franchement bluffant. J'aime surtout les photos les plus lumineuses, avec les couleurs assez saturées.

Et puis j'aime les photos de villes la nuit en général.
Je vous l'ai déjà dit, je suis un grand fan de Big Picture sur le site du Boston Globe et de toutes ses photos grand format.
Récemment ont été ajoutées deux séries assez magnifiques de photos de nuit : Londres d'en haut, la nuit (1ère photo : gare de Waterloo) et Berlin et d'autres villes la nuit (2ème photo : la Siegessäule de Berlin)

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vendredi 17 octobre 2008

Contre la repentance

Ces 15 dernières années, la France, prise de remords sur son passé, s'est mise à s'excuser : le discours de Chirac au Vel' d'Hiv' pour la déportation des juifs, la loi Taubira pour l'esclavage des noirs, etc.

S'excuser, c'est une très bonne chose. Mais cela doit permettre de tourner la page, de refermer la blessure du passé, pour mieux vivre ensemble. C'est ainsi que fonctionne notre nation.

Par contre, cela nous a fait entrer dans un triste cercle vicieux : chaque représentation de communauté (CRIF, CRAN, etc.) veut qu'on pleure plus sur sa souffrance passée que sur celle de l'autre communauté... et fait du lobbying face aux politiques, dont certains cèdent facilement au communautarisme si cela leur rapporte des voix.
Se repentir, toujours se repentir.
Que veut-on de plus ? Les journées de commémoration, cela ne suffit pas ? Faut faire dans le larmoyant, l'émotion ras des pâquerettes ? Faut imposer la mémoire d'enfants juifs morts aux écoliers ? Ah, zut, certains y ont déjà pensé...

Et c'est de pire en pire.
Avant, le paternalisme gauchiste excusait les délinquants d'origine étrangère parce qu'ils étaient victimes du racisme et de la pauvreté. Ce paternalisme est raciste : honnêtement, si je suis noir ou arabe, j'ai envie qu'on me considère comme tout autre français, surtout pas qu'on puisse m'imaginer, à cause de mes origines, comme un délinquant qui se venge de la société.

Maintenant, le truc qui revient tout le temps, c'est la colonisation.
Des Français, nés en France bien longtemps après la décolonisation, sifflent la Marseillaise en 2008 ? Pour Razzy Hammadi, c'est la faute à la colonisation.
Non, camarade, la colonisation n'a rien à voir là-dedans. L'évoquer dans le cadre d'une provocation débile de gamins pas encore bien assimilés à la nation française, c'est mettre inutilement de l'huile sur le feu.
Surtout, c'est raviver une blessure, alors que le rôle des politiques devrait être d'aider à la cicatriser.

Comme le disait Ernest Renan, "l'existence d'une nation est un plébiscite de tours les jours". Alors, pour que vive notre nation française métissée, arrêtons de ressasser ce qui peut nous diviser.

mercredi 15 octobre 2008

Sifflets et réactions stupides

J'ai déjà dit ce que je pensais des crétins qui sifflent la Marseillaise dans les stades. Et ça me désespère de devoir recommencer encore une fois.
France-Algérie, France-Maroc, France-Tunisie. Au bout de 3 fois, ça commence à devenir insupportable.

La réaction est unanime pour condamner ces sifflets, à gauche comme à droite. Mais certains le font en excusant presque ce geste.
Ainsi, Razzy Hammadi trouve moyen de sortir le couplet de culpabilisation sur la colonisation :
En effet, même si la France a eu pendant des années une politique coloniale en Tunisie, même si les Français d'origine tunisienne, et plus largement les Maghrébins ou les Français d'origine maghrébine (...), sont trop souvent victimes de discrimination et de harcèlement policier (...) il n'en demeure pas moins que la République, en dépit de ses promesses non tenues, n'est pas à humilier en sifflant son hymne
Et il y a malheureusement encore pire, et ça vient de Marie-Georges Buffet (et oui, au PCF, leurs idées sont parties en même temps que leurs électeurs) :
Il y a peut-être à se pencher sur pourquoi ces hommes et ces femmes, et notamment tous ces jeunes (…) éprouvent le besoin de siffler la Marseillaise (…) On parle beaucoup d'intégration, je crois qu'aujourd'hui il faut penser la nation française avec la diversité culturelle, avec la diversité des origines des uns et des autres et peut-être essayer de travailler au fait que chacun se respecte et que chacun se sente bien dans ce pays

Je ne supporte pas ces généralisations : malgré la colonisation, malgré le racisme, malgré tout ça, la grande majorité des Français d'origine maghrébine aiment leur pays, se sentent Français. Et c'est eux qu'on doit glorifier, mettre en avant, au lieu d'excuser ceux qui méritent la honte.

La nation française n'est pas faite pour respecter la diversité des origines. Elle est faite pour intégrer, pour assimiler. Faire que chacun, quelque soit son origine, se sente Français, héritier de nos valeurs et de notre histoire, en particulier de la Révolution Française.

vendredi 10 octobre 2008

Les fans de Bétancourt dérapent

Le Prix Nobel de la Paix m'agace de temps en temps.

Il y a parfois de mauvais crus, quand il est un prix Nobel de bons sentiments.
En 1994, on l'a donné à Arafat, Rabin, et Peres, il fallait distinguer ces deux chefs de guerre (Arafat le leader de l'OLP, Rabin le vainqueur de la guerre des Six Jours) qui se faisaient enfin la paix. En somme, on a célébré une paix qui n'est jamais venue.

L'an dernier, on l'a donné à Al Gore, incapable de se faire élire président des Etats-Unis, pour son documentaire de propagande sur le réchauffement climatique.

Cette année, c'est plutôt un bon cru : le récipiendaire est Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande, "pour ses efforts importants dans plusieurs continents et sur plus de trois décennies pour résoudre des conflits internationaux".

Les fans d'Ingrid Bétancourt enragent. Ils croyaient dur comme fer à la désignation de leur idole. Ils avaient déjà prévu la conférence de presse et envoyé un communiqué à toutes les rédactions pour se féliciter du prix.

Franchement, je n'aurais pas compris pourquoi, pas plus que je n'ai compris ce qu'elle avait tant fait pour la France pour qu'on lui donne la Légion d'Honneur. Qu'a-t-elle fait de concret pour la paix ?

Voilà comment les fans de Bétancourt réagissent aujourd'hui :
C'est une très mauvaise nouvelle pour Ingrid mais aussi une très mauvaise nouvelle pour les otages et la paix en Colombie.
Je n'ai pas le souvenirs de propos aussi honteux, aussi égoïstes, après une candidature déçue au Nobel. On donne le prix à un homme qui a consacré sa vie à la paix dans le monde, et c'est pour eux "une mauvaise nouvelle". Comme si la seule chose valable d'être distinguée, c'était la Colombie et Bétancourt.