mercredi 12 octobre 2011

Logement, industrie, sécurité et laïcité : les grands absents du débat de la primaire socialiste

Je viens de regarder le débat du second tour de la primaire socialiste entre Martine Aubry et François Hollande.

La fille Delors et le fils spirituel de Delors ont discuté pendant près de deux heures. Ah, ça, les débats économiques incompréhensibles, ça y allait.

Arnaud Montebourg a dit, avant-hier dans le 20 heures de France 2, que les deux impétrants sont "les deux faces d'une même pièce", qu'ils "ont le même projet". Bonnet blanc et Blanc bonnet ont donc passé leur temps à pinailler, à s'inventer des différences.

C'est ainsi qu'on passe plusieurs minutes à parler redoublement. Pas de l'école, pas de l'instruction. Du redoublement, qui coûterait trop cher (si j'ai bien compris ce que racontait Titine).

Un sujet m'intéressait particulièrement, celui du protectionnisme. Comme les autres républicains/souverainistes de gauche, je m'enthousiasme pour la percée d'Arnaud Montebourg. Nous avons trouvé notre nouveau Chevènement !

Aubry déteste le protectionnisme. Elle le disait encore ce matin chez Bourdin sur RMC. Mais il faut récupérer les voix de Montebourg. Alors, cela donne quelque chose comme : oui, bon, Arnaud parle de protectionnisme, mais en fait, il raconte n'importe quoi, il n'est pas protectionniste, ce qu'il propose, c'est tout pareil que mon "juste-échange", alors si vous avez voté pour lui, votez pour moi.
Tu veux convaincre QUI avec une telle argumentation ?

Surtout, il faut s'attarder sur les sujets ignorés dans ce débat.
Rien sur le logement.
Rien sur l'industrie.
Rien sur l'insécurité ("on s'en tape de l'insécurité" avait tweeté Caroline De Haas, de l'équipe de campagne de Martine Aubry, pendant le premier débat… tiens, elle a effacé ces tweets depuis).
Rien sur la laïcité.

Les deux leaders avaient presque deux heures pour convaincre les Français. C'est franchement raté : que de l'économie technique, que de la dette. Rien sur les sujets concrets.