Élisabeth Lévy censurée par Pascale Clark

Le jour de la nomination d'Hervé Gaymard au ministère de l'Économie et des Finances, Pascale Clark, l'égérie de la gauche branchouille, débute son émission On refait le monde sur RTL en ironisant sur le fait que Gaymard n'est pas connu, qu'elle avait reçu son livre mais n'avait à l'époque pas eu envie de le lire, et qu'il a huit enfants. Personnellement, je trouvais cela vraiment démago…
Élisabeth Lévy, une des polémistes vedettes de l'émission, réagit vivement en lui reprochant la démagogie du propos, ce côté "oh je le connais pas et je m'en félicite, il est de droite et pour la famille", et tiendra à préciser plus tard dans l'émission qu'il ne s'agissait absolument pas d'une attaque contre la personne de Clark, mais simplement contre ses propos.

On n'avait pas réentendu Lévy dans On refait le monde depuis, mais comme l'altercation radiophonique s'étant passée il y a relativement peu, on ne s'en inquiètait pas encore. Mais en début de semaine, le Figaro nous révèle qu'Élisabeth Lévy a été écartée de l'émission par Pascale Clark. Lévy, qui y est interrogée, explique que le fait que Clark n'accepte pas la moindre critique sur ses paroles, dans une émission dont le principe de base est le débat, est relativement inquiétant.

Pour moi, Élisabeth Lévy était peut-être la meilleure polémiste de l'émission, elle avait d'ailleurs reçu la Langue de vipère de l'année 2003, récompense interne décernée à la suite d'un vote des auditeurs pour savoir qui, de la bande à Hondelatte, était le plus pertinent. C'est une réactionnaire comme je les aime, une femme qui assume totalement d'être de droite. Elle a presque toujours une pensée différente, ce n'est d'ailleurs pas par hasard, si en plus du Figaro magazine et du Point, elle est également journaliste à Marianne, magazine plutôt classé à gauche (mais où toutes les opinions peuvent s'exprimer), avec lequel elle partage une certaine idée de la France. Son livre Les maîtres censeurs (2002, éd. Lattès), s'attaquant à ceux qui, ayant remplacé les maîtres penseurs, imposent désormais leur pensée unique, avait d'ailleurs été plutôt remarqué à sa sortie.
Et puis quelqu'un qui, à une question sur le foot ou le vélo, répond “Je ne m'y connais pas, mais j'ai demandé à mon ami Alain Finkielkraut…” (car en Finkielkraut, derrière le philosophe détesté par les antisémites, se cache un homme qui adore le foot et le Tour de France) est forcément quelqu'un qu'on ne peut qu'apprécier !!!

On refait le monde était une excellente émission l'an dernier lorsqu'elle était présentée par Christophe Hondelatte, parti sur France 2. Lorsque j'avais appris qu'il était remplacé par Pascale Clark, j'étais partagé entre être content parce qu'elle a le charisme qu'il faut pour mener une émission, et être inquiet connaissant la tendance qu'elle a à ignorer tout ce qui sort de la pensée unique (ne citant jamais une seule fois l'excellent magazine Marianne en 3 ans de revue de presse sur France Inter).
Malheureusement mes craintes ont été confirmées… Que Jean-François Kahn, patron de Marianne, refuse de chroniquer chez celle qui l'a si longtemps censuré, c'est normal. Mais d'autres ont disparu. Par exemple, Jack-Alain Léger (apparaissant toujours sur le site internet de RTL au 17 décembre 2004) a disparu de l'antenne, sans doute pour ses positions contre l'islam, qui différent de la pensée unique de Clark. À la place, on entend souvent Bruno Gaccio, le patron des Guignols de Canal+. Quand Gaccio écrit des sketchs, il me fait le plus souvent rire, mais quand je l'entends sur RTL, il me désole : c'est la pensée simpliste par excellence, assez anti-américaine et anti-israélienne, démago de gauche… Ma sensibilité politique est proche du centre-gauche, de la gauche républicaine, de la gauche qui déteste José Bové et compagnie, et par conséquent, cela m'insupporte…

Mais On refait le monde, même si elle a perdu en qualité, reste tout de même une très bonne émission, avec d'excellents chroniqueurs de gauche (par exemple Claude Askolovitch du Nouvel Observateur) ou de droite (comme Joseph Macé-Scarron, le directeur de la rédaction du Figaro Magazine), n'hésitant pas à taper aussi sur leurs propres camps politiques…
Quant à Élisabeth Lévy, on peut encore la retrouver comme chroniqueuse dans Culture et Dependances, deux mercredis par mois à 23h20 sur France3, et tous les samedis matin sur France Culture, où elle anime Le premier pouvoir, une excellente émission qui traite des médias.

Commentaires

  1. Bonjour ! On peut désormais retrouver Elisabeth Lévy sur le ouèbe. Elle y a ouvert son "salon de réflexions" : www.causeur.fr

    RépondreSupprimer
  2. quel torche cul! l'attributation de la langue de vipère n'est pas une prime au chroniqueur le plus pertinent, mais au plus agressif, comme son libellé le laisse bien entendre.
    quant au passage sur Finkelkraut, alors si on critique la médiocrité et l'incohérence de la plupart des ses productions d'intellectuel coupé du monde par un quintuple double vitrage, on serait antisémite!!!
    allons, un peu de sérieux!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Modération des commentaires sur les articles de plus de deux semaines

Posts les plus consultés de ce blog

Les éditorialistes menteurs : Colombani sur Sanders

Get A Kool, un festival raté

Karoutchi et les amalgames au fascisme et à Vichy