mardi 21 décembre 2010

Prières de rue

Les prières musulmanes dans les rues de Paris, cela doit faire plus d'un an que j'en ai entendu parler.
Cela me révolte. Que des religieux barrent des rues, entravent la liberté de circulation, juste pour pratiquer leur religion, est insupportable pour un laïque comme moi.

Ne nous mentons pas : entraver ainsi la circulation est illégal, ils font passer la loi de Dieu avant celle de la République, dans un but profondément politique. Faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir une mosquée. Une pression par le nombre, de plus en plus forte.
Dire que les musulmans n'ont pas d'autre lieu pour prier, c'est mentir. Ils ne sont pas obligés de prier dans la rue, ils le font pour emmerder le monde. Nombreux sont les fidèles de la rue Myrrha qui y viennent spécialement, depuis la banlieue, juste pour donner plus de poids aux perturbations. En face, un maire qui se couche, plus soucieux de sa réélection que de la défense de la laïcité.

Aujourd'hui, cela fait enfin débat. Grâce à une phrase de Marine Le Pen sortie de son contexte. Occupation. Marine aurait comparé les prières de rue à l'Occupation. Donc nazis, donc elle est bien comme son père.

Raté.
Tout d'abord, loin d'être comme son père, entourée de nostalgiques des nazis et de la collaboration, elle comparerait ses ennemis aux nazis. Plutôt un bon gros point Godwin comme le souligne Élisabeth Lévy. Et, comme cela a été expliqué dans Arrêt Sur Images (peu suspect de sympathie lepéniste), l'allusion faite à la seconde guerre mondiale était avant tout une pique à Gollnisch et ses dérapages négationnistes.

Je suis agacé par cette polémique.
Je l'ai souvent constaté en étudiant l'UDC (droite nationaliste suisse) : à attaquer inconsidérément les leaders du populisme de droite, à les accuser de racisme pour tout et souvent pour n'importe quoi, on ne fait que renforcer leur victimisation ("c'est tabou, on veut nous empêcher de parler"). Et au final, ils deviennent plus populaires.

Car le bon peuple français, il voit bien une lente islamisation. L'assimilation à l'envers, quand Diam's passe de la fille libérée en débardeur, à la fille soumise dont on ne voit plus que le visage et les mains.
Et les Français n'aiment pas ça. Non pas qu'ils soient racistes, comme les islamo-gauchistes tentent de nous le faire croire. Bien au contraire.
Non, ils sont attachés au modèle français, laïque, où la religion est d'ordre privée (et ne se pratique pas au milieu de la rue). Ils sont attachés à une conception du vivre ensemble.

La majorité (sans doute) des sympathisants de gauche, s'ils sont attachés à combattre le racisme (et notamment celui visant la communauté arabo-musulmane), le sont tout autant à la défense des droits des femmes et des homosexuels, à la liberté de croire ou de ne pas croire.
En consultant le détail d'un sondage Ifop/France Soir consacré à Marine Le Pen, on apprend que près d'un tiers des sympathisants du Front de Gauche (et j'en fais partie…) approuvent ces propos.
Et oui, les bouffeurs de curé n'aiment pas non plus les imams…

Il ne faut pas que la gauche se laisse enfermer dans le chantage à l'islamophobie. Mélenchon, Hamon, Fabius, etc. sont courageux sur ces questions. Mais il y a toujours une fraction de la gauche prête à cautionner l'intolérance quand elle vient de l'islam. Avec cette putain de manie du consensus, on en arrive toujours à des déclarations fades, sans courage.
Ne laissons pas à la droite populiste le monopole de la question.

mercredi 8 décembre 2010

Buylife, mensonges et mauvais goût pour la bonne cause

Keep A Child Alive (KCA) est une ONG américaine qui lutte contre le SIDA en Afrique.
Elle utilise régulièrement des célébrités américaines pour inciter les gens à donner pour cette cause.

Le 1er décembre dernier, journée mondiale de lutte contre le sida, était lancée l'opération Buylife. Alicia Keys et d'autres vedettes du show-business (Lady Gaga, Justin Timberlake, Usher, Lenny Kravitz), ont « sacrifié » leur identité numérique, en s'engageant à ne plus publier de messages sur Twitter tant que ne serait pas collecté un million de dollars.

L'opération a tourné au fiasco : 160 000$ le premier jour, mais moins du double au bout d'une semaine. À ce rythme-là, les stars ne risquaient pas de poster à nouveau sur Twitter avant fin janvier. Impensable pour tous ces égocentriques.

Heureusement, ils ont été sauvés par Stewart Rahr, un milliardaire philanthrope, qui a déboursé les 700 000 $ manquant pour atteindre le million. Le communiqué publié par KCA célèbre ce succès inespéré, et nous explique que le généreux donateur a découvert l'association au Black Ball 2010 (le gala caritatif annuel de KCA).

Mais une rapide recherche sur internet nous apprend qu'il a été honoré par l'association il y a 6 mois, comme étant un donateur très généreux depuis plus de 5 ans (avec notamment un million de dollars en 2007), et qu'il est membre d'un comité consultatif de la branche new-yorkaise de KCA.
Cela relativise la fable du riche industriel récemment convaincu par les actions de l'association.

Revenons maintenant sur l'échec de cette opération.

Tout d'abord, c'est d'un mauvais goût certain. Utiliser le thème de la mort de stars, en faire des gros titres, juste pour récolter de l'argent, c'est très racoleur.

Surtout, les vedettes impliquées se sont cru plus importantes qu'elles ne le sont réellement. Des millions de gens qui vous suivent sur Twitter, cela ne veut rien dire. Qui payerait pour rendre la parole aux soeurs Kardashian ?

Et puis il y a une certaine indécence à voir des artistes qui, pour certains, ont vendus des dizaines de millions d'albums (ce qui les a rendu très riches), réclamer de l'argent à leurs fans pour qu'on les « sauve ». Pourquoi, si cette cause est réellement si importante à leurs yeux, ne pas avoir donné 50 000$ chacun ? Les privilégiés qui font la leçon aux pauvres gens, forcément, cela passe mal.