vendredi 15 août 2008

La Voix de la Russie

Après Russia Today, la chaîne d'informations russe en langue anglaise, intéressons nous maintenant à la Voix de la Russie, la radio internationale de la fédération russe. Héritière de Radio Moscou (du temps de l'URSS), c'est l'équivalent de BBC World Service, Deutsche Welle ou Radio France Internationale.

Comme la plupart de ces chaînes, elle émet en ondes courtes et moyennes, dans 32 langues au total, ainsi que par satellite. Il y a également 2 flux de programmes sur internet : le premier est entièrement en russe, le second voit se succéder anglais, allemand, japonais, hindi, chinois, turc, perse, serbo-croate, italien, grec, bulgare, français, russe, arabe, portugais, espagnol (voir les horaires des différentes langues - attention, horaires de Moscou, retirer 2 heures).

Pour entendre la Voix de la Russie en français sur internet, plusieurs solutions : Suivant la même idée qui m'avait poussé à regarder Russia Today (savoir comment la guerre était traitée du côté russe), j'ai écouté le programme français de la Voix de la Russie.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette dernière porte bien son nom. Ici, aucune indépendance journalistique : la nuit dernière, l'animateur ne faisait que répéter le discours officiel du gouvernement Medvedev/Poutine, accusant la Géorgie de commettre un génocide des Ossètes.

Certes, sur la Voix de l'Amérique, on présente le point de vue pro-géorgien, mais on le fait en citant explicitement les responsables politiques. Et cela fait bien moins propagandiste… même si cela l'est sans doute tout autant.

Cela étant dit, la partie culturelle des programmes français de la Voix de la Russie est à recommander fortement à tous ceux qui, comme moi, aiment ce pays, cette civilisation.

mercredi 13 août 2008

La guerre en Ossétie du Sud sur Russia Today

Russia Today est une chaîne de télévision russe d'information en continu fondée par RIA Novosti, l'agence de presse de l'état russe.
Elle émet en anglais. On peut la voir, en bonne qualité (508 kb/s) sur internet : http://streaming.visionip.tv/Russia_Today
Elle a également une page sur Youtube où régulièrement ajoutées de nouvelles vidéos, issues de son antenne : http://fr.youtube.com/russiatoday

Intéressante à regarder, pour voir avec le recul comment une telle chaîne peut, lors de guerres, donner dans le patriotisme, biaiser inconsciemment l'information (en particulier, aucune nuance sur le terme de "génocide" dont les Ossètes accusent les Géorgiens), et aussi utiliser l'émotion. Mais ce n'est sans doute pas pire que les chaînes américaines les premiers jours de la guerre en Irak.

"Larmes et chagrin"Jingle spécial guerreUne succession d'images de victimes (sans trop m'avancer, je pense qu'il s'agit de victimes ossètes)…… avant un jingle "Le chagrin".On montre Sarkozy qui vient négocier la paix avec les deux parties… et Kouchner face aux cris et aux larmes dans les camps de réfugiés en Ossétie du NordUn reportage tente de démontrer que Saakachvili, le président géorgien, se sert des medias (étrangers) comme une arme contre la Russie.
Dans le sensationnel qui ne me semble pas très sérieux : une carte qui prouverait la volonté géorgienne d'envahir l'Abkhazie (l'autre région indépendantiste pro-russe)

Bonus, trouvés sur la page Youtube de Russia Today :
Un jingle "The grief" (le chagrin)

20 minutes de news

La guerre en grand format

Je suis un grand fan de la section The Big Picture du site du Boston Globe.

Le principe ? Des séries de photos d'agence.
L'originalité ? C'est du grand format (990 pixels de large). Les images touchent davantage ainsi.
Comme par exemple cette superbe photo de l'éclipse solaire à Islamabad, où le croissant de soleil rejoint le croissant islamique, ou cette série sur les éruptions volcaniques.


Hier, c'est une série d'images grand format de la guerre en Ossétie du Sud qui a été publiée. À voir sans tarder !
Personnellement, j'adore les photos des chars russes dans les monts du Caucase.

vendredi 1 août 2008

Belgique : les jeunes flamands sont (bien) plus à droite que leurs aînés

Étude intéressante publiée par la KU Leuven et résumée en français par Le Soir sur la manière dont ont voté les Flamands (néerlandophones) aux élections législatives du 10 juin 2007.

Ce qui a le plus retenu mon attention, c'est la manière dont votent les nouveaux électeurs. Le vote étant obligatoire en Belgique et la législature durant 4 ans, ils s'agit des jeunes entre 18 et 22 ans.
J'ai produit les camemberts correspondant aux chiffres de l'étude pour faciliter la compréhension.

sp.a. : parti socialiste, spirit : nationalistes de gauche, autonomistes
Groen! : Verts
CD&V : démocrates-chrétiens, N-VA : nationalistes conservateurs, séparatistes
Open VLD : droite libérale
Lijst Dedecker : droite conservatiste populiste, autonomiste
Vlaams Belang : extrême-droite, indépendantiste
Autres : autres partis + votes blancs et nuls

Répartition des votes des nouveaux électeurs :

Répartition des votes globaux :


Les socialistes, les Verts et la droite libérale, séduisent (environ) moitié moins les jeunes que la population globale. Le cartel CD&V/N-VA est lui aussi en recul, de quelques points seulement, et perd surtout le leadership électoral.

En effet, le parti d'extrême-droite recueille un tiers des suffrages des nouveaux votants (18 % dans les résultats globaux). La liste du judoka Jean-Marie Dedecker, séduit elle aussi beaucoup les jeunes : 14,2% contre 6,2% de la population globale, à la 3ème place, devant l'Open VLD.

À eux deux, ces partis populistes, qui se battent pour une Flandre indépendante ou la plus autonome possible, recueillent quasiment la moitié des votes des nouveaux électeurs.

Comment expliquer un tel succès ?
Sans doute parce que les flamands les plus jeunes n'ont jamais connu la Belgique unie, qu'ils ont toujours vu un pays dont le Nord et le Sud se déchiraient, que leurs responsables politiques pointent régulièrement du doigt les francophones, ils se sentent, bien davantage que leurs aînés, plus flamands que belges, et sont plus sensibles aux arguments nationalistes.
Et il n'y a aucune raison, bien au contraire (avec la crise politique due aux tensions communataires depuis ces élections), pour que cette tendance s'inverse…