samedi 21 mai 2011

DSK, réflexes de caste et bêtises machistes

Lu sur l'Atelier des icônes :
On peut enfin mettre d’accord mélenchoniens et zemmouriens: la presse n’est ni de droite, ni de gauche, elle est bourgeoise, libérale et misogyne, en un mot strauss-kahnienne, à un point que seul révèle l’unanimisme médiatique de ce matin.
Et oui, l'idole de la pensée unique est tombée. On ne cesse de nous le répéter : non, c'est impossible, il n'a pas pu faire ça, c'est un complot, respectons la présomption d'innocence.

La présomption d'innocence, oui, évidemment. On s'est trop vite emballé sur des affaires truquées. Je n'avais pas imaginé un seul instant que « l'affaire du RER D » fût mensongère. Cela m'a servi de leçon

Mais, ici, au nom de la présomption d'innocence, on balaie la parole de la victime. Sans enquête, sans rien, ils ont tous décidé que la parole d'une femme de ménage ne valait rien face à celle de leur demi-Dieu. Quand l'affaire a éclaté, à part Mélenchon et Dupont-Aignan (ennemis politiques notoires du libéralisme), quel autre homme politique a commenté l'affaire en parlant aussi de la victime ?
Et quand bien même les faits se vérifiaient, ils viendraient plaider pour une justice à deux vitesses.

Comme d'habitude, BHL s'est servi de sa chronique dans le Point pour aider ses amis peu fréquentables : après Alain Carignon (son voisin de ryad à Marrakech, condamné pour corruption, qui l'avait fait nommer à la tête du conseil de surveillance d'Arte France) et Roman Polanski (condamné pour avoir couché avec une enfant de 13 ans), c'est DSK qui a droit à un article à sa gloire, où Lévy se prend pour Zola.
Jack Lang attaché à la présomption d'innocence comme jamais (on ne l'a pourtant pas toujours connu aussi prudent pour une affaire d'agression sexuelle), a même affirmé, au détour d'une phrase, qu'il n'y avait « pas mort d'homme ». Non, il y a juste une affaire de viol, donc de crime.

J'avais lu, il y a quelques mois, qu'en France, 75 000 femmes étaient victimes de viol chaque année. Comme j'avais du mal à me rendre compte, et que j'ai un esprit matheux, j'ai fait quelques multiplications. Et on arrive à 750 000 viols en 10 ans. 3 millions de viols en 40 ans. Ce chiffre m'a terrifié.

Et je suis consterné de voir la justification miteuse du séducteur à deux balles, les remarques sexistes sur la plaignante. Et j'ai entendu le même genre de réflexions masculines bien machistes à table… Ou de tentatives consternantes de blagues… Faire du second degré sur l'affaire, oui, allons-y ! Mais votre humour gras et misogyne, vous pouvez vous le garder, surtout pour une histoire grave comme celle-ci.

Le traitement médiatique de l'affaire, retournant l'accusation contre celle qui affirme avoir été victime, ne peut que renvoyer une image affreuse aux victimes de viol : on les verra toujours comme des menteuses, des allumeuses qui l'ont mérité, ou autres délires machistes.

Certes. j'ai du mal avec certaines associations "féministes", quand elles jouent les mères la pudeur, et ne pensent qu'à la censure, comme pour Orelsan, ou Sloggi (à qui on reproche régulièrement de montrer des femmes en string pour vendre… des strings féminins).
Mais je suis féministe au fond de moi, et je me battrai toujours contre la connerie de certains hommes…

Je viens de signer l'appel « Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent ! » d'Osez le féminisme, La Barbe et Paroles de Femmes… je vous invite à le lire et à le signer !

dimanche 1 mai 2011

Islam et homophobie, peut-on en parler ?

Je découvre une polémique concernant un kiss-in contre l'homophobie devant se dérouler prochainement devant la grande mosquée de Lyon.

Honnêtement, s'échanger des baisers homosexuels devant les lieux de culte, ce n'est rien d'autre qu'une provocation débile, qui ne fait en rien avancer les choses. Mais bon…

Certaines associations refusent de participer au kiss-in devant la mosquée, alors même qu'elles avaient participé à la même manifestation il y a un an, devant la primatiale Saint-Jean (la cathédrale de Lyon).

La raison ?

C'est le même discours victimaire qu'on entend depuis des années : s'attaquer à l'intolérance dans l'islam, c'est forcément suspect, cela cache obligatoirement une volonté de stigmatiser les musulmans/les Arabes/les immigrés/etc.
Que n'a-t-on pas entendu sur Ni Putes Ni Soumises, qui cherchait à défendre les jeunes filles des pressions liées à la religion et aux traditions…

Dire que l'islam est misogyne, vous n'y pensez pas, voyons… Alors, dire qu'il est homophobe ! Vous êtes un complice du choc des civilisations !
L'islam est pourtant sans doute la religion la plus intolérante sur ces questions, celle qui promet les pires turpitudes aux homosexuels. Et on peut citer l'exemple récent du groupe Sexion d'Assaut, rappant des appels à la violence contre les homosexuels, et expliquant tranquillement en interview que "être homosexuel est une déviance qui n'est pas tolérable"… au nom de l'islam.

Mais pour certains, il y a de bons et de mauvais homophobes. Ou comment, au nom de la lutte contre le racisme, on fait une distinction selon la religion ou la race pour choisir sa réaction. On devrait pourtant exiger la même chose de tous, au lieu de sombrer dans un paternalisme stupide.
 
Or, plus inquiétant, ce genre de discours est même repris par des associations homosexuelles…
La Lesbian & Gay Pride de Lyon a en effet justifié son refus du kiss-in devant la mosquée par "un manque de transparence et de clarté sur les motivations" et "une circonspection devant le dessein réel poursuivi".

Désespérant…