mardi 28 juillet 2009

Karoutchi et Passi, on oublie tout pour passer à la télé

Étonné par une vidéo du News Show de Canal+ vue chez Arrêt sur images.
Non par les histoires de godemichet d'Audrey Pulvar, mais d'apercevoir dans la même équipe, côte à côte, Roger Karoutchi et Passi.

En 2001, quand son ami Doc Gynéco posait en rouge à lèvres en couverture de Têtu, Passi sortait, sur l'album Genèse, la chanson 7 société va mal.
Si Passi s'y en prend d'abord aux femmes qui "se libèrent, s'émancipent, gouvernent, et portent le slip", il cible ensuite surtout les homosexuels : "Dans la rue, ton fils voit deux pédés s'embrasser, le doute peut passer" (juste après avoir parlé de pédophiles, vive l'amalgame…).
Il conclut sa chanson par "Paul et Gérard veulent se marier et adopter, faut t'habituer / La nature est morte, le progrès et le PaCS l'ont tuée / Cette société va mal".

Aujourd'hui, pour passer à la télé, celui qui est sans aucun doute le rappeur grand public le plus homophobe, fait équipe avec le premier ministre à avoir rendu son homosexualité publique lors de son exercice.

lundi 27 juillet 2009

Tour de France et dopage

Depuis quelques années, le Tour de France était à la pointe de la lutte contre le dopage. Ses dirigeants, en particulier Patrice Clerc, avaient compris que l'épreuve ne conserverait de crédibilité sur le long terme qu'en chassant tous les dopés.

C'est ainsi qu'on a pu démasquer Landis, Rasmussen, Vinokourov, Schumacher, Kohl, etc.
Mais des coureurs du Tour de France dopés, c'est mauvais pour l'image. Les diffuseurs râlaient, la télé allemande menaçait de ne plus diffuser l'épreuve.

Marie-Odile Amaury, nouvelle patronne du groupe Amaury depuis le décès de son mari, a court-circuité A.S.O. (la filiale du groupe Amaury organisant le Tour), allant négocier la paix avec l'Union Cycliste Internationale (il y avait conflit sur la liberté de choix des équipes par A.S.O.), et promettant aux diffuseurs un Tour sans affaires. Patrice Clerc, opposé à ce revirement, sera d'ailleurs débarqué quelques mois plus tard.

Comment assurer avec tant de certitude que le Tour ne sera plus accompagné d'odeurs de soufre ?
En faisant directement pression sur l'Équipe, autre filiale d'Amaury : on écarte les journalistes trop soucieux de dénoncer le dopage (ou le racisme dans le football), pour laisser la place à d'autres qui ne parlent que de sport et de résultats sans se poser de questions.
Et en convaincant les diffuseurs comme France Télévisions, soucieux de leurs audiences, de retourner à l'hypocrisie sur le dopage.

En 2005, on était soulagé du départ d'Armstrong, de tourner la page de ce dopé qu'on arrivait pas à coincer. En 2009, on se félicite du retour du grand champion, lui consacrant même bien davantage d'exposition médiatique qu'à Alberto Contador, le vainqueur du Tour.

En 2007, on s'interroge sur les performances de Rasmussen, Gérard Holtz allant même jusqu'à les qualifier de "stupéfiantes". En 2009, on gobe la transformation de Wiggins, passé du grupetto à la 4ème place du Tour, ou la puissance phénoménale de Contador dans la montée de Verbier. Aucun rappel des relations de Fränk Schleck avec le sulfureux docteur Eufemiano Fuentes.

Soyez en sûrs, ce ne sont pas les anciens champions consultants pour la couverture des ces épreuves qui dénonceront le dopage. Ils laissent ce soin aux journalistes qu'ils accompagnent ; il faut dire qu'ils seraient mal placés pour s'en prendre au dopage.
Sur France Télévisions, Laurent Jalabert (jamais contrôlé positif, mais il était le meilleur coureur du monde à une époque où tous ses rivaux prenaient de l'EPO…), puis Laurent Fignon (deux fois positif aux amphétamines en 1987 et 1989, il a reconnu récemment avoir également pris de la cortisone) ont succédé à Bernard Thévenet (qui a avoué en 1979 avoir pris de la cortisone pendant 3 ans). Les téléspectateurs d'Eurosport ont droit à Richard Virenque (a avoué, lors du procès de l'affaire Festina, avoir eu recours au dopage) et Jacky Durand (contrôlé positif deux fois en 1996 : nandrolone aux 4 jours de Dunkerque, anabolisants à la Côte Picarde).


Une fois pris par la patrouille, les coureurs dopés reviennent généralement dans des équipes de seconde zone (les sponsors des grandes équipes ne voulant pas associer leurs noms aux leurs).
Mais l'équipe Astana, qui a survolé le Tour de France 2009, a été fondé par et pour Alexandre Vinokourov. Suspendu deux ans pour dopage, il compte revenir dans cette équipe et pas ailleurs.

Comment réagiront les organisateurs et les diffuseurs, l'an prochain, quand Contador, toujours chez Astana, viendra défendre son leadership sur le tour… en compagnie de Vinokourov ?

mardi 21 juillet 2009

Se faire pomper par l'AFP, même quelques mots,

…c'est quand même la classe ;)

J'ai écrit dimanche matin un article sur la mort de Pierre Fugain, pour rendre hommage à cette figure grenobloise. À ce moment, seul le Dauphiné Libéré en avait déjà parlé (dans son édition papier et sur son site internet).
D'après Google Analytics, un certain nombre de journalistes (dont un à l'AFP) à le recherche d'information sur le sujet, sont tombés dans l'après-midi, via Google, sur cet article.

J'ai bien ri en lisant une phrase de la dépêche AFP :
Président pour l'Isère de l'Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (1969-2006), Pierre Fugain était aussi une figure tutélaire de la gauche grenobloise.

Pour rappel, j'écrivais quelques heures plus tôt :
Grand résistant (…), le père du chanteur Michel Fugain était une figure tutélaire de la gauche grenobloise.

Retour sur l'Iran

J'ai une certaine fascination pour la civilisation perse (comme pour la civilisation russe). Et Persepolis, le film de Marjane Satrapi a éveillé en moi un intérêt important pour la situation politique iranienne.

Je suivais depuis des mois le déroulement de la campagne présidentielle iranienne. J'avais repéré ce Moussavi, qui me semblait le meilleur candidat du camp réformiste pour déloger ce conservateur nationaliste qu'est Ahmadinejad, même si je me méfiais de la popularité de ce dernier dans les régions rurales.

Le clan conservateur a truqué les élections, cela a élevé des protestations ici. Je ne peux que féliciter ceux qui se sont investis sincèrement là-dedans, et qui continuent aujourd'hui de suivre la situation.

Mais il y avait aussi tous ceux qui suivent ce combat parce que c'était le combat à la mode. Ceux-là, je ne les supporte pas. Ils ont fait de Moussavi une icône, alors même qu'ils ne le connaissaient pas deux jours avant, et qu'ils ne s'étaient jamais souciés de la vie des iraniens. D'ailleurs ils ne s'en soucièrent plus sitôt que Michael Jackson fut mort.
Peu leur importe les convictions ; ce qu'ils aiment, c'est de participer à la communion, être du truc dont tout le monde parle. Indignés permanents, rebelles en carton.

Mais les médias en sont responsables. En ne parlant plus que de Michael Jackson (7 chaînes de la TNT sur 18 retransmettaient la cérémonie d'hommage ! 7 !!), ils ont directement contribué à ce qu'on oublie les Iraniens.

dimanche 19 juillet 2009

Hommage à Pierre Fugain

Pierre Fugain est mort. Vendredi, à l'âge de 89 ans.
Grand résistant (il était un des chefs de Reims-Coty, le réseau de renseignements des Forces Françaises Combattantes), le père du chanteur Michel Fugain était une figure tutélaire de la gauche grenobloise.

La gauche locale (et plus encore Michel Destot, le maire socialiste de Grenoble) faisait fréquemment appel à l'autorité morale du docteur Fugain pour soutenir son combat.
En 1988, une fois à la retraite, il fut candidat socialiste aux cantonales (Grenoble V) en 1988. Il fut néanmoins battu, Alain Carignon, le maire RPR, ayant déclenché l'artillerie lourde (tout en expérimentant l'ouverture), en présentant le célèbre vulcanologue (et homme de gauche) Haroun Tazieff.
Adversaire résolu de l'extrême-droite, on le vit tenir discours lors des grandes manifestations grenobloises anti-FN de 1996 et de 2002.
La dernière implication directe de Fugain dans la vie électorale date de 2004 où, à 84 ans, il fut encore dernier de la liste socialiste iséroise pour les régionales. Il continuait néanmoins à exprimer son engagement, soutenant la municipalité socialiste, et signant encore récemment quelques appels militants, en faveur de RESF38 ou contre le retour en politique d'Alain Carignon.

dimanche 12 juillet 2009

Orelsan : quand la gauche censure…

La polémique Orelsan rebondit, avec la déprogrammation du jeune rappeur des Francofolies de la Rochelle, sous pression de la région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal, qui menaçait de retirer sa subvention (vitale pour le festival).

Orelsan, c'est ce jeune artiste qui a fait une chanson trash sur un mec trompé. Une chanson de crevard, à la TTC, où l'homme victime des femmes exprime son envie de vengeance violente.

C'est bien évidemment du second degré, pour se moquer des bas instincts masculins.
Mais, quelques féministes énervés ne connaissant ni l'humour ni l'ironie, ont déclenché une opération de nuisance contre le rappeur, devenu dans les medias l'incarnation du mal.

Ce qui est le plus inquiétant, c'est que ces appels au boycott, à la censure du rappeur, sont appuyés par la gauche.
Bertrand Delanoë a fait retirer l'album d'Orelsan des bibliothèques parisiennes. Pour une chanson, Sale Pute, qui n'est pas dans l'album !
Ségolène Royal a fait pression sur les Francofolies pour que le concert d'Orelsan y soit déprogrammé. Pour une chanson, Sale Pute, qu'il n'interprète pas en concert !

Cela m'énerve vraiment. Quand les politiques de gauche se rangent du côté de la censure, face à la liberté d'expression, j'enrage…
Merde, on n'a pas défendu la liberté d'expression de NTM il y a une dizaine d'années, pour aujourd'hui réclamer la tête d'Orelsan !