jeudi 8 décembre 2011

La droite et le sentiment d'insécurité

En 2002, l'une des principales raisons de la défaite de Lionel Jospin fut la mauvaise réponse apportée par le candidat aux questions d'insécurité.
La fameuse histoire du sentiment d'insécurité. Trop angélique, le camp du premier ministre expliquait que oui, vous pensez peut-être que la délinquance augmente, mais ce n'est pas vrai, ce n'est qu'une impression, que de la propagande de TF1 pour Chirac, alors n'ayez pas peur mes braves gens. Et encore, c'est quand elle n'y voyait pas un racisme sous-jacent.

La droite est au pouvoir depuis 9 ans. Nicolas Sarkozy a été ministre de l'Intérieur de 2002 à 2004, puis de 2005 à 2007, et président de la République depuis. Bref, cela fait neuf ans que Nicolas Sarkozy s'occupe de notre sécurité. Et fait voter régulièrement (tous les ans ?) une nouvelle loi sur le sujet…
Alors, oui, les « chiffres » disent que la délinquance recule. Mais qui le croit, franchement ? Vous sentez-vous plus en sécurité qu'il y a 10 ans ? Pas moi…

Certes, les petits délits reculent, mais la violence aux personnes augmente, augmente, augmente… En gros, les Français ont moins de chances de se faire tirer leur portefeuille par un pickpocket, mais de plus en plus de se faire agresser dans la rue pour un téléphone. Merci Sarkozy…

Qu'en dit la droite ?
Oui, Nadine ? « Le vol des portables à l'arraché, ça n'existait pas avant que les portables n'existent. » Ah, qu'est-ce qu'on ferait sans toi…

Encore le coup de « L'insécurité explose, c'est un scandale, nous on va faire quelque chose ! » ? Non : quand tu es aux manettes depuis une dizaine d'années, on finit par se rendre compte que tu es le responsable.

Alors, on fait comme la gauche il y a dix ans, on nie l'évidence. Guéant 2011, c'est Vaillant 2001. Le grand retour du sentiment d'insécurité.

Le ministre de l'intérieur était interrogé la semaine dernière par Jean-Michel Aphatie sur RTL.
Le journaliste lui parle d'une fusillade à Vitrolles (où un policier a failli y rester…) et d'un braquage au fusil mitrailleur à Marseille. Réponse de Guéant : 
Non, la police n'est pas dépassée. A Marseille, de façon globale - il suffit d'interroger les élus marseillais, les habitants de Marseille -  les choses depuis quelques mois, s'améliorent très sensiblement. Le climat de sécurité revient en ville et les habitants ne cessent de dire leur satisfaction.
Incroyable.

La situation s'améliore-t-elle à Marseille ?
Les plus problèmes les plus visibles (surtout Porte d'Aix, le parking volé et le camp de roms) ont été résolus. Il y a davantage de policiers, on les voit plus souvent, tant mieux.
Certes. Mais les faits divers, les braquages, continuent. Et on sait bien que, d'ici quelques mois (peut-être attendront-ils que les élections soient passées ?), le pouvoir clamera, pour faire des économies, que la cité phocéenne n'a plus besoin de ces renforts. Comme à chaque fois…

La police n'est pas dépassée à Marseille ?
On partait de loin. Ce sont les policiers qui ont peur des voyous, et plus l'inverse. Début août, le préfet délégué à la sécurité répondait à la Provence, à deux questions d'intervalle, qu'il « n'y a pas de zone de non-droit » et qu'on ne remettra pas de commissariats dans les cités parce qu'« il faut penser à la sécurité des policiers »…
Depuis, Guéant a changé le préfet, envoyé des renforts. Trois jours après qu'il ait donc expliqué sur RTL que « le climat de sécurité revient en ville », 700 policiers manifestaient vendredi devant la Préfécture, pour exprimer leur ras-le-bol et dénoncer le manque de moyens…

Comme la gauche dix ans plus tôt, la droite nie ses échecs. Qui saura en profiter ? Une gauche convertie à la sécurité ? Ou, malheureusement, l'extrême-droite ?

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