samedi 15 décembre 2007

Vers la fin du bilinguisme électoral en Alsace-Moselle : tant mieux !

Vous ne le savez peut-être pas, mais en Alsace et dans certains cantons de Moselle, les candidats ont la possibilité de faire acheminer aux électeurs la traduction de leur documents électoraux en allemand (vous pouvez en voir des exemples lors des dernières élections présidentielles). Cela était évidemment utile il y a quelques décennies lorsqu'une large partie de la population locale ne parlait pas le français, mais cela n'a plus de sens aujourd'hui.
Notre langue est le français, c'est notre Constitution qui le dit.

Par conséquent, le bilinguisme électoral n'est qu'un archaïsme qu'il serait normal de supprimer.
Cela allait-il enfin se faire cette année ? Voici ce qu'indiquait le memento à l'usage des candidats aux prochaines municipales :
Dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et dans 19 cantons de la Moselle, les instructions qui prévoyaient la possibilité de joindre à la circulaire en français envoyée aux électeurs une circulaire en allemand qui était la traduction de la précédente sont supprimées à compter du 1er janvier 2008. Seule la circulaire en français sera donc acheminée par la commission de propagande.
Mais, apparemment, le ministère de l'intérieur aurait fait partiellement marche arrière. Je ne trouve pas de source précise pour l'instant, mais apparemment les professions de fois en allemand pourront être encore distribuées (mais pas remboursées ?).

Pourquoi cette marche arrière ? Parce que l'Alsace est le département le plus à droite de France, et surtout celui où l'extrême-droite réalise ses meilleurs scores (près de 30% aux dernières élections régionales en ajoutant le score de la liste FN à celle de la liste Alsace d'Abord). Et donc les politiques locaux, pour ne pas se mettre à dos cet électorat identitaire, ont fait remonter leur mécontentement jusqu'à la ministre.

Les revendications linguistiques non-fondées sont l'arme politiquement correcte des "identitaires" : ce n'est pas une facilité linguistique qu'ils défendent, ils trouveraient scandaleux qu'on imprime des tracts électoraux en arabe (ce qui, il faut le dire, serait encore plus stupide).
En effet, la défense de l'identité linguistique qu'ils brandissent n'est dans ce cas qu'un faux-nez de celle de l'identité ethnique.

4 commentaires:

  1. Nous défendons l'identité linguistique, culturelle et évidemment ethnique... Mais on ne s'est jamais caché pour le dire ! ! C'est pas une découverté Vin'z ;-)

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  2. Bien que politiquement à droite je suis entièrement d'accord avec toi sur le principe. Sur la pratique, ayant des racines lorraines, je t'assure que les anciens ont encore beaucoup de mal avec le français, bien qu'il vivent en France. Cela ne modifie en rien leur caractère "patriote".Je pense que le changement doit se faire dans la douceur mais je ne crois pas que ce changement exacèrebera les identitaires.

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  3. Et pourquoi pas nourrir ce bilinguisme ?

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  4. @ Jorice : bien sûr. Mais il n'y a certainement pas qu'en Alsace qu'il y a des personnes âgées maîtrisant mal le français…

    @Soso : parce que notre constitution ne reconnaît qu'une seule langue, et que ce n'est pas à l'état d'agir en ce qui concerne les autres langues…

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